‹ L'étudiant micrographe; traité théorique et pratique du microscope et des préparationsChapitre 46 sur 75 · APPLICATION DU MICROSCOPE A LA BOTANIQUE EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

APPLICATION DU MICROSCOPE A LA BOTANIQUE EN GÉNÉRAL

La science (1) qui traite des végétaux, de leur structure et de leurs fonctions, a fait d'immenses progrès depuis un demi-siècle. En efl'et, la botanique, passée à Tétat de science complexe, ne le doit pas seulement aux esprits distingués qui s'en sont occupés, car les efforts de ces curieux de la nature eussent été, sinon infructueux, du moins fortement hypothétiques en ce qui touche l'organisation des plantes et le rôle de leurs éléments constitutifs, si un art, encore dans l'enfance il y a quarante ans, n'était venu jeter une lumière toute nouvelle sur cette branche de l'histoire naturelle, indispensable à son développement.

L'optique doit donc revendiquer une large part des

(i) Je dois cet intéressant article ù robli^^i'ancc d'un de mes unli^.

ààO APPLIGATJON DU MICROSCOPE

découvcrlcs, lanl anatomiqucs que physiologiques, faites par les naturalistes de notre époque. Son application ne se borne pas seulement aux sciences d'observation, puisque le chimiste, le minéralogiste, se servent également de la loupe et du microscope. Enfin il est inutile de mentionner son indispeusabilité dans les sciences physiques, dont les progrès n*en sont que le corollaire.

Qui sait ce que Hedwig n'eût pas fait avec des instruments perfectionnés, lorsqu'on songe que vei*s la fin du siècle dernier il fit des observations à l'aide d'une simple lentille, et notamment sur les mousses, qui aujourd'hui encore sont de tous points exactes.

Voyons maintenant l'application du microscope aux sciences naturelles et les services qu'il a rendus à la botanique en particulier. — Si nous coupons une mince tranche de moelle de sureau prise dans une très-jeune branche, ou une feuille de joubarbe (fig. 169), et que nous la soumettions à l'observation microscopique, nous nous rendrons un compte exact de l'élément le plus simple qui constitue un végétal. Les corps sphériques ou oblongs que l'œil aperçoit, et qui sont isolables, soit par la pression i>oit par un acide étendu qui désagrège ces corps, ont reçu c nom d'ulricules. Leur paroi, très-mince alors, peut être

Fie. 169. FiG. 170 FiG. 171.

complètement uniforme (fig. 1 70), ou quelquefois parsemée de petits points plus transparents (fig. 171) : ce sont des ponctuations ou des parties de la paroi plus mince que

A LA botanique: EN GÉDÉRAL. 4AI

l'cnâcmblc, ce dont nn peut se rendre compte en faisant snliii- 11(1 c]uart ou une ilcmi-rcvolution à la vis de rappel du microscope. Ils peuvent aussi êlre rayés (lîg. 17*2), ou .inDelés(fig. 173), Enfin ces ulricnles peuvent contenir une ^jiirale analogue à la membrane de ceux-ci, comme on l'observe dans le tissu de certaines cactées (fig. 17A). Ce

liisu ulriculaire vient-il à élre gêné dans son dévetoppe- Nieat par la mulliplicalioa d'autres ulricules, alors une pression réciproque agit sur chacun de ces éléments, et di: sphériques qu'ils étaient ils deviennent polyédriques (lî;;. 175j,et c'est l'image qu'on aura en observant une c >upe de moelle de sureuu prise sur une branche de deux •m (rois ans, ou une tranche mince de la chair d'une pomme (lig. 176), qui prend alors le nom de tissu cellulaire.

Mais les tissus n'ont pas toujours celte forme cellulaire ; ils peuvent être composés d'éléments allongés (fig. 177), et ce sont eux qui forment la partie solide des végétaux. C'est

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ce qui explique la résistance ou la fleiibililé du bois dani la largeur, tandis que dans sa direction verticale il esl facilement divisible. Or, ce tissu est appelé fibreux, c'esl-àdire corn posé de fibres, comme l'indique la figure )7S- Ces fibres sont quelquefois ponctuées (fig. 170), comme on peut le voir dans une préparation de bois de magnolierou A'IUiciwn. Ces ponctuationi^ en si |;rand nombre peuvent être localisées aux parties latérales des fibres et prcsenler de charmantes aréoles, comme le microscope seul peut le démontrer dans le bois des pins ou des sapins (fig. I SO) ; un

mouvement insensible d'abaissement ou d'élévaliun delà colonne du microscope montre que ces [lonrlualions peiniettent la communication d'uue fibre à la fibre qui lui c>l

A LA BOTIHIQUE BN GÉNÉRAL. hH

coalîguë. L'optiqne ici a donné raison à l'absence de conduits destinés à porter la sève dans le végétal, puisque dans tout le groupe des conifères l'intromission des liquides séveux se fait fibre à fibre. — Mais cette exception du régne végétal noua montre d'une façon plus simple ailleurs ce système fibreux. Aussi, en revanche, y retrouve-t-on une sorte d'éléments qui manquaient précédemment : c'est le système vasculaire. — Les vaisseaux, dont le rôle si important est de distribuer la sève dans la plante, s'offrent à l'oeil armé du microscope sous trois formes générales : 1* dans les jeunes tissus, tels que la partie fibreuse avotsinant la moelle d'une branche ou les nervures d'un pétale d'une fieur, ou remarque des trachées{iî^. Itil), qui n'ont point le rôle de celles des insectes, mais seulement la forme; ces vaisseaux sont déroulables comme le serait un ressort à boudin; aussi, si l'on brise légèrement dans son travers une feuille de jacinthe ou de bananier, on aperçoit une quantité de fils plus ténus qu'un fil d'araignée, mais de même apparence : ce sont des trachées; — 2* dans les tissus adultes d'une branche de clématite ou d'une lige de chêne, ou bien encore un jonc servant à faire des cannes, on distingue facilement, même é l'œil nu, des ouvertures nombreuses assez larges pour y passer un crin,~ mieux encore, un cheveu : ce sont les vaisseaux vrais ou lymphatiques. Une coupe mince longitudinale, placée sous le microscope, les fait voir tantôt parsemés de ponctuations {vny. la fig. 179), de là le nom de vaisseaux ponctués, ou de raies transversales plus ou moins régulières : vaisseaux

àà'l

APPLICATION DU UlCRuSCOPE

r(/(/cs [fig. 182) ; d'autres l'ois simulani h leur puurtotir une sons de spire plus ou muins correcte, ou souvent dédoublée, fit donnant au vaisseau une apparence grillagée : ce sont les vaisseaux réticules, puis les vaisseaux annelés (fig. 1S3). La famille des fougères fournit à l' observation des vaisseaux rayés d'un aspect singulier, formant des colonnes hexagonales; on les nomme vaisseaux scalariforme<

(fig- m).

