‹ L'étudiant micrographe; traité théorique et pratique du microscope et des préparationsChapitre 14 sur 75 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Ba ùemmim et «le la meiiare «len ohjetii.

Nous extrayons du Manuel du micrographe de Ch. Che' valier (1839), de son Traité de la chambre claire, tout ce qui regarde l'importante question de la mesure et du dessin des objets. Nous ne saurions mieux faire. Du reste, ces procédés sont suivis maintenant, avec cette différence que rimage était reportée à 25 centimètres, tandis qu'au-

jourd'hui on adopte uae dislance plus rapprochée» celle où se trouve reportée L'image, distance variable pour chaque personne. A part la distance, les moyens de détermination sont les mêmes.

Dans ce chapitre^ nous n'aurons à nous occuper que du dessin, de la reproduction des objets soumis au microscope. Peut-être aurait-on préféré nous voir consacrer un seul article & toutes les applications de la chambre claire ; dessin, mesure des objets et grossissement. Mais la raicrométrie exigeait à elle seule de trop nombreux détails pour qu'il nous fût possible de la réunir aux autres parties, et d'ailleurs nous devons décrire plusieurs procédés de mensuration qui rentrent dans le domaine de la caméra lucida ; c'est ce qui nous a décidé à donner en premier lieu la description de ceux d'entre ces appareils que Ton associe le plus avantageusement au microscope. Cette manière de procéder nous permettra d'éviter les répétitions, et le lecteur aura acquis une connaissance assez intime des appareils, qu'il suffira de lui nommer, pour qu'il sache à l'instant ce dont il s'agit.

Toutes les chambres claires ne sont pas applicables aux din*crents microscopes. Les diverses positions de ces instru* ments exigent encore des changements dans la manière de disposer les caméra. Occupons-nous d^abord de celles qu'on peut appliquer au microscope horizontal.

Dans cette catégorie, nous placerons les chambres claires de Wollaston, de Sœmmering etd'Amici.

Le premier do ces instruments est assez connu |K>ur qu'il soit inutile d'en donner la description que l'on trouvera d'ailleurs dans nos Conseils aux artistes et aux

tu GhOSSISSBMENT DU MICROSCOPE. 160

amateurs stir F application de la chambre claire à l'art du dessin^ etc. (!)•

Le même ouvrage contient les premières idées de WollastoD, Baie et Amici, ainsi que nos propres recherches sur rapplîcation de ces instruments au microscope.

Débarrassés de ces détails préliminaires, abordons de suite le procédé opératoire. *

La caméra de WoUaston, montée sur son support ou filée à un anneau qui entre à frottement sur le tube de Tocalaire» se place de la manière ordinaire, en observant toutefois qu'il faut meltre sa face antérieure presque en contact avec le premier verre du microscope, surtout lorsqu'on emploie de forts grossissements.

Le reste du procédé ne diffère en aucune manière de celai que nous avons recommandé pour la caméra employée isolément.

Avec cette chambre claire, on obtient facilement les plus beanx résultats; mais les inconvénients que nous avons signalés, en parlant de la position verticale du microscope, se présentent de nouveau, et c'est là une autre preuve des avantages attachés à la position horizontcile, car Fexactilude de Tinstrument et le peu de difficulté que présente son usage n'ont pu le sauver d'une espèce d*oubli, surtout depuis que M. Amici a fait connaître la caméra que nous nommons horizonto-verticale. Avant de parler de cette combinaison, disons quelqnes mots de celle dé Sœmmering.

Elle est composée d'un petit disque d'acier fin et paN faiteroeni poli) dont le diamètre est un peu moins grand que celui de la pupille. Ce miroir est incliné à A5 degrés et supporté par une tige métallique fort déliée, (ixce à un

IGO MI CROSSISSEME-tT DU MKttuSCuPE.

anneau scmbbble à celui dont nous avons Aéji pAric. Lorsqu'on veal employer cel iosininicnl, oo glisse t'annean sur le lobe oculaire, et en regardant de haut en bas comme dans la caméra de Wollaston, on Toil en même Icmps l'image de l'objet réfléchie par le petit miroir, le papier cl le crayon, car les petites dimensioiis du miroir permeticnt aux rayons qui partent du papier de se rendre! la pupille, en passant sur les bords dn petit disque.

Cette caméra lueida est d'un emploi simple et Tacilc ; mais aox inconTéoieols de la position TCrlicalc, elle joint celui de renverser les objets. Voyons comment M. Amici a su vaincre ces diffirullés.

Sa caméra c$l reproduite dans la figure lOS, V oculaire du microscope; H, miroir plan mclalliqne percé d'une petite ouverture centrale qui correspood exactement i celle de l'oculaire; P, prisme rectangulaire destiné i réfléchir eu cm, les rayons venus dn papier; 0, position de l'oeil.

Fie. it<i.

$i Ton r^rde par l'ouverture du miroir H, on distingworn parTaitcincnl l'objrt amplifié par le microscope. IViiii niitrt ciMo, le prisme P agira sur les rayons partisdu point ('. et les renverra en im sur le miroir plan qui les rt'IliVliira sui\'an( Ia direction miO, et consêquemment, on verra loiit Jt la fois l'objet et l'itnagc de b main ou du crfl^tin qui |<ir;iitra venir ^ jn^rlcr sur l'objet amptiQc jK'Mi Ii'ivpiXHluin;.

La supériorité de cet appareil est incontestable ; parmi tous ses avantages, nous signalerons les principaux.

