CHAPITRE XIII
DANS LES VERNIS, ETC
La préparation des objets au moyen du baume du Canada réclame de la part de l’opérateur un peu plus
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d’attention que celle à l’état sec. Cependant on doit la considérer comme facile, et dès les premiers essais on verra le succès répondre aux efforts que l’on aura pu faire.
Disons d’abord que ce mode de préparation n’est pas applicable à tous les objets, et qu’en général il ne réussit bien que pour ceux qui ne sont pas imbibés de liquides.
C’est ainsi qu’il est impropre à la conservation d’un grand nombre de tissus et organes végétaux ou animaux, tandis qu’il convient parfaitement pour les parties cornées écailleuses ou membraneuses des organes extérieurs des insectes, pour les poils des animaux, la peau, les tranches de bois sec, d’os, certaines injections, les enveloppes siliceuses des infusoires, etc., etc., et enfin pour tous les corps dont l’organisation n’est pas accompagnée de liquides ou de substances dont la nature ne pourrait être compatible avec la substance résineuse qui sert de corps protecteur.
Malgré cela on obtient souvent de belles préparations dans les résines, pour un certain nombre de tissus animaux, que l’on n’oserait de prime abord préparer de cette manière. Ainsi les coupes des nerfs, de la moelle, les glandes, les cellules pulmonaires, etc., peuvent très-bien se conserver dans les vernis. Nous avons vu de fort belles préparations de ce genre faites par le docteur J. Luys.
L’objet à préparer, obtenu par la dissection ou par tout autre moyen, doit d’abord être rendu parfaitement net, exempt de corps étrangers, de parties grasses, etc. A cet effet, l’objet sera lavé dans de l’eau pure, soit en l’agitant dans le liquide ou en y passant légèrement des pinceaux doux d’un volume approprié à la grosseur de l’objet. Ce procédé doit être mis en pratique, si l’on a seulement à enlever des impuretés, des grains de poussière, etc., qui
2(5'l HlÉPAltÀTlON AVEC LE 11 A U M E DU CANADA,
pourra icnl nuire à la beauté de l’objet; mais si l’on a a (Taire à des ob jets chargés de substances graisseuses ou résineuses, on emploiera alors, soit de l’alcool rectifié, de l’éther sulfurique ou de l’essence de térébenthine pure, cl l’on agira comme pour l’eau.
L’objet, parfaitement propre, devra ensuite être rendu entièrement sec, en un mot, exempt des moindres traces d’humidité. (Ces considérations s’appliquent nécessairement à des objets d’un certain volume. Pour les objets infiniment petits, la plupart des manipulations seront retranchées, ainsi que nous l’indiquerons plus loin.) Je ne saurais trop insister sur ce point, duquel dépend en grande partie la beauté et la propreté de la préparation.
Voyons maintenant quels sont les meilleurs moyens à employer pour sécher les objets destinés à être préparés.
Pour rendre les objets parfaitement secs, différentes méthodes peuvent être employées. La plus simple et la meilleure de toutes consiste à placer l’objet bien nettoyé entre deux lames de glace bien propres, que l’on maintient réunies en les entourant d’un fil mince que l’on noue sur l’un des côtés des lames. De cette façon, l’objet s’aplatit, et sèche d’une manière régulière. Suivant la nature de l’objet, on peut serrer plus ou moins les lames l’une contre l’autre, mais en général une moyenne pression suffit.
Celte méthode -est fort simple et donne de bons résultats. Pour les ailes des insectes, et en général pour toutes les parties extérieures du corps de ces animaux, les tranches de bois, etc., ce moyen peut être employé. On peut aussi se servir de ces petites pinces de bois qui servent de serre-notes, et qui se trouvent partout.
J’avais à cet effet imaginé de petites pinces de cuivre,
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destinées à tenir les lames de glace réunies; mais le nouct me semble préférable.
Pour de grands objets, tels que les ailes de certains papillons, etc., on peut encore les tenir en presse entre des feuilles de papier sur lesquelles on place un corps lourd quelconque d’un poids en rapport, avec la pression à produire.
Un petit appareil qui peut cire employé avec avantages est ma petite presse représentée figure 140. Fdle se coin, pose de deux plaques de métal que l’on peut réunir au moyen d’une vis afin d’obtenir la pression que l’on désire.
L’objet à comprimer et dessécher peut être placé en presse entre deux feuilles de papier ou entre deux lames de glace; dans ce cas on ajouterait sur les lames deux petites feuilles de drap ou autre substance moelleuse. Ce moyen est bon, et nous ne saurions trop le recommander.
Quant au temps pendant lequel il faut soumettre les objets à sécher, il est variable, suivant leur volume et leur nature, mais ordinairement quelques jours suffisent pour rendre les objets parfaitement secs et en état d’être préparés.
Lorsque l’on séparera les lames de glace entre lesquelles on a mis l’objet, il arrivera souvent que ce dernier restera adhérent à l’une des lames. Dans ce cas il faudra mouiller l’objet avec un des liquides dont nous parlerons plus loin. On pourra aussi le détacher à l’aide d’une aiguille. On risquerait de briser le corps à préparer, si l’on n’employait les moyens précités. On peut meme
attendre quelques instants que l’objet s’imbibe, afin qu’il suffise de le toucher légèrement pour le détacher et le faire tomber dans le vase contenant le liquide où il devra séjourner. On peut aussi plonger les lames dans le liquide pour faciliter leur séparation. On a dû remarquer que la préparation du séchage et de l’aplatissement de l’objet est fort utile, car le liquide que nous allons employer va maintenant pénétrer d’une manière intime toutes les parties de l’objet, et de plus ce dernier présentera une épaisseur telle, qu’il pourra être compris entre deux lames de glace dans la résine conservatrice.
