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L'étui de nacre; 106th ed

L. JSlius Lamia, né en Italie de parente illustres, n'avait pas encore quitté la robe prétexte, quand il alla étudier la philosophie aux écoles d'Athènes. Il demeura ensuite à Rome et mena dans sa maison des Esquilies, parmi de jeunes débauchés, une vie voluptueuse. Mais accusé d'entretenir des relations criminelles avec Lepida, femme de Sulpicius Quirinus, personnage consulaire, et reconnu coupable, il fut exilé par Tibère César. Il entrait alors dans sa vingt-quatrième année. Pendant dix-huit ans que dura son exil, j? parsourut la Syrie, la Palestine, ia Cappadoce, l'Armé-

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nie, et fit de longs séjours à Antiocbe, à Césarée, à Jérusalem. Quand, après la mort de Tibère, Caïus fut élevé à l'empire, Lamia ob tint de rentrer dans la Ville. Il recouvra même une partie de ses biens. Ses misères l'avaient rendu sage.

îl évita tout commerce avec les femmes de condition libre, ne brigua point les emplois publics, se tint éloigné des honneurs et vécut caché dans sa maison des Esquilies. Mettant par écrit ce qu'il avait vu de remarquable en ses lointains voyages, il faisait, disait-il, de ses peines passées le divertissement des heures présentes. C'est au milieu de ces paisibles travaux et dans la méditation assidue des livres d'Épicure, qu'avec un peu de surprise et quelque chagrin il vit venir la vieillesse. En sa soixante-deuxième année, tourmenté d'un rhume assez incommode, il alla prendre les eaux de Baies. Ce rivage, jadis cher aux alcyons, était alors fréquenté par les Romains riches et avides de plaisirs. Depuis une semaine, Lamia vivait seul et sans ami dans leur foule brillante, quand, un jour, après dî~ 1er, se sentant dispos, il lui prit fantaisie de

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gravir les collines qui, couvertes de pampres comme des bacchantes, regardent les fîots.

Ayant atteint le sommet, il s'assit au bord d'un sentier, sous un térébinthe, et laissa errer sa vue sur le beau paysage. A sa gauche s'étendaient livides et nus les champs Phlégréens jusqu'aux ruines de Cumes. A sa droite le cap Misène enfonçait son éperon aigu dan; la mer Tyrrhénienne. Sous ses pieds, vers l'oc= cident, la riche Baies, suivant la courbe gracieuse du rivage, étalait ses jardins, ses villas peuplées de statues, ses portiques, ses terrasses de marbre, au bord de la mer bleue où se jouaient les dauphins. Devant lui, de l'autre côté du golfe, sur la côte de Gampanie, dorée par le soleil déjà bas, brillaient les temples, que couronnaient au loin les lauriers du Pausi lippe, et dans les profondeurs de l'horizon riait le Vésuve.

Lamia tira d'un pli de sa toge un rouleau UDntenant le Traité sur la nature, s'étendit è terre et commença de lire. Mais les cris d'un esclave l'avertirent de se lever pour laisser Dassage à une litière qui montait l'étroit senier des vignes. Comme la litière s'approchai'

tost ouverte, Lamia vit, étendu sur les coussins, un vieillard d'une vaste corpulence qui, le front dans la main, regardait d'un œil sombre et fier. Son nez aquilin descendait sur ses lèvres, que pressaient un menton proémi nent et des mâchoires puissantes.

Tout d'abord, Lamia fut certain de connaître ce visage. Il hésita un moment aie nommer. Puis soudain, s'élançant vers la litière dans un mouvement de surprise et de joie :

— Pontius Pilatus ! s'écria-t-il, grâces aux dieux, il m'est donné de te revoir !

Le vieillard, faisant signe aux esclaves d'arrêter, fixa sa regard attentif sur l'homme qui le saluait.

— Pontius, mon cher hôte, reprit celui-ci, vingt années ont assez blanchi mes cheveux et creusé mes joues pour que tu ne reconnaisses plus ton /Elius Lamia.

A ce nom, Pontius Pilatus descendit de litière aussi vivement que le permettaient la fatigu* de son âge et la gravité de son allure. Et il embrassa deux fois Mïius Lamia.

—- Certes, il m'est doux de te revoir, di-t-ii. Hâlas ! tu me rappelles les jours anciens, alors

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que j'étais procurateur de Judée, dans la province de Syrie. Voilà trente ans que je te vis pour la première fois. C'était à Césarée, où tu venais traîner les ennuis de l'exil. Je fus assez heureux pour les adoucir un peu, et, par amitié, Lamia, tu me suivis dans cette triste Jérusalem, où les Juifs m'abreuvèrent d'amertume et de dégoût. Tu demeuras pendant plus de dix ans mon hôte et mon compagnon, et tous deux, parlant de la Ville, nous nous consolions ensemble, toi de tes infortunes, moi de mes grandeurs.

