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DU MICROSCOPK COMPOSÉ. 101
d'un prisme que Ton voit en />, donne très-bien la sensation du relief. C'est surtout pour les objets opaques qu'il donne les plus beaux effets.
Dans le modèle construit par Smith et Beck, on pourrait avantageusementr emplacer la loupe d'éclairage par un miroir de Lieberkiîhn. Relativement à la partie mécanique, la disposition adoptée pour l'écartement des yeux et pour la mise au point est fort ingénieuse. Il faut aussi citer le mécanisme qui permet de changer rapidement les lentilles. L'effet pseudoscopique ou inverse du relief peut aussi s'obtenir avec le microscope. Telles sont les différentes sortes de microscopes p\ actuellement en usage.
En terminant ce chapitre, nous citerons comme choses curieuses, les microscopes binocles imaginés par Chérubin Imc 86. (d'Orléans) en 1681 et par Jean Zahn en 1702. Nous avions omis de les indiquer dans notre revue historique.
Ihi oUeroAeope catadloptrl^ne.
Les imperfections du microscope dioptrique composé durent nécessairement frapper les premiers observateurs, qui, tout en poursuivant leurs recherches, avaient fini par se servir presque exclusivement du microscope simple. Cependant, nous le répétons, la puissance de l'appareil composé, son vaste champ, avaient séduit ces ardents investigateurs, ils en avaient assez vu pour diriger tous leurs efforts vers le perfectionnement d'un pareil moyen d'analyse. Durant une de ces périodes stationnaires que nous
avons signalées dans nos recherches historiques, on vit tout à coup surgir l'idée d'une combinaison nouvelle ; ne pouvant vaincre la difficulté, on avait changé le système. On prétend que c'est à Newton qu'appartient l'invention du microscope catadioptrique. D'après le docteur Brewster, le célèbre philosophe communiqua son plan à Oldenbourg en 1679. Tout en admettant la vérité du fait, nous pensons que ces microscopes ne furent construits et employés qu'après les télescopes réflecteurs et l'on sait que le premier de ces appareils fut l'œuvre de J. Hadley, qui présenta, en 1723, à la Société royale de Londres, un télescope réflec* teur établi d'après les principes de Newton négligés depuis cinquante ans.
Le docteur Robert Baker parait être le premier constructeur du microscope de réflexion; après lui vint, en 1788 le docteur Smith, qui modifia son appareil. Il paraît aussi que William Herschel fit à Bath, vers 177A, plusieurs microscopes réflecteurs à la manière de Smith.
Depuis plusieurs années, le microscope réflecteur est tout à fait abandonné, aussi n'abuserons-nous pas de la patience du lecteur en lui présentant une histoire détaillée des diflerentes combinaisons de l'appareil. Nous dirons seulement que MM. Potter, Amici, Tulley, Goring, Cuthbert, Brewster, etc., firent à diff'érentes époques des expériences dont il résulta plusieurs instruments; mais c'est surtout entre les mains du professeur Amici et du docteur Goring que le microscope catadioptrique parvint à son apogée.
La figure 87 représente la marche des rayons dans l'appareil catadioptrique d'Amici.
m, m, miroir réflecteur elliptique en métal fixé àTextrémité du tube.
DU MICROSCOPE COMPOSÉ. lOS
i, ô, second réflecteur métallique plan (1), dont la surface plane, inclinée à 45 degrés, est tournée vers le miroir précédent.
cd oculaire.
FiG. 87.
Les rayons partis de Tobjet placé en r sont réfléchis par le miroir 6, ô, vers le réflecteur concave m m, qui les réfléchit à son tour, en les faisant converger et s'entrecroiser derrière le petit miroir b b, enfin ils parviennent à roculaire. — Il est inutile de donner la suite de la théorie qui est entièrement semblable à celle du microscope dioptrique.
Voilà pour la partie optique ; nous ne donnerons pas la description de la partie mécanicjue de l'instrument ; quoique fort ingénieuse, nous pensons qu'elle serait remplacée avec avantage par celle de notre appareil universel. La figure 88 représente notre microscope converti en microscope catadioptrique d'Amici, perfectionné par Goring. Il suffit de placer à l'extrémité du corps R la pièce 1, 1', qui contient les deux miroirs.
