‹ L'étudiant et la grande dameChapitre 10 sur 28 · LOUISE, LADY WILTON · texte numérisé non relu

LOUISE, LADY WILTON

LADY VILTON, à elle-même. Une jeune fille chez lui !

LOUISE, à part avec dépit. Une dame, et elle est jolie encore!..

lady wilton. Je me suis trompée sans doute, mademoiselle... je croyais être chez M. Ferdinand.

LOUISE, froidement et l'examinant. Non, madame, non... vous ne vous êtes pas trompée... c'est bien ici.

LADY WILTON, à part, en regardant la pendule et les autres objets. En effet, je vois que l'on a exécuté mes ordres.

LOUISE. Mais il n'y est pas, M. Ferdinand, il est sorti.

lady wilton, s* asseyant de côté. C'est fâcheux, je l'attendrai.

LOUISE, qui croyait qu'elle allait sortir. Eh bien! la voilà qui s'établit ici. .. comme c'est mauvais ton. {Haut.) C'est qu'il ne rentrera pas de long-temps, de très-longtemps.

lady wilton. N'importe! je ne suis pas pressée !

LOUISE, appuyant. Il est allé à l'école de droit chercher des papiers., parce qu'il paraît qu'il va se marier.

lady WILTON, vivement. Se marier...

LOUISE , à part. Elle a tressailli ! par exemple ! qu'est-ce que ça lui fait ?

lady WILTON, émue. Se marier... lui Ferdinand...

LOUISE, choquée. Ferdinand! je dis bien monsieur, moi.

LADY WILTON, se levant. Mon enfant, je vois que vous êtes de la maison... sans doute une jeune voisine... dites-moi, ètesvous certaine que ce projet?., parlez ! je veuxsavoir quel est ce mariage.. . quelle est cette future, qui a arrangé cela, qui s'en est mêlé ? Pourquoi ne m'en a-t-il rien dit? {Avec vivacité.) Mais répondez-moi done!

LOUISE, interdite. Mon Dieu! quelle

chaleur !

lady WILTON, comme à elle-même. Probablement quelque amourette sans importance... des parens qui se seront emparés de lui... ces pauvres jeunes gens sont si faciles à tromper!

LOUISE, à part et vivement. Quelle indignité ! {Haut et très-émue.) Non , madame , non !.. le père n'a pas cherché à s'emparer de lui... c'est le propriétaire de cette maison... M. Dupré... nn honnête homme... un négociant estimable... un marchand...

si vous voulez... mais que sa position, son caractère et sa fortune mettent au-dessus

de tout soupçon ! quant à sa fille, elle

pouvait choisir entre vingt partis plusbrillans , plus avantageux que M. Ferdinand ; elle l'a préféré, lui, quoique sans biens... parce qu'elle l'a vu seul... malheureux.... abandonné de tout le monde. Elle n'est pas d'une beauté remarquable... {avec intention ) elle ne porte ni plumes , ni diamans. ..mais jamais elle ne s'est éloignée de ses devoirs. .. jamais elle n'a hasardé de démarches équivoques , et ne s'est jamais trouvée seule et sans guide où elle ne devait pas être.

lady wilton, à part. C'est elle!... le trait est vif... (Haut et en souriant.) Vous croyez , mademoiselle , qu'elle ne s'est jamais trouvée seule , chez un garçon , par exemple ?. .

LOUISE , un peu confuse et regardant autour d'elle. Ah ! c'est-à-dire ça dépend

des circonstances. ( Avec résolution. ) Mais après tout, pourquoi toutes ces questions , ces interrogatoires , et qu'est-ce que cela peut faire à madame ?. . .

LADY WILTON, se rasseyant. Oh !... c'est que je m'y intéresse beaucoup.

louise. A M. Ferdinand?

lady WILTON, froidement. A M. Ferdinand.

LOUISE, vivement. Madame est de ses parente- ?

LADY WILTON. Non!

LOUISE. De ses amies?

LADY WILTON. Oui!

louise, à ^zr*. De ses amies... c'est bien vague, et je veux absolument savoir. ..

Elle s'approche de lady Wilton.)

UNE VOIX, au bus du petit escalier. Mamzelle Louise! manizelle Louise...

louise. Ah ! mou Dieu ! c'est au magasin, où il n'y a personne.

L ETUDIANT ET LA CiKANDE DAME.

LAin WILTON. Eli mais! mademoiselle , od vous appelle, j< crois.

loi. ISE. .Mon Dieu ' c'est que je dc voudrais pas vous quitter.

LAD Y WILTON. C'est Irop d '

(Le* i i il ra .iiiiiMciicciil.

LOUISE. On y va! on y va !.. ali ! mon Dieu'., c'est terrible... mais je vais revenir!..

(Elle sort.)

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