1* Ce n'est plus Fimage de Tobjet ampliOé qui frappe rœil, c'est l'objet amplifié lui-même. II en résulte une plus grande netteté, et l'on n'a pas & craindre de voir cette image subir la moindre altération en passant par un nouveau milieu ou en se réfléchissant sur une nouvelle surface. 2" C'est la main qui parait se porter sur l'objet pour en suivre les contours, et cette combinaison est préférable, car si Tun des deux a besoin d'être vu bien distinctement, l'objet doit sans contredit avoir la préférence.

Quelques personnes éprouvent, en commençant, une certaine diiBculté à se bien servir de cet appareil, mais il en sera de même pour le plus grand nombre d'instruments; il faut en tout faire son apprentissage. Aussitôt que les premières difficultés sont vaincue^, on est amplement dédommagé par les beaux résultats que Ton obtient.

Notis plaçons la chambre claire horizonto-verticale iAndci au-dessus de toutes les autres combinaisons applicables au microscope horizontal.

Pour le microscope vertical^ nous avons été obligés de modifier l'appareil, et, de toutes les dispositions, voici celle qui nous a paru la plus avantageuse :

On pose sur l'oculaire le miroir percé d'Àmici, fixé sur un disque de cuivre. A quelque distance du microscope et à la même hauteur que le miroir, on ajuste un prisme rectangulaire parallèlement au papier sur lequel on veut dessiner. Alors, si l'on regarde dans le microscope par la petite ouverture du miroir, on verra simultanément l'objet et le crayon (voy. fig. 109) (1).

(l) J*ai dernièrement modifié cet arrangement qui était peu commode ; AiTnri cnsVAura. 44

162 DU CnOSSlSSEUENT DU UlCROSCOPE.

On comprend sans peine que l'effel produit est semblable à celui que Von obtient avec la caméra du professeur Araici. On a encore proposé plusieurs combinaisons optiques pour dessiner les objets microscopiques, nous avons dû choisir les meilleures.

•/if-

H est certainement possible de modifier les appareils, et nous en avons déjà construit plusieurs d'après les inOi-

j« (ODterre toujours le miroir percé d'Amici, mail j'ai modiflé lei angle* du priime de bfoii à pouvoir le placer prài du miroir. De celle ra;oB, le pttit initroment etl fticile i einp1o)er et peu embuTBisant. Cette cunera

Fie. 110.

ptimet de *oir entièrenieiil le ctiamp, doot jle bord vient k peindre i tiAk du microscope. Dans certaiDcs cunera, l'image empiète sur la ptaline, ce qui ett Iria-incommode. La figure 110 fora comprendre ma dispoaiUon. (A. C.)

tV GROSSISSEMENT DtJ MICROSCOPE. l03

cuttons des personnes avec lesquelles nous sommes en relation, ou suivant nos propres idées, lorsqu'on s'en rapportait à nous. Dans le nombre, nous citerons une cmnera microscope à faibles grossissements, destinée au dessin des préparations anatomiques.

Ainsi que nous Tavons dit dans la notice déjà citée, te n'est que dans le cas où la lumière est égalettienl répartie qu'on peut employer l'appareil avec le plus d'avantage et lie facilité. Noos alions donc donner quelques renseignements sur ce point, auquel nous attachons une grande fanportatice.

Si l'objet est très-éclatant, ou plutôt si l'on ne peut le rendre visible qu'à Taide d'une très-vive lumière, il est possible qu'on ne voie pas la main et le crayon. Il faut placer l'appareil ou la table dans une position telle, que le jour puisse tomber sur le papier, et, lorsqu'on sera parvenu à établir en quelque sorte l'équilibre entre Téclairage de Tobjet et celui du crayon, on apercevra distinctement les deux objets, et l'opération n'offrira plus la moindre difficulté.

Est-il nécessaire dMndiquer le procédé i, suivre quand il y a excès de lumière sur le papier?

L'objet qu'on veut dessiner présente fréquemment des parties obscures et d'autres très-brillantes. Après avoir disposé r^pareil comme pour dessiner les points les plus looiiaeiix, et lorsqu'on a obtenu les premiers traits, on place devant le papier la main gauche, qui projette des ombres plus ou moins fortes, suivant le plus ou moins d'éclat des différentes parties du corps soumis au microscope.

Si l'dbîel 66t faiUenieni éclaîré> qu'il offre beaucoup de points obscursy on trouvera de grands avantages à des^ siner sur du papier noit avec du crayon blanc. Nous

i6i DU GROSSISSEMENT DU MICROSCOPE.

avons aussi obtenu de bons résultats en dessinant avec le crayon ordinaire sur un morceau de papier végétal, dont la transparence permet de voir le fond d'une autre feuille noire placée sous la première. On pourrait, au besoin, avoir des papiers de couleurs variées, et dessiner tantôt sur une feuille bleue, tantôt sur une verte ; en un mot, sur les couleurs qui laissent voir simultanément et avec netteté l'objet et la main du dessinateur.

Pour le microscope horizontal, nous employons toujours la cornera d'Amici ; mais le lecteur appliquera sans peine nos raisonnements aux autres appareils de ce genre (1).

Iletore de ramplificatioB des microscopes et de la grandeur réelle

des objets.

La micrométrie fit longtemps le désespoir des observateurs : elle semblait exclusivement réservée aux hommes versés dans la connaissance des sciences exactes ; c'était une partie du mystère cachée derrière le voile que ne pouvaient soulever les néophytes. La détermination du pouvoir amplifiant des microscopes présentait surtout de nombreuses difficultés ; car, pour établir un calcul exact, il

(i) Nous ne parlerons pas du mégagraphe de MM. Percheron et Lefébre, car cet appareil n'est plus employé, mais nous indiquerons id une disposition due à Charles Ghcfaliery et dont les anatomistes pourront tirer profit pour les dessins de leurs objets.

