‹ L'étudiant et la grande dameChapitre 25 sur 28 · LADY WILTON · texte numérisé non relu

LADY WILTON

Air : Je n'ai point vu. ces bosquets.

Je croyais être au-dessus du soupçon; Mais juscru'à moi puisqu'il faut qu'il parvienne, Puiscra'il me faut repousser ce poison...

{ Avec dignité.) Regardez-moi, votre main dans la mienne.

[Elle lui prend la main.)

Si je formais d'aussi coupables vœux

Et redoutant le jugement des autres, Si j'éprouvais un sentiment honteux, Ma main tremblerait...

( Le regardant avec calme.) Et mes yeux a isseraient devant les vôtre».

Ferdinand. Ah! je vous l'atteste... ce n'est pas moi, ce sont mes amis, qui vous voyant ce matin chez moi, ont supposé...

LADY WILTON , souriant. Que l'amour me faisait agir, et pourquoi pas l'amitié? Ne donne-t-elle pas aussi des droits!... et si j'avais été envoyée près de vous par votre meilleur ami... ce vieux et honnête Bernard. . .

Ferdinand. Celui qui m'avait élevé...

mon précepteur, mon second père.

lady wilton. Qui , il y a deux ans, m'avait écrit eu mourant pour me recommander son élève, son enfant, qu'il laissait seul et sans guide !.. il me suppliait de veiller sur lui et sur son avenir.. . Je le lui ai promis et je voulais tenir ma parole. Me suis-je justifiée , monsieur , et vous reste-t-il encore des soupçons ?

FERDINAND, ému. Ah! jenepuis vous dire ce que je ressens, ce que j'éprouve... tant de bontés pour moi, qui le mérite si peu !

LADY wilton. Et pourquoi donc?...

Il vous est si aisé de vous acquitter... tout ce que je vous demande, c'est voire estiuie... me la refuserez-vous ?

FERDINAND. Non.... elle vous appartient... vous l'avez tout entière... vous êtes ce que j'honore, ce que je respecte le plus au monde...

lady wilton, souriant. Prenez garde...

vous allez tomber daus l'excès opposé ! votre respect sera tel qu'il ne laissera plus de place à L'amitié, et je tiens avant tout à la vôtre, je la réclame.'..

SI

Ferdinand. Et comment ne l'auriezfouspas? je me sens attiré vers vous par un attrait que je ne puis rendre , par un charme si puissant et si doux , qu'il De peut même venir à l'idée de le craindre ou d'y résister.

LADT WILTON. Ah ! vous voilà pour moi tel que je le voulais. Parlez... parlez vite.

FERDINAND. Eh bien ! s'il faut vous ouvrir mon aine tout entière... j'aime Louise., j'en suis aimé ; et ce mariage qui assurait mon bonheur...

LAD Y WILTON , lui prenant la main avec douceur. Y pensez- vous, si jeune encore, ayant votre état à faire , une réputation à acquérir ?

Ferdinand. Mais je ne vois pas qu'un intérieur heureux... une femme... des enfans, puissent nuire à mon état et à mes travaux ; au contraire, et puis, s'il faut vous le dire , cette pauvre Louise compte sur moi, sur mon amour... et si je la trahissais , si je l'abandonnais... ce serait pour moi un remords éternel, un remords qui empoisonnerait toute ma vie... et il ne me serait plus possible d'être heureux.

LAD Y WILTON, gravement. En êtes- vous bien sûr ?

Ferdinand. Oui, je ne pourrais vivre sans elle.

lady wilton. S'il en est ainsi, et quoi qu'il puisse en arriver , vous sentez bien que moi, qui ne veux que votre bonheur, me voilà presque obligée d'être de votre avis...

FERDINAND , avec joie. Vous consentiriez?...

LADY wilton. A une condition.

Ferdinand. Je l'accepte d'avance.

LADY wilton. C'est que vous différerez ce mariage de quelques jours seulement !

FERDINAND. Et pourquoi ?

LADY wilton. Le temps de consulter une personne... de qui votre sort dépend.

Ferdinand. O ciel!.... et cette personne?....

lady wilton. N'est pas ici...

Ferdinand. O mon Dieu !... mais elle iendra donc ?

LADY WILTON. Je l'espère.

Ferdinand. Ah!., ne me laissez pas dans cette incertitude., .achevez, de grâce. . .

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