‹ L'etude experimentale de la rageChapitre 79 sur 238 · MMUN. PAR LES SUBSTANCES SOL. DU CERVEAU NORMAL · texte numérisé non relu

MMUN. PAR LES SUBSTANCES SOL. DU CERVEAU NORMAL

Do plus, si les au lies \accins connus donnent nais sauce à nue petite maladie, à une maladie vaccinale, fièvre, engorgement ganglionnaire, les vaccinations antirabiques ne provoquent rien de semblable, la trace des piqûres elles-mêmes disparaissant le plus souvent entre deux inoculations.

Dans La vaccination antirabique, tout se passe comme si on introduisait dans l'organisme de la substance nerveuse chargée d'un virus inanimé, d'une toxine retenue par des éléments cellulaires.

iNous connaissons précisément un poison qui reste fixé aux cellules nerveuses au sein desquelles il a été incorporé. C'est la toxine tétanique, et on ne peut s'empêcher d'établir un rapprochement entre les injections vaccinales antirabiques el les phénomènes de fixa tion du poison du tétanos.

Or il ne nous paraît pas douteux que le microbe rabique sécrète, au sein des centres nerveux où il cultive, un ou plusieurs poisons, toxines ou ehdotoxines. Si jusqu'à ce jour Les nombreuses tentatives pour l'isoler ont toujours échoué, nous trouvons, dans cet échec, au moins deux raisons. La première, c'est que le tissu nerveux contient Lui aussi normalement des poisons dont nous avons démontré La présence; la deuxième, c'est qu'il est fort vraisemblable que la toxine rabique demeure énergiquement lixée aux élé tnents cellulaires du cerveau ou de La moelle épinière, et cela d'une façon qui rappelle les propriétés fixatrices bien connues des toxines du tétanos et du botulisme.

Si l'on essaye d'immuniser un animal en le traitant par des injections répétées de substance cérébrale de cobaye, sur laquelle on a fixé une dose de toxine téta-.

15S M* VACCINATION CONTRE I.A RAGE

nique capafolë d'être ainsi neutralisée, on échoue presque toujours; du moins nous n'avons jamais réussi à donner

Par °e procédé L'i mité antitétanique aux animaux.

Ils supportaienl forl bien les premières inoculations de substance cérébrale mélangée à La toxine; puis brus quemenl , après mi certain nombre d'injections, ils prenaient le tétanos.

Il est supposable que la toxine s'était accumulée peu à peu e1 avait fini par provoquer l' intoxication spécifique.

Mais si, au lion d'injecter delà toxine tétanique fixée ainsi artificiellemenl sur do la substance cérébrale, on inoculait à plusieurs reprises la moelle des mammifères ayant succombé au tétanos, on arriverait sans doute à conférer aux animaux un certain degré d'immunité.

Dans les Vaccinations antirabiques . on peut supp< que les choses se passent d'une façon analogue. Les premières moelles, celles des quatorzième, treizième, douzième, onzième et dixième jours, qui contiennent une quantité très minime des microorganismes spécifiques, doivent renfermer, toutes choses égales d'ail lems. autant de toxine rabique que les moelles les plus virulentes. En effet, il n'\ a pas de raison, à priori. pour supposer que L'air sec. à •>.')". ait une action destructive énergique sur un poison microbien.

Dès que ces moelles a\ irulenlos. mais chargées des endotoxines et de La toxine rabiques, ont été intro duites dans l'organisme , elles doivent provoquer, d'une pari. L'apparition d'un pouvoir antitoxique dans [es humeurs, d'autre pari, surtout au fur el à mesure de L'administration des moelles de plus en plus virulentes, celle de propriétés antimicrobiennes.

[JIMUN. PAR LÉS SUBSTANCES SOL. DU GERY EAU NORMAL l$9

Du premier, le pouvoir auliloxique, nous ne connaissons rien ou presque rien . puisque nous ne savons pas encore isoler La toxine rabique. Mais los recherches de plusieurs savants, en particulier de Kraus et Kicissl (477), ont montré que, d'une façon assez précoce, le sang pouvait acquérir des propriétés antirabiques à la suite de l'injection de la série des moelles atténuées.

En résumé, nous pensons que l'on peut se faire l'idée suivante du mécanisme des vaccinations antirabiques.

Du virus de la rage est introduit dans l'organisme : soil en raison de leur \irulence affaiblie ou de leur exlrèmc dilution, soit à cause du lieu d'inoculation, les microorganismes spécifiques se trouvent mis dans l'impossibilité d'exercer leurs propriétés pathogènes; ils jouent seulement le rôle d 'un antigène qui va provoqua l'apparition de propriétés antimicrobiennes cl antitoxiques dans le sérum de l'organisme.

Celles-ci vont suffire pour protéger contre l'action du virus 1rs crllules nerveuses, en attendant que ces éléments soienl eux-mêmes immunisés.

