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Les lames de glace qui servent à déposer les objets pour les examiner sont les accessoires les plus employés ; on aura soin de se les procurer belles, sans bulles, raies ni fils. Leur surface devra être parfaitement lisse et sans trous; quant à leur épaisseur, elle doit être en général moyenne, cependant quelquefois on peut avoir besoin de lames de glace «assez épaisses. Le champ de ces lames doit être usé à l’émeri, et les bords biselés. Nous employons ordinairement des lames de deux grandeurs, soit de 60 millimètres sur 15 et de 75 millimètres sur 25.
Ces deux dimensions suffisent en général. On peut, à l’aide d’une règle et d’un diamant, couper soi-mème les lames de glace et les user ensuite sur les côtés en les frottant avec de l’émeri sur plan de fer ou de cuivre, ou même sur un morceau de verre dépoli et épais ; mais ces manipulations sont ennuyeuses, et l’on fait toujours mieux de les acheter préparées. Malgré cela, quelques amateurs se servent des moyens indiqués ci-dessus. En Angleterre, on polit le champ des lames de glace, et celle méthode est très-bonne.
M. Queke'lt a décrit dans son ouvrage un petit appareil servant à couper les lames de glace aux dimensions que
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’on désire ; mais le micrographe peut supprimer cet appareil.
Les lamelles qui servent à recouvrir les préparations doivent être de differentes épaisseurs, suivant la nature et les exigences relatives à l’examen des objets; ces lamelles peuvent être faites excessivement minces. Ch. Chevalier qui les indiqua et les construisit le premier pour remplacer le mica (substance imparfaite), était arrivé à en faire de si minces, qu’il fallait les plus grandes précautions pour ne pas les briser. En général, onles emploie d’une épaisseur telle qu’on peut les manier commodément, surtout pour les préparations au baume du Canada, dans les fluides, etc., etc. Ces lames ne peuvent être faites par les amateurs, elles réclament les soins de l’opticien. On les coupe avec le diamant, mais il faut une grande habitude. Nous en employons ordinairement de deux grandeurs, en rapport avec les lames indiquées.
Carpenler a décrit dans son savant Traité du microscope un compas fort ingénieux pour mesurer l’épaisseur des lamelles. Cet accessoire n’est réellement utile que dans un petit nombre de cas.
Il existe d'autres sortes de lames de glace que l’on emploie pour les préparations, ainsi que d’autres accessoires en verre ; nous en parlerons en traitant des divers modes de préparation.
Certains objets se préparent souvent entre des disques en glace de moyenne épaisseur; on doit donc en avoir de différents diamètres. Très-souvent, on emploie au lieu de lamelles minces en glace, de petits disques de la même nature, que l’on peut trouver dans le commerce. Mais comme il peut se faire qu’on ait besoin de diamètres particuliers, ce qui arrive fréquemment en raison de la diversité des objets microscopiques, on fera bien d’avoir à sa
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disposition une petite machine qui permette de découper soi-même de petits disques de glace mince; en un mot, une petite tonrnelLc.
S’étant procuré de petites feuilles de glace très-mince, on fera usage de la petite machine due à M. Schadbot (fig. 106).
L’observateur au microscope devra se munir d’un bon diamant à écrire, pour marquer les préparations. Cet accessoire est indispensable.
Lorsque l’on veut observer de petits animaux aquatiques, on se sert quelquefois de petites lames de glace portant une ou plusieurs concavités, que l’on peut recouvrir d’une lamelle également de glace. Mais les récipients concaves ont une lâcheuse influence pour la parfaite perception, aussi devra-t-on leur préférer une lame de glace, sur laquelle on aura collé un petit anneau de verre. Ce petit récipient, à fond parallèle, sera tout à fait parfait. Le liquide étant mis dans la cavité, il ne reste plus qu’à placer un petit disque de glace sur l’ouverture, puis à observer.
On peut avoir plusieurs de ces lames portant des anneau* de diverses épaisseurs.
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Nous avons déjà cité un compas indiqué par Carpcnler et servant à mesurer l’épaisseur des lamelles minces. A ce propos nous décrirons ici le mensuraleur de le Baillif inventé en 1825. Ce petit instrument trop peu connu peut servir pour mesurer l’épaisseur des lamelles, et d’une foule
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d’objets, nous ne saurions trop le recommander. Dans la figure 107 AB, AB est une petite plaque en cuivre, cc, sont deux petits supports percés dans lesquels glisse la
Fig. 107.
pièce ee, qui est repoussée vers la gauche par le ressort de montre /. La plaque AB, AB est percé à son centre et garnie d’un verre sur lequel on a gravé au diamant un trait excessivement tin. La pièce ee est également percée, cl dans son ouverture est fixé un disque de verre divisé en fractions de millimètre, / une vis qui avance ou recule au moyen du support taraudé cl et dont l’extrémité vient appuyer contre un butoir placé à son extrémité.