Nous extrairons le passage qui va suiTre du Traité de la ehambrt chire par Charles CheTalier (1838) : «SouTcnt on Teut reproduire, soit arec U caméra seule, soit aTCC cette dernière et une loupe, des objets conteous dau« un tssc, ou des pièces anatomiques placées sur une table, et plus on moins éloignées de l'obsenraieur, tu la nécessité où U se trooTe d'avoir devant lui le papier sur lequel il dessine.

» Avec la caméra ordinaire seule il était impossible dV parvenir. J'avab

Mail connaître parraiteroent la théorie des foyers, et se Ii?rer ensuite à une série d'opérations qui exigeaient l'étude préalable des mathématiques.

Le physicien, habitué à résoudre les problèmes les plus diiBciieSy pouvait se faire un jeu de ces recherches dont la complication et l'aridité paraissaient insurmontables à l'amateur avide de résultats prompts et faciles.

Aujourd'hui encore on considère la micrométrie comme

déjà construit plusieurs appareils qui remplissaient plus ou moins bien le but que l'on se proposait, lorsque je conçus l'idée de ce dernier instrument : » PB, PC (flg. Ili), sont deux prismes triang^aires, de grandeurs différentes, disposés de la manière indiquée dans la figure, au moyen d'une monture mobile fort simple ; ABCD indiquent la marcbe des rayons qui viennent se rendre à l'œil en D.

fyc

FiG. iil.

• On peut, à Tolonté, placer des lentilles de dlTers foyers^ soit au-dessus du prisme PC^ soit au-dessous du prisme HP, ou bien même dans les deux points, et Ton obtiendra des amplifications de deux à dix fois et plus, aTOc un vaste champ visuel. »

Cet instrument, qui est le chalcogrophe de Cftarles Chevalier, est, comme on le foit, un instrument qui peut rendre de grands services aux anatomisies. (A. G.)

166 BU GBOSSISSEIIENT W MICROSGOPS.

uoe partie difficile de la scieoce microscopique* Celte opinion est basée principalement sur une idée fausse. On s^imagine que pour mesurer la grandeur réelle d'un olijet» il faut connaître le pouvoir amplifiant du microscope.

Dirons tout de suite que cotte connaissance est absolument inutile. D'ailleurs, quand bien même elle serait nécessaire, nos procédés pour mesurer Tamplification sont tellement simples, que la difficulté n'existerait plus pour les personnes qui les mettraient en usage.

Examinons rapidement les méthodes de nos prédécesseurs.

Le premier moyen qui dut se présenter à Vesprit pour mesurer les corps fut la comparaison d'objets inconnus avec d'autres objets dont la grandeur avait été déterminée à l'avance. Ainsi Leuwenhoeck employait le sable de mer, dont il mesurait les grains en en plaçant un certain nombre dans une étendue d'un pouce ; il posait ensuite quelques-uns de ces grains auprès des objets soumis au microscope, et les comparait ensemble. Le docteur Jurin remplaça les grains de sable par de petits fragments d*un fil métallique. Pour déterminer leur grosseur, U enroulait ce fil sur une épingle, et comptait le nombre d'anneaux compris dans un pouce; puis il coupait le fil en très-petits morceaux, qu'il mettait sur la platine avec l'objet. Ces deux procédés, et surtout le premier, ne pouvaient fournir que des résultats inexacts.

On doit accorder plus de confiance au procédé dont le docteur Hooke faisait usage pour mesurer le grossissement. Ce physicien célèbre plaçait à la hauteur du porteobjet une règle divisée en fractions du pouce, et, tenant les deux yeux ouverts, il regardait en même temps cette échelle et l'objet amplifié par le microscope; il transportait,

pour ainsi dire, ce dernier sur la règle, et comptait le nombre de divisions qu'il occupait.

Mais, quoique bien simple en apparence, ce moyen exigeait une grande habitude, et n'était pas sans difficultés pour quelques observateurs. Il faut, en effet, une certaine pratique pour voir avec les deux yeux, simultanément et d'une manière distincte, deux objets différents ; on ne pei^t compter sur une grande exactitude, car la moindre circonstance peut faire naitre une illusion au moment ou l'on s'efforce de transporter l'image de l'objet sur la règle. Cette méthode a été remise en lumière, il n'y a pas longtemps, par M. Raspail.

Les astronomes s'occupaient activement de la recherche d'an bon micromètre applicable à leurs lunettes. En Angleterre, Gascoigne construisit le premier instrument de ce genre antérieurement à 16Â0, et cette tentative donn^ naissance à un grand nombre d*inventions nouvelles. Les réseaux métalliques, les cheveux, les fils d'araignée, etc., forent successivement mis en œuvre pour la confection des nouveaux instruments; ensuite on traça des divisions sur des plaques minces de nacre de perles, de corne et de verre. Tantôt l'indicateur du micromètre était mobile et mû par une vis dont les révolutions étaient indiquées sqr un cadran; tantôt l'appareil était immobile.

Plusieurs de ces mensurateurs astronomiques étaient applicables au microscope, et dans le nombre nous citerons principalement les micromètres à vis. Mais au&isitôt que l'on fut parvenu à tracer sur une lame de verre des divisions bien nettes et égales, on put reconnaîtra que ces derniers instruments l'emporteraient sur tous les autres.