Enfin, sans le microscope, il aurait été impossible d'avoir uue bonne idée d'un système particulier, analogue au système veineux des aoiaiaus comme apparence : ce

Fi6. t85.

sont les vaisseaux qu'on observe dans l'écorce de certaines plantes, cliariant des liquides colorés en jaune, comme dans la chélidoine, ou blancs, comme on l'observe dans le

pavot, les euphorbes : ce sont les lalicifères ou vaisseaux du laiex {fig. 185).

Le contenu de ces éléments avait surtout besoin du microscope pour être découvert. Comment, en effet, étudier le développement des matières formées dans les cellules? La corophylle, ou matière verte dont sont pénétrés les tissus foliacés développés à la lumière : la fécule (fig. 186), si fréquente dans les racines et les graines, et dont la forme varie d'après les individus divers qui la coniiennent, et bien d'autres matières insolubles ; enfin le noyau qui accompagne ordinairement chaque cellule, et qui parait être le siège de toutes ces formations, nommé par les savants nucleus.

Mais ces matières organiques ne sont pas les seules qui prennent naissance dans les tissus; on y rencontre fréquemment des matières inorganiques, telles que le carbonate de chaux, si nettement formé dans l'épiderme de la feuille de la vanille, ou l'oxalate de chaux, formant de

Fig. 186.

Fie. 187.

petites masses cristallines dans les cellules de Toseille, de la rhubarbe, de la betterave et d'autres plantes encore (fig. 187). Enfin le sulfate de chaux s'y rencontre sous des apparences particulières d'aiguilles, remplissant quelquefois des cellules entièrement, comme on peut le voir dans

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le tissu cellulaire des aroïdéos et de mille aulres plantes;

ces formations ont piis le nom de raphides (fig, 1 88).

Le mode de multiplication des éléments anatomiques n'aurait été qu'imaginé sans les instruments gro^issanls, puisque encore aujourd'hui il existe beaucoup de points douteux. Mais la mulliplica- Uon des cellules par dédoublement a été bien observée en Allemagne, surtout sur des algues d'eau douce; la formation peat ici être suivie sous le microscope même.

Il est impossible de passer sous silence l'importance du microscope dans la découverte de la fécondation des végétaux. Amici en Italie, Robert Brown en Angleterre. MM. Brongriiart et Tulasne en France, Hoffmeister en Allemagne, etc., etc., ont apporté cbacun leur tribut à la science par Fio. 188. des recherches aussi laborieuses et délicates que piquantes pour l'esprit du naturaliste. Le rôle physiologique des feuilles (dont la lîg. 1^9 représente une coupe), si bien connu maintenant comme organes

appendiculaires el respirateurs, se fait, comme tout le monde le sait, par de petits juéats, de petites bouches dont les feuilles Boni couvertes, tantôt sur leurs deux faces,

tantôt sur une seule. La loupe est impuissante pour observer ces petits organes nommés stofnates {Qg. 190, ^9l^ 192) : il faut un moyen amplifiant plus considérable.

Pi6. i90.

Fi6. 191.

Si l'on considère les diverses branches de la botanique, et que l'on suive depuis trente ans leur développement, on verra que presque exclnsiveraenl c'est la physiologie et la connaissance des cryptogames qui l'emportent ; aussi

FiG. 192.

celle dernière â-l-elle fait un pas immense depuis Torigine et le perfectionnement du microscope.

Les printemps et les automnes pluvieux favorisent le développement des plaques verdâtres ou rougeâtres le long des murs ou sur la terre, dans les allées des jardins peu fréquentés, etc., elc. Enfin la neige rouge qu'on observe (fuelquefois au sommet des hautes montagnes de la Suisse et ailleurs ; les pluies de sang, qui ont servi d'argu-

parliculiei-s d'une ténuité telle, que les plus forles lentilles du microscope sont nécessaires h leur examen.

Ces anthérozoïdes, car c'est leur nom, sont des agents purement fécondateurs, et dont le contact avec les spores

est indispensable. Enfin la distinction des sexes est plus évidente encore dans les charagnes.

Nous pouvons reposer un peu le lecteur de cette narration algologique, qui du reste a des corrélations avec les autres végétaux de la division des cryptogames sous bien des rapports, en indiquant quelques faits d'animation dans des plantes d'un ordre plus élevé.

Les poils aériens ou radiculaires (fig. 19i) de plusieurs plantes présentent un phénomène frappant de circulation intercellulaire ; il est même probable que presque toutes les plantes possèdent à un plus ou moins haut degré ce ^^^' ' mouvement circulatoire de leurs sucs propres. Les poils des filets des étamines des éphémères ( Tradescantia ) ; les cellules des rameaux des chara, sont trèsfavorables à cette observation. Les poils celluleux de

plusieurs corolles (fig. 105), les poils radiculaires de la valisnère, les pétales de la chélidoine, etc., etc., jouissent de ce curieux phénomène pour l'œil armé du microscope. Des globules en suspension dans le liquide de ces cellules montrent la direction des courants, insaisissables sans la présence de ces petits flotteurs.

C'est à regret que nous quittons cette intéressante classe des algues, dont certaines familles ou tribus contiennent des espèces aussi élégantes par leurs formes que riches

par le coloris^ et qui fournit aux visiteurs des bords de la mer l'occasion de faire des albums aussi intéressants pour le naturaliste, que récréatifs pour Tesprit le moins scientifique.

La famille des champignons est encore aujourd'hui l'objet d'une foule de recherches, tant sur leurs organes reproducteurs propres, que sur la multiplicité des formes que certaines espèces révèlent. Aucune famille, évidemment, n'est aussi polymorphe, aussi protéique ; combien d'espèces, sous une telle forme, ont été distinguées sous une ou plusieurs autres comme autant d'espèces différentes, et qui, au moyen d'observations judicieuses, dans lesquelles le microscope a toujours joué un rôle impor-' tant, ont été reconnues comme semblables !

Le blanc de champignon, bien connu des jardiniers, se développe spontanément, au moins apparemment, dans les couches de fumier. Il est formé de filaments blanchâtres ici, brunâtres là, jaunâtres ailleurs, d'après l'espèce qui l'a formé. C'est à cet état, nommémycelium^ que se présentent la plupart des champignons, et alors cette production devient transportable, car le champignon ou agaric comestible n'a pas d'autre manière de se propager. Mais tous n'ont pas une organisation aussi bien définie, et le champignon servi sur nos tables est un des plus complets.

Les champignons les plus simples sont ceux connus sous le nom de moisissures. Le mycélium, produit par une spore, s'étend promptement sur les corps organiques en décomposition, qui favorisent son développement. (Il est inutile de rappeler que la putridité est l'aire des champignons en général.) Si la condition est favorable, alors du sein de ces filaments naît une cellule d'une nature spéciale, qui s'élève bientôt et porte à son sommet une quantité considérable d'autres petites cellules diversement agencées :

fiqucs et didactiques : c'est à l'usage des personnes qui se servent du microscope que notre recueil se recommande, désireux que nous sommes de faciliter l'emploi de cet instrument par des exemples faciles ou curieux ; aussi ne s'est-on pas appliqué à suivre la nomenclature scientifique pas à pas ; ses points les plus saillants seuls sont mis eo évidence pour montrer son application, c'est pourquoi nous appelons de préférence l'attention sur des végétaux faciles à se procurer, ou dont l'organisation peut offrir un spectacle aussi curieux qu'intéressant.