Lamia l'embrassa de nouveau.

— Tu ne dis pas tout, Pontius : tu ne rappelles point que tu usas en ma faveur de ton crédit auprès d'Hérode Àntipas et que tu m'ouvris ta bourse avec libéralité.

N'en parlons point, répondit Pontius,

puisque, dès ton retour à Rome, tu m'envoyas par un de tes affranchis une somme d'argent qui me payait avec ueure.

— Pcntius, je ne me crois pas quitte envers toi par une somme d'argent. Mais répondsmoi : les dieux ont-ils comblé tes désirs? Jouistu de tout le bonheur que tu mérites? Parle-

moi de la famille, de ta fortune, de ta santé.

— Retiré en Sicile, où je possède des terres, je cultive et je vends mon blé. Ma fille aînée, ma très chère Pontia, devenue veuve, vit chez moi et gouverne ma maison. J'ai gardé, grâces aux dieux, la vigueur de l'esprit ; ma mémoire n'est point affaiblie. Mais la vieillesse ne vient pas sans un long cortège de douleurs et d'infirmités. Je suis cruellement travaillé de la

, goutte. Et tu me vois à cette heure allant chercher par les champs Phlégréens un remède à mes maux. Cette terre brûlante, d'où, la nuit, s'échappent des flammes, exhale d'acres vapeurs de soufre qui, dit-on, calment les douleurs et rendent la souplesse aux jointures des membres. Du moins les médecins l'assurent.

— Puisses-tu, Pontius, l'éprouver toi-même! Mais, en dépit de la goutte et de ses brûlantes morsures, tu semblés à peine aussi âgé que moi, bien qu'en réalité tu sois mon aîné de dix ans. Certes, tu as conservé plus de vigueur que je n'en eus jamais, et je me réjouis de te retrouver si robuste. Pourquoi, très cher, as-tu renoncé avant l'âge aux charges publiques?

Pourquoi, au sortir de ton gouvernement de Judée, as-tu vécu sur tes domaines de Sicile dans un exil volontaire? Instruis-moi de tes actions à partir du moment où j'ai cessé d'en être le témoin. Tu te préparais à réprimer une révolte des Samaritains lorsque je partis pour la Cappadoce, où j'espérais tirer quelque profit de l'élève des chevaux et des mulets. Je ne t'ai pas revu depuis lors. Quel fut le succès de cette expédition? Instruis-moi, parle Tout ce qui te touche m'intéresse.

Pontius Pilatus secoua tristement la tête.

— Une naturelle sollicitude, dit-il, et le sentiment du devoir m'ont porté à remplir les fonctions publiques non seulement avec diligence, mais encore avec amour. Mais la haine m'a poursuivi sans trêve. L'intrigue et la calomnie ont brisé ma vie en pleine sève et séché les fruits qu'elle devait mûrir. Tu m'interroges sur la révolte des Samaritains. Asseyons-nous sur ce tertre. Je vais te répondre en peu de mots. Ces événements me sont aussi présents que s'ils s'étaient accomplis hier.

» Un homme de la plèbe, puissant par la parole, ro*nme il s'en trouve beaucoup en Syrie?

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persuada aux Samaritains de s'assembler en armes sur îe mont Gazim, qui passe en ce pays pour un lieu saint, et il promit de découvrir à leurs yeux les vases sacrés qu'un héros éponyme, ou plutôt un dieu indigète, nommé Moïse, y avait cachas, aux temps antiques d'Évandre et d'Énée, notre père. Sur cette assurance, les Samaritains se révoltèrent. Mais, averti à temps pour les prévenir, je fis occuper la montagne par des détachements d'infanterie et plaçai des cavaliers pour en surveiller les abords.

» Ces mesures de prudence étaient urgentes, Déjà les rebelles assiégeaient le bourg de Tyrathaba, situé au pied du Gazim. Je les dispersai aisément et j'étouffai la révolte à peine formée. Puis, pour faire un grand exemple avec peu de victimes, je livrai au supplice les ehefs de la sédition. Mais tu sais, Lamia, dan? quelle étroite dépendance me tenait le proconsul Vitellius qui, gouvernant la Syrie, non ?K)ur Rome mais contre Rome, estimait que les provinces de l'Empire se donnent comme des fermes aux tétrarques. Le3 principaux d'entre les Samaritains vinrent à ses

