‹ L'etudiant et la grande dame comedievaudeville en deux actesChapitre 27 sur 30 · FERDINAND, LADY WILTON · texte numérisé non relu

FERDINAND, LADY WILTON

lady wilton. Eh bien! monsieur, que vouliez-vous me dire?

FERDINAND. Que j’ignorais , madame ,

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par quelle étourderie , quelle inconséquence de mon ami Corbîneau je nie trouvais logé dans votre hôtel... mais je ne puis y lester.

lady wilton. Et pourquoi donc ?

FERDINAND, avec embarras. Mais il me semble que pour vous-même, madame...

qui êtes seule, deux jeunes gens ici... près de vous.

lady wilton. Près de moi? M. Corbineau ne vous a donc pasditque je partais?

Ferdinand, étonné. Vous parte*?

lady WILTON. Aujourd'hui même, pour Strasbourg. Une allaite d’où dépend non seulement mon sort... mais peut-être aussi celui d'un autre.

FERDINAND , avec embarras. C’est différent, je ne m’y attendais pas... mais il n’est pas moins vrai... qu'un appartement semblable, pour un prix aussi modique...

lady WILTON. Est une fort bonne affaire pour moi... car en mon absence...

je voulais payer pour rester dans cet hôtel une personne de confiance. Je n’ai pas osé proposer des honoraires A M. Corbineau , votre ami... mais si cependant vous le jugez convenable.

Ferdinand, vivement. Non pas, madame... (Avec Aéj/Wjoii.JEtnous voilà tout de suite si loin des idées que j’avais... surtout de celles qu’on vous supposait, que je nesai9 plus comment vous expliquer les motifs qui m’empêchent de rester chez vous.

LADY WILTON. Et pourquoi donc? s’ils sont justes et raisonnables, je suis prête à în’y rendre. Parlez...

FERDIN AND , hésitant. C'est très-difficile... car plus je vous vois et plus ce qu’on m’a dit me semble impossible à croire. .

lady wilton. Que vous a-t-on dit , monsieur?...

ff.rdin\nd, de même. Que vous aviez le projet, l’intention de vous remarier.

LADY WILTON , froidement. On vous a trompé, monsieur... jamais je ne me remarierai.

FERDINAND, étonné, trouble. Ab L.quoi?

vraiment, vous ne vouliez pas?...

lady wilton. Je n’y ai jamais pensé !. .

mais, quand même cela eût été... je ne vois pas là pour vous une cause de départ.

FERDINAND, avec embarras. C’est que je me suis mal expliqué.

lady wilton, souriant. Ce n’est pas ma faute!..

Ferdinand. C’est la mienne!., et s’il faut vous parler avec franchise , les bontés dont vous avez daigné m’honorer... moi, jeune homme pauvre et inconnu... et vous,

dame noble et opulente... ont pu donner à mes amis... nou pas à moi, des idées...

que votre honneur même... m’ordonnait de repousser.

LADY WILTON, avec un mouvement pénible. Ab! je vous comprends enfin î et je suis fâchée pour vous, monsieur , qu’une pareille crainte ait pu vous venir à l’esprit... je l’aurais peu^-être pardonnée à M. Corbîneau, votre ami... mais vous...

Ferdinand. Ah ! madame...

LADY WILTO.N.

Ain : Je ri ai point vu ers bosquets.

Je croyais être au-dc,v.us «In soupçon;

N:ii* jiiMfu'A moi puisqu'il faut quil parvienne,

Fuiaqu'il tue faut repousser ce poison...

( Avec dignité.)

Regardez-moi, votre main dans la mienne.

{Elle lui prend la main.)

Si je formais d'aussi coupables voeux

Et icdoutant le jugement des antres,

Si j'éprouvais un sentiment honteux,

Ma main tremblerait...

I Le regardant avec calme.)

Ll mes yeux

a Useraient devant les vôtres.

Ferdinand. Ab! je vous l’atteste... ce n’est pas moi, ce sont mes amis, qui vous voyant ce matin chez moi, ont supposé...

LADY wilton , souriant. Que l’amour me faisait agir, et pourquoi pas l’amitié?

Ne donne-t-elle pas aussi des droits!... et si j’avais été envoyée près de vous par votre meilleur ami... ce vieux et honnête Bernard...

Ferdinand. Celui qui m’avait élevé...

mon précepteur, mon second père.

lady WILTON. Qui , il y a deux ans, m’avait écrit eu mourant pour me recommander son élève, son enfant, qu’il laissait seul et sans guide!., il me suppliait de veiller sur lui et sur son avenir... Je le lui ai promis et je voulais tenir ma parole.

Me suis-je justifiée , monsieur , et vous reste-t-il encore des soupçons ?

FERDIN AND, ému. Ab! je ne puis vous dire ce que je ressens, ce que j’éprouve... tant de bontés pour moi, qui le mérite si peu !

LADY WILTON. Et pourquoi donc?...

Il vous est si aisé de vous acquitter... tout ce que je vous demande, c’est votre estime... me la refuserez-vous ?

FERDINAND. Non.... elle vous appartient... vous l’avez tout entière... vous êtes ce que j’honore , ce que je respecte le plus au monde...

lady wilton, souriant. Prenez garde...

vous allez tomber dans l’excès opposé ! votre respect sera tel qu’il ne laissera plus de place à l’amitié, et je tiens avant tout à la vôtre, je la réclame!..

L'ETUDIAIiT et la grande dame

Ferdinand. El comment ne l’auriez- TOUS pas ? je me sens attiré vers vous par un attrait que je ne puis rendre , par un charme si puissant et si doux , qu il ne peut même venir à l'idee de le craindre ou d’y résister.

lady wilton. Ah ! vous voilà pour moi tel que je le voulais. Parles... parles vite.

Ferdinand. Eh bien ! s’il faut ^ vous ouvrir mon aine tout entière.... j aime Louise., j’en suis aimé ; et ce mariage qui assurait mon bonheur...

LADY WILTON , lui prenant la main avec douceur. Y penses- vous, si jeune encore, ayant votre état à faire , une réputation à acquérir ?

FERDINAND. Mais je ne vois pas qu’un intérieur heureux. . . une femme... des enfans, puissent nuire à mon état et à mes travaux ; au contraire, et puis, s’il faut vous le dire, cette pauvre Louise compte sur moi, sur mon amour... et si je la trahissais , si je l’abandonnais... ce serait pour moi un remords éternel, un remords qui empoisonnerait toute ma vie... et il ne me serait plus possible d’être heureux.

LADY WILTON, graoement. En êtes-vous bien sûr ?

FERDINAND. Oui, je ne pourrais vivre sans elle.

LADY WILTON. S'il en est ainsi, et quoi qu’il puisse en arriver , vous sentez bien que moi, qui ne veux que votre bonheur, me voilà presque obligée d'être de votre avis...

Ferdinand , avec joie. Vous consentiriez?...

lady wilton. A une condition.

Ferdinand. Je l'accepte d’avance.

LADY WILTON. C’est que vous différerez ce mariage de quelques jours seulement .'

FERDINAND. Et pourquoi ?

lady wilton. Le temps de consulter une personne... de qui votre sort dépend.

Ferdinand. O ciel!.... et celte personne?...

lady wilton. N’est pas ici...

Ferdinand. O mon Dieu !... mais elle viendra donc?

lady wilton. Je l’espère.

Ferdinand. Ah!., ne me laissez pas dans cette incertitude . . . achevez, de grâce . . .

aioaa vMo aooaaoaaooooooaoao o oeoaooo oo ooooaa^

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