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CHAPITRE V

DES ACCESSOIRES DU MICROSCOPE

Dans ce chapitre, nous examinerons les divers accessoires qui peuvent s’appliquer au microscope, et qui servent à faciliter les observations. Toutefois nous ferons remarquer que l’on n’y trouvera pas la description des accessoires servant à l’éclairage, à la polarisation, à la mesure et au dessin des objets, etc., lesquels seront décrits avec détails dans des chapitres spéciaux, qui donneront aussi la manière succincte de les employer.

Nous ne parlerons donc ici que des accessoires dont l’emploi facilite les recherches microscopiques, soit en les rendant plus précises ou en permettant de les abréger.

Parlons d’abord de l’endroit que Ton doit choisir pour les observations microscopiques et de l’arrangement du laboratoire qui sert aux expériences.

C’est ordinairement dans le cabinet de travail que les observations se font, car il est inutile d’avoir un laboratoire spécial pour cet usage. L’instrument sera posé sur une table solide, placée devant une fenêtre assez large. La table servant aux expériences devra être assez spacieuse pour que les accessoires puissent y être placés sans encombre.

Quant à la hauteur de la table et du siège, ils doivent être réglés de manière que l’oculaire du microscope vienne se présenter naturellement à l’œil de l’observateur. Le siège devra être dur, et le tabouret devra être préféré

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aux fauteuils ou chaises, qui gênent ordinairement les mouvements.

Ces considérations peuvent paraître puériles; mais leur importance sera appréciée lorsqu’on les aura mises en pratique.

Quant aux meubles qui doivent faire partie du laboratoire, ils sont en petit nombre : en première ligne, nous citerons un globe de verre, ou mieux, une vitrine à cadres de bois, qui servira à protéger l’instrument de la poussière et de l'humidité lorsqu’on suspendra les expériences : ce meuble est indispensable ; il nous suffisait de le citer pour faire comprendre son utilité.

Les accessoires du microscope, les cuves servant aux dissections, les instruments tranchants, seront renfermés dans une armoire parfaitement close ; certains outils qui sont casés dans la boîte qui sert à transporter le microscope pourront nécessairement y être laissés.

Le nécessaire aux réactifs et aux produits conservateurs devra être éloigné de l’armoire aux accessoires, car les acides, la teinture d’iode, peuvent nuire aux instruments.

Les lames de glace, les instruments servant à la circulation du sang, de la sève, etc., trouveront leur place dans la boite du microscope ou dans un nécessaire dont je parlerai plus loin. Citons aussi de petits casiers à tiroirs qui seront excessivement utiles, ainsi que des cuvettes plates et carrées, de bois mince ou de carton, qui serviront à placer les préparations faites, que l’on pourra ensuite ranger dans des cartons-volumes qui se mettront à plat dans la bibliothèque.

On peut aussi placer les préparations dans des boîtes munies de rainures.

On voit que l’ameublement du micrographe est peu considérable; mais, organisé ainsi que je viens de l’indiquer,

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il donnera toutes facilités à l’homme minutieux de trouver à l’instant même les accessoires dont il aura besoin.

Si vous voulez être bon observateur au microscope, soyez minutieux, précis, soigneux ; de cette façon, vos expériences vous seront profitables; autrement, vous n’atteindrez qu’imparfaitement votre but, et vos recherches ne présenteront pas d’intérêt.

Occupons-nous maintenant de garnir nos vitrines, casiers, etc.; en un mot, parlons des accessoires proprement dits.

De» loupes pour récluirnge «les objets.

Les loupes piano-convexes montées sur pied en cuivre sont fréquemment employées pour projeter de la lumière sur certains objets, soit pour les examiner ou pour en opérer la dissection. On fera donc bien d’avoir à sa disposition un de ces condensateurs. J’ai représenté (fig. 93) le modèle

Fig. 93.

le plus en usage ; on peut se servir aussi d’un condensateur semblable muni d’un engrenage (fig. 9/i) qui permet de régler la quantité de lumière nécessaire à l’objet qu’on examine. Ces deux loupes peuvent à la rigueur, ainsi que je l’ai dit au chapitre Microscope simple, servir pour opé-

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rer des dissections. Presque tous les microscopes sont munis d’une loupe piano-convexe, qui se fixe sur la platine. Celle loupe esl montée à articulations de façon à pouvoir la diriger dans tous les sens. Lorsqu’on fait usage des

condensateurs de celte sorte, il faut toujours avoir soin de tourner le côté convexe du côté du foyer lumineux, de façon à avoir la plus grande somme de lumière.