pleurer en haine de moi. A les entendre, rien n'était plu6 éloigné de leur pensée que de désobéir à César. J'étais un provocateur, et c'est pour résister à mes violences qu'ils s'étaient assemblées autour de Tyrathaba. Vitellius entendit leurs plaintes et, confiant les affaires de Judée à son ami Marcellus, il m'ordonna d'aller me justifier devant l'empereur. Le cœur gros de douleur et de ressentiment, je pris la mer. Quand j'abordai les côtes d'Italie, Tibère, usé par l'âge et l'empire, mourait subitement sur le cap Misène dont on voit d'ici la corne s'allonger dans la brume du soir. Je demandai justice à Gaïus, son successeur, qui avait l'esprit naturellement vif et connaissait les affaires de Syrie. Mais admire avec moi, Lamia, l'injure de la fortune obstinée à ma perte. Caïus retenait alors près de lui, dans ia Ville, le juif Agrippa, son compagnon, son ami d'enfance, qu'il chérissait plus que ses yeux. Or, Agrippa favorisait Vitellius parce que Vitellius était l'ennemi d'Antipas qu'Agrippa poursuivait de sa haine. L'empereur suivit le sentiment de son cher asiatique et refusa même de m'entendre. Il me fallut rester sous le coup

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d'une disgrâce imméritée. Dévorant mes larmes, nourri de fiel, je me retirai dans mes terres de Sicile, où je serais mort de douleur si ma douce Pontia n'était venue consoler son père. J'ai cultivé le blé et fait croître les plus gras épis de toute la province. Aujourd'hui ma vie est faite. L'avenir jugera entre Vitellius et moi.

— Pontius, répondit Lamia, je suis persuadé que tu as agi envers les Samaritains selon !a droiture de ton esprit et dans le seul intérêt de Rome. Mais n'as-tu pas trop obéi dans cette occasion à ce courage impétueux qui t'entraînait toujours ? Tu sais qu'en Judée, alors que, plus jeune que toi, je devais être plus ardent, il m'arriva souvent de te conseiller la clémence et la douceur.

— La douceur envers les Juifs ! s'écria Pontius Pilatus. Bien qu'ayant vécu chez eux, tu connais mal ces ennemis du genre humain. Tout ensemble fiers et vils, unissant une lâcheté ignominieuse à une obstination invincible, ils lassent également l'amour et la haine. Mon esprit s'est formé, Lamia, sur les maximes du divin Auguste. Déjà, quand j«

fus nommé procurateur de Judée, la majesté de la paix romaine enveloppait la terre. On ne voyait p\us, cérame au temps de nos discordes civiles, les proconsuls s'enrichir du sac des provinces. Je savais mon devoir. J'étais attentif à n'user que de sagesse et de modération. Les dieux m'en sont témoins : je ne me , suis opiniâtre que dans la douceur. De quoi m'ont servi ces pensées bienveillantes? Tu m'as vu, Lamia, quand, au début de mon gouvernement, éclata la première révolte. Est-il besoin de t'en rappeler les circonstances ? La garnison de Césarée était allée prendre ses quartiers d'hiver à Jérusalem. Les légionnaires portaient sur leurs enseignes les images de César. Cette vue offensa les Hiérosolymites qui ne reconnaissaient point la divinité de l'empereur, comme si, puisqu'il faut obéir, il n'était pas plus honorable d'obéir à un dieu qu'à un homme. Les prêtres de la nation vinrent, devant mon tribunal, me prier avec une humilité hautaine de faire porter les enseignes hors de la ville sainte. Je m'y refusai par respect pour la divinité de César et la majesté de l'Empire, Alors la nlèbe. se joi-

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gnant aux sacerdotes, fit entendre autour du prétoire des supplications menaçantes. J'ordonnai aux soldats de former les piques en faisceaux devant la tour Antonia et d'aller, armés de baguettes, comme des licteurs, disperser cette foule insolente. Mais, insensibles aux coups, les Juifs m'adjuraient encore, et les plus obstinés, se couchant à terre, tendaient la gorge et se laissaient mourir sous les verges Tu fus alors témoin de mon humiliation, Lamia. Sur l'ordre de Vitellius, je dus renvoyer les enseignes à Césarée. Certes, cette honte ne m'était pas due. A la face des dieux immortels, je jure que je n'ai pas offensé une seule fois, dans mon gouvernement, la justice et les lois. Mais je suis vieux. Mes ennemis et mes délateurs sont morts. Je mourrai non vengé. Qui défendra ma mémoire?

Il gémit et se tut. Lamia répondit :

— Il est sage de ne mettre ni crainte, ni espérance dans l'avenir incertain. Qu'importe ce que les hommes penseront de nous? Nous n'avons de témoins et de juges que nousmêmes. Assure-toi, Pontius Pilatus, daas le témoignage que tu te rends de ta vertu, (km-

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ten*e-toi de ta propre estime et de celle de tes amis. Au reste, on ne gouverne pas les peuples par la seule douceur. Cette charité du genre humain q*e conseille la philosophie a peu de part aux actions des hommes publics.