Le moyen le plus simple, et que l'on employa en premier lieu, n'était guère applicable qu'aux objets excessivQ^

ment minces, bien transparents et non suspendus dans un liquide. On plaçait d'abord la lame divisée sur la platine, et sur cette lame l'objet à mesurer ; le nombre de divisions couvertes par ce dernier indiquait exactement ses dimensions. Mais, ainsi que nous Tavons dit, la moindre épaisseur, une goutte de liquide, etc., entravaient l'opération à rinstant, car l'objet et le micromètre n'étaient plus situés sur le même plan et ne pouvaient se trouver placés tous deux au foyer de la lentille. Malgré son imperfection, ce procédé était e;icore employé par Le Baillif en 182A. Cependant B. Martin, dans son Système d'optique^ imprimé en 1740, décrivit son micromètre oculaire associé au micromètre objectif. Ce moyen est celui que l'on emploie encore aujourd'hui, et la description que nous en donnons plus loin nous dispense de nous y arrêter davantage. Ce fut encore Martin qui inventa le micromètre à aiguille et à cadran. Cet instrument était composé d'une vis dont on connaissait exactement l'écartement du pas, terminée à Tune de ses extrémités par une aiguille déliée , à l'autre par un indicateur qui parcourait les divisions tracées sur un cadran fixe et donnait la mesure exacte de la progression de la vis. On fixait l'appareil sur l'oculaire en faisant pénétrer l'aiguille déliée qui terminait l'une des extrémités de la vis dans le tube, exactement au point où venait se former l'image de l'objet. En tournant alors la vis, la pointe de l'aiguille traversait l'image, tandis que l'indicateur marquait sur le cadran le point de départ et celui d'arrêt ; un calcul fort simple donnait enfin un résultat assez exact. Cette méthode a été proposée il y a quelque temps pour mesurer les laines. Frauenhofer construisit d'après ce principe un micromètre qui a joui d'une grande réputation. Il plaçait cet instrument sur la platine du microscope, et la vis faisait marcher l'objet; un

fil placé dans Toculaire servait de point de repère. Au reste, le duc de Chaulnes appliquait à son microscope la plupart de ces micromètres, dont on trouvera la description dans son ouvrage.

II nous parait inutile de nous occuper plus longtemps (le ces différents moyenSi presque tous abandonnés aujourd'hui, surtout par les personnes auxquelles nous avons communiqué nos procédés. Nous ne parlerons pas davantage des graines de lycopode, du Lycoperdon bavisiay du cristallin des poissons, des pelures d'oignon de Déliebare, etc., qui, loin de nous faire faire le moindre progrès, nous ramèneraient infailliblement aux premiers temps de la micromélrie et aux grains de sable de Leuwenhoeck.

Depuis longtemps on faisait des recherches dans le but de simplifier les procédés micrométriques ; mais il fallait en même temps conserver ou plutôt augmenter leur exactitude. M. Amici publia un mémoire {De* microscopi catadioUrici^ memoria presentata ed inscrilta nel tomo XVIII délia Socieià iialiana délie scienze résidente in Modena)^ traduit en français et publié dans les Annales de chimie et de physique (tome XYII, août 1821).

Notre curiosité fut vivement excitée par cette publication , qai contenait de bons renseignements sur l'application de la caméra à la micrométrie. Nous devons dire toutefois qoe pour nous ces instructions manquaient peut-être de clarté.

Ceux de nos lecteurs qui seront curieux de connaître la méthode du savant professeur de Modène pourront consulter les mémoires indiqués plus haut : il nous eût été impossible de les reproduire ici.

Des expériences répétées nous mirent bientôt en possession des procédés que nous allons décrire. Pour plus de certitude, nous les avons communiqués à un grand

170 DC GftQSSISSEXETr DC M1CB05COK.

nombre de personnes qui ont bien vonla ks Ti^rifîer, et les emploient excIosiTement aujoard'hoi.

n fant remarquer que M. Ami«M n'avait p^is «iéîermiDé d'one manière précise la ilistanire de r'K'iîaire au papier surlequol on dessine. Celle d»: termina li'-n eiail cej^endanl împ<>rtante, et nous devons en dîr«^ ipeî'pes rr. u avant d^ comraen«>"er n^'lre des«:ription.

Les phvsiciens variant dans leurs estim,iti-.n5 de la distance de la vue mrvenn?. C-rtle Tariitirn acr.ène n 'cessairement d^ d tTêrences dans les calculs, et, si V :n n'en lient pas exacten:enl compte, on sVxr-.se â •*-T.rn-::ri^ de grossières erreurs. N" as cr:y ras »;n\n pimit faiiîiter les opérations en admettant ua terme moyen rej-rèsentè par nne mesure dê:ir:;ale. Ai:\si •: ••<, 'i ■'■< -t^-'k dfpui< bjnq- «Vm/rc #;i ^ :/ ui\e ':i<::rf ':V •ô vr»"' .-Trfs, s^ts prétfu ir* tn •?'. •••..'i'» • i'7r,i'i'^ ^•.■^ c^ </ •': .'■: r<"*; ''.'-' di<t*inrf^ i>i ri.5 /•r.Tf que cftie ri''S'*"'f -rV-»'. ; :/^ s{* •/•'/•- ^^«'''>rtf l^^ asécu^'s. ':V^ ; / -•'Z *.' : .V.*, *:•' .■« < ^---^'iV*, «•/ çv^ d'ail-

Xous avrns i-Ji j^irlê fl^ieurs f:is de micromètres divisés sur vtrre; ii ievi^nt îzilsr-rr^vV: > d'en J >nner une conrte dtî<rnpl;:s.