Avant d’indiquer les moyens à employer pour fixer les objets dans le baume du Canada, il est indispensable de signaler l’opération suivante préliminaire à ladite préparation. Cette opération consiste à immerger l’objet pendant un certain temps dans une substance de nature à s’allier avec la substance résineuse qui sera mise en usage.
Avant d’indiquer les liquides que l’on devra employer, il faut indiquer les récipients qui servent à les contenir.
Les substances qui servent à contenir les objets avant de les préparer étant volatiles, et devant être tenues à l’abri de la poussière, seront placées dans de petits récipients de porcelaine ou de verre, tels que ceux représentés figure IZil . On doit en avoir de petits et de grands; les petits ont ordinairement de 2 à 3 centimètres de diamètre sur 1 de hauteur. Quant aux grands, on peut les choisir de 6 cà 8 centimètres sur 3 ou h de haut. J’emploie généralement ces dimensions ; mais elles sont variables.
Le petit récipient est muni d’un couvercle de glace rodée, qui s’applique sur les bords du vase et le clôt hermétiquement. Afin de l’y faire adhérer parfaitement, on
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peut y projeter l’haleine et le poser en glissant légèrement sur les bords du récipient.
On doit toujours avoir un certain nombre, soit une douzaine de ces petits vases ; car il est préférable de ne mettre ensemble que des objets de même nature, ou tout au moins presque semblables.
Fig. 141 . Fig. 142.
On pourra aussi se servir de récipients hémisphériques et à fond plat. Je recommande aussi le moyen suivant, qui consiste à placer les récipients sous une petite cloche de verre (fi g. 142), dont les bords sont rodés sur une plaque de glace qui permet d’obtenir une clôture hermétique.
Une foule de vases de verre ou de porcelaine, que l’on a souvent sous la main, pourront être mis en usage, soit en y faisant appliquer un couvercle rodé, soit en les plaçant sous la cloche dont j’ai parlé.
Quant au temps que l’on doit laisser séjourner les objets dans la liqueur, il varie suivant la grandeur des objets et la plus ou moins grande facilité qu’ils ont de s’imbiber; c’est donc à l’observateur de le déterminer lui-même, en se rappelant que je laisse les objets facilement perméables
2tiS ÎMIÊI’AIIATION' AVEC LE U A LME DE CANADA.
au moins doux ou trois jours en conlacl avec la substance qui doit les pénétrer.
Il m’arrive quelquefois de laisser des objets séjourner dans la liqueur pendant un mois; mais rarement, car pour les objets très-compactes, huit à quinze jours suffisent ordinairement.
Nous connaissons maintenant la manière d’employer les liquides préliminaires, indiquons quelle doit cire leur nature.
Les substances que l’on peut employer pour laisser séjourner les objets sont les suivantes :
L’essence de térébenthine,
Le vernis à tableaux,
La benzine,
L’huile de houille,
L'huile de schiste,
L’huile de pétrole,
L’huile de naphte,
Le sulfure de carbone.
Il ne faut se servir, bien entendu, que de substances parfaitement pures. Je n’insisterai pas davantage sur ce point, dont on doit comprendre l’importance.
Les substances que je viens d’indiquer sont toutes bonnes à employer; mais une infinité d’autres de même nature donneraient, sans nul doute, d’excellents résultats. Les essences, les huiles diverses, et en général tous les carbures d’hydrogène peuvent être usités. Cependant certaines substances devront être préférées, et un vaste champ reste aux chercheurs qui pourront, en indiquant de nouveaux produits, rendre de grands services et faire avancer la micrographie. Leurs indications faciliteront les moyens de préparation des objets, une des conditions indispensables pour la parfaite perception.
dans les vernis, etc.
Ces recherches procureront science et plaisir. Aussi, je ne doute pas de leur succès près de ceux qui ont compris que l’étude de la nature est la plus sublime des récréations.
Outre les produits dont j’ai parlé, j’ai aussi employé les essences de betterave, de lavande, de citron, de mirbane, etc. Ces divers produits sont tous bons ; mais, afin de ne pas s’embarrasser d’un trop grand nombre de substances, j’ai pensé qu’il était meilleur d’en avoir une à sa disposition dont l’usage soit général et en même temps parfait. J’ai donc essayé scrupuleusement les effets des différents liquides que je viens de citer, et, après de nombreux essais, je me suis arrêté à Y huile de naphte parfaitement pure ; les résultats que j’ai obtenus ont toujours été très-satisfaisants. Celte huile, parfaitement fluide, pénètre intimement les corps à préparer, dissout les moindres parties grasses et dispose l’objet d’une manière parfaite à la préparation que nous décrirons dans un instant.
C’est donc dans l’huile de naphte que je laisse séjourner les objets que je veux préparer. Depuis environ une dizaine d’années, j’emploie cette substance que je remplace quelquefois par une nouvelle essence que j’ai extraite dans ces derniers temps; les résultats qu’elle m’a fournis ont été en rapport avec l’expérience rationnelle à laquelle je dois ce nouveau produit.