SM'ismc redresseur de Charles Chevalier.

Le prisme redresseur date de 183/i, c’est un accessoire d’une utilité depuis longtemps appréciée.

« Avec cet instrument on peut à volonté rendre à l’objet sa véritable position, et même le faire tourner dans tous les sens. Pour le microscope horizontal, en quittant l’oculaire, les rayons sont forcés de traverser le prisme , mais son action , réunie à celle de l’appareil, imprime aux rayons une réflexion croisée qui détruit complètement Y inversion produite par le premier entrecroisement. Il est quelquefois difficile de suivre les mouvements des animalcules, qui changent de place à tout moment. Avec le

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prisme redresseur on n’esl pas exposé à pousser le porteobjet dans un sens lorsqu’il est nécessaire de lui faire suivre une autre direction pour retrouver l’infusoire. On obtient par ce moyen un excellent microscope pour les recherches et dissections anatomiques .

« Le prisme redresseur est une pièce absolument indispensable à l’anatomiste. Toutes les personnes qui ont l’habitude du microscope savent combien il est difficile de conduire avec exactitude les pointes, scalpels, etc., sur la platine. Les rayons, en se croisant, donnent une image renversée de l’objet que l’on examine, et conséquemment, lorsqu’on fait mouvoir un scalpel sur le côté gauche, il paraît agir sur la partie droite de l’objet; si on le pousse vers la droite, il semble se diriger du côté gauche, et ainsi de suite. La difficulté augmente encore si l’on dissèque un très-petit objet sous un fort grossissement (1). »

Notre appareil est tout simplement un prisme rectangle fixé dans un tube de cuivre qui se place sur l’oculaire du microscope. La figure 95 le représente.

ABCD, tube de cuivre;

P, prisme redresseur; o, ouverture à laquelle on applique l’œil ; E, le tube vu de face.

Nous venons de décrire le microscope redresseur horizontal. En prenant les mêmes idées, il est facile de comprendre le microscope vertical à prisme redresseur. Plaçons au-dessus des lentilles un prisme analogue i\ celui du microscope horizontal, puis au-dessus de l’oculaire un second prisme

(1) Manuel du micrographe de Charles Chevalier (1839).

Fig. 95.

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rectangle, et l’on aura le microscope vertical redresseur.

Dans ces derniers temps, M. Amici a construit un seul prisme qui, placé sur l’oculaire, produit l'effet de deux prismes. Nous avons adopté cet instrument ; mais avec le microscope horizontal l’image est plus pure et mieux définie.

Objeclif variable «le Charles Chevalier.

Cet instrument a été imaginé en 183 h ; son excellence et les services qu’il peut rendre lorsqu’on s’occupe de dissections microscopiques l’ont fait adopter par un grand nombre d’anatomistes. J’en donne ici la description, extraite du Manuel du micrographe.

« Lorsqu’on s’occupe de dissections microscopiques, l’instrument composé est parfois trop puissant ou plutôt, le champ de vue n’est pas assez étendu et il n’y a pas assez d’espace entre les lentilles objectives et la platine; les mêmes inconvénients se présentent si l’on fait usage du microscope simple. L’objectif variable devient alors indispensable. Il se compose de deux tubes de cuivre, glissant l’un dans l’autre ; à l’extrémité de chaque tube se trouve une lentille achromatique à long foyer. L’appareil s’adapte au microscope à l’aide d’un pas de vis à la place de l’objectif. Au moyen du tube à glissement, on peut éloigner og rapprocher les deux verres et obtenir un grossissement plus ou moins fort, sans avoir besoin de changer de lentilles, le champ du microscope est vaste et l’espace suffisant pour faire mouvoir des instruments assez volumineux. Depuis plusieurs années nous avons appliqué celte combinaison aux lunettes achromatiques, et les résultats obtenus nous ont engagé à adopter ce nouveau syslème. »

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La figure 96 représente l’objectif :

T, tube extérieur;

t, tube intérieur glissant dans le premier ;

V, verre supérieur;

V', verre inférieur.