On est parvenu, iTalte du diimr.î et d'une machine, à tracer sur une kn:e ie verre un ^mi n rr.bre de dissions écA.es dans un très-;:- ;1; es: .ire : îiisi n us ol»leni»ns auj.^mîhui le n.;y.â:rt':r>f *:\ >è €n c:nj cerU parties, riusieur? artistes et q : Ic'^::^^ a:v>.:- jrs e\^-.:îent ces divisîv^nsaviv une pranr.i f-tr:.::* n. \:xTt:\ c-^-s derniers, nous citerions Le Iva;..;:\ qui i^ait lui-rr.^'ire c:nstr.:il une machi;io à iravvr que r:us p:.<o^v : : es ivj urdT.ui, M. le baron S^fiùiT grave des r/.;rr:r::èires y: :.r s<îs tipêriences» et il $eraîl duTuiîe dV: u r.îr drs :r.>:rur«f zîs *Tècutès avec plus

de netteté et d'exactitude. Le Baillif eut le premier Vheurtuse idée de donner des longueurs différentes aux traits de $e$ divisions ; on ne saurait s'imaginer combien cette disposition est avantageuse. Ainsi, par exemple, cet habile observateur indiquait distinctement cinq ou six divisions par des traits plus ou moins longs, semblables à ceux que Ton trace sur les écheUes métriques ordinaires.

Quoiqu'on soit parvenu à diviser le millimètre en cinqcentièmes, on fait rarement usage d'une échelle aussi délicale, et, si l'on comprend bien nos procédés, on reconnaîtra qu'elle est tout à fait inutile, puisqu'on peut à volonté obtenir des fractions aussi petites que l'on veut en reculant la mire à une distance plus ou moins considérable.

Les micromètres objectifs sont ordinairement fixés dans Touverture d'une réglette désenivre (1).

(1) Us mierovètres ocoloires^ divisés ordinairement eu dixième» de millimètre, quelquefois en millimètres, sont sertis dans une petite bague de cuivre; on dévisse la lentille supérieure de l'oculaire, et l'on place le micromètre sur le diaphragme qui se trouve dans le tube. On remet le tout en place, et Ton voit dans le champ du microscope les divisions du micromètre oculaire.

Mail cette disposition est défectuevse, et, dès l'origine, Charles Chevalier rendit mobile le premier verre de l'oculaire, de Taçon à permettre de mettre au point les divisions du micromètre. En Angleterre, on imagina de fendre l'oculaire au niveau du diaphragme, et d'introduire par cette oarerture le micromètre placé dans une monture ad hoc. Les Anglais emploient même leur micromètre oculaire monté au centre d'une petite pUqoe mvnie d*nne vis de rappel, pour mouvoir ie micromètre et mettre les (iiviflons en contact avec celles du micromètre objectif.

Notre monture de micromètre oculaire consiste simplement dans le tube à frottement pour mettre au point le micromètre. Ce dernier se place dans Tocalairc à l'aide d'une fente spéciale. Le tube du microscope est fendu -sur le cèté pour laisser passer l'extrémité de la plaque portant le micromètre. Ce denier retiré, on referme l'ouverture de l'oculaire a l'aide d'une petite portion de tube qu'un mécanisme fort simple fait mouvov. Cette construction est d'un usage facUe et ne nécessite aucune étnde- (A* C)

172 DU otossissEiucrr du miceosoopi.

n bot distingner deux choses dans la microaiétrie : 1* réYaloation do poaroir amplifiaDt do microscope; 2" la oiesare de la grandeur réelle des objets. Coramençoos par le pooToir amplifiant, et, pour aller da simple an composé, prenons d*abord le microscope solaire.

Lorsque Fécran sera placé i la distance convenue i dr ,25^ , on introduira dans le porte-objet, ou platine, un micromètre divisé, par exemple, en millimètres, dont Fimage ira se peindre sur Fécran. Atoc un compas, on mesurera exactement la grandeur de cette image ou d'une de ses parties ; ensuite on portera les pointes du compas sur une échelle métrique, et Fon obtiendra tout de suite FéTaluation du pouf oir amplifiant des lentifles. Supposons, par exemple, qu'un millimètre du microscope occupe sur Fécran un espace égal a 1 décimètre, nous aurons une amplification de 100 fois, et Fopératiou sera toujours aussi facile, quelles que soient les quantités.

Nous aTons dit qu'on pouvait augmenter la puissance du microscope solaire, soit en changeant les lentilles, soit en éloignant Fécran. 11 arriTera donc que, plus on éloignera ce dernier, plus Fimage du milliniftre paraîtra amplifiée.

On peut employer le même moyen pour estimer la force du microscope simirfe ordinaire, en fixant la lentille ou le doublet à la fJace des lentilles achromatiques ; cependant nous alkms indiquer un procédé tout aussi simple, et qui donne des résultats Irés^exads.

Notre petit microscope horixontal peut être converti en microscope simple, et par conséquent ce dernier peut prendre la position horiiontale. On aurait donc la faculté d'y adapter la chambre claire horizonto-verticale de M. Amici ou le miroir de Sœmmering.

Plaçant alors le papier à 0*,S& de l'axe de la lentille,

et sur la platine un micromètre divisé, par exemple, en centièmes de millimètre, on marquera sur le papier deux points correspondants à une ou plusieurs divisions amplifiées da micromètre, et la comparaison de cet intervalle avec les divisions d'une échelle métrique donnera pour résultat la mesure exacte du pouvoir amplifiant.