En indiquant les champignons d'une structure élémentaire, nous n'avons en aucune façon indiqué les éléments constitutifs de ceux qui sont les plus connus, c'est-à-dire les agarics, les bolets, les pézizes, etc. Les spores, à l'état libre dans les champignons que nous avons signalés, sont ailleurs renfermées dans une enveloppe spéciale nommée thèque. Ces champignons thécasporés sont formés d'un tissu cellulaire allongé ; leur enveloppe s'appelle periditan; il est tantôt creux, comme dans les pézizes, ou sinueux, comme chez les morilles. Enfin, les champignons dont la forme en parasol nous est si connue sont appelés basidiosporés, c'est-à-dire à spores libres, disposés quatre par quatre sur une cellule renflée nommée baside; dans notre champignon des marchés, le bolet, etc., etc., on remarque dans ces espèces un pédicule ou stipe supportant un chapeau. Mais ici c'est à la face inférieure que la membrane fructifère, ou hymenium^ est située, formant des lames s'irradiant du centre à la circonférence, ou des tubes capillaires dans les bolets; chez les pézizes, les morilles, c'est la face supérieure qui porte Vhymenium. II est curieux de remarquer que dans ces plantes le nombre des spores est de 8 par chaque thèque, ou de h portées sur des pcdicelles (champignons basidiosporés). Le multiple

de 2 parait être le nombre normal des organes reproducteurs dans les cry|)togamcs.

Pour les champignons tbécasporés, la sortie des spores se fait par le sommet ; elle est favorisée par un mucilage sécrété par les paraphyses qui entourent les théques. Pour les basidiosporés, la dissémination est des plus faciles, puisque les spores pendent à peu prés comme les fruits d'un arbre. Cependant parmi ceux-ci il en est qui ont le peridium enveloppant {Bovisia^ Lycopordon) ; alors c'est sa destruction qui favorise la sortie des spores.

Enfin un groupe particulier contenant des champignons dits hypogéSy c'est-à-dire souterrains, appartient aux thécasporés ; la truffe en fournit un bel exemple.

Un groupe de cryptogames, que l'on a placé parmi les champignons, en est maintenant séparé avec raison.

Les lichens, si bien étudiés dans ces derniers temps par M: Tulasne, historiquement et physiologiquement, et par M. W. Nylander monographiquement, réclament plus qu'aucunes plantes l'emploi du microscope pour être distingués.

On peut dire que les cryptogamistes les plus compétents se tairont, lorsqu'il s'agira de déterminer les espèces de beaucoup de genres, et des genres même, sans un moyen amplifiant d'au moins 250 à 300 diamètres. On comprendra cela quand on saura que la forme des spores est un caractère des plus importants chez les lichens. Ce qui distingue à première vue un lichen, c'est la présence d'un tissu cellulaire étendu nommé thalle : exemple, les genres Parmelia et Lecanora; ou de rameaux, comme dans les Cladania, Vmea^ Sphœrophoron^ etc., etc. Moins friables ou spongieux que les champignons, ils sont susceptibles de reprendre la vie, de continuer leur développement, qui n'était que provisoirement suspendu, même après un se-

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jour prolongé dans un lieu sec, un herbier, etc. , e'ils soBt replacés dans des conditions favorables; caries lichens oe recherchent pas, comme les précédents, les matières en décomposition : Tair humide leur suiBt, et s'ils sont fixés au sol, aux arbres ou sur les roches, c'est plutôt un support qu'un siège de nutrition. Leur tissu, moins homogène que celui des champignons, contient, dans les espèces de grande dimension, des globules verdâtres (cellules gonidiales), mais toujours à la couche moyenne ou inférieure du thalle.

Du sein de ce thalle s'élèvent de petits mamelons qui bientôt prennent la forme de coupe dans les Parmelia et bien d'autres encore : ce sont les scutelles ou apolhécies, analogues des sporanges ; d'autres fois, formant de petits capitules au sommet des rameaux (S/ereoca^/on, Cladonia), Si une coupe mince de ces scutelles, préalablement humectées, est placée sur le porte-objet du microscope, Tiniage qu'on aura rappellera l'organisation de Vhymeniunx de certains champignons : en effet, des thèques, entremêlées de paraphyses comme dans ces derniers, mais contenant des spores d'une apparence plus compliquée, c'est-i^dire cloisonnées et souvent comniu réticulées (spores muralesK Certains genres sont composés d'espèces dont le thalle esl réduit presque uniquement aux apothécies, ou du moins est d'une minceur extrême et ne persiste qu'autour de ce5 dernières, exemple les Lecidea^ Thelotrema^ Galicium,e{c\ d'autres enfin qui soulèvent Tépiderme des écorces et font des sortes de dessins comme le feraient des xylupliages dans les genres Graphis et Opeyrapha. Ces dernières sont d'une petitesse que l'œil peut à peine apercevoir, et ne sont déterminables qu'au microscope.

Les cryptogamistes modernes, en observant de irès-prés le thalle ()es lichens, y ont aperçu de petits pointe saillants,

quiy soumis à l'examen microscopique, ont fait découvrir des corpuscules d'une ténuité extrême, la plupart, d'une . conformation similaire, et portés sur des cellules, à l'instar des champignons basidiosporés, quoiqu'un peu difleremment. Ces observateurs ont été portés à considérer ces granules atomiques comme les organes mâles des lichens, el leur ont donné le nom de spermatiesy et aux cellules qui les portent celui de stérigmates. Ces spermaties ne sont point douées de mouvement propre.

Toutes les plantes dont nous nous sommes occupé jusqu'à présent ne contenaient point de matière verte ou chlorophylle, si ce n'est quelques algues ; mais celte matière, ici nommée chromophylle, n'est point de même nature, parait-il, car là elle ne se forme, dît-on, qu'au contact de l'air, et surtout à la faveur de la lumière.

Les hépatiques, les mousses et les fougères, voici les cryptogames dits supérieurs ou chlorophylles. En effet, toutes ces plantes, à peu d'exceptions près, sont douées de stomates, 'qui sont aux plantes ce que les narines ou la bouche sont aux poumons.

Le magnifique travail de M. B. de Mirbel sur le genre Marckantia nous a fait connaître à fond l'organisation d'un des principaux types de famille des hépatiques. Cette plante (Marchantla polytjéorpfta) est composée d'un thalle rampant à la surface du sol, et composé d'un tissu cellulaire presque homogène, au sein duquel se forment de petits amas cellulaires. Dans les endroits humides et ombragés, ce sont de petites corbeilles qui en naissent, contenant de petites sporules vertes en forme de cœur. C'est l'analogue des conidies des champignons et des lichens, ce qui correspondrait aux propagules des plantes phanérogames. Mais si la plante est dans de bonnes conditions, bien exposée, de petits parasols s'élèvent du bord de ces

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expansions verles, cl produisent à leur face supérieure des organes de reproduction femelles ou archégones. Si le chapeau est sinueux, au lieu d'être lobé, ce sont des organes mâles (antbéridies). Ce nom d'anthéridie indique que ce sont les analogues des anthères. Une coupe soumise aa microscope fait voir des zoothèques contenant des anthérozoïdes doues de mouvements des plus vifs. — Un autre groupe des hépatiques nous montre ces plantes portant des sortes de feuilles placées de chaque côté d'une tige; c'est un thalle comme celui des Marchantia^ mais dont les parties latérales se sont divisées et amincies, tandis que le tissu central, plus fortement organisé, forme une sorte de tige^ — L'organisation des archégones de ces plantes diffère peu de ce que Ton retrouve chez les mousses dans le jeune âge; mais, à l'état adulte, elle présente un fait singulier : des cellules d'une nature spéciale prennent une forme spirale qui, à la maturité, sont douées d*une élasticité qui fait projeter au loin les spores; on les nomme élatéres.

