‹ L'etudiant et la grande dame comedievaudeville en deux actesChapitre 18 sur 30 · C.ORBiNEAU. Chez nous, mon cher aini · texte numérisé non relu

C.ORBiNEAU. Chez nous, mon cher aini

Ferdinand. Du tout! je n'entends pas rester ici ; je ne veux pas que tu y restes toi-même. Un hôtel d’ambassadeur, une cour magnifique ,un suisse ; j’ai cru m'élre trompé de numéro.

COrrineau. Du tout, le 87

Ferdinand. Je demande M. Corbincau, on me dit : à gauche dans la cour, à l’entresol ï Un escalier eu pierre, porte en acajou, antichambre, salle à manger, premier salon, et j’arrive jusqu'ici.

COrrineau. Tu u’as rien vu encore, une chambre délicieuse décorée par monsieur.

Ferdinand. Monsieur Duprc?

CORRINEAU. N ’aie pas peur, ce n’est pas nous qui paierons le mémoire.

Ferdinand. Et lu ne rougis pas de honte !

couine \ u. Pourquoi cela?

Ferdinand. Mais c’est la mém^ main qui t’a déjà envoyé cette pendule , cette chaîne , et s'il y a au monde, ce que je ne pouvais croire, une femme assez absurde, assez folle pour se ruiner pour toi...

CORRINEAU . Quoi î celle pauvre Dorothée ! lu la soupçonnerais, eh bien! franchement, moi aussi.

Ferdinand. Elle ou une autre, tu me suivras, car je t'emmène à l'instant , sans vouloir même savoir chez qui nous sommes !

DÜPRÉ, qui a repris son travail. Parbleu 1 vous êtes cher, une parente de l'ambassadeur d'Angleterre, chez, mylady Wilton.

cou ni n eau. O ciel ! ce ne serait pas Dorothée, c’en serait une autre, une inyladyl

conviens que je suis un heureux coquin ; je n’y pensais pas, je n'en voulais à personne, et en voilà déjà deux!

Dl'PRÊ , travaillant à la croisée. Ce carabin me déplaît souverainement ; si je n’avais pas ces embrasses à poser...

CORRINEAU. Ce n'est pas ma faute, si la beauté veut faire ma fortune.

Ferdinand. Et quand il serait vrai , tu ne devrais pas le souffrir.

corbinf.au. Est-ce que je pouvais le deviner? elle y a mis tant de grâce , tant de délicatesse, elle n’y avait paru en rien, et cet homme d'affaires, cet intendant, qui m’a loué cela, y a mis une bouhomie...

Dl'PRÊ, quittant sa fenêtre. Quoi ! c’est l’intendant... M. Williams.

CORRINEAU. M. Williams, c'est cela même, un Anglais, qui me dit [baragouinant')'.

« Mon gentleman , vous cherchez un apn parlement? » C’est vrai, j’étais dans la rue , le nez en l’air, regardant tous les écriteaux. ( Baragouinant .) * Je avoir une jolie » petite appartement meublée de garçon , * que je pouvais vous louer pour ccntcin- >• quante livres. »

du pré. 11 vous a dit cent cinquante livres?

CORRINEAU. En toutes lettres.

DUpré. Parbleu ! je le crois bien , de* livres sterlings, les Anglais n’en connaissent pas d’autres.

corbincau. Hein! que dites-vous?

DUPRÉ. Que vous avez loué cent cinquante guinées, c’est-à-dire à peu près trois mille six cents fraucs ; ce qui n’est certainement pas cher.

corbineau. Ah ! mon Dieu ! et moi qui ai consenti en sous scing-privc, pour Ferdinand et pour moi , un bail de douze ans!

FKnDiN \nd. Qu’as-tu fait là?

corbineau. A cause du bon marché.

FERDINAND. Mais, malheureux, tu nous ruines, nous voilà débiteurs d’une quarantaine de mille francs.

corbineau. Nous n'emportons pas les meubles , nous n'emportons pas la maison ! le bail est nul , faute de paiement.

Ferdinand. Et que dira-t-on de nous ? pour qui allons-nous passer ? pour des iutrigaus, des chevaliers d’industrie.

dupré. Ça se pourrait bien, sans compter l'indemnité qu'on est en droit de vous demander.

COrrineau. Si ce n'est que cela... ça ne in’embairassc pas , j'écrirai à Dorothée...

« Je reviens à toi, ma Dorothée... » et tu vois bien, toi qui me blâmais tout-à-

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