Exemple. — Soit un micromètre divisé en centièmes de millimètre. Si l'image amplifiée de cinq centièmes, ou an vingtième de millimètre, correspond à un centimètre de la règle, le pouvoir amplifiant de la lentille sera égal i 200. Si Ton pose alors la règle métrique à la place du papier, et que l'on fasse concorder ses divisions avec celles du microinètre vu au moyen de la lentille, on pourra faire l'opération avec la plus grande rapidité.

Hais tous les microscopes simples ne sont pas disposés de manière à pouvoir prendre la position horizontale ; il fallait donc modifier le procédé, ou plutôt renverser le système.

Placez & 0",25 de l'axe, et à la hauteur de la lentille, une mire ou tableau sur lequel on aura collé préalablement une feuille de papier blanc. Posez sur la lentille le miroir percé d'Amici, en dirigeant sa surface réfléchissante vers la mire. Si vous mettez alors le micromètre sur la platine et que vous regardiez par l'ouverture centrale du miroir, vous verrez en même temps la mire et les divisions amplifiées du micromètre qui sembleront tracées sur le papier. Si vous prenez sur l'écran la distance d'une ou de plusieurs divisions du micromètre avec un compas, vous n'aurez plus qu'à comparer cette distance aux divisions de Féchelle micrométrique, et vous obtiendrez le résultat par la même opération que ci-dessus. On conçoit aussi qu'il est également possible de placer la règle sur la mire, ou de tracer sur cette dernière des divisions correspondantes.

i'h nu cnosSISSEMEKT tV UlCROSCOPE.

Nous pensons qu'il est impossible d'employer des pro* cédés plus simples el plus à la portée de toutes les inlelligences. Ainsi donc, sans nous arrêter davantage sur ce point, nous passerons tout de suite aux méthodes doot nous faisons usage pour dcLerminer la grandeur réelle des objets soumis à l'action du microscope simple.

Et d'abord, nous engageons de nouveau le lecteur à bien se pénétrer de la vérité de ce Tait, qu'tV est absolument inutile de comuiUre le pouvoir amplifiant du microscope pour déterminer la grandeur réelle des objets.

Débarrassées de celle complication, les opérations suivantes seront tout aussi simples et aussi facilement comprises que celles dont nous venons de nous occuper.

Pour le microscope solaire, il faut agir comme pour mesurer son pouvoir ampli6aat; il est évident que si un millimètre du micromètre vient se peindre sur le tableau sous les dimensions d'un décimètre, tout objet mis à la place du micromètre devra se peindre avec des proportions relatives ; donc un corps qui occupera sur l'écran un e^ce correspondant à O**,! aura nécessairement pour grandeur réelle O'.OOl, et ainsi de suite. Lorsqu'on a tracé sur l'écran les points correspondants à 0",00l du micromètre, il faut donc retirer ce dernier, et glisser à sa place l'objet dont on veut trouver la grandeur réelle. Maisil peut arriver que Fobjet ne remplisse pas exactement l'intervalle indiqué sur le tableau; cette dilCculté n'arrêtera nullemenlTopération, car il suffit d'employer un micromètre divisé en centièmes de millimètre et de tracer sur le tableau toutes les divisions. Nous verrons tout à l'heure qu'il est un autre moyen d'arriver à connaître la grandeur réelle des plus [jclils corps.

Emploie-l-on le microscope simple dans la position horizontale, voici la manière de procéder.

On dispose l'appareil comme pour mesurer Tamplificalion; après avoir dessiné sur le papier l'image amplifiée do micromètre, que Ton enlève, on met sur la platine l'objet à mesurer, et l'on compare son amplification avec l'échelle obtenue préalablement.

Nous devons parler ici d'une importante modification que nous avons fait subir à ce procédé.

Lorsque les objets sont infiniment petits, dans le cas où Ton veut mesurer des détails d'une grande finesse, aloi*s même qu'ils sont amplifiés, on éprouve le besoin d'avoir une échelle divisée en parties presque insensibles. Mais l'exiguïté de ces divisions les rendrait imperceptibles à Fœîl nu, et l'on ne pourrait obtenir une évaluation exacte. Notre procédé fait disparaître tous ces obstacles, et donne à la micrométrie une puissance en quelque sorte illimitée. On nous pardonnera donc des détails et des répétitions indispensable^.

L'appareil est disposé de la même manière que dans Topération précédente; mais, comme il ne s'agit pas de diercher le pouvoir amplifiant de la lentille, on ne sera point tenu de placer le papier à une distance de O^jîÔ. On pourra donc l'éloigner autant qu'on voudra, et cette faculté constitue toute l'importance du procédé micromé- Iriqûe.

Supposons que le papier soit placé à O^jôO de la lenlilte ; admettons encore que le micromètre objectif soit divisé en centièmes de millimètre, et que la lentille amplifie cent fois (1). Il est évident que si le papier était placé à 0'",25, un centième de millimètre amplifié corfes* pondrait sur le papier à un millimètre ; donc, si le papier

(1) Nous sommes forcés ici de mentionner l'amplification^ par la natiirc Bène évL problème, qui sans cela eût été tont à fait iniotelli^ible.

est placé à 0"y60, ce centième de millimètre correspondra à 2 millimètres. Mais on sait que ces 2 millimètres en représentent toujours qu'un centième de millimètre. Quand on aura établi celte proportion, on retirera le micro* mètre pour glisser à sa place Tobjet qu'on veut mesurer, et dès lors il sera facile de connaître la grandeur réelle d'une de ces parties, quand bien même elle ne serait que d'un cinq-centième de millimètre; car, aussitôt que Ton a obtenu sur le papier une image du centième de millimètre du micromètre, on pourra la diviser en cinq ou dix parties, et cela avec d'autant plus de facilité que celte mesure sera plus étendue. Ainsi donc, 2 millimètres seront plus faciles à diviser en cinq parties que ne le serait un seul, et de plus ces divisions seront visibles i Toeil nu.

