‹ L'étudiantChapitre 8 sur 243 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

lêt* plaitîrs d'hiver.

|LL( ars et avril sont regardés en province et dans qneli|ues quartiers de Paris comme '(S premiers mois du printemps. — Mais e véritable printemps du quartier latin (oniuience vers le 5 novembre. — C'est à cette heureuse épotiue qu'arrivent iiKs les voyageuses hirondelles qui ■laient allées passer trois mois dans les vieilles murailles du manoir paternel.

Toutes 11» riiLj du p.iys latin pn'unent alors un air de fête qui fait plaisir ï voir, et rien ne manque à ce printemps latin, pas même le vert, car toutes les enseignes des restaurants et fricoteurs sont lebadigeonnées avec le plus beau vert-pomme que l'on puisse trouver.

Les étudiants, et surtout les étudiantes, ne voient arriver le tcois des roses qu'avec effroi , et ils ré|)ètenl avec Léranger :

• Maudit printemps, rcvlciulras-tu toujours? - Puis, ce qui seul suQirait pour faire chérir l'hiver à l'étudiaiU, c'est le bal masqué, ce fameux bal masqué, dirigé par l'archet du grand Mu.sard, — archet qui est un petit morceau de bois noir, ou autrement dit bois de réglisse.

Il f.iudrait qu'un étudiant fût bien dangereusement malade pour ne pas assister au premier bal masqué , et encore même dans ce cas il trouverait deux ou trois amis qui se chargeraient de le transporter au milieu de cette société aussi nombreuse que peu choisie ; — et qui sait même? ça ne pourrait que lui faire le plus grand bien , pour peu que le médecin lui eût ordûMiié de se faire transpirer.

Mais fort heureusement l'étudiant n'en est pas réduit à celle fâcheuse extrémité, il jouit ordinairement d'une bonne santé; — il est vrai qu'il ne jouit guère que de cela.

C'est costumé en galant débardeur ou en fringant hussard (ju'il fait son entrée au milieu du bal de la Renaissance. — Gare les jambes , et surtout gare les cœurs !

Ohé! ohé! les débardeurs, les noceurs, les hussards et les chicards; au galop, au galop! — Et que ceux qui ont la faiblesse de tenir à rentrer chez

eux au grand complet prennent la peine de nuniérolerleiiis os.

— i;e qui sera égaré se retrouvera cl pourra se remettre en place.

Maintenant en avant les violons , les pistons , et même les canons , si on en a ; — en avant le grand galop, et tant pis pour ceux qui tombent!

Les culbutés ne peuvent se relever qu'au bout d'un quart d'heure, mais ils n'ont pas à craindre pour leurs cors aux pieds; — on leur marche de préférence sur l'estomac.

Qui n'a nas vu le grand galop Muzaid n'a rien vu, et qui l'a vu désire le n*ioir encore, — de loin, de très-loin, vu l'entraînement général qui s'empare de toute la société, car telle personne de mœurs paisibles , <i'uu tempérament reptcloso-htyiettoso-tranquiUoso-sai\gmn , s'est trouvée subitement roulée au fond de la salle rien que pour avoir aventuré le bout de son nez de carton à proximité d'un de ces agréables galops.

Comme c'est agréable quand on u'aimc pas la danse , et surtout

qu'on ne peut pas supporter que les autres vous dansent sur le ventre !

Le plus fâcheux de tout cela, c'est que le divertisse ment du bal masqué revient à un prix fou , même quand ( u ne prend ni fiarrc, ni socques articulés. — Les billets d'entrée, les costumes , et surtout les rafraîchissements , sont ruineux . — au prix où est le piuich , — et surtout quand on entreprend de rafraîchir ainsi une débardeuse non moins sensible qu'altérée.

l.'tTlIlJlANT.

l'ciidant le fani.ival l'ôtiidianl fait iits-soiivciu coiiiiaissancc a\fc un aiilrc nias(|ii(' iioinnié iisiiriiT, (|iii , iiioxfiiiiant iiiii- Icltir de cliaiigodf riii(| cciils francs t'iidossi-r |i:ir le iiu'inc jciiiit' lioiiiiiii', lui donne soixante sept francs el Yappoinl en cri'osoli-iiillard, en collections du Coiistiiutionnel et en flacons de l'eau du iloctcur Ciannal.

Mais on a soixante-sept francs I

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