En cherchant quelle pouvait être la substance la plus compatible avec le baume du Canada, il m’est, venu à l’idée de le distiller et d’en extraire l’essence ou huile essentielle. L’expérience suivit l’idée, et j’obtins, à ma satisfaction, une essence incolore, assez fluide, et d’une odeur nécessairement identique avec celle de la substance dont je venais de l’extraire.
Je n’ai vu nulle part que cette essence ait été extraite;
jé crois donc être le premier à l’avoir fait, et je l’ai nommée essence balsique.
Les objets plongés dans mon essence sont devenus parfaitement aptes à être préparés dans le baume du Canada: cela se comprend facilement, car ils ont été préalablement plongés dans la substance la plus en rapport avec la résine, qui n’est qu’une dissolution de cette dernière dans l’huile essentielle que j’ai employée.
En résumant ce que je viens de dire, il sera facile de voir quej’emploie, soit l’huile de naphte ou l’essence dont les résultats sont toujours parfaits et constants.
Maintenant que nous connaissons les préparations que l’on doit faire subir à l’objet avant de l’immerger dans le baume du Canada, voyons comment se pratique cette opération.
Le baume du Canada est une substance résineuse extraite du YAbies balsamea. Sa couleur est légèrement jaunâtre et sa consistance demi-fluide quand il est frais et tenu à l’abri du contact de l’air. M. Quekett nous apprend que c’est M. J. T. Cooper qui l’obtint le premier, et que c’est en 1832 que MM. New et Bond, préparateurs de mérite, l’employèrent pour les objets microscopiques.
A ce sujet, il faut dire que longtemps avant, le savant le Baillif, dès l’année 1825, se servait pour le mêmê usage, d’une substance analogue, la térébenthine de Venise.
La térébenthine est demi-fluide, comme le baume du Canada; mais elle possède une teinte verdâtre, qui doit faire préférer le baume du Canada, beaucoup plus limpide.
Ainsi donc, celui qui eut le premier l’idée de conserver les objets dans une substance résineuse est sans contredit le Baillif, qui se servit de la térébenthine de Venise. Celte découverte fut annoncée par Charles Chevalier au docteur Goring en l’année 1826.
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Malgré que nous recommandions le baume du Canada, on pourra très-bien se servir de la térébenthine que l’on a l’avantage de trouver partout, et, si l’on manque d’huile de naphte, on pourra laisser séjourner les objets dans de l’essence de térébenthine rectifiée.
Pour les préparations microscopiques je n’emploie pas le baume très-lluide; je préfère qu’il soit un peu épais, en un mot qu’il contienne moins d’huile essentielle que lorsqu’il est frais.
Si l’on avait à sa disposition du baume très-fluide, il serait facile de l’épaissir un peu en le faisant chauffer légèrement au bain-marie jusqu’à consistance désirable. Cette remarque efet très-importante, et je ne saurais trop y insister.
C’est avec le baume du Canada ou la térébenthine que Pon réunit les flint et les crown des lentilles achromatiques. Suivant l’usage des verres, on emploie l’une ou l’autre substance.
Le baume du Canada ou la térébenthine peuvent être tenus à l’abri de l’air dans un vase de verre ou de porcelaine, munis d’un couvercle de glace rodée. Ce moyen est assez bon ; mais, en voyage, il est préférable d’avoir un récipient tel que celui représenté figure U3, et qui se compose d’une fiole de cristal fermée par un bouchon rodé.
On laisse à l’intérieur une petite baguette de verre destinée à prendre le baume. Ce flacon n’est autre chose qu’un flacon de lampe à alcool, mais de dimensions en rapport avec l’usage auquel on le destine.
2/2 IMlÉPARATtON AVEC LE BAUME DU CANADA,
- J’employais depuis longtemps un llacon de lampe à alcool ; mais je me promettais d’en faire construire un dont le goulot fût plus large et de plus grandes dimensions. J’ai vu dans l’ouvrage de Quekelt que celle idée était déjà mise en pratique, ce qui me prouve encore l’utilité du flacon rodé pour conserver le baume du Canada.
Abordons maintenant la manipulation, et pour cela prenons pour exemple un objet quelconque, soit une aile de mouche.
A l’aide de la petite baguette de verre dont j’ai parlé, on prend une petite quantité de baume du Canada, que l’on dépose sur une lame de glace parfaitement nettoyée à l’avance. (Le nettoyage se fait à l’aide d’un linge fin et d’un peu d’alcool.) Ayant allumé une lampe à alcool (l), on chauffe, à l’aide d’une flamme moyenne, la lame de glace, en la tenant (2) environ à un centimètre de la flamme, et l’on a soin, au moment où le baume commence à se liquéfier, d’incliner légèrement en tous sens, afin que la résine puisse s’étaler convenablement.
A ce moment, on voit ordinairement quelques bulles se former ; ces bulles se réunissent le plus souvent en un petit amas, que l’on fait disparaître en enlevant le fragment de baume qui les contient. C’est à l’aide d’une forte aiguille emmanchée que l’on pratique l’opération que je viens d’indiquer. Au moment où les bulles se forment et se réunissent, il faut attendre un instant avant de les enlever; car au moment où l’on vient de chauffer, le baume est encore trop fluide pour permettre l’enlèvement parfait des bulles.
