‹ L'étudiant micrographe; traité théorique et pratique du microscope et des préparationsChapitre 12 sur 75 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

MICROSCOPE SOLAIRE, MICROSCOPE A GAZ, MICROSCOPE ÉLECTRIQUE, APPLICATION A LA PHOTOGRAPHIE.

Le microscope solaire n*esi autre chose qu'un microscope simple disposé d*une façon particulière, afin de représenter sur un écran et de rendre visibles dans le moment mcme, à un certain nombre de spectateurs, les merveilles de la nature microscopique, qui ne peuvent s'observer que séparément à Taide des autres sortes de microscopes.

L'invention de cet instrument remonte à l'année 1738 ; elle est due à J.Nathanael Lieberkîihn, célèbre anatomistc de Berlin. L'instrument dont il donna la description était composé d'une lentille puissante pour condenser les rayons solaires et d*un microscope simple. Cet instrument n'était pas accompagné de réflecteur, et l'on peut se figurer combien l'effet de cet appareil était peu satisfaisant.

Cependant on pressentait de merveilleux effets, et l'on no fut pas long avant de trouver des perfectionnements : il fallait un réflecteur; Cuff, l'opticien anglais, construisit un microscope muni de ce précieux accessoire el du microscope de Wilson. C'était déjà un pas immense vers la perfection. lîpinus, Zîehr, Martin, Baker, Adams, l'inventeur du microscope lucernal, apportèrent leur pierre & Tédifice, et bientôt B. Martin compléta l'œuvre en proposant d'appliquer des lentilles achromatiques au microscope solaire; mais les moyens de fabrication manquaient, et ce nest que plus tard que l'instrument put être considéré comme parfait. Euler remplaça le miroir en verre par un réflecteur métallique; enfin, en nous rapprochant de nos jours, Brewster, le docteur Goring, modifièrent aussi avantageusement l'instrument.

'3iir>: 'Iiii'^ujîr i; L'ir* ît-iTri-^i!' cj^ic-i^tî anmi- L.r^K i r.i.;;^i.~ '- ". ziHii-j. a '.•.■-f - c-:'i\>, i* conslraisît iir-.iaa-:--;'^. iJsi ritt Ik !:î iiis^-^, « > rendit lool à bi; :j:g:; ftC 'L« L-ii^ T'irJti:^:tif-::îCj';el été uniTer- K-^c:f*ii ij:-.':-:is : : 'js'.-'. -î-^-w;Lr ■»• ■•;-; <fie l'oo paisse

On construit généralement deux modèles de microscope solaire. Le grand modèle, le plus complet, est représenté figure 91. Donnons-en la description.

AABB, plaque de bois, ou panneaudu volet, percée d'une

APPLICATION A LA PROTOGRAPHIE. 111

ouverture circulaire qui doit être située exactement en face du tube T de Tinstrument.

aabbj plaque de cuivre fixée sur la précédente au moyen de boutons à vis.

M, miroir plan réflecteur qui peut se mouvoir circulairement à l'aide du bouton C, qui fait tourner le disque D au moyen d'un engrenage.

G, second bouton qui imprime au réflecteur un mouvement vertical.

Afin de donner toute l'exactitude et la solidité possibles au mouvement vertical de Tappareil, Charles Chevalier a placé sur le côté de l'instrument une roue d'engrenage dont Futilité est incontestable.

T est un tube conique qui porte à son extrémité évasée le grand verre condensateur; le sommet du cône est terminé par un tube E qui reçoit un autre tube i, dont l'extrémité est garnie, prés du porte-objet, d'un second verre condensateur que nous nommerons verre de focus.

Charles Chevalier a rendu cette lentille mobile au moyen d'une crémaillère. On peut donc changer le foyer de cette lentille, ou, en d'autres termes, placer l'objet plus ou moins près de son foyer, et cette circonstance est importante, car certains objets exigent peu de lumière, et d'ailleurs il en est qui seraient consumés ou altérés à l'instant même s'ils étaient placés exactement au foyer des condensateurs. Au niveau de E le tube est mobile, ce qui permet aussi de régler l'éclairage.

N représente la platine, formée de deux plaques qui s'écartent et se rapprochent à volonté au moyen de petits ressorts bélicoîdes. Autrefois on ne pouvait placer qu'un certain nombre d'objets dans le microscope; cette dernière disposition permet de soumettre à l'action de l'instrument

tous les corps imaginables, et notamment les boites à |iarois parallèles transparentes.