(I) M. Hadley employa^ d'après les préceptes de Newton^ des réflecteurs de verre pour ses premiers télescopes, mais il s'aperçut bientôt que la double réflexion^ déterminée par les deux surfaces du verre, troublait la netteté des images, et se décida à faire des réflecteurs métalliques.
lOi DU MICnOSCOPE COMPOSÉ.
2, réflecteur pour l'éclairage des objets opaques.
3, tube destiné à rapprocher le porte-objet de l'ouverture objective du microscope.
Ce microscope devrait être parfait, car, suivant la théorie, les aberrations sphériqueset de réfrangibilité doivent disparaître complètement. Néanmoins, l'expérience a prouvé qu'il est excessivement difficile de bien travailler les réflecteurs ; tantôt c'est la surface plane, tant la courbe qui présentent des irrégularités, et enfin, lorsqu'on est parvenu, comme M. Amici, i\ construire un bon inslrament, il survient un nouvel obstacle qui pose une limite à sa puissance ampliiîante. Avec son appareil, on ne peut augmenter le grossissement qu'au moyen des oculaires, et ce procédé entraîne une grande déperdition de lumière, surtout dans les cas où Ton veut agir avec les plus forts amplificateurs.
DU HtCROSCOPE COMPOSÉ. 10&
H. Amici avait sans doute été frappé de ces défauts, car il abandonna complètement te microscope réflecteur, aussitôt que l'on fut parvenu à perfectionner les lentilles du microscope dioptrique.
Le docteur Goring fit, avec l'instrument d'Amici, de nombreuses expériences et reconnut de graves imperfections. Le foyer du miroir concave était trop long, le réflecteur plan, trop large, absorbait une grande partie de la lumière avant de la réfléchir sur le miroir concave, ses grandes dimensions avaient en outre l'inconvénient d'inlercepler une trop grande quantité des rayons réflécliis vers ta rétine, et il fonnait ainsi un point nébuleux au centre des images, enfin la disposition de la monture était un nouvel obstacle qui entravait souvent l'observation.
M. Goring se mit donc à l'œuvre avec M. Cuthbert et parvint à construire l'appareil qu'il nomme : « Borizontal wkrmnatic and Amiàan reflecting engiscope. »
Le nouvel instrument avait six séries de réflecteurs objectifs, la monture et les accessoires étoient modifiés, en un mot les effets de ce microscope étaient vraiment remarquables, et cependant il n'est plus employé, même par ses inventeurs.
La raison en est toute simple.
A l'époque où l'on désespéraiL dp pouvoir jamais acbromatiser les petites lentilles olijcclives, on s'allacha avec avidité au microscope catadioplrique, el, nous le dirons en passant, ce fui principalement cet enthousiasme qui relarda les progrés de rinstniniPiil dioptrique. Mais, aussitôt que CI* dernier puI rrpris scui empire, on put s'apercevoir qu'il le conserverait longtemps, et le zèle que l'on avait montré pour le microscope caladioptrique, on le montra de même pour son antagoniste, seulement celte fois on ne changea plus.
L'instrument catadioptrique naquit de Firopuissance et du découragement, le microscope dioptrique, tel qu'il est aujourd'hui, prouve évidemment que le courage est revenu et que l'art semble avoir puisé de nouvelles forces dans cet instant de repos.