(1) Les lampes de cristal sont parfaites. On peut aussi employer la lampe régulateur, car elle permet de régler la flamme sans toucher à la mèche.
(2) Dans le plus grand nombre de cas, je tiens la lame de glace entre les doigts par l’une des extrémités; mais, comme il faut avoir une certaine
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Les bulles enlevées, on recommence à chauffer, el au bout de quelques instants, si l’on regarde le baume du Canada en inclinant légèrement la lame, on voit qu’il s’y forme des marbrures ; on retire alors la lampe à alcool, on pose la lame de glace sur la table, et on attend le refroidissement.
La lame de glace étant refroidie, le baume du Canada doit être sec, ce dont on s’assure en le touchant avec l’aiguille dont j’ai déjà parlé; dans ce moment l’aiguille doit s’y enfoncer avec résistance, sans pourtant enlever la résine par éclats, ce qui prouverait que le baume a été trop chauffé, ce qu’il faut éviter.
Le point où l’on doit cesser de chauffer le baume est fort important à saisir, et l’on ne saurait trop y prendre garde.
En s’arrêtant au moment que j’ai indiqué, on est sûr d’obtenir de bons résultats, car, un instant après que les marbrures se sont formées, le baume répand des vapeurs, et si l’on continue il passe à l’ébullition. Dans ces circon-
habitude pour'ne pas se brûler, on peut employer avec succès la petite pince de M. Jules Page, que Quekett a décrite (fîg. 144). Elle se compose de deux lames de bois séparées et maintenues à leur extrémité par une pièce de cuivre faisant ressort. Deux goupilles permettent l’écartement de la
Fig. 144.
Le petit appareil est en outre muni d'un support qui permet de le tenir horizontal, ce qui est très-utile pour laisser refroidir la résine. Je n’insisterai pas davantage sur ce petit appareil, qui, en réalité, est excellent.
ARTHUR CHEVALIER
Tl }\ PRÉPARATION AVEC LE BAUME DU CANADA,
stances, l’huile essentielle étant totalement évaporée, il ne resterait en séchant que la résine proprement dite plus ou moins altérée, qui ne pourrait servir à préparer les objets.
11 faut donc que le baume du Canada soit chauffé jusqu’au point où il conserve encore assez d’huile essentielle pour qu’il ne soit pas dénaturé et qu’il permette la prépation des objets.
Quelques essais apprendront de suite à discerner le moment que l’on doit saisir pour soustraire le baume à la chaleur, et, en suivant les instructions que j’ai données, il sera facile d’arriver à de bons résultats dès les premières expériences.
En chauffant le baume comme je l’ai indiqué, on a l’avantage d’expulser une partie de l’huile essentielle, et do plus de solidifier le baume de manière à permettre à la préparation le séchage immédiat, ce qui est très-important.
. Si l’on n’a pas soin de tenir la lame à une distance convenable de la flamme, il arrive quelquefois que la substance résineuse s’enflamme; le baume a alors perdu ses qualités, et l’on doit recommencer l’opération avec d’autre baume.
On peut encore déposer la lame contenant le baume sur une plaque de métal ou sur une brique chauffée ; de la sorte, on évite les accidents qui pourraient résulter lorsque le baume s’enflamme.
Mais reprenons nos manipulations. Le baume étant convenablement sec, on procède de la manière suivante.
L’objet dont nous avons parlé, et que nous avons dit être une aile de mouche, étant retiré de la liqueur, est placé sur un morceau de papier buvard, afin d’éponger la superfluité du liquide; et dans ce cas, si cela est nécessaire, on renouvelle le papier dont je viens de parler. Cela fait, on dispose l’objet sur la surface du baume, et l’on
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recouvre le tout d’une lamelle mince, soit carrée, soit ronde. C’est avec des presselles fines que l’on place l’objet sur le baume, et pour l’ajuster et le disposer on peut se servir d’une aiguille emmanchée; ayant alors allumé la lampe, on place au-dessus de la flamme la lame de glace tenant le baume, l’objet et la lamelle. Au bout d’un moment, la résine se liquéfie ; on retire alors la lampe et on pose la lame sur la table. On s’entoure alors le doigt indicateur d’un linge, et l’on appuie sur la lamelle de façon à expulser l’excès de résine.
On peut aussi serrer la lame et la lamelle, avec la pince de bois dont j’ai déjà parlé; la figure 1Æ5 représente cet accessoire.
La pince de M. James Smith, représentée figure 146, sert aussi au même usage ; mais ici, la pression peut être graduée. Ce petit instrument peut servir à la fois de support
Fig. 146.
pour chauffer la lame, en même temps qu’il sert à presser le couvercle sur la préparation. Comme on Je voit dans la figure, c’est une petite boule que l’on fait en ivoire* qui appuie sur le couvercle de la préparation.
Une autre méthode peut aussi être employée avec succès : l’objet étant placé sur le baume et la lamelle ajustée, on place le tout sur une brique modérément chaude, et on laisse ainsi la préparation pendant une heure ou deux; de cette façon, le baume pénétrera intimement toutes les parties de l’objet; le temps écoulé, on appuie sur la lamelle comme je l’ai indiqué.
On peut remplacer la brique chaude par une plaque métallique chauffée au bain-marie à l’aide d’une lampe à alcool, ou encore chauffée directement. Dans les deux cas,
l’appareil doit être placé sur un support, tel que celui représenté figure 1/17.