D’après la description que je viens de faire de l’objectif variable, on peut se faire une idée du plus excellent microscope composé pour les dissections, car, employé avec le prisme redresseur, on peut, à l’aide de grossissements' très-faibles (2 à 6 fois), pratiquer des dissections sans fatigue, ayant un instrument donnant une netteté parfaite avec un vaste champ et des images redressées. On ne peut craindre d’avancer qu’il n’est pas possible de construire un meilleur microscope composé pour les dissections. L’objectif variable s’adapte aussi bien au microscope vertical qu’à celui horizontal, et nous en reparlerons au chapitre Dissection des objets microscopiques.

Les diaphragmes placés sous la platine pour régler la lumière, seront décrits au chapitre Eclairage , ainsi que les différents miroirs et prismes qui servent à cet usage.

Valets.

Les valets sont de petites pinces fort utiles, qui servent à maintenir sur la platine les lames de glace partant les objets que l’on désire examiner. Presque tous les microscopes sont munis de ces précieux accessoires; on en construit de simples et d’autres avec ressorts.

Anneau à ressort.

Lorsque l’on veut examiner avec de faibles grossissements de petits insectes ou des parties d’un corps quelconque

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tenues dans les collections à l’aide d’épingles, on ne peut les détacher sans nécessairement les altérer, il faut donc les examiner avec l’épingle qui sert à les fixer. A cet effet, on se sert d’un anneau de cuivre, sur lequel est fixé un ressort. Entre le ressort et la rondelle on a pratiqué une rainure qui sert à loger l’épingle qui tient le corps que l’on veut observer; l’épingle peut être avancée ou reculée, et l’on peut voir de suite tout l’avantage que l’on peut retirer de ce petit accessoire représenté figure 97.

M. R. Beck vient d’imaginer, pour l’examen des corps opaques, un petit appareil fort ingénieux, qui permet de placer le corps à observer dans toutes les positions.

Fig. 97.

Pince articulée.

Un petit accessoire aussi très-utile est la petite pince représentée figure 98. Elle est utile toutes les fois que l’on

veut tenir de petits insectes vivants ou autres corps que 1 on peut examiner sous toutes les faces en faisant tourner la petite pince; celle dernière est aussi munie d’un mouvement d avant en arrière, et vice versâ , ce qui facilite beaucoup 1 examendes objets. A l’extrémité se trouve une

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pointe destinée h piquer les corps que l’on voudra examiner de celle façon. Celle petite pince se place sur la platiné du microscope à la place d’un des valets.

Vis tic rappel.

Lorsque l’on veut mettre exactement au loyer les objets qu’on examine, il faut obtenir un mouvement très-lent et précis. A cet effet, il faut adapter au microscope une vis de rappel, dont l’emploi est indispensable avec les forts grossissements. En traitant du choix du microscope je reviendrai sur ce sujet.

Compresseur.

Un des accessoires les plus utiles est, sans contredit, le compresseur. Son emploi facilitera singulièrement un grand nombre de recherches, et l’on peut dire sans crainte qu’il est universellement adopté.

On a construit différents compresseurs, mais le plus parfait de tous est, sans contredit, celui de Schieck, de Berlin. Avant d’en donner la description, indiquons d’abord un compresseur excessivement simple, d’un prix excessivement modique, et qui peut de même, sans être aussi parfait que celui de Schieck, rendre quelques services.

Ce petit instrument se compose d’une plaque de bois percée d’une ouverture circulaire, au fond de laquelle repose sur une rondelle de cuivre un disque de glace; les parois de la cavité sont garnies d’un tube portant un pas de vis dans lequel vient s’adapter une petite pièce de cuivre portant à sa partie inférieure une plaque de glace taillée en biseau. On comprend maintenant ce compresseur, l’objet à comprimer étant placé sur la plaque de glace occupant le fond de la cavité, on visse alors la pièce portant

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l’autre glace, qui arrive près de l’objet que l’on peut comprimer comme on le désire. Inutile d’insister davantage sur ce petit instrument, simple en apparence, mais dont, les résultats sont justement appréciés des observateurs.