Des hépatiques aux mousses la transition est insensible, si surtout on prend les organes de végétation pour point comparatif. Il n'est pas de botaniste, si surtout il a mis pour devise sur son blason cette phrase de Linné : Nature maxime miranda in minimis^ qui n'ait été un peu passionné pour cette immense famille des mousses. Elle est, on peut le dire, cosmopolite : partout des mousses, du pôle à l'équateur le pied les foule, la main les touche; aussi celles qui nous entourent peuvent suffire à nos loisirs. Leur nombre^ en France, dépasse six cents espèces.

Le tissu foliacé, depuis longtemps, sert aux opticiens comme exemple à montrer aux personnes peu habituées au microscope : c'est dire qu'il est d'une organisation des plus élégantes. — L'inspection seule des feuilles peut aroe-

ner à reconnaître le genre dans beaucoup de cas ; mais c'esl surtout l'agencement du tissu cellulaire bizarrement déchiqueté du bord des sporanges qui présentera toujours la même figure pour une même espèce, qui sert de base à la classification. Mais disons quelques mots de rbistoire des mousses, pour faire comprendre pourquoi ces caractères immuables dans un tissu qui n'a qu'un rôle physiologique très-borné, et comment il se forme.

Une spore germe, et, de quelques filaments cellulaires qu'elle produit, surgira une petite rosette de feuilles portée sur une tige qui s'allongera plus ou moins. A son centre, si c'est une mousse dite acrocarpécy c'est-à-dire fructifiant au sommet; ou latéralement à l'aisselle d'une feuille si elle est pleurocarpée, c'est-à-dire portant ses fruits sur les côtés de la tige ; on pourra, au moyen d'un faible grossissement, voir un petit corps en forme de bouteille, ayant à peu près le même aspect que chez les hépatiques : c'est un archégone ou sporange, au sein duquel se formeront les spores. Bientôt la base de cet organe s'allonge et brise, en s'éievant, la membrane la plus externe qui Tcntourait (épigone) ; une partie reste à la base et l'autre est entraînée et couvre le sporange, qui prendra désormais le nom d'urne, comme d'un petit bonnet, ou la coiffe, comme on dit dans le langage botanique. — Mais l'organe qu'elle recouvre est plus important. Une coupe longitudinale nous montre deux cavités latérales et une cloison centrale, c'est-à-dire un axe, la columelle ; c'est à son pourtour que se sont formées les spores quatre par quatre dans chaque cellule sporidique, et les lanières de tissu qu'on aperçoit ne sont que l'analogue des élatères des hépatiques, moins leur fonction, puisqu'ici ces parties ne sont point douées d'élasticité comme ces dernières ; ce sont d*aulres appen-

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dices qui jouissent de cette propriété, comme nous allons le voir. Le sommet de Fume subit une modification qui rappelle celle dont certains fruits secs offrent l'exemple : la jusquiame et d'autres encore^ c'est-à-dire que sa partie supérieure présente une solution de continuité i le rostre qui terminait l'urne (opercule) se sépare de sa partie Inférieure comme un couvercle de sucrier.

C'est alors que le caractère si important chez les moasses peut être observé. Le tissu interne de l'archégone, au niveau de l'opercule, se déchiquette et forme des dents composées d'un ou plusieurs rangs de cellules souvent d'un aspect très-élégant. On a donné à cet ensemble de tissu le nom de péristome. Mais, fait singulier, c'est que le nombre de ces dents représente toujours un multiple de quatre, huit, seize, trente-deux et soixante-quatre; tels sont les nombres des dents du péristome dans les différents genres de mousses. Elles peuvent être sétifbrmes, comme dans les Barbulay ou plus larges, chez les Z>tcranf/m, enfin composées, réticulées, dans les genres Grimmiaei Cosci* nodon.

Ce même péristome peut être double, c'est-à-dire qu'une partie du tissu de l'archégone sera dédoublée pour former une série de dents, le péristome externe, qui sera presque toujours différente d'une autre série, le péristome inlenie: de là mousse à péristome double.

Le rôlet physiologique de fce péristome n'est pas sans importance : il est d'abord très-hygrométrique en soi, et son incurvation en temps humide et son érectiob à la sécheresse favorisent la dissémination des spores de lurne, dont il entoure l'orifice.

Si nous avons autant insisté sur ce caractère des mousses, c'est à cause de son importance, comme nous lavons dit, et surtout de l'urgence du microseope pour déterminer les

espèces et les genres, ce qui, atec un peu de deicléritéi ne devieBt plus qu'un jeu^ aidé d'un bon ouvrage.

Ces plantes si bien organisées, miniature de la création herbacée, sont d'un système sexuel complet; de petites rosettes de feuilles (périchèze) ahritetit discrètement des organes spéciaux fécondateurs nommés zoothèques bu anlhéridies» renfermant des animalcules que nous retrouiro09 dans les algues^ doués de mouvements vibratiles^ et appelés phjtozoaires.

Pour être complet, il nous faudrait citer certaines mousses qui n'ont point de dents du péristome, et enfln un groupe, les andréacées^ dont l'urne, au lieii de s'ouvrir par circumscission, se fend dans sa longueur pour ré« pandre les spores qu'elle renferme.

La grande et majestueuse famille des fougères occupe le sommet des cryptogames; leur nombre immense, cinq mille espèces environ, ne parait pas superflu en raison de la beauté cl du verdoyant aspect de leur feuillage. Mais nous sommes privés des plus jolis individus de ce groupe de plantes; ses représentants en Europe sont bien limités ; c'est sous les tropiques, et surtout dans les petites lies, qu'elles ornent de préférence, qu'oïl les retrouve en abondance ; leur taille atteint quelquefois !^6 métrés dans ces pafages, tandis que nos espèces n'ont jamais plus de 20 à 30 centimètres de tige; ce qui n'exclut nullement les petites espèces, trés-abondantes également dans les pays chauds.

Les fougères sont au nombre des plantes vasculaires, mais ces vaisseaux ont une forme spéciale : ce sont des cylindres à six pans, et chaque face présente l'aspect d'une échelle, de là le nom de vaisseaux scalari formes. Le tissu fibreux, très-solide dans les fougères en arbre, constitue un anneau interrompu de faisceaux noirs, si earactéris-

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tiques dans les fougères. Le reste de la tige n'est qu'an amas de tisso cellulaire spongieux qui se détruit lorsque la tige est adulte.

