ÏIENTRÉK AU COLLÈGE DE FRANCE
fest^tion pour le Collège de France, votre réclamation pour les libertés de l'esprit.
Vous avez apparu* entre la garde nationale (où sont vos pères et vos frères) , le peuple et l'armée. Ce rôle de médiateurs et d'interprètes doit vous appartenir encore dans l'acte solennel t)ù la France, cinquante ans muette, va parler pour la première fois. Quel moment, et combien peu préparé!.... Que d'obscurités, d'incertitudes, de malentendus I.... Combien vous êtes nécessaires, vous, jeunes, expansifs, non suspects, hors des intérêts personnels, purs et généreux missionnaires de la liberté !
Voulez-vous que tous vous croient, que tous écoutent vos paroles?... Autorisez-les par vos actes, donnez un exemple nouveau, celui du désintéressement, élevez les mœurs nationales à la hauteur de la République, cherchez les fonctions gratuites, fuyez les emplois lucratifs ; pour ceuxci, tranquillisez-vous, il se trouvera toujours assez d'hommes pour s'y dévouer.
Nous entrons dans la voie sublime, la voie de l'honneur, celle du sacrifiée. Que chacun tout d'abord fasse en soi le sacrifice total, et dès lors, il ira léger, le cœur gai, sans inquiétude.
Le but est grand.
La France est chargée de donner la paix au monde, la seule paix qui soit durable, celle de la liberté. À quel prix? il n'importe point. Nous devons tout à une telle chose, tout, y compris notre
sang.
Redoutable en ce moment à toute la terre, qu'elle siège entre les nations, comme médiateur armé, qui n'impose pas un silence de terreur au monde , au contraire, qui rende la voix à toutes les nations muettes.
La France ne peut pas s'abstenir. Elle ne voit rien au monde qu'elle puisse appeler étranger. Efle se retrouve et se reconnaît, comme pensée et tradition, chez les nations lointaines... Et elles, ellesla regardent, et s'y reconnaissent toutes. Entre elles, une seule différence : les unes parlent, et crient : À nous ! les autres pleurent, et ce sont celles qui ne peuvent parler encore dont l'appel est le plus ardent... Non, il faut l'unité du monde, il n'y a pas à s'en dédire, unité libre, Unité sainte, unité d'âme et de cœur.
Quel signe de cette unité, que ce fauteuil resté
vide!... C'est celui de la Pologne, celui de notre
cher et grand Miçkiewicz, le poète national de cin-