‹ L'étudiantChapitre 18 sur 33 · RENTRÉE AU COLLÈGE DE FRANCE · texte numérisé non relu

RENTRÉE AU COLLÈGE DE FRANCE

peine quitté mes auditeurs, je me contentai de quelques paroles. Et Quinet fit l'admirable discours qu'on a lu dans les journaux, la plus belle chose, à coup sûr, qu'ait inspirée la révolution de février.

Voici mon allocution :

Ce n'est pas une leçon, c'est un salut fraternel, c'est une fédération. Nous venons serrer la main aux écoles, et tous ensemble saluer la République. Ce gouvernement de l'avenir, comme nous disions naguère, le voici donc, nous le tenons..,. Ah ! nous ne le lâcherons pas !

La République, le gouvernement de la raison par la raison, le règne de l'esprit, la victoire de l'âme. C'est l'âme qui a vaincu !

Et qui a été vaincu? la matière, ïa force brutale.

Rappelez-vous cette chose si récente et déjà ancienne, rappelez-vous ce règne de la matière, de

l'urgent, de la force, qu'on eût cru indestructible.

Pouvoir énorme, appuyé sur 1,500 millions annuels, sur une admirable armée de trois cent miHe hommes, les plus aguerris du monde, serrant Paris (f une monstrueuse Babel, d'un cercle de fer et de feu. Qu'est-ce auprès de ces murailles que les fabuleuses enceintes de Babylone et deNinive?....

Mais le centre, le cœur de ce grand pouvoir, où était-il?.... Et y avait-il un cœur?.... Rien que vide et corruption. Et cette corruption crevant par abcès, révélée au jour, convaincue.... Pour toute justification, ils riaient, bravaient le ciel !....

Nuls de cœur, ils se croyaient forts de la division des nôtres. Ils disaient : Il y a trois choses, le peuple, l'armée, la garde nationale.... Eh ! non, il n'y en avait qu'une, on l'a vu le jour du combat; l'union contre la royauté, la fraternité de la France .

Jamais je n'en avais douté. Je l'avais proclamé toujours. Toujours j'avais dit que le* principal organe de cette fraternité serait les écoles. Des écoles est partie la première étincelle. Le premier signe de cette victoire de l'âme, c'est votre mani-

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