‹ L'étudiantChapitre 80 sur 243 · PARLES · texte numérisé non relu

PARLES

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CIIAIMTUE XVI.

M^re d Actrice.

a pdrliiio , ou pliilùl l'cxporlièrc Cal ;ui coiulilc (le SCS vœux...

I>a Vdilit Piifm dans In po'-iiion pour l.iqiu'llc clic fiait iicc : lihip, iii(10|)riicl.iiilc, inaîlrci^se de son temps, de ses actions.

J.a pauvre femme ne s'aperçoit pas ([u'elle n'a fait ipic changer d'esclavage. La nou\('lle actrice ne s'est pas clinrg(''e de sa mère par aiïecli'in ou par recoMnaissancc; elle ne l'a prise (|ue comme une domestique filèle, dé\ouée, discrète, et qui ne lui coûtera pas cher.

Dès le matin , il faut que la maman soit levée avant le jour — jiour faire le ménage — nettoyer les cliaussurcs (le S.1 fille, a!hi;iier le feu, — aller chercher le pain , la cième, la braise...

Et elle fait cela avec précauiioii, en silence; car sa fille dort la grasse matinée, et elle a donné l'ordre que l'on n'entrât jamais chez elle avant onze heures. Enfin madame sonne, et la maman s'empresse de lui porter dans son lit sa tasse de chocolat et ses rôties beurrées...

I La jeune femme reçoit encore chaque jour une autre visite que celle du protecteur; celle-là exige des précautions et de la surveillance, cl c'est la maman qui en est chargée. Postée à sa fenêtre, clic fait le guet; et dès qu'elle aperçoit le cahriolel du protecteur s arrêter à la porte, elle va sonner l'alarme près de la chambre de sa Glle.

— '• Vile, vite, s'écrie-t-elle , voici quelqu'un! » Aussitôt un jeune homme s'échappe de la chambre de la fille cl

se réfugie dans la chambre de la mère, pendant tout le leniiis que le protecteur fait sa visite.

Lorsque l'aclricp dîne seule, elle daigne adincllrc sa mère à sa table ; mais dès qu'elle a quelqu'un , la bonne femme se retranche dans son rôle: elle sert à table et dîne après tout le monde.

Chaciuc soir, la maman accompagne sa fille au théâtre. Placée dans la coulisse, elle se tient immobile comme un portant, avec le châle de sa fille, (lu'ellc s'empresse de lui jelcr sur les épaules eliaquc fuis qu'elle soit de scène. Quand le spectacle est fini, elle va clierchec le fiacre qui doit reconduire chez elle l'heureuse comédienne.

Ce sort plaît ii l'ex-portière; elle est dans le paradis, et parce qu'elle est à la tète du ménage de sa fille, elle se persuade qu'elle commande et qu'elle est maîtresse. Aussi réj)ôte-t-ellc k qui veut l'enlendre: « C't'enfant-là me donne bien de la satisfaction!... V'ià ce que c'est que à' inculper de bous principes à ses enfants!... »

Et, pour charmer sa vieillesse, la respectable grand-mère se promet bien d'inculper les mêmes principes aux enfants de son en faut.

^■|^ DK LA pimTiiini!.

Porii. - • Tsp. Calii»!, rue i.li-le-i:crur, 1.

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