Pour employer l’instrument, on le fixe solidement sur la platine du microscope. On met au point et l’on aperçoit parfaitement les divisions et le trait indicateur qu’il faut amener sur le premier trait de la plaque supérieure, au moyen de la vis. Si l’on place alors un petit corps, un morceau de papier par exemple, entre l’extrémité de la vis et celle du butoir, ce dernier sera repoussé vers la droite et la marche des divisions sur le trait du disque inférieur indiquera l’épaisseur du corps.
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Quand on observe avec le microscope horizontal ou
DES ACCESSOIRES DIJ MICROSCOPE
vertical, on fait bien de se munir d’un écran qui empêche la lumière d’arriver sur les yeux de l’observateur, ce qui empêche souvent de faire de parfaites observations, surtout le soir, avec les lumières artificielles. Pour le microscope horizontal, nous plaçons simplement à l’oculaire un disque en carton noirci, assez grand pour empêcher la lumière directe de gêner l’observateur.
On peut aussi employer pour le microscope vertical, le bonnet indiqué par M. Lister, et que M. Quekelt a mentionné dans son Traité du microscope.
Oculaire indicateur.
L’oculaire à indicateur de M. Quekelt est un ingénieux accessoire qui peut, dans certains cas, être très-utile pour indiquer à une personne l’objet qu’on désire lui faire apercevoir, surtout quand un objet qui vous intéresse se trouve parmi d’autres que l'on ne peut isoler qu’avec un moyen tel que celui que M. Queketta proposé. Il consiste en une petite tige de cuivre placée au foyer du premier verre de l’oculaire.
Iles lampes.
Comme tout le monde le sait, les observations microscopiques peuvent se faire à la lumière naturelle et artificielle. Dans ce dernier cas, le choix d’une bonne lampe est indispensable, car une belle lumière vive et blanche peut seule donner de bons résultats.
Une lampe dite Carccl modérateur sera préférée, cl la construction dite à tringle, permettant d’abaisser ou de hausser le foyer de lumière, devra être particulièrement requise. Il ne faut pas entendre par là que l’emploi de cette forme est indispensable, car d’autres lampes peuvent aussi donner de très-bons effets ; mais comme facilité
DES ACCESSOIRES DU MICROSCOPE, d’usage, le modèle que j’ai indiqué est, à mon avis, le plus parfait. On peut ajouter à la lampe que l'on emploie un réflecteur parabolique, comme l’a indiqué Ch. Chevalier, afin de diriger sur le miroir toute la lumière émise par le foyer lumineux. Celte addition n’est pas indispensable, mais les effets sont plus réguliers.
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Comme nous le verrons plus loin en traitant des préparations microscopiques, les objets préparés que l’on désire observer au microscope solaire doivent être maintenus dans des fiebes en bois. Avec cet instrument, si l’on veut examiner des objets déposés sur des lames de glace, tels que les globules de sang, des cristallisations salines, etc., on maintiendra les lames dans des fiebes à tourniquet.
Pour les objets vivants on se sert de la construction suivante : une lame de cuivre mince, percée d’une ou de plusieurs ouvertures, est collée sur une lame de glace, et forme nécessairement une ou plusieurs cavités; le tout est ensuite placé sur une rainure pratiquée à la partie inféreiure d’une fiche de bois.
L’objet étant introduit dans les petites cellules, on recouvre le tout d’une lame de glace, que l’on maintient à l’aide de deux tourniquets placés sur la fiche. Cet accessoire est fort utile.
IM vers .
Les accessoires qui servent à faciliter les expériences rendent d’immenses services, et l’on devra soi-même en construire suivant les expériences cl les recherches que l’on entreprend.
Pn observateur patient et minutieux n’est pas embarrassé, quand il lui manque un de ces riens qui assurent
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souvent la réussite des expériences, et h l’aide de quelques outils usuels il a bien vite construit le petit appareil qui lui est utile.
Bien que cela soit un peu étranger au sujet, j’ajouterai ici la description de quelques accessoires qui servent à récolter certains objets qui peuvent faire le sujet d’un grand nombre d’études au microscope.
Les expériences que l’on peut faire sur les plantes sont innombrables. Pour les récolter, on se servira de la boîte à herboriser. Celte boîte, construite en fer-blanc, se fixe au corps à l’aide d’une bretelle que l’on passe sur les épaules. La boîte est fermée à l’aide d’un couvercle; toutes les plantes que l’on récolte sont placées soigneusement l’une sur l’autre, de façon qu’elles s’abîment le moins possible. Il est toujours bon d’avoir avec soi un bon couteau, muni d’une serpette, pour couper les branches dont on aurait besoin, et aussi une pelle de fer, pour déraciner certaines plantes, que l’on abîmerait autrement.
A l’une dos extrémités des boîtes à herboriser, on laisse quelquefois un compartiment, qui s’ouvre à charnières sur le côté do la boîte, et qui est muni sur son épaisseur d’une ouverture qui se ferme également à l’aide d’un petit couvercle à charnières ; quelques trous sont aussi percés près de ce couvercle.
