‹ L'etudiant et la grande dame comedievaudeville en deux actesChapitre 2 sur 30 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

FERDINAND, puis CORBINEAU.

(Au lever <lu rideau, Ferdinand est en manches de elietnise cl achève sa toilette. La porte du fond est ouverte.)

FERDINAND , cherche dans sa commode.

Quediable ai-je donc failde mon habit nuit ?

(Appelant au fond.) Corbineau !... Corbiueau !...

CORBINEAU, en dehors. Qu’est-ce que c’est ?

FERDINAND. Tu n’as pas vu mon habit noir?

COMBINE \U, en dehors. Si fait!... Je vais te l'apporter...

FERDINAND, riant. J’étais sûr que c’était lui...

CORRlNEAf, entrant tout habille avec une petite redingote et brossant l'habit noir qu'il

MAGASIN THEATftAL

tient à la main. Le voilà , je l'avais pl is hier pour passer mon examen de médecine légale : ç’a été très -bien.

FERDINAND. Ton examen ?...

COIIBINF.au. Non... ton habit !.... qui m’a fait un honneur... Quant à l'examen, M. Adelon m’a dit (pie je n’étais pas tièsfort !... c’est possible !... J’ai eu cinq boules noires...

FERDINAND. Combien étaient-ils?..

coiuiinf.au. Eh bien ! ils étaient cinq...

FERDINAND. Là !.... aussi tu ne lais rien... C’est une honte !... entouré de jeunes gens studieux, pleins d’ardeur, qui devraient te servir d’exemple... toi seul es toujours à perdre ton temps, à dépenser Je peu d’argeut que nous avons , à t’amuser !..

CUntiINF.AU, lui aillant à passer son luttai. Dam !... la vie est si courte ! nous autres médecins, nous savons cela mieux que personne!.. {Changeant Jeton.) Dis donc, Ferdinand? as tu un (oulaid?... Je ne sais ce que deviennent les miens.

FERDINAND, se. bros.\ant. Regarde dans la commode.

CORliINlIAU , prenant un mouchoir. Ma loi , il n’y en a plus qu’un... je le prends. C’est charmant de loger comme ça sur le même pallier... Deux amis... deux garçons... cette communauté de sentimetis et... de mouchoirs de poche!., malgré ça ..

un babil noir à deux... ce n’est pas assez... aussi... j’en achèterai un sur le premier malade qui me tombera sous la main.

FERDINAND , gaunent. Des malades!...

toi! tu n’en trouveras jamais.

CORBINF.au, avec sang-froid. J'en ferai.

Ferdinand. Tu en es bien capable...

COiuiiNEAU. Comme les autres !... {A>ec gravité.) Du reste, je vous préviens, monsieur le jurisconsulte, que les plaisanteries sur les médecins sont de' très-mauvais goût, maintenant!., c’est usé.

FERDINAND. Tuas raison... il vaut mieux chercher quelques moyens de sortir d'embarras! T n sais que notre propriétaire...

CORRINEAU, soupirant. Uni, M. Dupré...

ce riche et farouche tapissier, qui a toute la fierté du comptoir et l’aristocratie des franges de velours, se permet de nous renvoyer.. C’est ta faute.

Ferdinand. C'est la tienne, tu es toujours à le taquiner...

corrineal 1 . Lt toi , tu compromets sa maison...

FERDINAND. Moi...

CORRINEAU. Oui... oui... avec ton petit air posé, tu n'as pas de mœurs... Hier encore... cette belle dame. . ce chapeau à

! plumes roses que j’ai rencontré dans notre j escalier! au cinquième.

Am du F audeçiite de FKcu de six francs O n*e»t pat ici ta coutume l)t voit etcahwler *'» liant D«* «blues en pair il costume,

Dr cm tournures comme il finit.

Do oos tournures, en un mot,

Anfil lifccs ou napolitaines, tu robe île velours, nia Toi !

Ça ne pouvait être pour moi.

Je ne connais que «le» indienne*.

FERDINAND. Je te jure...

CORRINEAU. Ah ! tu es discret.... tu auras des femmes, loi.

FERDIN \nd. Il se peut que j’aie une passion.... mai» C e n'est pas celle-là... c’est tout uniment une cliente... une dame très-lionne , très-aimable , qui m’a été adressée par un ami commun, un M. d’Hcrliellot , à ce qu’elle m’a dit... Je ne me rappelle pas avoir eu d’ami de ce nom...

mais c’est égal... il suffit de la voir, de I entendre un seul instant, pour être pénétre pour clled une estime, d’un respect! Il s. agit d’un procès important, d’une affaire très-compliquée... car, malgré ses explications, je n’y ai rien compris... il est vrai qu’elle entremêlait tout cela de questions... sur moi, sur ma position... avec tant d’intérêt , de bonté... tiens... {Montrant sur sou bureau un buiu/urt et des çants de femme.) La pauvre femme en était si préoccupée... qu'elle a même oublié sou bouquet et scs gants.

CORRINEAU , d'un air incrédule. Oui...

des gants et un bouquet!.., et, c'est sans doute pour mieux étudier son procès que je lui rencontré un moment après, avec elle, dans sa calèche.

FERDINAND. Dans sa calèche?

CORBINEAU. Parbleu!... lu m’as éclaboussé, juste dans l’œil ! mais, de celui qui me restait... j ai parfaitement remarqué...

lion genre... belle femme... voiture superbe... des yeux longs de ça... avec deux gns pommelés...

FERDIN AND. Mais c’est elle qui a voulu inc conduire au palais.

CORRINEAU. Hé ! mon Dieu !... je ne t’en fais pas un crime, au contraire... c’est très-bien, mon cher, te voilà lancé.

FERDINAND. Lancé...

CORRINEAU. Sans doute... Vois-tu , on me disait toujours dans mon pava : A Paris, les femmes font la fortune des beaux garçons... J’y suis venu !... et j'attends... j'attends ce que tu as déjà trouvé.

FERDINAND. Moi?...

CORRINEAU Qu’cst-cc qu’il faut à des

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