Voyons maintenant connnent est construit le svstèmo amplilieatil\

II est une tige carrée que le bouton crengrenage F lail glissr'r clans la boîte G. A son extrémité se trouve fixée à angle droit la pièce I, qui r«'roit les trois lentilles acliromaliques K, et dans certaines circonstances la lentille concave L, dont nous reparlerons. Tout prés de L se trouve une vis do rappel pour mettre exactement ai foyer.

Cbarles Clieyalier a aussi app)i(jué au microscope solairo rem|)loi de la vis de rapjiel jiour les mouvements lenl^. Aussitôt (pi'il parvint, en 1823, à faire des lentilles achromali(pies, il les adapta au microscope solaire. Le [iclil modèle de microscope solaire ne dillcrc du précédent (|ue par son moindre volume et par la suppression de divers accessoires mécani(|ues.

Ouoi(|ue son effet soit moins puissant (jue celui du grand modèle, cet instrument est aussi parfait et procure les mêmes efl'ets, mais le champ de Timagc est plus rétréci. • Avant d'indiquer la marche à suivre pour faire usage de l'instrument solaire, expliquons en quelques mots la théorie de l'instrument.

M (fig. 02) représente le miroir, G le grand condensateur, c le foais, L les trois lentilles achromatiques, A la lentille concave achromatique, P est un prisme rectangulaire.

Urr représentent les rayons solaires rélléchis en /•/ par le miroir iM, réfractés par le condensateur G, et enfin par la lentilhî c, qui les concentre sur Fobjet o. Les rayons qui partent <le Tobjoi sont repris et réfractés de nouveau par les lentilles L, et vont, après s'être entrecroisés, former,

sur un écran placé au devant de l'instrument, une image renversée de Tobjet, d'autant plus grande que l'écran est éloigné de l'objectif.

tf-'"

Fie. 92.

Nous avons signalé l'emploi de la lentille piano-concave achromatique A. Du reste, voici les avantages que l'on en retire.

Il arrive souvent que la chambre où l'on fait les expériences n'est pas assez profonde, et que l'on ne peut obtenir l'ampliGcation désirable. En plaçant devant les lentilles le verre achromatique concave dont nous avons parlé, on remédie à cet inconvénient, car Timage produite est bien plus grande que si la lentille n'était pas employée. Du reste, la figure 92 fera parfaitement comprendre cet effet.

Car la plus grande divergence des rayons BB' produira conséquemment une image plus grande que si elle était formée par la prolongation des rayons bb\ arrêtés à la même distance. Le verre concave peut être supprimé suivant les effets que l'on désire obtenir.

La figure fait également comprendre l'effet du prisme P, qui permet de reporter l'image, soit latéralement sur le parquet ou au plafond.

Voyons maintenant comment on dispose le microscope solaire pour les observations.

La chambre servant aux observations devra, autant que

AiTHUB CmVALIEII. 8

11& DES MICROSCOPES SOLàlRB, A GAZ, ÉLECTRIQUE,

possible, n*avoir qu'une fenêtre exposée au midi. Cette fenêtre sera parfaitement calfeutrée à l'aide de volets, puis on enlèvera un des carreaux, que Ton remplacera par un panneau de bois que l'on percera d'une ouverture circulaire assez grande pour faire passer le miroir de l'instrument. C'est sur ce panneau que Ton fixera la plaque aa, bby que l'on maintiendra à Taide des boutons à vis qui seront maintenus dans des écrous placés dans le panneau.

Le miroir M se trouvera donc en dehors de la fenêtre, ainsi que le grand verre condensateur.

On enlèvera alors le porte-objectif L, et on fera mouvoir le miroir H en tournant peu à peu les boutons CC, jusqu'à ce que le soleil vienne se réfléchir dans le miroir M, qui renverra les rayons solaires sur le condensateur. Puis, saisissant l'engrenage du /ocus^on le fera mouvoir jusqu'à ce qu'on obtienne sur l'écran un disque parfaitement éclairé. Il ne restera plus qu'à remettre en place le porte-objectif et à glisser l'objet entre les deux plaques à ressort de la platine.

On cherchera ensuite le fover en faisant mouvoir les lentilles à l'aide du bouton F.