L'arrangement régulier des feuilles sur la tige donne à celle-ci un tatouage fort curieux.

Les caractères de ces plantes ont besoin du microscope et très-souvent de la loupe pour être distingués ; riromulabilité de ces caractères est un don de la nature bien précieux pour une aussi vaste famille. La nervation des feuilles nommées frondes» la disposition des sporanges, tels sont les caractères les plus importants. Cette nenation est tantôt digitée ou divergente, rameuse et conflaeole ou anastomosée, etc. C'est toujours à la face inférieure des frondes que naissent les organes de reproduction» sauf quelques espèces» dans lesquelles c'est un rameau spécial et distinct qui les porte» comme dans l'osmonde» qu'on rencontre dans nos bois» ou certains Acrostichum^ qui ont des frondes stériles et d'autres fertiles.

La disposition des sporanges forme des amas au sommet ou sur le parcours des nervures» auxquelles on a donné le nom de 5ore5; leur réunion à la face inférieure de la feuille est très-régulière et variable pour chaque genre en général. Dans les polypodiacées» ce sera de petits paquets granuleux bien délimités ; pour d'autres tribus» des lignes dans le sens de la feuille» ou bien au sommet des nervures, où sont situées les spores.

Un caractère de second ordre» quoique important» est la présence ou l'absence d'un tégument» partie de l'épiderme» recouvrant les spores d'une certaine façon; ce tégument, nommé indusium par les botanistes» est attaché par son centre à la feuille comme un petit bouclier ; on dit alors que Vindusium est pelté ; ou bien il est contracté vers le point qui lui sert d'attache» alors il est dit réni-

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forme (Aspidium) ; puis encore il peul être en séries linéaires et s'ouvrir d'un côté ou dans son milieu, comme pour les Aspléniées. Enfin ce tégument peut manquer complètement, comme pour les Polypodiacées, les Acrostîchées et d'autres sections encore.

Les sporanges ou conceptacles renfermant les spores sont construits ou agencés d'une façon bien caractéristique dans cette famille; et, chose admirable, c'est que là où le port seulement fournirait un point de repère, la nature prévoyante a marqué les sporanges ou les spores d'un signe indélébile. En effet, les groupes dont nous avons parlé jusqu'à présent ne se distinguaient entre eux que par l'absence ou la présence de Vindusium^ la forme de celui-ci; mais quand il faisait défaut, la nervation devenait un bon caractère. Or on remarque que dans les Acrosticbées, les Polypodiacées, les Aspidiées:et les Aspléniées, les sporanges sont assez semblables, tandis que les Cyatbéacées, les Gleicheniées, les Schizéacées sont la plupart du temps dépourvues d'indusium, et les concept tacles alors fournissent des caractères distinclirs.

Ces sporanges ou conceptacles sont munis d'une série de cellules particulières formant l'anneau élastique ; cet anneau est susceptible de contraction à la maturité du sporange, et l'oblige à se rompre pour répandre ses spores. Dans le plus grand nombre des Fougères, il part du pédicelle de cet organe pour l'entourer presque complètement. D'autres fois c'est une sorte d'équateur qui oblige le conceptacle à se fendre verticalement, exemple les Gleicherda; ou bien encore ce sporange globuleux, ayant un pôle unique représenté par cet anneau élastique, se fendra dans sa longueur par le retrait de ce même anneau. Les spores, comme le pollen des Phanérogames, se présentent sous différents aspects.

AftlUrK CHEVALIER, 30

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Nous ne quitterons pas cette belle famille sans parler un peu des belles observations microscopiques faites dans ces dernières années sur la fécondation des Fougères.

On sait généralement que les spores des Cryptogames sont bien différentes des graines des Phanérogames, que ces dernières sont analogues aux œufs des animaux ovipares, et qu'elles protègent chacune une plante rudimentaire, toute prête à reproduire un individu semblable k celui dont elles sont sorties.

Les spores ne sont qu'une sorte de bourgeon susceptible de germer comme une graine, mais qui ne perpétueront pas leur semblable, si un phénomène indispensable ne s'opérait postérieurement à cette germination. Une spore qui germe donne une expansion cellulaire d'un beau vert qui ne rappelle en rien la forme des feuilles de Fougères, mais plutôt le thalle d'un Marchantia. C'est au sein de ce tissu que d'un côté des archégones et plus loin]des anthéridies se développent. Alors, si les archégones reçoivent l'influence des antérozoïdes, ils produiront des frondes semblables à la Fougère dont sont issues les spores qui les ont produits.

En passant sous silence quelques groupes peu nombreux, quoique intéressants, de Fougères, nous avons pensé que les exemples que nous avons mentionnés suffiraient & faire germer le goût de la botanique chez quelques intelligences.

La cryptogamie en particulier, si peu dispendieuse, puisque, sauf quelques groupes, ces études peuvent se faire sur des plantes sèches conservées en herbier, à Taide d'une loupe et d'un microscope. Les Lycopodiacées, par exemple, qui se rattachent intimement aux Fougères, ont une organisation plus complète ; leur tige un peu différente, leurs sporanges de deux natures, les placent à un

degré au-dessus des vraies Fougères. Les Prêles ou EquisétacéeSy si bien éludiées par MM. Yaucher et Agardh, fourniraient encore d'intéressants exemples. Mais notre rôle nous fait un devoir de signaler seulement à l'attention du lecteur les principaux caractères des végétaux découverts à l'aide des instruments d'optique, en donnant une valeur et une direction toute nouvelle à la science, en la rendant plus riche aux facultés du savant et attrayante aux loisirs de Famateur.

Clre«l«M«B de Ui méwe.

Circulation dans les végétaux. Chara. — Aucun végétal ne laisse voir aussi distinctement ce curieux phénomène découvert par l'abbé Corti en i77A. Plusieurs savants/ parmi lesquels nous pouvons citer MM. Amici, Robert Brown, Scbultz, etc., ont observé la circulation dans d'autres végétaux ; mais il n'est pas très-facile de réussir dans ces expériences, tandis qu'un tube de Chara bien préparé donne toujours des résultats satisfaisants. Lors de son passage à Paris, M. Amici fit voirie Chara^k plusieurs savants, et pendant quelque temps on pensa que le microscope catadioptrique de ce physicien était indispensable pour faire cette belle expérience ; mais bientôt on reconnut qu'il ne fallait qu'un pouvoir de 50 à 100 fois.

Le Baillif écrivit sur le Chara une notice, dont nous possédons le manuscrit , et qui fut insérée en partie dans le bulletin de M. de Férussac. C'est dans le travail original que nous puiserons les détails suivants.

