MMIX. PAR LES SUBSTANCES SOL. 1>U CERVEAU RÀBIQUE
Comment interpréter cette expérience?
On penl supposer qu'A travers la bougie BerJcefeld des micnobes rabiques ont Qltré en quantité trop faible pour donner la rage, mais suffisante pour courrier à - l'animal un certain degré d'immunité. krasmitski serait parvenu à vacciner des lapins en leur injectant dans les veines une émulsion extrêmement diluée du virus de la rage, et. d'après cet auteur, les inoculations intraveineuses se montraient plus efficaces que les injec tions sous-cutanées.
Nos expériences évoquaient aussi le souvenir de la lettre où Pasteur se demandait si au microbe rabique ne serait pas associée une substance vaccinale.
Dans le même ordre- d'idées, on ne pouvail s'empê cher de rapprocher ces faits de ceux, restés inédits, parlesquels Eloux montrait que les dilutions d'un cerveau virulent, traité par l'éther, conféraient aux lapins l'immunité dans la moitié des cas. Or l'éther détruit complètement le virus rabique , si bien qu'en définitive cette expérience revenait à opérer avec de la substance nerveuse contenant seulement les corps microbiens et les poisons rabiques, au cas où l'éther serait sans action sur ceux-ci.
De même que dans nos recherches, les animaux se montraient fortement éprouvés par l'injection vaccinante; ils perdaient rapidement de leur poids, parfois même succombaienl dans un état cachectique; en somme, tout donnait à penser que l'immunité était due à l'introduction, en faible quantité, dans L'orga nisme animal, de quelque produit toxique.
152 LA VACCINATION CONTRE LA RAGE
2. Immunisation par les substances solubles du cerveau normal. - - Il faul d'abord se deman der si Les propriétés immunisantes des liquides, en ques tion sont nécessairement lires à la culture du microbe de la rage dans l'encéphale. Nous avons vu que les tentatives de vaccination. 'contre, cette maladie, au moyen de substance nerveuse normale, ont constamment échoué. Mais l'expérience montre qu'il en va toul autrement si, au lieu d'injecter les cellules elles mêmes, on inocule le filtrat d'une émulsion cérébrale : en pareil cas, les animaux peuvent être immunisés.
L'encéphale, du poids de 10 gr.. d'un lapin neuf, préalablement saigné, est broyé dans l'appareil Latapie, puis émulsionné dans 100 ce. d'eau ordinaire. La filtràtion du liquide, opérée à travers la bougie Chamber land F, donne, après quatorze heures. 3o ce. d'un liquide légèrement jaunâtre, dont trois lapins reçoivent chacun 4 ce. dans la veine; après quoi ils sont éprouvés dans l'œil, en même temps qu'un lot de témoins, avec une émulsion de bulbe virulent à i pour !\. Ceux-ci prennent la rage entre le dix -septième et le vingtième jour ; les animaux traités résistent.
Ces essais ont donné d'autres résultats comparables, mais ils n'ont jamais permis de protéger les animaux contre l'épreuve intra-cérébrale.
Le liquide doit être injeclé directement dans la circulation; son inoculation sous-cutanée nous a donné des résultats inconstants.
Cependant Remlinger. dans son premier mémoire sur la filtration , signale le cas d'un lapin auquel une inoculation sous-cutanée du filtrai de "virus à travers une bougie Berkefeld \ conféra une immunité solide.