A ce moment, la préparation est terminée; onia laisse refroidir et on l’examine. Cet essai décide du sort delà préparation, qui doit être parfaitement nette, sans bulles ni impuretés. Avec un peu d’habitude, on réussit aisément.
Dans le cas où la préparation serait mauvaise, ou contiendrait quelques bulles d’air, il faudrait chauffer les lames, détacher soigneusement la lamelle, et, tandis que le baume est liquide, saisir l’objet avec la pointe d’une aiguille et le plonger dans la liqueur pour le préparer de nouveau.
Si l’objet était trop délicat, on se contenterait de plonger la préparation dans l’essence de térébenthine qui finirait par dissoudre la résine, séparer les lames et mettre l’objet h nu. On pourrait ensuite le placer dans la liqueur et faire une nouvelle préparation.
Mais il arrive quelquefois que l’on conserve une prépara-
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tion imparfaite, soit que l’objet préparé soit rare, ou soit que les imperfections soient peu nombreuses ou presque milles, car il peut se faire que l’objet soit parfaitement net, tandis que près de lui quelques bulles se soient formées. On comprend aisément que dans ce cas la préparation doit être conservée.
Ainsi que je l’ai dit, l’objet peut être recouvert d’une lame carrée, ronde, etc. Au chapitre Accessoires, j’ai donné les moyens d’obtenir ces différentes sortes de lames de glace; je n’insisterai donc pas sur ce point.
Les objets que l’on prépare pour le microscope solaire sont fixés entre deux petites rondelles de glace, que l’on maintient dans une fiche de bois à l’aide d’un petit anneau de cuivre. La préparation entre ces petits disques est la même que celle déjà indiquée.
On peut aussi préparer l’objet entre des disques de glace de grande dimension et entre des plaques de glace de diverses formes. A ce sujet, la préparation est toujours identique avec celle décrite.
Ma méthode pour préparer les objets peut servir pour des corps d’assez grande dimension, tels que des ailes de papillon de la grandeur de celles du vulcain, etc. Si les objets devaient être plus grands ou que l’on voulût en réunir plusieurs sur la même lame, il faudrait alors recourir à des moyens, particuliers tendant à extraire les bulles d’air, et se servir de la machine pneumatique.
La préparation terminée, il est indispensable de la nettoyer, afin d’enlever l’excès du baume qui a été expulsé par la pression que l’on a fait subir aux glaces. Le nettoyage des préparations se fait à l’aide d’un linge imbibé d’alcool ; on peut aussi à l’aide d’un vieux canif, gratter légèrement les bords des lames, afin de faciliter le nettoyage, qui s’opère comme je viens de l’indiquer.
Cela fait, ôn peut entourer la préparation de bandelettes de papier', au centre desquelles on a ménagé une ouverture, laissant à jour la partie des glaces entre lesquelles se trouve l’objet. Cette ouverture se fait à l’aide des emporte-pièces dont j’ai parlé.
On écrit ensuite les désignations relatives à l’objet, et il ne reste plus qu’à placer ce dernier dans la collection.
Un autre moyen, et qui me semble parfait, consiste à laisser la préparation telle quelle, et à écrire sur la lame même, à l’aide d’un diamant, les désignations que l’on juge convenables.
On aura soin d’ajouter au nom des objets les circonstances et l’endroit où ils auront été recueillis, car souvent bien des souvenirs agréables s’y rattachent, et un souvenir agréable procure souvent plus de jouissances que la réalité.
Quant aux boîtes pour serrer les préparations, j’en ai donné la description au chapitre Accessoires.
Les moyens que j’ai indiqués dans le courant de ce chapitre peuvent être facilement employés et donnent à coup sûr de bons résultats. Mais il existe aussi d’autres procédés, dont je vais donner un aperçu.
Une excellente méthode est celle que je vais décrire. Par ce moyen, on obtient des préparations d’une transparence et d’un fini merveilleux. L’objet parfaitement nettoyé est placé entre deux lames de verre avec une quantité suffisante de térébenthine de Venise, on laisse ensuite reposer cinq à six jours ou davantage. On plonge alors les lames dans un vase contenant de l’essence de térébenthine qui dissout la résine et met l’objet à nu. Les objets retirés de l’essence sont égouttés au moment de les préparer.
On met alors une gouttelette de baume sur une lame de
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glace, on place celle lame sur le bain-marie, on laisse un peu chauffer, on dépose l’objet, puis après avoir mouillé d’essence le côté de la lamelle qui doit être en contact avec l’objet, on applique cette lamelle, on appuie pour chasser l’excès du baume, on relire puis on laisse sécher.
Pour mouiller la lamelle, on la saisit par les côtés à l’aide d’une pince et on l’applique sur la surface de l’essence de térébenthine. On peut aussi ne pas retirer de suite la préparation du bain-marie et la laisser quelques temps, de façon que le baume se solidifie bien par le refroidissement. Du reste, ainsi que je l’ai déjà dit, on ne doit employer que du baume demi-fluide.
Cette méthode est employée généralement par les préparateurs, elle fournit de très-belles préparations et permet d’en faire un grand nombre en peu de temps. Pour ceux qui ne veulent pas se donner la peine de préparer, ils peuvent se procurer de fort jolis spécimens chez M. Bourgogne père, qui possède des collections variées relatives à l’entomologie, à la botanique, etc.