En effet', il n'est pas douteux que. dans la rage, la cellule sensible puisse elle-même être vaccinée contre le virus. Non seulement il n'est pas rare d'observer des animaux qui résistent à l'épreuve de la trépanation, à la suite d'une vaccinatipn antirabique prolongée, mais Pasteur a vu des chiens supporter, deux ans encore pprès l'immunisation, l'inoculation intracérébrale du Vjrus rabique, ce qui ne semble pas pouvoir s'expliquer par l'activité spécifique du sérum de ces animaux.

Nous verrons plus lard que l'une, des difficultés dans

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la vaccination antirabique esl précisément de hâter la destruction de la substance virulente inoculée, afin que I'1 contenu des microorganismes de ta rage, une fois mis en libellé . puisse i ni pression ner et exciter les organes susceptibles de produire les anticorps spécifiques contre la maladie. Tel est, nous le verrons, un des avan loges de l'emploi des mélanges virus-sérum.

Heller. qui a consacré à l'étude de cette question des vaccinations plusieurs pages de son travail sur l'immu nisation antirabique au moyen d'une substance dépourvue de virulence, croit devoir distinguer, dans les centres nerveux des animaux rabiques. les éléments suivants : des microorganismes de la rage, les uns vivants, les autres morts, leurs produits de sécrétion, modifiés ou non par l'organisme, enfin des substances solubles liées à la constitution chimique du tissu nerveux.

Babes (87) s'est demandé si l'on pouvait utiliser l'action des produits toxiques microbiens dans la vaccination pastorienne. Avec son collaborateur Lepp. il a soumis des chiens à un traitement par des émulsions de cerveau virulent chauffé à 8o°. Deux semaines environ après la fin de ce traitement hebdomadaire, les animaux ont succombé à un alTaiblissement progressif. Mais, en donnant des doses moins élevées, les auteurs ont pu immuniser un autre chien contre l'épreuve intracérébrale pratiquée avec le virus des rues.

« Les expériences montrent qu'on peut vacciner avec des substances qui ne donnent pas la rage et qui ne sont pas toxiques à petite dose. Seulement, pour produire l'immunité avec ces substances, il faut souvent, employer des doses dont l'usage n'est pas tout à fait inofTcnsil.

IMMUNISATION PAR LE VIRUS RABIQUE AVIAIRE 161

« La vaccination avec la substance atténuée par la chaleur donne des résultats peu constants. On peut vacciner avec des substances cjui sont à la limite de leur action pathogène. 11 est même possible qu'on puisse vacciner avec des substances qui ne renferment plus de virus vivant. Aussi ces substances, dont l'action vitale n'est pas prouvée, ont-elles une action vaccinale très peu stable, et il nous semble qu'il en faut toujours employer de grandes doses pour produire l'immunité contre l'inoculation intracranienne. »

3. Immunisation par le virus rabique aviaire. — Nous avons vu déjà que les oiseaux présentaient naturellement une certaine immunité contre la rage. Pour vaincre cet état réfractaire, nous ne connaissons pas encore de procédé absolument sûr. Les lenialhes pour affaiblir la résistance .de l'organisme, telles que les injections d'acide lactique, l'extirpation de la rate, le refroidissement des animaux, ne nous ont jamais permis d'assurer les passages d'un oiseau à l'autre.

La raison principale de cet échec est que le microbe rabique s'atténue dans l'encéphale des oiseaux, surtout des oiseaux adultes. Si les jeunes poussins sont beau coup plus sensibles à l'action du virus, il est impossible néanmoins de réaliser avec eux plus de quelques passages.

Or ce virus aviaire jouit d'intéressantes propriétés. Transporté dans Je cerveau d'un mammifère, il lui donne la rage après une incubation de plus en plus longue. Bientôt il se montre dépourvu' de virulence pour le lapin et le cobaye, et nous avons observé trois

1<i- U vaccination CôNTKB LA RAGE *

fois ce pbénomèue intéressant d'un \inis axiuircdp broi sième passage, moffensif en inoculation Lntracérébrale pour clou\ lapins et deux cobayes. Dans trois autres •cas, les animaux n'avaient pris la rage qu'après une longue incubation de vmg\ à trente jours.

Inoculé dans le péritoine ou soUs la peau, en quan lilé convenable, l'encéphale des oiseaux, morts de paralysies, est susceptible de protéger les mammifères contre l'injection rabique intraoculaire. Nous ayons pu établir ce fait intéressant à l'aide de la substance céré brale de dix poussins tués, sepl par mi virus de passage, trois par un virus des rues. Traités sous la peau par colle matière nerveuse, quinze lapins ont résisté à l'inoculation de bulbe rabique dans la chambre anté rieure do l'œil. Malheureusement, du fait même de l'atténuation progressive du microbe de la rage cbez les oiseaux, il nous a été impossible de réaliser dos passages on série, ce qui paraît rendre inapplicable celle transformation en vaccin du virus rabique des mammifères ( 4g ) .

f\. Immunisation par les injections intraveineuses de virus rabique. — Chez le cheval . le bœuf, le mouton, colle inoculation confère une immunité assez solide pour que les animaux résistent à l'épreuve sévère de L'injection virulente dans la chambre antérieure de l'œil. La méthode no donne pas dos résultats constants chez le chien; en loui cas, il feu! appliquer le traitemenl deux à trois jours après la morsure.