On sait que le focus est destiné à régler la lumière , et que l'on peut avec lui éclairer peu ou. fortement l'objet, suivant que Ton fait arriver sur ce dernier le foyer des rayons lumineux, ou qu'on place l'objet en dedans de ce foyer. Les objets délicats, vivants, etc., ne doivent donc pas être placés au foyer des rayons lumineux, mais bien en dedans. Du reste, un peu d'habitude apprendra de suite ces petites précautions. On devra aussi surveiller l'état de la lumière, car le mouvement de la terre oblige nécessairement à déplacer de temps à autre le réflecteur.

La connaissance intime des objets à observer donnera le secret de l'éclairage, et Ton comprendra tout de suite que

si, sur un animal vivant, tel que ceux que Ton emploie quand on veut observer la circulation du sang, on projette le foyer des rayons solaires, il y aura cessation de la vie, et par conséquent du phénomène ; d'autres fois, cette concentration de la chaleur est nécessaire, par exemple, lorsqu'il s'agit de faire cristalliser des solutions salines. Il est donc important de savoir régler la lumière avec le focus. On peut également, pour cet usage, se servir da tube E,que Ton fait glisser dans le tube T. L'image produite par le microscope est reçue sur un écran, qui doit être parfaitement tendu et parallèle au microscope. Plus l'écran sera près, plus l'image sera petite, et vice v^r^rf. Cependant récran ne peut être reculé que dans certaines limites, car la lumière devient insuffisante. Du papier blanc bien tendu sur un châssis formera un des meilleurs écrans. On peut aussi employer du papier végétal ou projeter l'image sur une muraille bien blanche et unie.

En se plaçant derrière l'écran lorsqu'il est en papier mince, on voit distinctement les objets et l'on peut les des«siner. Lorsque l'on montre à un plus ou moins grand nombre de spectateurs les merveilleux effets dii microscope solaire, on tes fait placer derrière l'écran, afin qu'ils ne puissent voir que l'objet, et que rien autre chose ne puisse distraire leur esprit qui s'étend de suite à Tad* miration. Si l'on veut dessiner, on reçoit l'objet sur une glace dépolie; mais la photographie est le meilleur crayon.

Tout le monde connaît les efTets du microscope solaire, et l'on sait qu'ils tiennent du merveilleux.

Parmi les plus belles expériences, nous citerons l'examen des cristallisations, car une goutte de solution saline étalée sur une lame de glace et placée dans l'instrument solaire montre au bout de peu de temps l'effet le plus bai-

lie DES MICROSCOPES SOLAIRE, A GAZ, ÉLECTRIQUE,

sîssant .Les crislaux se forment comme par enchantement et envahissent le champ du microscope, bien qu'un moment auparavant on n'aperçoive aucune trace d'image. La circulation du sang, de la sève, les vibrions de la colle de pâte, du vinaigre, les acarus du fromage, offrent aussi le plus beau spectacle.

Si cet instrument procure un agréable passe-temps, il peut aussi servir à faire des démonstrations à un grand nombre de personnes, mais cela ne peut se faire que pendant une partie de Tannée.

Afin d'obvier aux inconvénients de la lumière solaire, surtout lorsqu'il s'agit de démonstrations scientifiques, on a recours à l'emploi de la lumière du gaz oxy-hydrogène ou à lumière électrique. On emploie donc le microscope à gaz ou le microscope photo-électrique, qui ne sont autres que l'instrument solaire modifiés relativement à la source lumineuse.

Le microscope à gaz employé pi:emièrement par M. Coo* perde Londres, fut importé en France par M. Warwick, mais l'appareil était dangereux à employer, et Charles Chevalier et Galy-Cazalat le modifièrent de façon à le rendre tout à fait maniable. On comprend que malgré l'utilité de cet instrument, son usage soit restreint.

Le microscope photo-électrique fut d'abord construit par Charles Chevalier, d'après les idées de MM. Donné et Foucault. Cet instrument a été perfectionné relativement à la forme et à l'éclairage par M. Duboscq, opticien, qui en fait un appareil commode à employer. Comme le microscope à gaz, le microscope photo-électrique est d'un usage restreint, mais pour la régularité des effets, la vivacité et l'éclat de la lumière on doit certes préférer la lumière du gaz oxy-hydrogène,

Comme nous l'avons déjà dit, on peut, à l'aide de la pho-

tographîe, reproduire parraitement les images amplifiées au microscope solaire.

