SCENE VII
FERDINAND, puis LOUISE.
Ferdinand, seul. 11 est f ou, ma parole d'honneur, et il l'ait bien de monter en tilbury, si c'est pour aller à Cbarenton, il y arrivera plus vite! Allons, allons, moi du moins, je ne dois pas rester ici un instant de plus... (Au moment où il va sortir, Louise paraît à la porte à gauche. ) Que vois- je ?
LOUISE. Monsieur Ferdinand.
FERDINAND. Louise. . . (La retenant.) Ah ! restez de grâce!., moi qui ne voulais, qui ne cherchais qu'une occasion pour vous voir et me justifier.
LOUISE. Laissez-moi, je retourne près de mon père.
Ferdinand. Ce n'est pas votre père qu'il m'importe de convaincre, c'est vous!., et quoique les apparences soient contre moi , il me sera si aisé de vous prouver que je ne suis pas coupable...
LOUISE. Je sais, monsieur, que les avocats prouvent tout ce qu'ils veulent, mais pour nier ce que j'ai vu de mes propres yeux, il faudrait bien du talent.
Ferdinand. Je n'en ai pas besoin! il me suffira de la vérité; et si j'avais aimé la personne que l'on suppose, pourquoi aurais-je accepté votre main ; pourquoi aurais-je été si joyeux de l'obtenir, et dans ce moment encore, où notre maria;; rompu, où je pourrais profiter de ma liberté, où je pourrais vivre auprès d'une autre, qui me ramène à vos pieds? qut nie force à vous implorer ? si ce n'est l'amour que j'ai toujours pour vous !.. Parlez, répondez-moi, de grâce.
LOUISE. Il y a bien quelque chose de raisonnable dans ce que vous dues là!
mais cette dame si belle et si élégante OUÏ était chez vous...
Ferdinand. Je l'iguorais, je vous le jure.
louise. Qui s'y trouvait cachée?
MAGASIN THEATRAL
Ferdinand. Voilà ce que je ne puis comprendre ; car je la connais à peine, et la preuve c'est que si vous daigniez me rendre votre tendresse , et votre père son consentement... aujourd'hui même, à l'instant, malgré toutes les menaces que je brave et que je défie , je serais trop heureux de vous épouser.
LOUISE. Bien vrai!... vous ne connaissiez pas cette femme ?
Ferdinand. Ce n'était pour moi qu'une cliente.
LOUISE. Eh bien ! vous n'en aurez plus de ce genre-là, vous ne plaiderez plus que pour moi, comme vous l'avez fait tout-àl'heure, c'était très-bien.
Ferdinand. Surtout, si je gagne ma cause, si vous me pardonnez.
LOUISE, émue. Moi, monsieur!
Ferdinand, tendrement.
Air : Lève-tui, ma belle amie (d'Albert Grisai). N'imitez point votre père, Quittez ce regard sévère Qui me glace de terreur !
Et qu'un tendre et doux sourire A l'instant vienne me dire :
Ami, je te rends mon cœur!
Ah! cette grâce promise, Que je l'entende en ce jour , Ma Louise ! ma Louise , Mon amour !
louise , timidement.
Même air:
Eh quoi! mon cœur?... vous le rendre!... Eh mais ! s'il faut vous l'apprendre ! Je n'ai pas pu vous Tôter.
ferdinakd, vivement.
Oui, mais cette main cheïie , Mon bien, mon trésor, ma vie?
eouise , baissant les y eu x.
Faut-il pas vous la porter !
FERDINAND , à ses pieds et lui baisant la main. Parlé. Oh ! non , c'est à genoux que je dois la recevoir.
louise , achevant l'air.
Cette main t'est bien acquise , Mais n'oublie pas un seul jour Ta Louise f ta Louise , Ton amour !