‹ L'étudiantChapitre 72 sur 243 · I. A l' on ni: m · texte numérisé non relu

I. A l' on ni: m

iliosis graves et importantes, elle se donne fort pru la peine O'j'ler (lisiribucr cliatine carte dans le caMcr qui lui o>l propre;

clic les y jetie toutes h ravcnture : de Ih des mécomptes, des impolitesses in\o'oiilairos, des brouilles quchpuTuis...

car il y a des yens susceptibles qui tiennent ^ ce que, le 1" jan\ier, les personnes de leur coiniaissancc déposent lenvs cartes chez eux comme ils ont (lé|>osé la leur liiez elles ; qui prennent bonne note de tous ceux qui y ont manquf , et qui ne les invitent plus ni h leurs dîners, ni 5 leurs soirées... Et tout cela par la né^îligence d'une IJortière!... On ne s.iurait croire quelle puissance occulte est attribuée à la |X)rtière; elle joue dans notre vie le rôle du Destin. Je frémis encore au souvenir d'une carie de visite destinée à je ne sais quel locataire de la maison que j'habitais alors, et qui, pnr la grâce de ma damnée portière , s'était fnurvoyée dans mon casier. En rentrant le soir chez moi, un 1" janvier, je trouve une trentaine de cartes que je jette dans une coupe; puis, tout en écoulant mes pensées, je les prends une à une pour connaître le nom des amis qui ont cru devoir me donner cette preuve bien inutile de souvenir. Parmi tous ces noms de connaissance , j'aperçois un M. Martin; je ne connais personne de ce nom; j'ai beau me casser la tète, je n'y trouve pas de M. Martin , et je me demande comment il se fait que je reçoive la visite d'un homme qui m'est complètement inconnu. Cependant, comme il a toujours été dans mes habitudes de rendre politesse pour politesse , je me hâte, le lendemain, d'envoyer ma carte chez .M. Martin, rue Coqueuard, et j'oublie complètement cette circonstance.

Hélas ! je ne devais pas tardei*à me la rappeler. Le soir même je reçois une lettre foudroyante; elle éiait ainsi conçue :

• Monsieur, j'ai reçu aujourd'hui votre carte; j'ai été on ne peut plus sensible à ce procédé, qui me fait supposer que vous êtes enfin en mesure de me payer les trois mille francs que vous me devez depuis dix ans. Je serai chez vous demain matin , à sept heures, avec toutes les pièces, et nous terminerons cette petite affaire. >

Je restai pétrifié , et le nom de M. Martin , que j'avais parfaitement oublié, me revint à la mémoire, c'était un honnête usurier qui, à l'époque de mes folies, lorsque je n'étudiais du droit que le chapitre des lettres de change , m'avait prêté dix-huit cents francs qui, avec les intérêts , avaient formé un total de mille écus. J'avais quitté Paris pendant longtemps, à mon retour j'avais changé de quartier, puis les années s'étaient écoulées, et j'avais complètement oublié mon créancier et sa créance.

M. Martin fut exact, et, puisque je ne pouvais pas faire autrement que de souscrire à des arrangements, je voulus au moins me donner le mérite de l'initiative, dans l'espoir d'obtenir desconditions plus favorables, et je lui laissai croire que je m'étais mis à sa recherche et que j'avais no beaucoup de peine

) le découvrir. Je meuiais comme un chirurgien deniisie ! Celle preuve de ma bonne fui le rendit arcommodaui : il exigea les trois mille francs seulement dans iriiisjour<, et m'accorda siv mois pour les intèrèisde dix ans, qui, à six pour cent, faisaient 1,800 francs,

llonunc généreux! Enfin, il n'y avait pas à reculer: Sainte-Pélagie ét.iit en perspective, il fallait bien s'exécuter de bonne grâce.

Seulement (|uaud je sortis du guêpier dans lequel je m'étoia fourré, ce ne fut pas sans maudire les |K)rtières, les cartes ds visite, les UMM iers, et toute la nature en général.

Et honteux comme un renard qu'une |M)ule aurait pris, je roc glissai tout penaud îi travers la porte qui m'était cntr'ouverte.

Voili ce que je dois à ma portière et aux cartes de visite. Aussi je supplie ceux de mes amis .'iux(|uels ce livre tombera sous les veux, de vouloir bien s'éviter la peine de déposer jamais leur carte à ma porte. Ils peuvent être bien assurés que, de mon côté, je leur rendrai scrupuleusement celle politesse.

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