FERDINAND, LADY WILTON
lady wilton. Eh bien! monsieur, que vouliez-vous me dire ?
FERDINAND. Que j'ignorais , madame ,
MAGASIN THEATRAL
par quelle étourderie , quelle inconséquence de mon ami Corbineau je me trouvais logé dans votre hôtel... mais je ne puis y rester.
LADY WILTON. Et pourquoi donc ?
FERDINAND , avec embarras. Mais il me semble que pour vous-même , madame...
qui êtes seule, deux jeunes gens ici... près de vous.
LADY wilton. Près de moi ? M. Corbineau ne vous a donc pas dit que j e partais ?
FERDINAND, étonné. Vous partez ?
LADY wilton. Aujourd'hui même, pour Strasbourg. Une affaire d'où dépend non seulement mon sort... mais peut-être aussi celui d'un autre.
FERDINAND , avec embarras. C'est différent, je ne m'y attendais pas... mais il n'est pas moins vrai... qu'un appartement semblable, pour un prix aussi modique...
LADY WTLTON. Est une fort bonne affaire pour moi... car en moii absence... je voulais payer pour rester dans cet hôtel une personne de confiance. Je n'ai pas osé proposer des honoraires à M. Corbineau, votre ami... mais si cependant vous le jugez convenable.
Ferdinand , vivement. Non pas , madame... [Avec hésita? ion.)TLli\ous voilà tout de suite si loin des idées que j'avais... surtout de celles qu'on vous supposait, que je ne sais plus comment vous expliquer les motifs qui m'empêchent de rester chez vous.
LADY wilton. Et pourquoi donc? s'ils sont justes et raisonnables, je suis prête à m'y rendre. Parlez. .
FERDINAND , hésitant. C'est très-difficile... car plus je vous vois et plus ce qu'on m'a dit me semble impossible à croire...
LADY wilton. Que vous a-ton dit, monsieur?...
Ferdinand, de même. Que vous aviez le projet, l'intention de vous remarier.
LADY WILTON , froidement. On vous a trompé, monsieur... jamais je ne me remarierai.
FERDINAND, étonné, troublé. Ah !.. quoi? vraiment, vous ne vouliez pas?...
LADY wilton. Je n'y ai jamais pensé'... mais, quand même cela eût été... je ne vois pas là pour vous une cause de départ.
FERDIwnd, avec embarras. C'est que je me suis mai expliqué.
LADY wilton, souriant. Ce n'est pas ma faute!..
Ferdinand. C'e.t la mienne!., et s'il faut vous parler avec franchise , les bontés dont vous avez daigné m'honorer... moi, jeune homme pauvre et inconnu... et vous,
dame noble et opulente... ont pu donner à mes amis... non pas à moi, des idées... que votre honneur même... m'ordonnait de repousser.
LADY WILTON, avec un mouvement pénible. Ah ! je vous comprends enfin ! et je suis fâchée pour vous, monsieur , qu'une pareille crainte ait pu vous venir à l'esprit... je l'aurais peut-être pardonnée à M. Corbineau, votre ami... mais vous...
Ferdinand. Ah! madame...