Relativement à la partie historique de ces applications, nous dirons que le 9 mars iShO Vincent Chevalier présenta à TAcadémie des sciences une série d'épreuves daguerriennes, d'objets amplifiés à Taide du microscope solaire, et représentant la cornée de la mouche, des globu* les du sang, une tranche de jonc, Técaille de la perche. Le 6 avril de la même année, il présenta au même corps savant, des épreuves représentant Pacarus de la gale de Thomme avec une amplification de 145 fois en diamètre.

Dès rinvention de la photographie sur papier, faite en Angleterre par Talbot, on s'occupa dans ce pays d'images microscopiques sur papier. Puis en France, bon nombre d'amateurs s*en occupèrent, et surtout MM. Donné et Foucault qui ont produit un fort bel album d'objets microscopiques.

Dès l'origine de la photographie, Charles Chevalier adapta à ses microscopes une pyramide de bois remplaçant le tube de l'instrument; à l'une des extrémités pouvaient se visser les lentilles, l'autre recevait à volonté une glace dépolie pour mettre au point, ou une glace sen • sible pour fixer l'image.

Cet appareil il est vrai donnait des résultats, mais camme on se servait de la lumière ordinaire, il fallait un temps très-long pour obtenir des images. La lumière solaire peut seule donner le moyen d'obtenir promptement et facilement d'utiles photographies d'objets microscopiques.

Comme il ne suffit pas d'indiquer les choses, et comme nous avons été à même de faire ces sortes d'expériences, nous allons ici indiquer les procédés photographiques nécessaires pour l'emploi du microscope solaire.

Le microscope solaire étant disposé, l'image sera reçue

sur un écran formé de papier blanc tendu. — Le mieux est de placer sur un support convenable, un coffre de chambre noire photographique. L'extrémité inférieure porte une glace, sur laquelle on a collé une feuille de papier; celle glace, posée dans un cadre de bois, peut s'enlever et élre remplacée par le châssis tenant la glace collodionnce. La mise au point est très-délicate. Comme pour la plupart des images d'objets microscopiques, la distance du microscope à l'écran varie de 60 à 90 centimètres, il est très-facile de mettre au point, en faisant mouvoir la vis de rappel de l'instrument et en regardant sur l'écran.

Relativement au procédé, nous dirons qu*avec le collodion humide la pose est instantanée; avec le coUodion sec, il faut une minute, et un peu plus avec l'albumine. Nous donnerons ici ces trois procédés, qui sont les mêmes, du reste, que ceux suivis pour les portraits et les paysages.

Vw€ééé Mir e«ll«tfl«B linaUtfe.

La qualité du collodion photographique est une des choses les plus importantes en photographie. Nous allons donc indiquer comment Use prépare.

Chacun sait que le collodion est formé d'une dissolution de coton-poudre dans de Télher alcoolisé. On prépare le coton-poudre, soit avec les acides sulfurique et nitrique, ou bien avec l'acide sulfurique et le salpêtre.

Le premier procédé se pratique ainsi : on mélange dans un vase de verre ou de porcelaine :

Acide nitrique à ^b^ 170 grammes.

Acide sulfurique ,'. * 518 —

Eau 130 —

On attend que le mélange marque 60 degrés centigra-

des, puis on y place 12 grammes 5 décigrammes de coton ; on le laisse dix minutes, en ayant soin de l'immerger parfaitement à l'aide d'une baguette de verre, puis on retire le coton et on le lave abondamment avec de l'eau ordinaire jusqu'à ce que l'eau n'accuse plus de trace d'acide, ce dont on s'assure à l'aide du papier de tournesol ; on le sépare ensuite en petites portions que l'on étend sur du papier, afin d'opérer la dessiccation, on l'enferme ensuite dans un flacon de verre. Avant d'incorporer d'autre coton, on chaufTe les acides jusqu'à 60 degrés, et on ajoute 10 grammes d'acide sulfurique. Celle méthode, due à M. Hardwich doune de très-bon coton.

Le deuxième procédé consiste à immerger k grammes de coton cardé dans :

Acide snlfuriqae blanc 60 ccDtigr-

Salpétre pulvérisé 70 g^rammes.