Pour les coupes d’os, de dents, etc., nous ne saurions trop recommander aux amateurs les préparations de M. Marchand.
Les belles préparations d’histologie ne se trouvent pas dans le commerce; c’est seulement dans les collections de nos célèbres docteurs qu’on peut les admirer; cependant, en Angleterre, on trouve de fort beaux échantillons, et les injections de M. Ilelt n’ont certes pas de rivales.
M. le professeur Belleroche (d’Anvers), qui excelle dans l’art de préparer, a bien voulu nous communiquer sa méthode de préparer les objets au baume. Nous nous empressons de la publier.
On tient la lame de verre quelques secondes au-dessus de la flamme d’une lampe à alcool, on retire la lame, puis prenant une goutte de baume à l’aide d’un tuyau de plume taillé en bec, on dépose cette goutte sur la lame, elle se liquélie à l’instant et forme un disque uni et sans globules d’air, on y dépose l’objet, on ajoute une très-petite quantité de baume, puis, avant que ce dernier ne soit refroidi, on applique le couvercle légèrement chauffé, on presse légèrement, puis on laisse sécher.
Ce mode de préparation est parfait ; les lames nettoyées, on inscrit autour de la lamelle, et à l’aide d’un pinceau, un petit filet de vernis noir du Japon. Ce procédé est meilleur que d’envelopper l’objet avec du papier, ce qui présente bon nombre d’inconvénients.
M. Quekett nous apprend, dans son Traité du microscope, que quelques personnes tiennent leur baume du Canada dans un vase qui peut être chauffé au moment de faire usage du baume.
L’objet étant placé sur la lame de glace, une gouttelette de baume, liquéfié y est alors appliquée, puis le couvercle, préalablement chauffé, posé sur l’objet; et, si cela devient nécessaire, on peut chauffer un peu les lames lorsqu’elles sont réunies par la substance résineuse.
M. Assier de Pompignan, micrographe distingué et des plus zélés, a bien voulu nous communiquer les procédés qu’il emploie pour préparer les objets. Sa collection, que nous avons été à même de voir, comprend un grand nombre d’objets préparés avec un fini merveilleux. Nous transcrivons ici la note qui nous a été donnée :
J’ai expérimenté pendant plusieurs mois, pour la préparation des insectes microscopiques, cinquante ou soixante mélanges de sels, d’acides végétaux, de sirops, d’huiles fines et volatiles et de carbure d’hydrogène.
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Les trois liquides qui m’ont
donné de bons résultats
sont :
Chlorure de sodium
Acide acétique
Glycérine *. . . .
3° Sirop de glycose légèrement additionné d’alcool.
Mais je n’ai pas lardé à me convaincre de la grande supériorité des préparations au baume ou à la térébenthine que je crois applicables à tous les cas, quand il s’agit d’entomologie.
Pour conserver des insectes entiers et d’une certaine taille, si intéressants à examiner avec les faibles grossissements du microscope simple ou composé et, surtout, avec le binoculaire, voici un moyen que j’ai toujours employé avec succès :
1° Se procurer des lames de verre et les faire percer d’un trou circulaire central. L’épaisseur de la lame sera la hauteur de la cellule ou cuvette cylindrique destinée à contenir les insectes (1).
2° Coller à chaud avec de la glu marine une lamelle circulaire sur le bord de la cavité, qu’elle devra dépasser de 2 millimètres environ.
3° Déposer les insectes dans la cellule ainsi préparée, y verser le baume ou la térébenthine à l’état demi-visqueux, en ayant soin que son niveau dépasse de quelque peu ce-
(1) On peut aussi se servir de cellules en forme de tronçons de prisme ou de cylindre que l’on colle directement sur la lame, mais ils ne sont malheureusement guère répandus dans le commerce français. Leur usage d’ailleurs rend la préparation un peu moins transparente, par suite de la différence relative d’épaisseur entre la lame el la lamelle.
lui tic la lame cl recouvrir proprement, le I oui d’une seconde lamelle circulaire qu’il faut assujettir provisoirement, soit avec la presse à ressort, soit avec des lingots de plomb cylindriques.
k°. Au bout d’un jour ou deux, l’excès de la térébenthine qui a débordé autour de la lamelle supérieure est assez sec pour permettre de clore définitivement la cellule. Je me sers à cet effet de la lournelle, du pinceau et d’une solution de glu marine à froid dans l’alcool, ou mieux encore de la colle forte liquide ordinaire, additionnée de sirop de glycose, pour l’empêcher de se fendiller en séchant.
Les préparations ainsi faites offrent beaucoup de propreté et de transparence, et peuvent servir pour des insectes relativement gros, en choisissant convenablement l’épaisseur des lames.
Pour les insectes plus petits, on peut former avec le pinceau une cellule ordinaire et sertir également sa lamelle avec une des deux substances indiquées plus haut.
Le seul liquide préliminaire à l’adoption duquel je me sois déterminé pour ce genre de préparation est l’essence de térébenthine rectifiée. J’y plonge les insecte? aussitôt pris, et un jour ou deux, souvent même quelques heures suffisent pour distraire leurs déjections et dissoudre l’excès des substances grasses, de manière à pouvoir les clore définitivement dans leurs sépulcres embaumés. Je n’aijamais vu de cette manière se produire les vides qui me désespéraient, lorsque je laissais se dessécher préalablement pendant plusieurs jours l’insecte ou la partie d’insecte que je voulais préparer.