C'est Galtier (335) qui fit connaître ce procédé on i(S<Si . dans une communication à L'Académie, Depuis

IMMUNISATION PAR LES INJECTIONS INTRA-VEINEUSES 163

' <s7*> - s'était livre à des essais de vaccination. sur des moutons, auxquels il injectait dans la veine jugulaire de la salive d'animaux enragés; il réussissait à leur conférer par ce procédé, ainsi qu'à des chèvres, un état réfractaire contre une morsure infectante.

Lorsque Pasteur eut fait connaître le moyen de donner à coup sur la rage aux animaux, il devint particulièrement intéressant de reprendre les expériences de Gallier.

Dans leurs travaux sur cette question, Roux et \o.ard (6i5) constatent d'abord que l'injection de virus rabique pur, pratiquée dans les veines du mouton et de la chèvre, ne donne pas la rage à ces animaux, mais leur confère en effet, ainsi que Galtier l'avait observé, une immunité assez, solide pour leur permettre de résister à l'épreuve inlraoculairc.

Toutefois ce mode de vaccination ne réussit que chez ces deux espèces animales, et à la condition de ne -pas dépasser des quantités assez faibles de virus; ainsi, dans un cas. une dose de j 3 ce. demulsion virulente avait pu donner la rage.

Le virus des rues est préférable pour ces injections immumsantes ; le virus fixe ne donne pas la rage, mais il ne confère pas toujours l'immunilé.

Roux et Nocard ont pu, en employant ce procédé prévenir l'éclosion de la rage quarante-huit heures après une injection virulente dans la chambre antérieure. Ils recommandent comme dose a ce. , et de pratiquer l'inoculalmn inlravemeusc deux heures après l'épreuve ptra-oculaxre; dans ce cas, l'expérience réussit, et les animaux son! préservés contré l'infection.

On pourrait, pensent-ils. utiliser ce mode d'immu-

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Qisation pour Les bovidés, ainsi que pour les chevaux après la morsure. Il faudrait procéder par petites quantités injectées dans la veine el à plusieurs te prises.

Des expériences ultérieures on I . en effet, prouvéque Je cheval pouvait être vacciné par une ou plusieurs injections intraveineuses. Chez le chien (776). ce procédé ne réussit qu'assez rarement, contrairement à ce qu'avait déclaré Protopopoff, qui employait dans ce but l'injection intrafémorale de virus de force graduée, de moelles des sixième, troisième et premier jours, et déclarait avoir obtenu, après une dernière inoculation inlrajugulaire de virus lixe, une immunité solide contre l'épreuve intracérébrale.

Roux avait vu plus tard que les résultats n'étaient pas aussi certains après l'injection intraveineuse d'une grande quantité de moelles de virulence très faible, celles du huitième ou du onzième jour.

Pour expliquer ces faits, Helman invoque la structure différente des vaisseaux; les capillaires, chez les herbivores, s'opposeraient au passage du virus rabique dans les centres nerveux, tandis cpi'ils le faciliteraient chez les autres animaux.

Or, outre que l'histologie n'autorise nullement celle interprétation, nous rappellerons que l'injection du virus rabique, pratiquée, chez les moutons, non plus dans la jugulaire, mais dans la carotide, peut être suivie de l'éclosion de la rage. Inoculée au contraire dans l'artère fémorale, l'émulsion rabique peut ne pas donner la rage à l'animal.

Lorsque l'émulsion virulente esl lancée dans une veine, elle pénètre aussitôt dans le poumon, où elle

TECHNIQUE DE L'INOCULATION VACCINALE INTRAVEINEUSE 165

doit s'arrêter en grande partie. On sait qu'avant tout elle doit être fine, sous peine de provoquer la rage.

Remlinger (752) a eu l'occasion d'appliquer le proeédé de vaccination par injections intraveineuses chez douze bœufs et dix buffles gravement mordus à la tête par un chien enragé. L'immunisation n'avait pu être commencée que cent vingt heures après l'accident, et la mortalité fut de 63 p. 100, assez semblable à colle donnée par Conte (62,5o p. 100) clans un travail d'ensemble sur cette question (198).

Les recherches expérimentales de Remlinger l'autorisent à conclure' que, particulièrement en cas de retard dans la pratique de cette vaccination, les injections devront être répétées, les doses augmentées progressivement et établies en tenant compte de l'espèce, du poids de l'animal, du siège et de la gravité des morsures.

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