On fait le mélange à l'air dans un verre à expériences, puis lorsqu'il est complet, on y immerge le coton. Au bout de cinq minutes, on verse le lout dans un grand vase plein d'eau, on agile le coton, on le retire et on le lave comme précédemment. Celle dernière méthode est très-bonne, facile, et donne un très-bon coton. Malgré cela, les amateurs préfèrent acheter le fulmi-colon que l'on trouve trèsbien préparé et à un prix minime.

Voici maintenant comment nous préparons notre collo-

dion photographique.

Dans

Alcool blanc à 40^ 300 cent. cub.

on fait dissoudre :

lodare de cadmium . . ^ * 8 grammes.

lodttre d'ammoniaque à —

BrcMBure de cadmium 4 — -

que Ton ajoute à :

Kth«r sulfariqnc à 62* 700 ccnU euh.

Gotoo-poudre 9 i 10 grammes.

On agite, puis on laisse reposer ; aa bout de quatre jours on décante le liquide, ce qui vaut mieux que de le filtrer, puis on met le collodîon dans des bouteilles de 1 25 grammes, que l'on place dans un endroit frais, à l'abri de la lumière. Ce collodîon se conserve très-longtemps, est trèsrapide et donne de fort jolies épreuves.

Voyons maintenant comment on opère :

On prend une glace ou un verre que Ton place sur la planchette à polir, on y verse quelques gouttes d'un mélange de tripoli et d'alcool pur, on frotte constamment en étalant le mélange à l'aide d'un tampon de coton ; on enlève ensuite le tripoli, et on retourne la glace pour lui faire subir la même opération ; on choisit alors le plus beau côté de la glace, et on finit de la nettoyer avec du coton propre et un mélange d'éther et d'alcool. Pour cette dernière opération, on place la glace sur une feuille de papier blaînc. On termine à l'aide d'un linge de fil trèsfin, dont on a formé un tampon. L'haleine projetée sur une glace bien nettoyée doit s'y étendre uniformément, sang laisser apparaître la moindre trace. — Les glaces qui ont déjà servi peuvent être préalablement passées dans de Teau, à laquelle on ajoute un peu de soude caustique, puis ensuite lavées à grande eau.

La glace étant très-propre, on verse à la surface du collodion ioduré. On saisit la glace par un angle, on la tient horizontalement, puis on y verse à la partie supérieure dans la largeur de la glace, une quantité de collodion capable de la couvrir ; on incline légèrement de façon à répandre le liquide sur toute la surface, puis on fait écouler

par un angle l'excès de collodion que l'on reçoit dans un Bacon ; on incline la glace à droite et à gauche, puis on la sensibilise dans l'obscurité de la manière suivante. Le bain sensibilisateur se compose ainsi :

Eaa distillée ou de pluie 100 çraoïmcs.

Azotate d*argent foodu 8 —

Ce bain doit rougir très-légèrement le papier de tournesol ; lorsqu'il est neuf, on peut y ajouter un quart de goutte d'acide nitrique. — Le bain d'argent, que l'on doit filtrer chaque fois que l'on s'en sert, se verse dans une cnvetle à recouvrement en bois et verre.

La glace collodionnée y est plongée de la manière suivante : On incline la cuvette de façon que le liquide tombe dans le recouvrement, puis on place la glace, le collodion en dessus, au fond de la cuvette, en l'appuyant sur un des bords de la cuvette, et en l'abaissant doucement à l'aide d'un crochet en argent. — Cela fait, on abaisse sans temps d'arrêt la cuvette, et le liquide immerge d'un seul coup la glace collodionnée. Au bout d'un instant, et à l'aide du crochet, on soulève la glace de façon à l'examiner, et lorsque le liquide la mouille uniformément, on l'enlève et on la place dans le châssis. La glace est retirée verticalement y le châssis est tenu de même^ et né*doitpas être changé de position pendant le cours des opérations, — La glace plongée dans le bain d'argent, et examinée peu d'instants après, a l'aspect d'une surface huileuse, recouverte par de l'eau , le liquide se sépare sans mouiller, cela tient à l'éther qui n'est pas encore dissous dans Teau, il faut donc attendre que la couche de collodion soit bien mouillée et sans bulles. Le bain d'argent sert jusqu'à épuisement.

La glace placée dans son châssis est exposée dans la

chambre noire pendant un temps qui varie suivant la lumière et suivant l'objet que l'on emploie.