LeCharase trouve abondamment dans divers étangs des environs de Paris. (îette plante est toujours submergée ; on se la procure en plaçant un crochet à l'extrémité d'un roseau dedix pieds, ou bien au bout d'une ficelle qu'on

lance avec force sur l'endroit où se trouve le chara. Pour emporter la plante, on la plonge dans une fiole pieino d'eau. On choisit ensuite les tiges les plus fortes, qu'on mci à l'aise dans une grande terrine remplie de l'eau de l'étang où le Chara a été recueilli. Il faut éviter de ployer les tiges, car les entre-nœuds froissés ne peuvent servir. 11 serait convenable de couper quelques entre-nœuds el de les suspendre par un Gl dans l'eau où ils continueraient à végéter. Dans la saison chaude, ce végétal se décompose facilement; au bout d'une quinzaine de jours, il passe du vert au jaune sale et sa préparation devient quelquefois très-difficile.

n existe plusieurs espèces de Chara : le flexilis ou translucenSy Yhispida ou tomentosa.

' Dans le premier, on aperçoit un peu de circulation a travers Técorce, mais le second est préférable. Les entrenœuds ont de trois à quatre pouces et plus, et contiennent souvent les globules curieux dont nous parlerons plus loin.

Le Chara ne peut être soumis au microscope qu'après avoir subi certaines préparations. Il Aiut choisir un entrenœud bien vert et ferme, et couper les verticilles en leur laissant environ 6 à 8 lignes de longueur. On élague tous les petits jets et l'on place la tige principale dans une petite cuve de verre pleine d'eau, placée au foyer d'une loupe montée sur son pied.

On enlève l'écorce superficielle par lanières, avec la plus grande précaution, car la moindre blessure faite au tube intérieur, arrêterait la circulation à l'instant même. Loi*squ'on est parvenu à décortiquer ce tube, il faut le racler légèrement en lui imprimant un mouvement de relation sur lui-même. Cette opération est indispensable pour débarrasser le tube d'une couche de carbonate de

chaux qui le recouvre; on doit la pratiquer avec un canif à fil couché, qu'on dirige de gauche à droite, sans jamais racler dans le sens contraire.

Le mérithalle sera parfaitement dénudé quand on n'apercevra plus aucun corps étranger, avec une loupe de 6 lignes de foyer. Le microscope fait alors distinguer, sous une amplification de 75 à 100 fois, des lignes parallèles formées par des ovules verls régulièrement espacés, ainsi qu'une h'gne où ces ovules manquent constamment et que le Baillif nommait la voie lactée.

On peut conserver cette préparation sous l'eau, mais au bout de cinq à six jours la surface du tube se recouvrira de cristaux de carbonate calcaire, qu'on pourra enlever de nouveau, mais avec beaucoup plus de soin que la première fois. Le Baillif conservait les tubes décortiqués dans une petite boite aquatique d'une construction facile.

Il coupait des bouts de gros tubes de verre et les fendait en deux, suivant leur longueur, avec un diamant. Deux carres de plomb cimentés aux extrémités, maintenaient le demi-tube dans la position horizontale.

Il plaçait le mérithalle décortiqué dans cette petite cuve pleine d'eau et la recouvrait avec une lame de verre qui retardait l'évaporation du liquide et le mélange des corpuscules voltigeant dans l'atmosphère. Nos petites auges à pa* rois planes sont d'une grande utilité pour cette expérience.

Les variations de la température, la décortication déjà ancienne, et même des ligatures pratiquées sur le tube, n'ont aucune influence sur la circulation.

Si Ton examine l'un des courants, à droite ou à gauche de la ligne médiane, on verra qu'il suit toujours la même direction; mais si l'on place cette ligne de manière qu'elle occupe exactement le milieu du champ du microscope, on verra les molécules entraînées dans un double courant

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de droite à gauche et de gauche à droite. Au moyen d'une montre à secondes ou d'un pendule, on peut calculer le temps qu'un globule met à traverser le champ.

En prolongeant l'observation, il sera facile de s'assurer que les molécules flottantes peuvent passer d'un courant dans l'autre, et ce fait est important, car il prouve d'une manière évidente qu'il n'existe pas de diaphragme sur la ligne médiane. Si l'on trempe pendant un instant lune des extrémités du tube dans de l'eau légèrement acidulée avec du vinaigre ou de l'acide hydrochlorique, la circulation cesse au bout de quelques minutes.

Le 21 octobre 1827, le Baillif vit sur un Chara conservé depuis dix jours de longues séries de molécules vertes se disjoindre, se soulever et marcher dans le torrent de la circulation ; bientôt une grande partie de l'intérieur do tube fut si bien dénudée, qu'on voyait les molécules vertes se mouvoir à peu près conime un train de bois brisé ; on continuait néanmoins à distinguer les molécules de la circulation habituelle qui flottaient péle-méle. Dans plusieurs endroits, il se forma des obstructions considérables.

La circulation ordinaire persiste pendant plusieurs jours et ne se ralentit pas pendant la nuit. Si l'on veut suivre la marche des molécules, il faut, suivant la méthode de l'abbé Corti, choisir un petit rejeton tenant encore à uq des verticilles et dont la surface est peu chargée de carbonate calcaire, qui probablement ne s'amasse que sur la plante adulte. En observant ce petit rejeton vers son extrémité transparente, on reconnaîtra le mouvement circulatoire, et si l'on suit deux ou trois molécules dans leur course, on les verra se contourner à l'extrémité du rejeton et revenir dans le sens opposé.

On rencontre quelquefois dans un mérilhalle desspbéres ou globes en assez grand nombre, qui se meuvent les uns

A LA BOTANIQUE EN GÉNÉRAL. 4Zi

par-dessus les autres» se dépriment, prennent une forme ovale, suivant les pressions qu'ils éprouvent, et crèvent (juelquefois en mêlant leur contenu au fluide circulatoire; plus tard, on voit de petits globes se reformer et voyager dans le liquide. Avec un bon éclairage, on distingue nettement l'épaisseur de la tunique sphéroïdale, ainsi que les molécules qu'elle renferme.

Ces dernières sont diaphanes, de formes très-variées, et sujettes à des transpositions produites par la compression et le n)ouvement imprimés aux sphères.

Si l'on suspend un tube de CA^zradans l'eau par une de ses extrémités, les sphères tombent à la partie inférieure, et elles suivent encore la même direction lorsqu'on retourne le tube. On peut examiner le phénomène avec une loupe ordinaire. Quand on veut observer isolément les sphères, il faut couper l'entre-nœud qui les contient et exprimer le fluide sur une lame de verre, alors les sphères se montrent comme autant de gouttes de suif parfaitement distinctes.

M. J. Holland a décrit un moyen fort ingénieux pour étudier la circulation sur de jeunes pousses de Chara. On renferme une jeune pousse de ce végétal dans un des petits porte-objets faits avec le blanc de plomb et remplis d'eau. La lamelle supérieure est percée sur le côté d'une petite ouverture. Le Char a continue à végéter jusqu'à ce qu'il remplisse toute la cavité, et peut-être, ajoute M. Holland, parviendra-l-on à découvrir les causes de la circulation, en examinant le végétal aux diverses époques de son développement.

L'ouverti\re de la plaque supérieure permet de renouveler le liquide à mesure qu'il s'évapore. On pose sur ce petit trou un fragment de verre mince qui le ferme exactement et retarde l'évaporation.