En résumé, nous ajouterons à ce que nous avons déjà dit, que le microscope catadioptrique est trèsrdifficilè A construire ; la meilleure preuve que l'on puisse en donner, c'est que M. Cuthbert, qui passe pour l'artiste le plus habile en ce genre, a construit fort peu de ces instruments et que, sur six séries de réflecteurs, il ne peut plus construire que les trois ou quatre premières, car sa vue s'est affaiblie et il n'ose espérer en ses élèves. Cet appareil est difficile à gouverner, les objets sont trop rapprochés du tube, et avec les forts grossissements on est obligé de les placer dans l'ouverture même. Le microscope dioptrique est de beaucoup supérieur pour l'étude des corps opaques, enfin les réflecteurs sont très-sujets à s'oxyder ; lorsqu'on a lu ce qu'en écrit M. Goring lui-même, on osera à peine passer un pinceau sur la poussière qui les recouvre ; s'il devient indispensable de les démonter, j'avoue qu'il faut un grand courage et surtout que l'instrument soit en bien mauvais état. On a complètement abandonné les télescopes réflecteurs, le microscope catadioptrique ne pouvait espérer un meilleur sort.
Ces lignes sont extraites du Manuel du micrograplie de Charles Chevalier; depuis ce temps, les importants travaux scientifiques de M. Foucault ont prouvé que le télescope réflecteur pouvait donner de magnifiques effets; mais, pour le microscope catadioptrique, il n*en est pas de même, il £st encore là, couché dans son linceul, et nous ne pensons pas qu'il en sortira.
En terminant ce chapitre, après avoir décrit les micros-
copes français, nous ajouterons quelques lignes sur les microscopes étrangers.
Les instruments anglais sont aujourd'hui arrivés à un très-grand degré de perfection. Les lentilles donnent de très-beaux effets et rivalisent avec celles des constructeurs français. Longtemps stationnaire à cet égard, l'Angleterre a fait de grands progrès dans ces derniers temps. Relativement h la monture, il n'en est pas de même ; et, pour nous, nous trouvons qu'elles sont trop compliquées : car on doit faire tous ses efforts pour produire de bons instruments solides mais débarrassés d'une foule de pièces reconnaes aujourd'hui inutiles. Nous avons déjà cité MM. Powel et Lealand, Smith et Beck, A. Ross, comme étant les plus babiles constructeurs anglais, nous y ajouterons les noms de HH. Dancer et Pillischer.
Presque tous les microscopes an^Eais sont fixés entre deux colonnes ou supports, qui permettent d'incliner l'instrument; ils sont munis de vis de rappel, de platine mobile et d'une foule d'accessoires que nousemployons pea en France. Le pied n'est pas dans la forme des ndlres, le trépied est généralement la forme de support des microscopes anglais. La figure 89 représente le microscope de Ross.
Les microscopes allemands de Schieck sont montés sur an trépied ; ils sont verticaux, peuvent s'incliner sur une colonne à charnière, et sont munis d'un engrenage et d'une vis de rappel, analogue & celle du microscope universel de Charles Chevalier. Le microscope de Pistor (fig. 90) est dn
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même genre relalifemeat à l'aspect géDéral, mais il est seulement vertical, et la vis de rappel est disposée aa som< met d'une colonne triangulaire. Je n'ai pas eu l'occasion d'eiaminerles lentilles de Pistor et Scbieck, mais il parait qu'elles donnent de très-beaux effets.
Les microscopes simples de Zeîss à léoa, sont aussi très-estimés; mais, h cet égard et sans amour-propre français, nous pouvons dire avec justice que les lentilles et les doublets construits par les Tabricints Trançab peuvent rivaliser avec ceus fabriqués à l'élrauger. Relativement aux montures, nous croyons qu'il u'est pas possible d'avoir rien de plus précis que celtes françaises.
Hais, il est un point où tes Anglais et les Allemands dépassent les Français; je veux parler de l'enthousiasme qui existe chez eux pour l'étude des sciences naturelles. Aussi, dans la plupart des classes de la société, chacun s'instruit des découvertes modernes; on suit les travaux qui se] font en botanique, en histoire naturdle en général.
Les conversations des familles deviennent alors fort attrayantes, des cercles se forment, on discute, on s'instruit, et souvent de simples amaleui's présentent des recherches d'un haut intérêt qui enrichissent la science. En France, (lisons-le franchement, rien de tout cela,et nous le regrettons. Aussi espérons que bientôt l'étude des sciences se popularisera dans le monde, et que la plupart des sujets de la conversation française finiront par avoir une portée plus élevée que celle qui existe à l'heure où noui: écrivons.