Cette petite case sert à enfermer les insectes que l’on veut récolter. On les introduit par la petite ouverture pratiquée sur l’épaisseur delà boite, et de retour chez soi, on les obtient en ouvrant entièrement le compartiment ; mais ce moyen est mauvais, et une boite à herboriser, sans case pour les insectes; est préférable. Quant à la manière de faire les herbiers, etc., etc., on en trouvera la description dans les ouvrages spéciaux.*
DES ACCESSOIRES DU MICROSCOPE
Quand on veut récolter des insectes, si l’on désire en faire des collections, il faudra procéder do la manière suivante : on se procure une boîte de bois léger, de moyenne épaisseur, au fond de laquelle on fixe une lame do liège, ou bien, sur le fond même de la boite, on colle de petits cylindres de moelle de sureau. Les insectes récoltés, coléoptères, diptères, lépidoptères, etc., y sont fixés au moyen d’épingles, suivant les règles indiquées dans les ouvrages d’entomologie.
La boîte à insectes se tient au corps à l’aide d’une bretelle, comme la boîte à herboriser.
Si l’on n’a que de petits insectes à récolter (excepté des lépidoptères), on peut les placer dans une bouteille à large col, fermée à l’aide d’un bouchon deliége. De retour chez soi, on peut les disposer comme on le désire. Quand on récolte des coléoptères, on fait bien d’avoir à sa disposition de longues presselles de cuivre, qui servent à saisir ces insectes, et surtout certains carabes, etc.
Lorsque l’on récolte des coléoptères, diptères, hémiptères, qui sont destinés à être disséqués, on les place dans des flacons où l’on a mis des rognures de papier, sur lesquelles on verse une petite quantité d’huile de pétrole ; cette huile permet de les conserver encore assez longtemps vivants, tout en les plongeant dans une espèce d’anéantissement.
Les très-petits insectes se récoltent de même dans de petits flacons. Nécessairement on se munira de petites presselles de cuivre, pour servir dans l’occasion. Quant aux moyens à employer pour étaler les insectes, les préparer, disposer les collections, on en trouvera la description dans les ouvrages spéciaux, le cadre de cet ouvrage ne nous permettant pas de les indiquer. Je me bornerai seulement à donner un moyen qui me réussit très-bien
DES ACCESSOIRES DU MICROSCOPE
pour conserver tous les insectes en général. Ce moyen consiste à employer le liquide suivant, composé de:
Créosote 10 parties.
Huile de pétrole ou de naphtc. . . 10 —
La manière d’employer ce liquide est fort simple : tous les insectes, disposés préalablement, excepté les lépidoptères, y sont plongés et retirés à l’instant ; on les laisse ensuite égoutter en les posant sur des feuilles de papier buvard, et le lendemain de leur préparation ils sont bons à être mis dans les collections.
Au moment où les insectes sont plongés dans la liqueur ils perdent leurs couleurs ; mais aussitôt évaporée, les teintes reparaissent avec le même éclat. J’ai préparé ainsi des insectes très-délicats, tels que le hanneton bleu, le carabe bleu, purpurin, le calosome sycopbante, etc.; tous les insectes ont conserve leur brillante parure et sont parfaitement inaltérables.
J’insiste donc sur l’emploi de ma liqueur conservatrice, car elle peut rendre de grands services.
Pour les lépidoptères, il suffit de passer sous l’abdomen et le corselet, un pinceau légèrement chargé de la liqueur.
J’ajouterai aussi que je laisse toujours dans les boites un petit tampon de coton imbibé de celle substance; le tampon est maintenu sur un verre de montre placé dans une petite boite de carton.
Le papier qui est collé sur le liège et qui le maintient au fond des boites, est collé à l’aide de colle faite avec de la farine et de la gomme arabique. Il faut ajouter pour 50 grammes de colle, 5 grammes de sublimé corrosif.
A l’aide de ces moyens, les collections se conservent par-
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faitemo.nl, cl jamais les acarcs et autres parasites ne viennent détruire les insectes.
Les insectes doivent être fixés dans les collections à l’aide d’épingles dorées ou vernies, ainsi qu’on les fabrique en Angleterre.
Pour récolter les petites algues terrestres, les champignons, les lichens, on se sert de boîtes de fer-blanc, dans le genre de celles qui servent à contenir les vers que l’on emploie pour la pêche. Les mousses, les hépatiques, etc., peuvent être rapportés dans la boîte à herborisation.
Le filet à papillons dont je fais usage se compose d’une canne dont le bout peut se dévisser. Lorsqu’on veut en faire usage, on adapte soit le filet de gaze, pour chasser les lépidoptères ou autres insectes ailés, ou encore le filet de toile qui sert à pêcher dans les mares et fossés, les al- | gués, petits poissons, têtards de grenouilles, salamandres, hydrophiles, gyrins, dytiques, etc.
On voit que ce filet, ainsi disposé, est fort commode, car il sert de canne; il suffit donc d’emporter sur soi les filets dont j’ai parlé, et qui sont portatifs car le cercle est à charnières.