La partie de l'objet mise &la place du micromètre paraitelle remplir sur le papier une, deux ou trois de ces divisions, la grandeur réelle sera de un, deux ou trois cinqcentièmes de millimètre.

Est-il besoin d'ajouter que, plus Técran sera éloigné, plus on obtiendra de subdivisions, et plus il sera facile de mesurer exactement des objets infiniment petits, ou même leurs moindres détails.

Si l'on éprouve quelque embarras à tracer les mesures sur un papier placé trop bas, on peut y dessiner i l'avance une échelle divisée en millimètres, centimètres, etc. On établira sa concordance avec le micromètre, et après avoir remplacé ce dernier par un objet, on agira comme nous l'avons dit.

Quand on se sert du microscope simple vertical, on le dispose comme pour la recherche de l'amplification, et, lorsque le miroir d'Aroici est placé sur la lentille et le micromètre sur la platine, on porte la mire à une cerlaine

distance, à deux mètres par exemple; puis on opère comme ci-dessus.

Dans le cas où Ton porte la mire trop loin pour pouvoir mesurer Tamplification avec un compas, il est avan-* tageax d*y tracer préalablement une échelle divisée en centimètres ou en parties égales qu'on pourra toujours faire concorder avec les traits du micromètre, en approchant ou reculant la mire.

Cette dernière manœuvre est nécessaire toutes les fois que les traits du micromètre ne coïncident pas exactement avec ceux de l'échelle. On nous permettra de citer un exemple de cette opération. Soit un micromètre divisé en dixièmes de miUimètre. Soit une échelle tracée sur la mire et représentant des centimètres ; si Ton recule cette mire à une distance de deux mètres, les dixièmes de millimètre, vus au moyen du microscope avec un certain grossissement, correspondront exactement aux centimètres, et, par suite, un millimètre à 0'',10. Si l'objet qui remplace le micromètre remplit une division de l'échelle, sa grandeur réelle sera égale à un dixième de millimètre. Mais quand on veut mesurer quelque détail de cet objet, comme ou peut facilement diviser les centimètres de l'échelle en millimètres, si cet objet correspond à un millimètre, sa grandeur réelle sera égale à un centième de millimètre.

Nous allons maintenant passer au microscope composé ; toutefois nous observerons que ces premières explications aideront beaucoup à l'intelligence de la seconde partie de notre travail.

Mais avant d'aller plus loin, il est important de répéter qu'il n'est nécessaire de placer le papier ou la mire à 0",25, distance que nous avons adoptée pour la vision

ARTIirft CilEVALIEll. 12

178 DU GROSStSSSMSNT DU MICROSCOPE.

moyenne, que lorsqu'il s'agit d'obtenir l'évaluation da pouvoir amplifiant du microscope.

Cet instrument est horizontal ou vertical ; il faut donc examiner séparément les procédés applicables aux différentes positions.

i^ Microscope horizontal.

On fixe sur l'oculaire la chambre claire horizonto-verticale d'Amtei. Sur la platine, on place un micromètre objectif, et sur la table, à 0^,25 de Taxe de Tinstrument, une feuille de papier. En traçant avec un crayon deux traits CMTespondant à une ou plusieurs divisions du micromètre, il sera facile ensuite de mesurer Fintervalle arec un campas et de le comparer aux divisions d'une échelle métrique. Qtt peut encore tracer d'avance cette échelle sur le papier; le rapport de ses divisions avec celles du micromèfre indiquera positivement le grossissement du microscope.

Exempte. — Soîl un micromètre objectif divisé en centièmes de millimètre; si une de ses divisions correspond à un millimétré de la règle, le millimètre, le microscope grossira cent fois, et ainsi de suite.

Voici maintenant une autre méthode beaucoup moins simple, car il Ikut faire trois opérations pour arriver au résultat que nous obtenons avec une si grande facilité.

Il faut : i* trourer la puissance de foculaire ;

2* Celle de l'objeclif ;

8* Multiplier Fune par l'autre.

En premier lieu, on met sur le diaphragme, à Tintérieiir du tube de Foculaire, un micromètre divisé, par exemple, en millimètres, et qui doit se trouver exactement au foyer

DU GftoçsfssEneNt fit; utCM^con. 179

du terre ocalaire ; enstiite on replace dans le microscope le tube ocQlaire armé de la chambre claire d'Amici (1). Ân^^essous de la caméra^ et â la distance convenue, se Irotnre le papier ou Téchelle. Si un millimétré du micromètre égale un centième de Tcchelle, Toculaîre grossira dix fois.

II s*agît maintenant de connaître la puissance de la seconde partie de ràppareil, c'ett-Mire de Tobjectif et du verre de champ réunis.

Enlevez la caméra^ places sur la platine un micromètre que flotis supposerons divisé en centièmes de millimètre, mettez au poini et cherchez, en faisant tourner la pièce de Toeolaireioa bien au moyen du support à chariot, à faire concorder les divisions supérieures avec les inférieures, enfin faites votre calcul proportionnel.

Ex. Si une division ou un centième de millimétré du micromètre objectif correspond à un millimètre du micromètre oculaire, vous aurez pour résultat un grossissement de cent fois.

