‹ L'étudiant micrographe; traité théorique et pratique du microscope et des préparationsChapitre 48 sur 75 · A L ÉTUDE DES ALGUES INFÉRIEURES. A · texte numérisé non relu

A L ÉTUDE DES ALGUES INFÉRIEURES. A

11 y a plus (le vingt ans, lorsqu'on était encore dans tout Tenthousiasme produit par la récente et merveilleuse découverte de Daguerre, les adeptes de ce nouvel art se plaignaient de ne pas trouver, dans les tripolis dont ils se servaient pour polir leurs plaques argentées, une matière assez fine pour donner un beau bruni, si nécessaire à l'obtention de bonnes images. Vers cette époque également, M. Ehrenberg était arrivé à reconnaître la véritable composition de plusieurs tripolis, formés en grande partie de Diatomées fossiles, trop souvent mêlées de sable. Cette révélation m*engagea à essayer de produire artificiellement un tripoli plus naturel que ceux dont on usait alors. Dans les sources des bois de nos environs on voit, aux approches de Thiver, flotter souvent des masses brunes d'une Diatomée filamenteuse, V Bimantidium pectinale. J'en recueillis quelques poignées que je fis calciner, et j'obtins ainsi un vrai tripoli formé de silice pure, très-homogène et donnant aux plaques le poli le plus parfait.

Il est encore d'autres mines renfermant de nombreuses Diatomées qui, bien qu'on ne puisse les regarder comme fossiles, datent néanmoins de l'antiquité la plus reculée. Je veux parler de celles qu'on trouve dans les divers guanos, dans ces dépôts d'excréments d'oiseaux de rivages, de palmipèdes, entasses sur des ilôts de rochers inhabités. On connaît u» grand nombre de points sur les côtes d'Amérique et d'Afrique, principalement au Pérou, qui fournissent d'immenses amas de ces guanos, si recherchés maintenant comme engrais, à cause de la quantité de matières azotées qu'ils renferment. Ces oiseaux vivent de poissons dont les écailles sont fréquemment chargées de Diatomées qu'on retrouve encore sur les Algues du littoral ù ces animaux pêcheurs viennent chercher leur nourri-

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ture. La nature siliceuse de ces Diatomées leur assure une longue conservation et les met à l'abri de l'effet dissolvant des sucs gastriques de ces palmipèdes, de sorte que Ton peut les recueillir dans toute leur intégrité dans les couches les plus inférieures de ces déjections.

Les Diatomées se trouvent toute l'année^ mais plus abondamment rhiver et dans les saisons pluvieuses, parce qu'alors elles ont plus de points favorables pour leur multiplication et leur développement.

De* Be«niMlée0.

Les Desmidiées se distinguent des Diatomées par leor enveloppe qui est membraneuse, molle, flexible, se déformant par la dessiccation, se détruisant par la combustion, et surtout par leur endochrome (chlorophylle) de coulear verte, lamellaire et rayonnant. Au milieu de cette matière intérieure on aperçoit des granules plus gros, dont la nature paraît être amylacée.

Leur place parmi les Algues doit être très-rapprochée des Conjuguées ou Zygnémées. Comme celles-ci, elles se multiplient par des sporanges possédant les mêmes développements.

Les Desmidiées spnt unicellulaires, quoique leur forme la plus générale présente deux lobes (hémisomates) identiques, séparés souvent par un étranglement marqué d'une suture qui n'est point l'indication d'une cloison, comme on pourrait le penser.

Outre leur mode de propagation par sporanges provenant de la copulation ou du rapprochement de deui corpuscules, les Desmidiées, flssipares comme les Diatomées, ont une duplication différente. La scission est toujours transversale, et non longitudinale. Les deux hémisomates s'écartant l'un de l'aulre, un mamelon apparaît au point

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de rupture sur chacun des lobes, ii ne larde pas à s'élargir et h montrer dans ses contours des proportions et des détails semblables à rhémisomate sur lequel il s'est développé.

Le njouvement de locomotion propre aux Desmidiées n'est pas apparent sur le porte-objet du microscope. Néanmoins on ne peut douter de son existence, car, comme la plupart des végétaux, ces algues se dirigent vers la lumière. On voit leurs corpuscules, dans les vases qui les renrermcnl, former des couches ou des groupes de couleur verte sur les objets inondés dans les points les plus exposés au grand jour.

On a remarqué dans l'intérieur de quelques espèces un mouvement venant encore à l'appui de l'opinion qui porte à les considérer comme des végétaux. Au dedans de leur enveloppe, on aperçoit une couche granuleuse d'endo* chrome qui glisse jusqu'à l'extrcmilé du corpuscule rt remonte de l'aulre côlé. Un mouvement semblable est connu depuis longtemps dans les articles de la tige et des rameaux des Chara et Niiella.

Les formes des Desmidiées sont remarquables par leur élégance, leur symétrie et leur variété. Ui\ petit nombre d'espèces sont disposées en filaments cylindriques {Uyalotheca^ l)idymoprium)y ou comprimés {Sphierozosma] ou même polyédriques {Desmidium). Le plus ordinairement les corpuscules sont libres, soit en disques rayonnants {Micrasterias)j soit allongés, plus ou moins lobés, incisés {Euastrum), tantôt arrondis, ornés de j^rannles {Cosmarium)y tantôt chargés d'appendices saillants, souvent épineux ( Xantliidium , Àrthrodesmus , SUiurastrum ). Quelquefois leur forme est cylindrique, atténuée au sommet {Teimemanis^ Penium^ Spirotœtun) ou courbée en croissant (JOlosterium).

Leur enveloppe est lisse, granuleuse ou striée. Elle parait fréquemment entourée d'un enduit muqneux qui fait adhérer en masses certaines espèces lorsqu'elles se Irouvent rapprochées. Un seul genre (Cosmocladium) a des corpuscules soutenus par une tige ou une sorte de pédicelle rameux.

Les Desmidiccs habitent les eaux douces et pures ; principalement les (laques des marais tourbeux où croissent abondamment les Sphagnum^ mousses spongieuses et blanchâtres. Elles préfèrent les eaux tranquilles, les cavités herbeuses récemment inondées. Elles ne se rencontrent pas dans la mer. J'ai vu pourtant dans des fossés des prairies de notre littoral des Closterivm vivre dans de l'eau souvent saumâtre.

Elles semblent être plus nombreuses à la fin de Taulomne. Je ne crois pas que Ton ait reconnu deDcsmidiée^^ véritablement fossiles.

En traçant une histoire rapide des Diatomées, je n'aurais point négligé de parler d'une condition très-importante de leur existence, si elle n'avait été la même pour les Desmidiées, ce qui m'a fait en reporter ici l'indication. Les espèces de ces deux familles sont réparties assez uniformément sur toute la terre et ne paraissent pas subir d'influencos climatériques. Ainsi, on a recueilli sur beaucoup de points de l'Amérique, en Afrique, dans 1 Inde, à la Nouvelle-Zélande, des Diatomées et des Desmidiées trèsrépandues dans nos contrées. J'ai oublié pins haut de faire remarquer que presque toutes les Diatomées fossiles se retrouvent encore vivantes dans nos eaux. Cette observation prouve que cette répartition uniforme que je viens de signaler doit avoir existé dès les temps les plus anciens.

Lorsqu>n 1S39, à la demande de M. Charles Chevalier, jo rédigeai une notice sur la r^rolle d^s Diatomées et des

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