Enfin, quand il s’agit de sujets encore plus petits la cellule devient inutile, et il faut laisser sécher la préparation entre la lame et la lamelle par la méthode ordinaire.
DANS LES VERNIS, ETC
Comme elle est soumise dans ce cas à une assez forte pression, le séjour préalable clans l’essence de térébenthine ou Yalcool doit être plus prolongé, de manière à dissoudre plus complètement les parties grasses.
Il faut avoir soin aussi de ne pas trop dessécher la térébenthine ou le baume. Une préparation qui se dessèche d’elle-même et lentement, sous une pression modérée, est toujours plus aisée à faire et plus belle quecelle où il faut saisir sur une lampe à alcool le point exact et très-fugitif de liquéfaction convenable.
La famille nombreuse et fantastique des acariens se prépare très -facilement par cette dernière méthode. 11 faut les plonger quelques heures dans l’essence de térébenthine ou l’alcool, les placer sur la lame dans une gouttelette suffisamment visqueuse de baume du Canada ou de térébenthine de Venise, ou même de vernis copal à l’essence de spic, apposer la lamelle, presser et laisser sécher.
Si on veut les vider préalablement pour donner à leurs téguments une netteté plus grande, la préparation définitive est encore plus prompte. L’opération du vidage se fait sur la platine du microscope de dissection, en pressant adroitement le sujet entre deux lames de verre dans une goutte d’essence de térébenthine, jusqu’ à ce que tous les viscères soient sortis par le conduit anal, la bouche ou les articulations des pattes. Le séjour préalable de quelques heures dans la térébenthine ou l’alcool devient dans ce cas évidemment inutile.
Plusieurs autres méthodes d’employer le baume ont été indiquées par plusieurs micrographistes; j’ai cru devoir les passer sous silence. Du reste, on pourra soi-même imaginer d’autres procédés; mais, ayant décrit plusieurs méthodes dont les résultats sont très-satisfaisants, je n’ai pas cru devoir entrer dans la description d’autres procédés qui ne
28/l PRÉPARATION AVEC LE BAUME DU CANADA,
me semblent pas du reste parfaits, et qui auraient pu embarrasser l’observateur débutant dans la science miscroscopique.
J’ai dit, en commençant ce chapitre, que les moyens que j’indiquais s’appliquaient à des objets d’un certain volume, tels que celui des tarses des petits insectes, des tranches de bois d’un diamètre de 10 à 15 millimètres et de divers autres objets de même dimension. J’ai dit aussi que pour les iiTfiniment petits je me réservais la description d’un moyen particulier. A ce sujet, j’ajouterai quelques lignes qui me semblent fort utiles. Si l’on veut préparer des objets tels que des enveloppes siliceuses des infusoires, des farines ou autres corps aussi ténus, il faudra employer le procédé qui va suivre.
Le baume du Canada ayant été chauffé et refroidi, comme je l’ai indiqué, on prend la lamelle de glace et l’on y dépose l’objet du côté qui doit être placé sur le baume. Cela fait, on ajoute sur l’objet une petite quantité de la liqueur préliminaire, pour l’imbiber complètement; on attend ensuite un instant, de façon à permettre l’évaporation presque complète de la substance, puis on place la lamelle tenant l’objet en contact avec le baume, et l’on se comporte comme je l’ai déjà indiqué.
On voit que ce. moyen revient au même que celui que j’emploie pour les gros objets, mais qu’il était important de modifier la manipulation, ne pouvant, pour les infiniment petits, les laisser séjourner comme les autres corps.
Verni* à tableaux. — Vernis copnl A l'essence de splc. —
Vernis il l’essence «le romarin. — 'Vernis nu chloroforme. —
Gélatine.
Le vernis à tableaux, dont j’ai parlé au commencement pour laisser séjourner les objets, peut aussi être employé
DANS LES VERNIS, ETC
pour les maintenir entre les plaques de glace. Ce moyen, employé par Ch. Chevalier, il y a près de trente-cinq ans, peut aussi fournir de belles préparations. Pour rendre le vernis à tableaux susceptible d’être employé pour l’usage que je viens d’indiquer, il faut en prendre une certaine quantité que l’on fait épaissir au bain-marie, jusqu’à consistance convenable; cela fait, un objet ayant séjourné quelque temps dans du vernis fluide, et étant ensuite épongé, comme je l’ai indiqué pour le baume du Canada, il ne reste plus qu’à le placer entre deux glaces, dans une gouttelette de vernis épaissi. Ce moyen peut donner de belles préparations, mais le vernis étant long à sécher, les préparations ont le désavantage de n’être maniables qu’après un certain temps. Pour des objets très-délicats, faciles à imbiber, ce moyen est très-bon, ainsi que le suivant, qui est encore plus simple, et que j’emploie de préférence pour les acares et autres objets aussi petits.
Ce moyen consiste à se servir du vernis copal à l’essence de spic. Ce vernis a la propriété de s’épaissir promptement à l’air. Lorsque l’on veut s’en servir, on en verse une petite quantité dans une vase, et l’on attend que le vernis soit arrivé à une consistance convenable; on en prend alors une gouttelette que l’on dépose sur une lame de glace à l’aide d’un petit bâton de verre; on ajoute ensuite l’objet, puis la lamelle, sur laquelle on appuie légèrement, de façon à expulser l’excès de substance conservatrice.