La pose étant terminée, on enlève le châssis en le tenant toujours dans la même position, et dans l'obscurité à la lueur d'une bougie ou d'un vitrage jaune, on relire la glace du châssis et on la place horizontalement sur le support Berthier, ou on la tient à la main par un des angles. Afin de faire apparaître l'image, on verse d'un seul coup à la surface de la glace une nappe de solution de sulfate de fer capable de la couvrir, on laisse agir quelques instants, puis on renverse le liquide ; l'image est alors appa* rue, mais pâle et sans vigueur. — On se sert pour verser le sulfate de fer et les autres bains révélateurs, de verres à expériences qui sont fort commodes pour cet usage. Après le sulfate de fer, la glace est bien lavée à l'eau distillée, puis replacée sur le support, on y verse alors une solution d'acide pyrogallique, on incline la glace de façon à la mouiller uniformément, puis on renverse le liquide ; on ajoute de nouveau de l'acide pyrogallique additionné d'un peu de solution de nitrate d'argent, jusqu'à ce que l'épreuve semble assez vigoureuse. Chaque fois que l'on renverse le liquide, on examine l'épreuve par transparence ; une bonne négative doit avoir des noirs puissants, des blancs purs et fouillés de détails. — Un peu d'expérience suffit pour savoir si on a posé trop ou pas assez. La solution d'argent que l'on ajoute à l'acide pyrogallique se nomme le bain renforçateur.

Nous allons maintenant donner la composition des solutions dont nous venons de parler. C'est à M. A. Martin, professeur de physique, que nous devons cette excellente formule.

ÀPPUGATION A LA PHOTOGRAPHIE. 128

BAIH nt FEI.

On lait dissoudre dans :

Eau 400 grammes.

Sulfate de fer 400

D'autre part, on fait dissoudre dans :

E«û 100 grammes.

Acétate d'alamine tiquide 5 —

Acide acétique 30 à 50 —

On mélange les deux solutions, puis on y ajoufe le mélange suivant :

E*tt 500 grammes.

Éther nitreux alcoolisé 5 —

Ether acétique 5

BAIN D'AQDE PTIOGALUQUB,

Eau distillée 500 grammes.

Acide pyrogallique 2 —

Acide acétique 15 -^

BAIN BENFORÇATEUB.

Eau distillée 100 grammes.

Azotate d'argent ,. ^ —

Acide citrique 4 —

Ces solutions se conservent très-bien ; la plus susceptible de se gâter est celle d'acide pyrogallique. L'épreuve étant apparue, on lave parfaitement la glace avec de Teau ordinaire, on a soin aussi de laver l'envers de la glace. -^ D faut alors fixer l'épreuve ; on procède de la manière suivante : on tient la glace horizontalement par un angle, puis on verse à sa surface une couche de la solution suivante:

Eau 200 graimnes

Hypoaninte de toiide. . • 80 -«

On incline légèrement; au bout d*un instant, on se place dans un demi-jour et Ton voit l'épreuve s'éclaircir, et la couche jaunâtre d'iodure d'argent non impressionnée se dissoudre. Lorsque Tépreuve semble nette et pure, on renverse le liquide, puis on la lave à grande eau, on lave aussi Tenvers de la glace ; on pose alors la glace contre un mur en rinclinant légèrement, ou sur un séchoir àd hoc^ et on la laisse sécher ; l'épreuve est alors terminée. Une fois sèche, afin de la préserver, on verse à sa surface une couche de vernis à l'ambre. Ce vernis $*applique de la même manière que le collodion.

Il s'agit maintenant d'obtenir l'épreuve positive sur papier. On se procure du papier salé d'un côté, ou encore salé albuminé. Ce dernier papier est plus brillant et donne des épreuves très-vigoureuses. Aujourd'hui on vend de très-bon papier salé, aussi personne n'en prépare. Il est très-facile, du reste, de le faire : il suffit de placer, d*un seul côté, une feuille de papier à la surface d'un bain composé de :

Chlorhydrate d*amniouiaquc. . 10 grauimes. Eau distillée 200 ^

On fait ensuite sécher, en fixant le papier par un angle, sur une ficelle tendue horizontalement. Le papier salé étant bien sec, on le sensibilise dans Tobscurité. Pour cela, il suffit de placer la feuille du côté salé, sur le bain sui* vant :

Eau distillée 100 grammes.