Examinons maintenant le compresseur de Sclneck. Cet appareil se compose des pièces suivantes :

« A B (fîg. 99) règle de cuivre percée à son centre d’une ouverture circulaire C.

» D, pièce mobile dans le sens horizontal sur le pivot E, et terminée à son extrémité par les montants F.

» G, levier mobile sur le pivot qui traverse les montants F.

» H, demi-cercle pivotant en P sur l’extrémité du levier, ce demi-cercle reçoit le cercle I mobile sur les pivots LL.

» À l’autre bout du levier, est ajustée une vis à tête molletée K, dont l’extrémité porte dans une rainure pratiquée sur la pièce D. Si l’on desserre la vis K, un petit ressort, placé entre D et G force le bras G du levier à s’abaisser et soulève le bras opposé qui supporte l’anneau.

» L’ouverture C et l’anneau I sont garnis de verres plans à biseau, celui de l’anneau doit être très -mince. »

Quand on veut faire usage de l’instrument, on fait tourner la pièce D sur le pivot E, après avoir eu soin de desserrer la vis K. On place alors un objet sur le verre del’ouverture C, et, ramenant l’anneau I sur ce verre, on

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tourne doucement la vis ; lorsque les deux plaques sont presque en contact, on pose l’appareil sur la platine du microscope et l’on aperçoit parfaitement les objets qu’on peut alors comprimer au moyen de la vis K. Il faut avoir soin de régler de temps en temps le microscope, car la compression exercée sur les objets, les déprime, les place nécessairement sur un plan de plus en plus bas et les fait sortir du foyer.

Ce comprcssorium l’emporte sur tous les autres ; le mouvement de compression est régulier, la vis est placée sur le côté de l’appareil, et l’on n’est plus obligé comme autrefois de porter la main au centre delà platine pour tourner le chapeau ou la virole; le contact des deux verres est parfait au moyen des pivots L et P, qui permettent à l’anneau I de s’abaisser en conservant toujours unedirection parallèle à la règle AB; enfin le pivot E, facilite la préparation des objets, puisqu’on peut mettre de côté la partie supérieure de l’appareil pendant qu’on dispose ses préparations sur le verre de l’ouverture C.

Comme on le voit, ce compresseur est parfait, et se complète par la vis de rappel Z qui permet de rouler l’objet comprimé et de tirailler latéralement. M. Quatrefages a apporté un perfectionnement fort utile au compresseur, en plaçant sur les deux faces de petits supports qui permettent d’examiner l’objet des deux côtés, tout en faisant agir la compression.

l'incc do Strauss.

J’ai déjà donné la description d’une petite pince fort utile pour l’examen de certains objets : celle due à M. Strauss donne des résultats beaucoup plus précis que celle décrite précédemment, en raison du petit chariot à vis de rappel qui y est adapté. La pince de M. Strauss est

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un petit instrument de précision fort apprécié des observa leurs minutieux.

Appareil galvanique.

Lorsque l’on voudra soumettre à l’action de l’électricité des corps que l’on observe au microscope, il faudra se servir du conducteur électrique de M. Ploessel. Ce petit instrument fort simple peut, dans un grand nombre de cas, rendre de grands services.

Donnons sa description :

À B (fig. 100) règle de cuivre; G, virole fixée au centre de cette règle et garnie du verre D; EE, petits tubes qui recouvrent les tiges des pièces FF. Ces deux canons ou tubes sont fendus, pour que la pression exercée suivies tiges soit plus exacte. GG, tubes qui basculent sur les charnières FF et reçoivent les tubes capillaires de verre, aa, bb, fils de platine introduits dans les petits tubes; une de leurs extrémités est contournée en anneau, l’autre vient se placer sur la plaque D.

Pour se servir de ce petit instrument, on fixe les fils conducteurs d’une pile (celle de Daniell, par exemple), aux anneaux bb des fils de platine, cl on place en face l’un de l’autre l’extrcmité desdits fils.

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Le courant passe et l’on peut observer l’action galvanique sur les corps que l’on soumet à l’examen.

Rien de plus curieux que cette action sur les infusoires, la circulation du sang, la cristallisation de certains sels. Ces expériences procurent à la fois science et plaisir.