Au bout de quelques jours les préparations sont sèches et peuvent être nettoyées avec le plus grand soin, à l’aide d’un linge imbibé d’alcool.
Ce moyen est fort simple et procure la facilité d’obtenir de belles préparations.
Suivant leur nature, on peut laisser les objets séjourner
quelque temps clans l’essence de spic (essence de lavande); mais, en général, ce moyen n’étanl employé que pour des infiniment petits, le séjour dont je viens de parler les altérerait, ce qu’il faut éviter.
Tour les objets assez gros et difficiles à imbiber, tels que les parties de la bouche des insectes coléopLèrcs et autres analogues, ce moyen peut être employé; mais le baume du Canada est meilleur, sa nature et les moyens que l’on emploie pour préparer les objets facilitent la complète imbibition et augmentent la transparence des objets dont je viens de parler.
Lorsque par la pression on ne peut arriver à maintenir des objets entre deux plaques de glace, avec le baume du Canada, c’est qu’ils sont trop épais, et conséquemment trop opaques pour être conservés de cette sorte. On peut bien, à la rigueur, ajouter quelques petits morceaux de papier, de carte, sur les côtés de la lame, afin de faciliter l’opération; mais ce procédé, difficile cà mettre en pratique, ne procure pas de bons résultats: je ne conseillerai donc pas son emploi.
Un autre vernis du même genre nous a été indiqué par M. le docteur Lequoy, savant observateur et habile micrographe. Voici la manière de composer cet excellent vernis : On prend des morceaux de copal tendre, on choisit les plus clairs, et ceux qui se laissent dissoudre cà leur surface par une petite quantité d’essence de romarin ; les morceaux choisis sont mis en poudre, mêlés avec moitié de verre pilé, puis le tout est mis dans un malras, avec quantité suffisante d’essence de romarin ou de spic; l’essence doit surnager d’un doigt ou deux la poudre. On fait fondre au bain-marie, dont la chaleur ne doit pas dépasser celle de l’alcool bouillant; la même température doit être continuée jusqu’à ce qüc la résine soit dissoute en totalité ou
DANS LES VERNIS, ETC
à peu près, sans la pousser trop loin, car alors il se dissout une partie de gomme végétale qui trouble le vernis.
On laisse reposer quelques jours et l’on décanle ; mais, comme tous les vernis faits avec les gommes-résines seules, il n’a pas assez de corps; il faut y ajouter une petite portion de térébenthine ou de baume du Canada. Ce vernis conserve parfaitement les objets de nature animale sans se fendiller ou se résinifier; il ne laisse pas de globules.
M. le docteur Lequoy emploie aussi le vernis suivant avec grand succès pour la préparation des objets transparents. Il se compose de :
Vernis blanc de Schuoé. . ... 1 00 grammes.
Baume de Canada quantité suffisante.
On comprend que l’on ajoute du baume jusqu’à consistance convenable. Ce vernis a l’immense avantage de sécher très -vite.
Un autre vernis excellent a été composé par M. le doc • teur H. Frémineau, savant micrographe. Pour faire ce vernis on fait digérer au bain-marie, dans un flacon à digestion :
Baume de Canada 30 grammes.
Mastic en larmes pulvérisé .... 10 —
Chloroforme quantité suffisante.
Ce produit donne d’excellents résultats, et nous ne saurions trop le recommander.
Un excellent mélange a été indiqué par M. Deane pour la préparation des petits objets. Il consiste à mêler:
Glycérine 120 grammes/
Gélatine ; 30
dissoute a chaud dans 120 grammes d'eau distillée.
Pour les végétaux, la gélatine acidulée donne d’excellents résultats. On la prépare ainsi: On prend de la gélatine claire que l’on fait fondre au bain-marie, et l’on ajoute un quart d’acide pyro ligneux, et quelquefois une petite quantité d’alcool. Relativement à la gélatine, on doit se rappeler que la colle de poisson fournit celle la plus pure. Pour les objets végétaux très-délicats, M. Lawrence recommande le produit suivant : on laisse digérer de la belle gélatine dans de l’eau. Pour chaque once de solution, on ajoute une drachme d’alcool et une drachme de blanc d’œuf, on chauffe pour faire coaguler l’albumine, puis on filtre au linge.
Pour chaque once de gélatine ainsi préparée, on ajoute :
Glycérine 6 drachmes.
Ou bien :
Glycérine 2 —
Eau camphrée à —
Les objets doivent d’abord être plongés dans :
Glycérine 1 partie.
Eau alcoolisée 1 —
Je signalerai ici la méthode que l’on doit employer pour obtenir et préparer les sections d’os et de dents.
Pour les os, on les scie avec une scie très-fine, on use ensuite la coupe sur un morceau de grès, puis on les passe sur une pierre du Levant afin de les amener à l’épaisseur désirable; pour tenir la section d’os, on se sert d’un liège de dimensions convenables. Cette plaque de liège sert à poser les doigts, et l’os se trouve entre la pierre et le liège. On polit à sec sur une pierre d’Amérique. Les sections d’os se préparent au baume du Canada, mais il y a une précaution à prendre, car le baume rend l’os trop