COBPS COUVERTS D’UNE COQUILLE
Brachionus Bouche garnie de cils.
1er genre. — Mono s.
Ce genre renferme les plus petits de tous les animalcules dans lesquels (même avec les meilleurs microscopes), on ait pu observer un mouvement volontaire. Longtemps ce mouvement a été le seul signe de vitalité qu’on ait distingué dans ces animaux ; mais, grâce aux procédés d’expérimentation récemment mis en usage par le docteur Ehrenberg, on reconnaît chez eux maintenant une organisation aussi complète que celle des animaux d'une dimension beaucoup plus considérable.
Les monades, généralement d’une forme très-simple, ont le corps sphérique ou cylindrique sans aucun appendice extérieur. Leur bouche, très-difficile à apercevoir, est seulement un orifice dépourvu de cils ou de poils, excepté dans une ou deux espèces. Les monades sont incolores et très-transparentes. On ne peut voir de leurs organes inté-
À l’étude des infusoires, polypes, etc.
rieiirs que les parties qui servent aux fonctions digestives : ce sont deux ou plusieurs cavités ou sacs globuleux qui communiquent probablement entre eux par des conduits tubulaires, semblables à ceux qu’on observe dans les plus grands infusoires polygastriques, mais qui dans ce genre sont trop ténus pour être distingués ; on ne peut même convenablement examiner les sacs digestifs ou estomacs des monades qu’autant que l’eau dans laquelle ils existent a été teinte avec une matière végétale colorante, car, sans cette précaution, la nourriture prise par ces animalcules étant d’une transparence égale à celle qui leur est propre, ne laisserait dans leur intérieur aucune trace sensible.
Les monades se multiplient par la division d’un individu en deux ou plusieurs autres, qui se subdivisent également, lorsqu’ils ont atteint leur entier développement.
Les monades se recommandent à l’attention des observateurs, surtout à cause de leur extrême ténuité : elles forment la dernière limite de nos connaissances sur la nature animée. Leur diamètre variant de 1 /I 200 à 1 j'2h 000e de pouce (1), il faut pour les voir se servir des plus forts grossissements. Ces animalcules se trouvent à la surface des infusions végétales ou animales en nombre véritablement prodigieux. Aux dix espèces décrites par Müller, Ehrenberg en a ajouté cinq nouvelles.
Fig- 1 Monas terrno.
2 — alomus et leus.
3 — punctum (Bodo punctum, E.) (2).
(1) Il s’agit ici du pouce anglais, ou 1/36 du yard, qui équivaut à 2 centimètres 539 954.
2) Lus noms des infusoires sont ceux donnés par Millier, mais on a, autant que possible, placé en regard les dénominations d’Ehrenberg; elles sont indiquées par un E.
5^6 . APPLICATION DU MICROSCOPE
4 Mouas guttula (E.).
5 — mica.
0 — uva.
On trouve ce genre d’infusoires dans l’eau pure, limpide, pendant l’été, quelquefois dans l’eau de mer longtemps conservée ; dans les eaux salées, l’eau des marais au printemps, ainsi que dans les infusions de champignons.
2e GENRE. — Pl'OtCUÜ.
Ce genre contient des animalcules plus grands que les précédents, et dont la conformation est excessivement curieuse. Leur observation est intéressante, non pas autant par la complication de leur organisme, qui est plus simple que celui des vorticelles, que par la singulière faculté qu’ils possèdent de varier leurs formes en dilatant et en contractant leurs corps de diverses manières. Ces mouvements s’effectuent avec lenteur, et l’on a tout le temps nécessaire pour suivre les diverses transformations.
Voici , d’après Müller , les caractères génériques des Prolées : « Animalcules à forme changeante, jouissant de la propriété de faire saillir volontairement des appendices variables en forme de pattes. » Ce naturaliste n’en connaissait que deux espèces. Schranken a ajouté deux autres, et Sozano, dans les Transactions de T Académie deTurin, vol. XXIX, en décrit soixante-neuf.-
Fig. 8, S), 10, 11 et 12. Proteus difflueus (Amueba difflueus, E.).
7 — tenax.
Se trouvent parmi les lentilles d’eau ( Lemma major), au mois de mars, l’eau de rivière, surtout le P. tenax. Les figures indiquent les diverses formes que prennent ces animalcules.
a l’étude des infusoires, polypes, etc.
3U GENRE. — Volvo*.
Les animalcules qui composent le genre Volvox ont une forme globuleuse et tournent dans l’eau. Quelques espèces sont assez grandes pour être vues à l’œil nu. Ehrenberg n’a pu distinguer l’appareil digestif des volvoces, mais il pense qu’il est semblable cà celui des monades. C’est à ce genre qu’appartient le, bel animalcule appelé Volvox globator, qui est si curieux à observer au microscope solaire.
Fig. 13 Volvox graiiuluui.