Axotate d'argent. 25 —

On soulève de temps à autre les angles pour éviter les bulles d'air, et on laisse en contact trois ou quatre minutes. On enlève ensuite par un angle, on fait égoutter, puis on fait sécher sur une ficelle comme pour le papier sale.

Le papier étant bien sec est déroulé et conservé entre des feuilles de papier buvard, que l'on place dans un étui, de façon que la lumière ne puisse pénétrer. Ce papier s'altère vite, on doit le préparer environ douze heures a?ant de s'en servir. — Pour faire l'épreuve positive, rien de plus simple. On place sur la glace du châssis de Brébisson le côté non impressionné de la glace qui porte l'é* preuve, on applique sur l'épreuve une feuille de papier positif du côté sensible, on ferme le châssis, puis on expose à la lumière. On sait que cet ingénieux châssis de Brébisson permet de suivre les progrès de l'épreuve ; on l'arrête donc au point désirable, puis on rentre dans l'obscurité. On relire l'épreuve sur papier, on la lave dans de l'eau distillée, puis on la place, pour lui donner un ton sépia colorée, dans le bain suivant :

Chlorure d'or.v 1 gramme.

Eaa distillée 500 —

Que l'on fait dissoudre et que l'on ajoute à :

Eatt distiUée 500 grammes.

Acétate de soude 20 -—

L'épreuve prend différents tons, on l'examine à un demijour, puis, lorsqu'on la juge convenable, on la lave parfaitement ; enfin on la fixe en la plongeant dans le bain suivant :

Eau ordinaire 100 grammes.

Hyposulfite de soude. .... 15 à 20 —

Au bout d*un quart d'heure, l'épreuve est fixée ; on la lave ensuite à cinq ou six eaux pendant deux ou trois heures, on la sèche ensuite entre des feuilles de papier buvard, il ne reste plus alors qu'à l'encadrer. Toutes ces opérations

qui peuvent sembler longues, se font avec la plus grande facilité.

mnr ^oll«dloB «ee.

Si Ton désire employer le coUodîon à sec, on prépare à l'avance des glaces, on les enferme dans des châssis spéciaux de carton, et on peut les conserver ainsi pendant quinze jours ou un mois. Rien n*est plus simple qoe de préparer des glaces sèches.

On collodionne comme à Tordiçaire, on sensibilise de même, puis on lave la glace dans cinq à six eaux. On emploie nécessairement Teau distillée.

La glace retirée de la cuvette est égouttée et posée sur un support à vis calantes, on verse à sa surface une solution de tannin, que l'on renverse dans un flacon. Au bout de peu d'instants, on couvre alors la glace d'une solution neuve de tannin, et Ton agit de même. On le voit, il faut avoir deux solutions de tannin au même degré. On fait égoutter, puis on met sécher debout, le tannin se prépare ainsi :

Eau distillée 100 gT»mmeM»

Tannin de Pclouze 5 —

Alcool à 40» h cent. cub.

Pour faire apparaître, après avoir lavé la glace dans une cuvette remplie d'eau distillée, on verse à sa surface de l'acide pyrogallique à 3 grammes 1/2 pour 1000 non acidulée, puison renforce comme pour le coUodion humide. Ce procédé donne des épreuves remarquables par leur puissance, leur finesse, leur modelé. Nous ne saurions trop le recommander. La pose est de trois à cinq minutes au soleil.

c Le nettoyage des glaces est très-important II faut qu'elles soient parfaitement lavées et terminées par un lavage avec de l'alcool à 40 degrés, el un vieux linge de toile qui laisse le moins de duvet possible. Au moyen d'un gros blaireau très-propre, j'enlève le peu de duvet et la poussière qui peuvent se trouver à la surface. La chambre où Ton veut préparer une certaine quantité de glaces, doit être parfaitement nettoyée à l'avance et exempte de tout courant d'air, car chaque poussière forme des taches.

I Je prends 6 blancs d'œufs, dont j'ai eu soin d'ôter le germe.

» Je les mets dans un grand saladier.

> Dans une petite casserole de porcelaine je mets :

Eau distillée 45 grammes.