— Laissons cela, dit Pontius. Les vapeurs de soufre qui s'exhalent des champs Phlégréens on* plus de force quand elles sortent de la terre encore échauffée par les rayons du soleil. Il faut que je me Mte. Adieu. Mais, puisque je retrouve un ami, je veux profiter de cette bonne fortune. iElius Lamia, aecorderaoi la faveur de venir souper demain chez moi. Ma maison est située sur le rivage de mer, à l'extrémité de la ville, du côté de Misène. Tu la reconnaîtras facilement au por- * tique où l'on voit une peinture représentant Orphée parmi les tigres et les lions qu'il charme des sons de sa lyre.

» A demain, Lamia, dit-il encore en remontant dans sa litière. Demain nous causerons de ia Judée.

Le lendemain Lamia se rendit, à l'heure du souper, dans la maison de Pontius Pilatus.

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Deux lits seulement attendaient les convives. Servie sans faste, mais honorablement, la table supportait des plats d'argent dans lesquels étaient préparés des becfigues au miel, des grives, des huîtres du Luerin et des lamproies de Sicile. Pontius et Lamia, tout en mangeant, s'interrogèrent l'un l'autre sur leurs maladies dont ils décrivirent longuement les symptômes, et ils se firent part mutuellement de divers remèdes qu'on leur avait recommandés. Puis, se félicitant d'être réunis à Baies, ils vantèrent à l'envi la beauté de ce rivage et la douceur du jour qu'on y respirait. Lamia célébra la grâce des courtisanes qui passaient sur la plage, chargées d'or et traînant des voiles brodés chez les barbares. Mais le vieux procurateur déplorait une ostentation qui, pour de vaines pierres et des toiles d'araignées tissues de main d'homme, faisaient passer l'argent romain chez des peuples étrangers et même chez des ennemis de l'Empire. lis vinrent ensuite à parler des grands travaux accomplis dans la contrée, de ce pont prodigieux établi par Caïus entre Putéoles et Baies et de ces canaux creusés par Auguste pour ver-

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ser les eaux de la mer dans les lacs Averne et Lucnv..

— Moi aussi, dit Pontius en soupirant, j'ai voulu entreprendre de grands travaux d'utilité publique. Quand je reçus, pour mon malheur, le gouvernement de la Judée, je traçai le plan d'un aqueduc de deux cents stades qui devait porter à Jérusalem des eaux abondantes et pures. Hauteur des niveaux, capacité des modules, obliquité des calices d'sirain auquels s'adaptent les tuyaux de distribution, j'avais tout étudié, et, sur l'avis des machinistes, tout résolu moi-même. Je préparais un règlement pour la police des eaux, afin qu'aucun particulier ne pût faire des prises illicites. Les architectes et les ouvriers étaient commandés. J'ordonnai qu'on commençât les travaux. Mais, loin de voir s'élever avec satisfaction cette voie qui, sur des arches puissantes, devait porter ta santé avec l'eau dans leur ville, les Hiérosolymites poussèrent des hurlements lamentables. Assemblés en tumulte, criant au sacrilège et à l'impiété, ils se ruaient sur les ouvriers et dispersaient les pierres des fondations. Conçois-tu, Lamia, des barbares plus

immondes? Pourtant Yitellius leur donna raison et je reçus l'ordre d'interrompre l'ouvrage.

— C'est une grande question, dit Lamia, de savoir si l'on doit faire le bonheur des hommes malgré eux.

Pontius Piîatus poursuivit sans l'entendre :

— Refuser un aqueduc, quelle folie î Mais tout ce qui vient des Romains est odieux aux Juifs. Nous sommes pour eux des êtres impurs et notre seule présence leur er* une pre (anatk/n. Tu sais qu'ils n'osaient entrer dans le prétoire de peur de se souiller et qu'il me fallait exercer la magistrature publique dans an tribunal en plein air, sur ce pavé de marbre où tu posas si souvent le pied.

» Ils nous craignent et nous méprisent. Pourtant Rome n'est-elle pas la mère et la tutrice des peuples qui tous, comme des enfants, reposent et sourient sur son sein vénérable? Nos aigles ont porté jusqu'aux bornes de l'univers ïa paix et la liberté. Ne voyant que des amis dan- les vaincus, nous laissons, nous assurons aux peuples conquis leurs coutumes et leurs lois. N'est-ce point seulement depuis que Pompée l'a soumise que la Syrie, autrefois

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