X.es Bydropathes
près les allopalhes et les homœopathes, voici venir les hydropaihes ! C'est encore rn Allemagne, celle terre classique îles rêveries (tde la choucroute, que riisdropalhic a pris naissance. Car il ne faut pas croire que l'Allemagne ne produise rien que des poupées , des barons et des toupies : elle produit aussi énormément de médecins; — elle en produit même au delà de ce qu'il lui en faut pour sa propre consommation, et elle se livre à une exportation de ce genre d'articles qui trouve quelques débouchés à l'aris, quoique Paris lui-même ait déjà à en revendre. Mais les luédecins exotiques ont toujours obtenu une certaine vogue en France, surtout quand à un nom bien baroque ils joignent des idées plus baroques encore. Mesmer n'aurait pas eu le moindre succès s'il avait eu le malheur de s'appeler Dubois et de naître à Dijon ou à Vaugirard ; — elle grand Ilancmann n'aurait obtenu qu'une renommée infiniment petite, comme ses pilules, s'il n'avait pas eu le l^on esprit de voir le jour à un très-grand nombre de kilomètres de Paris. On peut dire que non-seulement nul n'est prophète , mais même que nul n'est médecin dans son pays.
Un beau jour, un docteur allemand dont le nom nous échappe , mais qui finissait forcément en inan, et que nous appellerons Peterman on Blagucrman, si vous voulez, — un beau jour, disons-nous, le docteur Blaguerman, rélléchissant profondément au moyen de guérir les malades, — qu'il n'avait pas encore, — découvrit que l'eau claire , qui jusqu'à ce jour formaii le plus limpide de SCS bénéfices quotidiens , était le plus précieux de tous les éléments : — en conséquence, il résolut d'en faire celui de sa fortune ; — et voici comment il transforma l'eau en une panacée universelle, qui devait déirôner à lout jamais la pierre philosophale ,
LE MÉDI.CIN.
l'ir |u)ialile, la imVIoriiio de Leroy et mfmQ l'eau de Cologno do J aii-Maiie Farina.
Voici le raisdimeijieiit prt'alable que se fit sans doule l'illustre docteur en m(ui et eu médeciue : — La nature est une excellente uière de famille qui ne veut (|ue du bien h ses eufauls; c'est pouri|uoi elle leur a procuri5 les rliuiuatisuies, les fluxions, les fièvres et 1.1 colique; niais eu niCuie teui|)s elle a voulu donner 5 ces uiûuiis étirants un remède souverain contre ces diverses alTiTiions, (|iii peuvent paraître désagréables au premier abord , mais (pii au contraire sont une source d'agrénienls quand on a la satisfaction de s'en guérir. — Or le remède doit èlre nécessairement à côté du mal, car sans cela la nature ne serait plus bonne; — et elle est bonne, puisqu'elle jouit de cette léputatiun depuis un temps iinméuiorial. Ce remède suprême, (jui existait depuis riiivcnlinn du monde et de la coli(|ue , C!>t bien simple et à la portée de toutes les fortunes, — c'est l'eau !
Mon Dieu ! oui , monsieur, l'eau, la pure eau , la simple eau I L'i admirez la prévo\ance de la nature! — Toutes les fois que vous éprouviez une douleur quelconque, cette excellente nature vous faisait indicpier, uièMie à votre insu , cl par un instinct admirable, ce qui devait être votre panacée souveraine; — car du moment oit riiomme éprouve une douleur un peu vive , il s'écrie : — Oli! olilll est vrai, celle interjection nes'écrit pas tout à fait comme elle s'écrie ; mais ce n'est p:is la faute de la nature , c'est la faule de l'orthographe. Et non-seulement vous dites : Oh ! mais encore, appliquant le doigt ou la main sur la partie soullVanic, vous ajoutez : — Oh ! (à ! ta ! Ainsi la nature vous oblige à crier : Appliquezmoi de l'eau là. C"est admirable, c'est admirable !
Eh bien ! ce qui n'est pas moins admirable , monsieur, c'est que le docteur Peterman , ou Blaguerman , a cessé d'être sourd au cri de la nature , qui s'enrouait depuis quatre ou cinq mille ans à pousser ainsi des exclamations qui n'aboutissaient à rien. Désormais plus de douleur, plus de maladies : l'hydropalliie I /,'■■"■'/ «A— ='-^^=s--^?=r?,, 1)'/ I vient de naître; et riiom- 0S^ ■ .'\'.\ il me ne mourra plus, a
J\ ^ .^ -^vV moins que ce ne soit de
ïllr^^ - ..^^^\\] vieillesse ou d'une chute
. ll.'l llaéL.' ' ni.r/.M^^^B^X l faite du cinquième éta^e.
La nouvelle école des hydropathes a déjà de nombreux élèves dans toute l'Allemagne, et probablement elle ne tardera pas h faire aussi des prosél\ les en France , quoi r "^n LLLc- . . ,( ,m\i qu'en puisse dire la So-
<fei ' "^^^j**^— ^-TT \'\'\\ ' f '"-"'^ OEnophile. — Nous -r-T.i-J il l\ . jjg parlons pas des vul-
gaires marchands de vin ; car, si la mode vient à prendre parmi les Français de ne boire que de l'eau , ils auro:il à se reprocher d'y •voir contribué au moins pour moitié. — Ils s;cront punis par où ils
auront péché. Toutes les ordonnances des médecins hydropathes se terminent par ces mots sacramentels : « Croyez cela et buvez de l'eau. » Vieux farceurs!
Mais le malade doit bien se garder de boire de l'eau plus ou moins chaude ; ce serait contrarier les lois de la nature , ù moins que l'on ne se trouve dans les environs du puils de Grenelle. Le malade doit boire le remède tel qu'il sort des entrailles de la naiurc, de cclie admirable pharmacie universelle; c'est ce qui fait même que les imprudents qui s'administraient de l'eau sous différentes formes après l'avoir fait chauffer n'en éprou-
vaient pas tous les heureux résultats que procure l'eau froide ; et puis, il faut en boire, non pas des cuillerées, non pas des verres , non pas des crucliM, mais des si'aux.
Dans les nouvelles maisons de santé hydropatliiqucs, tous les matins, lorsque le docteur fait sa visite il compte son monde, et il dit : « Autant de malades, autant de seaux. »
Ce calcul me send)lo assez juste.
On cile actuillemeut de bra\es Allemands cpii boivent jnsqu'i quali'c-vingt-sept virres d'eau dans leur journée. Ca» chiffre est hi^tinique et prouve beaucoup en faveur de la capacité de leur... estomac. Qui croirait jamais que ces gaillards-D sont nés dans un pays où on a inventé la poudre?
Après cela les ^ens pointilleux qui trouvent îi redire h tout eonlesleront peut-être aux célèbres docteurs hydropathes le mérite de l'invention de leur méthode, et prétendront ([ue ce n'est qu'un plagiat de la méthode du non moins célèbre docteur Suntjrtulo.
Mais nous ferons observer que c'est bien différent : — le docteur Stiiii/riirto faisait boire de l'eau chaude, tandis «lue les médecins hydropathes ne prescrivent que l'eau froide.