‹ L'étui de nacreChapitre 11 sur 15 · LA MORT ACCORDÉS · texte numérisé non relu

LA MORT ACCORDÉS

vraient la tablette de la cheminée. Des flacons de liqueurs étaient posés sur un bureau encombré de dossiers.

Par la porte entr'ouverte de la chambre voisine, on apercevait un grand lit défait.

— Citoyen Lardillon, dit André, je viens te demander un service.

— Citoyen, je suis prêt à te le rendre, s'il n'en coûte rien à la sûreté de la République.

André lui répondit en souriant :

— Le service que je te demande s'accordera parfaitement avec la sécurité de la République et la tienne.

Sur un signe de Lardillon, André s'assit.

— Citoyen substitut, dit-il, tu sais que depuis deux ans je conspire contre tes amis et que je suis l'auteur de l'écrit intitulé : les Autels de la Peur. Tu ne me feras pas de faveur en m'arrêtant Tu ne feras que ton devoir. Aussi, n'est-ce pas là le service que je te demande. Mais écoute-moi : j'aime, et ma maîtresse eot en prison.

Lardillon inclina la tête pour marquer qu'il approuvait ce sentiment.

^2 L'ÉTUI DE NACBE

— Je sais que tu n'es pas insensible, citoyen Lardillon; je te prie de me réunir à celle que j'aime et de m'envoyer immédiatement à Port-Libre.

— Eh! eh! dit Lardillon avec un sourire sur ses lèvres à la fois fines et fortes, c'est plus que la vie, c'est le bonheur que tu me demandes, citoyen.

Il allongea le bras du côté de la chambre à coucher et cria :

— Épicharis! Épicharis!

Une grande femme brune apparut, les bras et la gorge nus, en chemise et en jupon, une cocarde dans les cheveux.

— Ma nymphe, lui dit Lardillon en l'attirant sur ses genoux, contemple le visage de ce citoyen et ne l'oublie jamais ! Gomme nous, Épicharis, il est sensible; comme nous, il sait que la séparation est le plus grand des maux. Il veut aller en prison et à la guillotine avec la maîtresse. Épicharis, peut-on lui refuser ce bienfait ?

— Non, répondit la fille en tapotant les loues du moine en carmagnole.

— Tu l'as dit, ma déesse, nous servirons deux

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