II vous reste enfin à faire la troisième, ou, en d'autres termes, à multiplier la deuxième quantité.

Grossissement de Toculaire = 10 fois.

Grossissement de Tobjeclif = 100 fois.

Donc 100 X 10 ou 1000 = la puissance amplifiante du microscope.

n arrive quelquefois qu'il n'y a pas concordance parfaite entre les divisions des deux micromètres, et que, pour l'obtenir, on est obligé d'allonger plus ou moins le microscope, au moyen du tube oculaire. Nous pensons, en con-

(i) On doit faire abtiractioii de l'objectif et dn verre de champ qui pourraient être enletés, mais qu'on laisse en place parce qu'ils dirigent les nyoDs lumineux sur le micromètre oculaire.

ISO Dc GBosst5<snKarT bc WËCMOscon.

b^iutafje, que lor&qu'oo emploîen le procédé que nous veDOii£ de décrire, on dem omnieiicer par établir la con* o^rdaiiee des deux mia^omêtres, puis retirer rinfériear, sans toucber au tube oculaire, et procéder comme nous FaTons indiqué plus haut.

Les deux moyens applicables an microscope horizontal le sont également i Tappareil vertical.

Pour le premier, on remplace la diambre claire d*Amici par son miroir percé ; plaçant ensuite un micromètre objectif sur la platine, et une mire ou écran à 0*,25, on opère comme avec le microscope horizontal ; il en est de même pour le second procédé.

1* Microscope horixontal.

L'excellence des opérations que nous avons indiquées pour le microscope simple devient surtout évidente lorsqu'on emploie l'instrument composé.

Disposez l'appareil horizontal comme pour mesurer le grossissement, mais éloignez votre papier autant qu'il vou:^ sera possible, et vous aurez une échelle qui représentera l'amplification considérable suivie par le micromètre objectif. La facilité avec laquelle vous pouvez diviser cette échelle en parties plus ou moins petites, vous permettra dc mesurer la grandeur réelle des objets les plus déliés.

Si vous n'employez pas la chambre claire, il suffit de remplacer le micromètre objectif par l'objet à mesurer, el son rapport avecle micromètre oculaire donnera la mesure de sa grandeur réelle.

Ex. Soit un micromètre oculaire divisé en millimètres. Si le micromètre objectif est divisé en centièmes et qu'une de ces divisions corresponde à un millimètre de Toculaire, un objet mis à la place du micromètre objectif, et qui remplira une des divisions du micromètre oculaire, aura une grandeur réelle d'un centième de millimètre.

2" Microscope vertical.

Avec un microscope vertical, on remplace encore la ca-mera d'Amici par son miroir ; mais ici, comme pour le microscope simple vertical, on peut reculer la mire aussi loin qu'on le jugera convenable.

Ex. Soit un micromètre objectif divisé en centièmes de millimètre, soit une mire divisée en centimètres et placée à trois mètres de distance. Supposons que le pouvoir amplifiant soit tel que deux divisions du micromètre inrérieur correspondent à cinq divisions de l'échelle tracée sur l'écran, il est évident que ces cinq divisions représenteront deux centièmes ou un cinquantième de millimètre. Si je subdivise les cinq parties de la mire en deux parties chacune, j'aurai dix divisions représentant des cinq centièmes de millimètre. On conçoit qu'en augmentant la distance de récran au microscope, on obtiendra une échelle représentant des millièmes, etc., de millimètre.

Si l'on a bien conçu toute l'importance de ce procédé, on pardonnera volontiers la répétition de cet exemple, que nous avons déjà donné en piarlant du microscope simple, et nos lecteurs conviendront sans doute avec nous que ce moyen donne à la microscopie une puissance presque illimitée.

Nous doutons fort que les personnes qui auront une fois employé notre procédé aient jamais recours à l'emploi du

182 DU GRO^SISfiBlIBNT DU NICROSCOPK.

(loubld micromètre ; néanmoins, nous devons en dire deux motSr

L'appareil est le même que pour la mesure de rampli/i* cation du microscope vertical» moins la mire et le miroir d'Amici. On substitue Toluet au micromètre objectif, dont on a préalablement déterminé le rapport avec le miero*

mètre oculaire.

Avec la chambre claire appliquée au microscope on mesure très-facilement les angles des cristaux; il suffit de dessiner l'angle et de mesurer avec un rapporteur* Ce moyen dispense nécessairement de goniomètre. On pourrait encore employer le microscope solaire qui amplifie coDsidérablement ces angles.

Malgré cela, nous donnerons la description du goniomètre. Cet instrument représenté figure ii2 est fixé dans un oculaire AB, au foyer du verre supérieur. La pièce CC, est

FiG. 112.

composée d'un cercle de cuivre CC, dans lequel tourne le disque DD, percé à son centre d'une ouverture eiroulaire qui reçoit un disque de verre, sur lequel on a tracé au diamant le petit trait oo. La circonférence extérieure de la pièce PD est dentée et la bouton F terminé par un pignon qui permet d'imprimer un mouvement circulaire à DD. Un seeond disque de verre Mur lequel on a tracé au diamant le trait bdy est maintenu immobile sur la pièce ce. Après avoir fait concorder les traits des deux disques, si l'on tourne le bouton F, le mouvement sera

DE U POURISàTIOll. 18S

eoniiiiimiqué à la pièce DD, et leg traits se croifierom en formant des angles plus ou moins ouverts qu'où mesurera sans peine au moyen des degrés tracés sur le cercle CC. L'idée première de cet appareil appartient 4 M. lUspail ; la partie mécanique a été modifiée par Charles Chevalier.

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