' M. Schultz observa la circalation de la sève dans plusieurs végétaux, entre autres, dans les stipules du Fiats elastica. On rend ces stipules transparentes en enlevant la couche superficielle qui laisse à nu une partie blanche, fibreuse^ transparente, dans laquelle on voit très-bien la circulation de la sève. La feuille de la Chélidoine présente le même phénomène sans exiger autant de préparation ; il suffît de la placer sur le porte-objet et de Tobserver au soleil, mais on ne réussit pas toujours.

Le Baillif observa également cette circulation dans le figuier commun. On comprend que, pour ces expériences, il faut toujours employer des végétaux non fanés.

M. Schultz donna à le Baillif une liste des plantes dans lesquelles il avait observé le plus facilement la marche de la sève ; nous la transcrivons ici, telle qu'elle nous a été laissée par M. le Baillif :

CUûlidoinc (roliulc du calice),

Salsifis (feuiUc),

Pissenlit (feuille),

Alisma plantago (plantain d'eau), <

Ficus elastica (stipules),

Figuier ordinaire,

Platane,

Stipules d'érable,

Mûrier blanc,

Aloès (tige et ctamincs),

Angélique.

Impératoirc et presque toutes les Ombellifercii qui ont des ««c» colorés.

Bryone blanche,

Euphorbe (moelle),

Asclépiade,

Arroche,

I^aitue ordinaire,

(ihiendenf,

Trngopojron des pré^ et presque toute? les Chicorocêe*.

LeXLIX* volume àes Transactions de la Société des Aris {Transactions of the Society of Arts^ etc.) contient un mémoire de M. H. Slack, sur la circulation observée dans le Nitella flexilis^ VHydrocharis morstis ranœ^ le Tradescantia virginica^ observée d'abord par le docteur Brown et décrite dans son mémoire sur les Orchidées. — M. Slack signale encore les poils de la corolle d'une espèce de Penstemon, les stipules du FiciLS elastica décrites par M. Schullz, et enfin la Chélidoine observée par le même auteur. Relativement à cette dernière, M. Slack nous apprend que le phénomène ne se manifeste pas lorsque la feuille est encore attachée à la branche, mais qu'il devient évident aussitôt qu'on l'a détachée. Nous avons dit que cette expérience ne réussissait pas toujours; il est possible que l'insuccès de nos tentatives dépende seulement d'une mauvaise préparation. Nous recommandons aussi à nos lecteurs le travail de M. Varley et le supplément de M. SoUy, consignés dans le XLVIII* volume du même i'ecueil. Ces mémoires sont remplis de détails intéressants sur la circulation et l'organisation des végétaux.

Le pollen présente un spectacle très-curieux lorsqu'il est placé dans certains liquides et soumis au microscope; jetés sur une goutte d'eau, les grains poUiniques se meuvent en différents sens et éclatent en lançant un nuage de petites granulations ou des boyaux qui se contournent de différentes manières. M. Raspail a reconnu que l'acide hydrochlorique et l'ammoniaque liquide produisaient le même effet.

Il faut placer une petite goutte d'eau sur une bande de verre cl déposer le pollen dans le liquide. C'est encore des notes de le Baillif que nous extrayons les exemples suivants. • . î

Pollen de Chicorée sauvage. — Mis en contact avec

à7à APPUCATION DU MICROSCOPE

l'eau, il cesse d'être spbérique et présente plusieurs mamroelons ou gibbosités. Ces grains de pollen sont en général attachés ensemble par un ou deux petits filets.

P. de Balsamine. — Produit des boyaux trés-transparents qui s'allongent pendant plusieurs jours et ont sept à huit fois la longueur du grain de pollen.

P. d'Onagraire. — Présente un cordon d'attache trèslong quand il est unique, se gonfle quelquefois extraordinairement dans l'eau ; enfin il éjacule une grande quantité de molécules ovales et rondes. Plusieurs grains de ce pollen poussent des boyaux cylindriques.

P. de Houblon. — Éjaculation très-vive, la semence a un mouvement de locomotion très-visible.

P. de Lavande. — Chaque grain contient trois molé« cules ovoïdes qui peuvent égaler le diamètre du graia^ alors il crève et l'on aperçoit sa capsule très-diaphane.

P. d'Épinards. — Se gonfle beaucoup, mouvement de recul, éjaculation difi*use de molécules de grosseurs diverses, parmi lesquelles on distingue parfaitement les molécules ovales.

P. de Coloquinte. — Très-gros, spbérique, quelquefois mais rarement hirsute, il se gonfle beaucoup dans Teaa à la circonférence. Dans les premiers moments de Timmersion, on voit autour du pollen beaucoup de molécules rondes qui se meuvent pendant plus d'une heure en sens divers et à distance du pollen qui éjacule largement mais avec lenteur.

P. de Cactus à feuilles courtes. — Spbérique, lisse, gris cendré, produit quelquefois un long boyau, dans d'autres circonstances on voit se former une, deux ou trois vésicules. Quelques-uns de ces grains éjaculent une matière noire, et Ton voit souvent autour d'eux des corpuscules mobiles.

Le Baillif a vu éjaculer du pollen de Mats conservé dans un cornet pendant deux ans; il a observé le même phénomène sur celui du tournesol, et M. Raspail sur celui de YHe/ianthum annuus.

P. de Violette marine. — Très-abondant, spbérique, diaphane, hirsute, recule vivement à Tinstant de l'éjaculation.

P. de Valériane, — A sec il est ovale, cloisonné, presque transparent ; dans Teau il devient à peu près sphérique et beaucoup plus opaque qu'après l'éjaculation. Au moment qui la précède, on voit se former une vésicule très-diaphane, égalant en volume à peu près le tiers du globule, elle se déchire et donne passage à une grande quantité de poussière. Cette expérience réussit toujours avec rapidité.

P. de Scabieuse. — Ne change pas de forme dans Teau, quelquefois on voit naître une vésicule. L'éjaculation a lieu au bout de quinze secondes ou une minute, elle est vive, mais ne se fait pas à une grande distance.

P. de Rose trémière. — Opaque, très-hirsuté, après quatre ou cinq minutes de gonflement, il éjacule lentement par deux, trois et quatre endroits différents, les granules polUniques sont très-noirs et paraissent avoir une grosseur uniforme.

P. de Lis jaune. — Locomotion même à sec. Il est ovoïde, lisse, réticulé, plus ou moins coloré en gris cendré, éjacule par le côté, mais il faut le prendre sur une anthère déjà passée.

P. de Luffa fœtida. — Rond, jaune, lisse, donnant des résultats variables d'après son degré de maturité. Dès qu'il est en contact avec l'eau, on voit se former trois vésicules diaphanes, d'où part souvent l'éjaculation. Parfois, il se forme un gros boyau qui peut égaler deux ou trois fois le diamètre du grain pollinique et qui est rempli de

semence noire immobile ; quelquefois ce boyau s'allonge et crève, alors on voit marcher la semence vers rextrémiié ouverte.

P. de Maïs. — Se globulise et devient opaque dans Teau. Après l'éjaculalion qui est vive et abondante, le grain devient presque transparent.