Platine, mobile.

Lorsque l’on examine certains objets avec de forts grossissements, il arrive que la main qui promène le porteobjet, imprime des mouvements trop brusques, et l’on est souvent un temps infini avant de trouver l’objet que l’on veuL observer.

En employant le chariot ou platine mobile, on remédie entièrement à cet inconvénient.

Plusieurs observateurs ont imaginé de ces instruments. Turrel, par exemple, a imaginé une platine mobile que je vais mentionner ici.

Ce petit appareil se compose de trois platines superposées. La platine inférieure fixée au microscope est immobile, les deux autres glissant dans des coulisseaux suivent deux directions contraires, d’avant en arrière et l’autre latéralement. En faisant mouvoir ensemble ces deux plaques, on obtiendra un mouvement diagonal qui peut être utile dans certaines circonstances. Les plaques percées d’une même ouverture centrale sont mues par une vis et un pignon à têtes molletées placées sur chaque côté de la platine.

Ce chariot est d’un usage très-commode; mais sa construction amène souvent dans les mouvements une certaine irrégularité, qui n’existe pas dans le chariot de Charles Chevalier, où les pignons sont remplacés par des vis de rappel à boule.

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La platine mobile de Strauss composée de plaques avec ressorts et vis butantes, donne aussi de très-bons effets.

On peut adapter, à sa partie supérieure, un disque à centre qui permet de faire pivoter l’objet sur lui-même, mouvement qui peut être employé pour faciliter l’examen précis des objets.

Ce mouvement peut du reste être adapté aux platines déjà citées, ainsi qu’à celles des autres systèmes, lesquelles se rapportent en général aux mêmes moyens, et l’inspection d’une platine mobile fera de suite comprendre la construction de toutes celles construites, la base étant la même, sauf quelques modifications dans les détails.

D’après ce que je viens de dire, on comprendra que la platine mobile est un accessoire qui doit accompagner tout microscope complet et à forts grossissements.

Nous reviendrons sur la platine tournante en traitant du choix du microscope.

Porte-objet imcumnticjue.

Lorsque l’on voudra étudier l’action des pressions différentes sur des corps organisés vivants, il faudra se servir du porte-objet pneumatique du docteur Poiseuille. Cet ingénieux appareil se compose d’une caisse de cuivre, fermée à la partie supérieure et inférieure, par des glaces planes épaisses de 3mm,5. Un ajutage, permet d’adapter une pompe, et de mesurer l’augmentation ou la diminution de la pression, sur les objets introduits dans cet appareil.

Cuve ou aquarium «le Charles Chevalier.

Les cuves plates sont des accessoires fort utiles, et je

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dirai même indispensables. J’ai représenté (fig. 101) cet accessoire. J’extrairai du Manuel du micrographe la description qui en a été donnée.

« Nous appellerons spécialement l’attention des observateurs sur nos boîtes translucides à surfaces planes. Longtemps on fit usage de tubes ou fioles pour observer certains corps immergés dans un liquide. Il n’y a pas encore bien longtemps que plusieurs observateurs et opticiens distingués employaient ce procédé en Angleterre, et l'on peut voir la représentation de leurs appareils dans les derniers traités du microscope.

» Celle méthode est mauvaise, car les surfaces courbes du verre plein d’eau ne peuvent se présenter en même temps au foyer des lentilles, et les rayons partis de l’objet .éprouveront différentes réfractions qui nuiront à la netteté de l’instrument. S’il devient nécessaire d’exercer une compression sur l’objet, elle ne pourra être égale sur tous les points, à moins toutefois que le compresseur ne présente une courbure semblable à celle des parois du vase, et alors si l’objet est un être animé, il pourra se glisser sur les parties latérales et s’échapper par les intervalles. Nous pourrions ajouter qu’il fallait un appareil spécial pour maintenir les fioles.

