‹ L'etude experimentale de la rageChapitre 78 sur 238 · INJECTÉS · texte numérisé non relu

INJECTÉS

avant

1 heure

24 heures

48 heures

l'injection.

après.

après.

après.

Lapin 81 . . .

Eau physiol.

Filtrat neuf

Filtrat rabique

Les lapins traités par ces filtrats présentent toujours un amaigrissement notable; souvent on les voit succomber brusquement deux on trois mois après L'épreuve virulente, sans qu'ils aient présenté île paral ysie et sans que leur cerveau se montrât virulent.

C'est qu'en efTel la matière cérébrale contient des composés toxiques énergiques. Précipités par les sels neutres, le sulfate d'ammoniaque en particulier, ils peuvent donner la mort aux animaux qui les reçoivenl dans le cerveau. Inoculées dans les veines, ces siihstances dissoutes dans les filtrais de la matière nerveuse agissenl en provoquant l'amaigrissement, la cachexie . el nous pensons que c'est à leur action qu'est due la

l.8* W VACCINATION CONTRE LA RAGE

toorl des moutons que ïod immunise pour préparer le sérum antirabique. Nous reviendrons plus lard sur cei te question.

L'immunité que ces substances solubles peuvent donner aux animaux esl-clle du même ordre que la vaccination par les moelles desséchées ou par les dilui ions de \ iras fixeP

Nous ae le pensons pas. Si une substance soluble, telle que Pasteur l'imaginait, jouait un rôle prépondérant dans la vaccination antirabique, on ne compren drail pas qu'étant plus rapidement diffusible, elle rïïl sans aucune action dans la rage déclarée.

De plus, étant donné que les composés solubles sonl restés fixés aux éléments solides dos moelles, leur action ne doit guère entrer en ligne de compte dans la vaccination pastorienne.

Celle-ci nous paraîl comparable, dans son mécanisme général, à la vaccination anticharbonneuse. D abord, nous ne pouvons supposer que des moelles inoffensives pour les animaux, comme celles des dixième, onzième, douzième, treizième, quatorzième jours, soient dépourvues de tout élément virulent. Mais les microbes s'\ trouvent répartis en quantité trop faible pour donner la rage; d'autre part, il ne faul pas oublier que leur injection dans le cerveau a pour résultat de provoquer un processus phagocytaire d'au tant plus intense, que des éléments cellulaires, plus on moins desséchés, jouant, en l'espèce, le rôle de COrpS

étrangers, se trouvent inoculés en grande quantité en même temps que les microbes el que les poisons qui s'y trouvenl livés.

Si l'on possédai! un moyen de cultiver in vitro le

LMMUN-. PAR LSS SUBSTANCES SOL. DU CKKVK.Ui NORMAL 15b

microbe rabique , on pourrait sans doute l'isoler tics moelles des treizième cl quatorzième jours. I n phénomène analogue se passe lorsqu'on inocule des dilutions ' très grandes du virus fixe, celles à j : ôooo, i : 6000, 1 : 10000. Il est impossible d'imaginer que ces dilutions ne renferment plus une certaine quantité, si minime soit-elle, des microorganismes spécifiques , et ce qui prouve bien qu'elles sont encore virulentes, c'est qu'au moyen de ces dilutions, certains expérimentât leurs oui réussi à infecter îles animaux. Mais, coinpa rées aux émulsions préparées avec les moelles des treizième et quatorzième jours, ces dilutions ne ren ferment qu'un nombre incomparablement plus petit d'éléments cellulaires; les processus de défense qui succèdent à leur inoculation sont donc dès restreints, sinon nuls, ce qui fait que des animaux mil pu être infectés par des dilutions aussi étendues.

Cette considération nous parait encore plus importante, si l'on envisage les dilutions de virus filtrées à travers une bougie Herkefeld. qui ne contiennent plus tracé d'éléments cellulaires, et elle explique pourquoi, malgré leur teneur beaucoup plus faible en microbes rabiques. ces filtrats inoculés en grande quantité dans le cerveau peuvent néanmoins donner la rage à un certain nombre d'animaux (Expériences de Kcmlinger).

Si nous admettons que les moelles desséchées par la méthode paslorienne renferment toujours du virus rabique en quantité variable, nous sommes conduits à reconnaître, avec Hôgyès, qu'entre son procédé de vaccination el celui de Pasteur, il n'existe en définitive aucune différence, sinon dans le mode de préparation'. Que l'on injecte sous la peau des animaux la série

156 ' LA VACCINATION CONTRE LA KAGK

des moelles atténuées en commençanl par les moins chargées en virus, ou bien la série des (Ululions, depuis les plus étendues jusqu'aux plus concentrées, dans les deux cas on aura peu à peu. el d'une façon progressive, habitué les cellules phagocytaires à digérer et à détruire des quantités de plus en plus considé rables de microorganismes el de leurs toxines spécifiques.

Évidemment il existe plus d'une différence entre la vaccination antirabique et la vaccination anticharbonneuse ou la vaccination jennérienne. Tout d'abord, dans la rage, la quantité de virus-vaccin introduite dans l'organisme joue un rôle considérable; dans les autres vaccinations, cette quantité n'a qu'une importance tout à fait secondaire.

La raison de cette différence nous parait assez simple : en dehors des centres el des troncs nerveux, le virus rabique non seulement ne se multiplie pas. mais il perd rapidement sa virulence. Dans la cavité péritonéale, dans le tissu cellulaire sous-cutané, de grandes quantités de cerveau virulent peuvent être introduites souvent sans danger (Helmanj.

Pour vacciner un animal contre la rage, il faut donc suppléer, par la répétition des injections virulentes ou par la masse du virus, à celle impossibilité que pré: sente le microbe rabique de proliférer au lieu même où il à été introduit, le tissu sous-cutané. Tandis que le vaccin charbonneux pcul être injecté, en quantité très faible cl en une seule fois, aux animaux chez lesquels il se multipliera rapidement, I*1 virus rabique doit être administré d'une Façon suivie, afin de saturer en quelque sorte l'organisme qu'il s'agit de vacciner.

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