SCOLASTICA
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SGOLASTICA
En ee temps-là, qui était le r?* siècle de l'ère chrétienne, le jeune Injuriosus, fiU unique d'un séntteur d'Auvergne (on appelait ainsi ies officiers municipaux), demanda en mariage une jeune fille *?u nom de Scclastica, unique enfant comme toi d'un sénateur. Elle lui fut accordée. Et la cérémonie dr< mariage ayant été célébrée, ii Femment. dans sa maison et Isi fit partager sa couche. Biais elle, triste et tournée contre le mur, pleurait amèrement.
— De quoi le tourmentes-tu, dit-moi, je te prie?
Et, comme elle se taisait, il ajouta :
— Je te supplie, par Jésus-Christ, fils de Dieu, de m'exposer clairement le sujet de tes plaintes.
Alors eâe se retourna vers lui :
-~ Quand je pleurerais tous les purs de ma vie, dit-elle, je n'aurais pas assez de larmes pour répandre la douleur immense qui remplit mon cœur. J'avais résolu de. garder toute pure cette faible chair et d'offrir ma virginité à Jésus-Christ. Malheur à moi, qu'il a tellement abandonnée que je ne puis accomplir ce que je désirais ! 0 jour que je n'aurais jamais dû voir ! Voici que, divorcée d'avec l'époux céleste qui me promettait le paradis pour dot, je suis devenue l'épouse d'un homme mortei, et que cette tête qui devait être couronnée de roses immortelles est ornée ou plutôt flétrie de ces roses déjà effeuillées ; hélas ! ce corps qui, sur le quadruple fleuve de l'agneau, devait revêtir l'étole de pureté, porte comme un vil fardeau le voile nuptial. Pourquoi le premier jour de ma vie n'en fut-il pas le dernier ? Oh I heureuse si j'avais pu franchir la porte de la mort avant de boire une goutte de lait î et si les baisers de