Deitrine 9 —

lodure de potassium S —

Bromure de potassium . . ..... 0'',5

1 Je fais dissoudre (en chauffant surune lampe à alcool) ladextrine. Lorsque la dissolution est complète, j'éteins la lampe et j ajoute Tiodure et le bromure. Je laisse un peu refroidir et je filtre cette préparation dans les 6 blancs d'œafs, que je bats ensuite en mousse. Douze heures après, l'albumine, qui est redevenue liquide, est bonne à étendre sur les glaces. J'ai, à cet effet, une planche en bois, plus petite que les glaces, que je mets parfaitement de niveau.

> Ensuite, après avoir épousseté la glace avec le blaireau, je la pose sur cette planche et, avec un vase à bec, je verse Talbumine sur la glace. 11 faut en verser assez pour la couvrir; il ne faut pas en verser trop, autrement l'albumine se répand et on en perd beaucoup.

> Un peu (le pratique vous met vite au courant de cette opération qui est la plus difficile de toutes. S*il reste sur la glace quelque partie où l'albumine ne se soit pas étendue, en lui donnant un mouvement de va-et-vient, on finit de la couvrir en l'étendant avec un morceau de papier.

> Ensuite on fait égoutter l'excédant d*albumine en ramenant successivement la goutte par les quatre angles et en la faisant revenir définitivement au milieu, je pose ensuite cette glace sur une planche, parfaitement de niveau, pour la faire sécher, à Tabri de la poussière. Mes glaces, parfaitement séchées, sont ensuite renfermées dans des boites à plaques, pour s'en servir au besoin. Ao moment de faire des épreuves, je soumets la glace albuminée à la surface d'une boite à iode, jusqu'à ce qu'elle ait pris une belle teinte jaune d'or. Ensuite, je la plonge (ici il faut être dans une chambre éclairée seulement par un verre jaune) dans Tacéto-nitrate ainsi composé :

Eau distillée 280 grammes.

Nitrate 32 —

Acide acétique cristallise 80 —

t Après deux minutes d'immersion, la glace est retirée et parfaitement lavée à l'eau distillée. Si on doit l'employer sèche il faut changer l'eau deux ou trois fois.

) L'exposition à la chambre noire ayant eu lieu, je fais chauffer légèrement, à 50 ou 60 degrés, la préparation suivante, en quantité suffisante pour que, étant versée dans une bassine, cette préparation couvre entièrement la glace :

Eau distillée dOO grammes.

Acide gallique 7 —

Acétate de chaux 3 —

Lorsque ce liquide est versé à chaud dans la bassine,

j'y plonge la glace, et lorsqu'il est refroidi, j'y ajoute quelques gouttes d'acéto-nitrate, ainsi composé :

Eau distillée 100 grarames.

Nitrate 6 —

Acide acétique 20 —

> Lorsque l'épreuve a paru entièrement, je la lave et je la Gxe à l'hyposulfite à 10 pour 100, je la lave et la laisse sécher en la posant sur un angle. »

Le microscope solaire, comme nous l'avons dit, est muni d'un réflecteur de glace étamée ou mieux argentée. M. Hartnack, opticien, a remplacé ce réflecteur par un prisme (1); on ne craint pas alors la double image formée

par la glace, mais, dans ces expériences, nous n'avons jamais remarqué que la glace produise de mauvais résultats, et elle est plus facile à employer que le prisme.

Comme chacun le sait, le microscope solaire ne sert pas que pour les reproductions microscopiques, car les immenses images qu'il produit font l'admiration d'un grand nombre de spectateurs. Pour les reproductions microscopiques par la photographie il est meilleur d'employer un microscope spécial; nous nous occupons en ce moment d'un instrument de ce genre, et incessamment nous ferons connaître le résultat de nos recherches dans YÉttidiant photographe ^ traité pratique à l'usage des amateurs (2). Le seul reproche à faire est que la photographie ne reproduit qu'un plan de l'objet, tandis que l'examen par l'organe visuel permet de saisir successivement les

(1) Dvfjardiii, dès 1839, avait remplacé le miroir du microscope par oB prisme.

(2) \J Étudiant photographe^ traite pratique de photographie^ dédié aux imatem?, formera 1 toI. in-iS de âOO pages avec Bgurcs. Il paraîtra en nui iS65 chex Adrien I>elaliaye.

AftTHn CHEVALIEl. 9

différents plans^ à Taide du mouvement imprimé à la vis du microscope.

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