» Depuis plusieurs années, nous construisons des boites de glace composées de quatre lames réunies au moyen d’un mastic particulier. Toutes les surfaces sont planes, et l’on fixe ces boîtes sur la platine, en les serrant entre les valets (bien entendu quand on a fait pivoter le microscope universel ou autre, de façon à placer verticalement la pla-

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line). Elles sont indispensables pour le microscope solaire. Une lame de glace, également plane et dont les bords sont en contact avec les parois extrêmes de la boite, glisse d’avant en arrière et sert à examiner de jeunes Char a qu’on a fait croître dans le même vase où on les examine; on amène très-facilement la petite plante contre la paroi de la boîte, on agira de même si l’on veut maintenir ou comprimer des êtres animés. »

Un observateur savant, M. Nicolcl, a retiré de très-grands avantages de ces cuves pour l’étude des infusoires. En un mot, leur emploi a été généralement adopté, et les services rendus sont incontestables.

On se sert aussi pour l’examen de la circulation du sang dans les nageoires des très-petits poissons et dans la queue des têtards de grenouille, de petites cuves à fond déglacé, et à parois de cuivre. Ces cuves se posent sur la platine du microscope. Charles Chevalier a imaginé une petite pièce qui se place dans les cuves et qui sert à maintenir le têtard dans l’immobilité complète. Une autre pièce a été disposée par lui pour tenir les branches de Chara , lors de l’examen de la circulation de la sève. Ces dernières cuves se font aussi verticales pour répéter les mêmes expériences avec le microscope solaire.

La circulation du sang se voit bien dans la patte de la grenouille, en examinant les vaisseaux qui rampent dans la membrane interdigitale. Pour cet examen, on peut se servir du froçj plate de Goadby. C’est une plaque de cuivre aa (fig. 102) ayant sur les côtés une rangée de trous gg. La grenouille est maintenue dans un sac hh, attaché à la plaque de cuivre par un lien cc , la patte de la grenouille est étendue sur un verre /f, à l’aide de fds que l’on enroule dans des chevilles h, qui se placent dans les trous g. Cc moyen est fort commode, et facile à employer. Dans le

ARTHUR CHEVAMEIl. 10

1 A (5 DES AüiESSOlItES DU MICROSCOPE.

cours de ccL ouvrage nous reviendrons sur ces expériences.

Fig. 102.

Tubes A infusoire*».

La cuiller à filet, devient nécessaire lorsqu’on veut choisir un individu dans un vase qui en contient plusieurs. On peut construire soi-même ce petit instrument avec un morceau de fil métallique dont on contourne une des extrémités en anneau sur lequel on tend un petit morceau de gaze. Lorsqu’on veut faire un choix, on glisse doucement la cuiller sous un ou plusieurs individus, et on la relire en ayant bien soin de ne pas trop agiter le liquide.

Pour saisir certains corps flottant dans l’eau, on se sert aussi de petites cuillers de verre. On peut aussi, silanalure de l’objet ne s’y oppose pas, se servir de presselles courbes. Mais si l’on veut saisir des corps qui se trouvent au fond d’un vase un peu profond ou autre récipient, il faudra faire usage de longues presselles ou de petites baguettes de verre plein, arrondies aux extrémités, fort utiles pour prendre les gouttes de liquide que l’on veut observer. On peut en avoir de diverses grosseurs et longueurs;

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Une des pinces les mieux comprises pour saisir les objets placés au fond des vases est le forceps de M. Edwin Quekett. La figure 103 fera comprendre aisément comment on se sert de cet ingénieux accessoire.

Fig. 103.

En parlant des infusoires, nous indiquerons les moyens et les outils nécessaires pour leur récolte, mais nous signalerons ici un moyen très-employé pour les pêcher dans les vases où on les lient renfermés. 11 faut avoir des tubes en verre de différentes formes (fig. 10/i). Ayant choisi un tube convenable, on ferme l’orifice supérieur avec le bout du doigt, puis on le plonge dans le liquide, en le dirigeant vers l’endroit où se trouvent les animalcules; cela fait, on relire le doigt, cl à l’instant le liquide s’engage dans le tube, entraînant avec lui les infusoires. On replace alors

DUS ACCESSOIRES DU MICROSCOPE

le doigt sur le tube, et l’on porte sur une lame de glace le liquide contenant les individus, que l’on peut alors observer à son aise (Pig. 105). Non-seulement on peut pêcher dans les vases, mais de même sur les gouttes de liquide déposées sur les lames de glace ou dans de petits récipients.

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