' P. de Lopesia racemosa. — Se présente toujours sous une forme triangulaire, mais après une minute de séjour dans l'eau, on voit se former à chaque angle une vésicule très-diaphane. Ces grains sont pourvus d'un ligament chevelu d'une grande ténuité. Ils éjaculent quelquefois.

Nous ne prolongerons pas cette liste, et nous laisserons à nos lecteurs le plaisir de l'augmenter par des recherches pleines d'intérêt, dont ils se procureront facilement les matériaux.

Nous ajouterons ici quelques observations fort intéressantes dues au professeur Belleroche (d'Anvers) : — On peut recommander particulièrement aux jeunes micrographes l'étude de l'admirable structure des fibres de la |)ellicule inférieure de l'anthère de diverses fleurs ; c'est un sujet que Dujardin me parait avoir traité avec un peu trop de concision, et pour lequel l'ouvrage de Purkinje : De cellulis antherarum fibrosis^ lui offrait tous les matériaux désirables.

D*après Purkinje, les formes les plus remarquables de ces fibres sont :

Les spiralées : dans l'anthère du Narcisses poeticus Poptilus alba^ Lanicera tataricay Datitra strammivnu Cheiratus cheiri.

Les anmiiair es : dans Y Iris florentinay Hyacinthusorienialis^ Convallaria^ encore le Cheiranthus cheiri^ etc.

Les rélicîilaires: dans le Fritillaria imperialisy Tttlijin gesneriitnay Viola odorat a ^ Saxifragn umbrosa.

Les arquées : dans le Nuphar lutea^ Bryonia dioica^ Cynoglossunij Pulmonariay Primula sinetisis^ Passifltmi ccpruleCy Ligiistrum vulgare, Cucurbitapepo^ PiruSy LupinuSj etc. Le Cuairbiia pepo surtout est très-remarquable, j'en dirai encore un mot plus loin.

Les fibres courtes et droites : dans VArum^ le Calla œt/iiopicaj CalceolariOy DelphiniuWj Anémone^ etc.

Les mêmes fibres, mais convergeant vers le centre du coté supérieur de la cellule, assez souvent en forme d'étoile, dans le Corydalis lutea^ Impatiens^ Fumaria^ Cereus speciosusy Polygonum^ Tropœolum mojus (très-beau), etc.

Les verticales : fibres très- courtes, nombreuses et serrées, en foriDe de dents ou peclinées dans les Graminées, Myosotis, Phlomisj Robinia, Chelidonium majuSy Magnolia^ LiriodendroUy Dahlia, LeontodoUy SolidagOy Bellis perenniSy Géranium^ Pelargonium^ PinuSy Cupressus, JiniiperuSy mais surtout remarquables dans X Adonis œslivalis et vèrnalis.

Plusieurs de ces fibres exigent un fort grossissement et il y en a même qui, par leur excessive ténuité, pourraient être rangées parmi les tests ; un objectif qui pèche par la diffraction rend leur observation extrêmement difficile.

Ces pellicules d'anthères, ou des fragments, peuvent se conserver parfaitement sous verre dans une solution de chlorure de calcium (1-3), mais leur préparation offre plus ou moins de difficulté. J'y ai réussi par le procédé suivant.

Lorsque ranlhére est assez grande, comme celle des Cereus, Tropœolum y Liliumy etc., on la coupe parle milieu dans sa plus grande largeur et dans sa longueur, on laisse tremper les deux moitiés dans de l'eau très-claire, pendant une heure au moins ; on les pose ensuite sur une plaque de verre et on les presse ou travaille avec le dos d'un

tuyau de plume d'oie fendue en deux pour être plas souple. — Après avoir dégagé ainsi Fanthère de tout le pollen, on la lave dans Teau , et on la reporte sur la plaque de verre, qu'on a eu soin de nettoyer. — En contînuanl la pression, assez fortement même au besoin, on parvient à dégager des fractions suffisamment grandes de la pellicule intérieure pour montrer très-nettement les cellules et leurs fibres, mais un dernier lavage est nécessaire avant la préparation définitive.

Je recommande de prendre les anthères avant le parfait épanouissement de la fleur, parce qu'elles sont plus faciles à partager en deux. Celles qui sont trop petites pour être coupées, telles que l'anthère du BeUis perennis^ Cheiranthus cheiriy etc., doivent nécessairement être soumises i la pression telles quelles, après avoir trempé pendant un temps suffisant pour les ramollir autant que possible.

L'anthère du Cucurbiia pepo^ tant après qu'avant la floraison, est épaisse et charnue, et une pellicule me parait introuvable, mais une coupe excessivement mince de cette anthère dans les deux sens, vertical et horizontal, suivie de la trempe et du lavage, sans pression aucune, donne un résultat parfait.

Quelquefois, quoique assez rarement, on obtient, par une coupe et une manipulation plus heureuses qu'adroites, la forme complète de Tanthère, sans aucune déchirure, et c'est ce qui m'est arrivé pour celles du Cereus^ du Tropœolurriy du Lilium candidum^ du Tradescantia virginica (cellules très-allongées et pectinées), du Polemoniurriy etc.

Nous espérons que ces notions générales de botanique feront de nouveaux adeptes ; mais il faudra, pour faire des études profitables, recourir nécessairement aux œuvres des maîtres, aux travaux des de Jussieu, Brongniart, Payer,

Schacht, Harling, de CandoUe, Richard, Bâillon, Cosson, Duchartr'e, Wagner, Smilh, etc., etc.

Les gens du monde pourront consulter un très-bon ouvrage qui vient de paraître dans ces derniers temps h la librairie Hachette, et qui est dû au savant écrivain SI. L. Figuier. Son Histoire des plantes est fort claire, trèsattrayante et à la portée de toutes les intelligences. Ajoutons à cela que ce livre est illustré d'une façon scientifique et artistique par M. Louis Faguet, dont le talent si connu de tous n'a pas besoin d'éloges, et l'on verra que les amateurs de sciences naturelles doivent posséder V Histoire des plantes^ de M. L. Figuier.

Un autre charmant ouvrage, intitulé la Plante ^ a paru dernièrement aussi chez Hetzel. Ce livre, très-bien illustré, est dû à M. Grimard. Le premier volume contient l'organographie, le second la classification. Nous ne saurions trop recommander ce livre, car il est écrit d'une façon tout à fait savante et poétique. Les descriptions de M. Grimard sont pleines de charme et d'intérêt; tout admirateur de la nature ne pourra se passer d'un ouvrage écrit par un ami passionné de la plante, qui s'est donné pour but de vous apprendre la botanique, en vous conduisant de récits en récits, tous plus séduisants les uns que les autres : délicieuse manière de présenter l'étude de la nature, malheureusement trop oubliée, et qui rappelle une ravissante école, celle des Rousseau et des Bernardin de Saint-Pierre.

Nous recommanderons aussi à nos lecteurs les mémoires de M. Henri Van Heurck. Ces mémoires se trouvent chez M. A. Delahaye. L'un d'eux, sur le microscope et la botanique, est dédié à M. Adan, savant botaniste de la Belgique.

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