CHAPITRE IV
Comment monsieur saint Bertauld et mesdames sainte Liberett sainte Oiiverie e& tiarent à leur fin bienheureuse.
Liberette, s'étant rendue seule auprès do bienheureux Bertauld, le trouva mort, dans l'attitude de la contemplation. Son corps, exténué par le jeûne, répandait une odeur délicieuse. Elle l'ensevelit de ses mains. A compter de ce jour, la vierge Liberette, renonçant au monde, mena la vie érémétlque au delà du torrent, dans une cabane, au bord d'une source qui a été dite depuis la fontaine Sainte-Liberette ou Libérie, et dont les eaux miraculeuses guérissent la fièvre, ainsi que diverses maladies des bestiaux.
Les deux sœurs ne se revirent plus jamais en
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c* monde. Or, par l'intercession du bienheureux Bertauld, Dieu envoya du pays des Lombards dans les Ardennes le diacre Vulfaï ou Valfroy, qui renversa l'idole de Diane et convertit à la foi chrétienne les habitants du pays Porcin. Cest pourquoi Oliverie et Liberette furent comblées de joie.
A peu de temps de là, le Seigneur rappela à lui sa servante Liberette, et il envoya la licorne pour creuser une fosse et ensevelir le corps de la sainte. Oliverie connut, par révélation, la mort bienheureuse de sa sœur Liberette, et une voix lui dit :
— Parce que tu as demandé un signe afin de croire et pris un bâton pour appui, l'heure de ta mort bienheureuse sera retardée et le jour de ta glorification reculé.
Et Oliverette répondit à la voix :
— Que la volonté du Seigneur soit faite sur la terre comme aux cieux!
Elle vécut dix ans encore dans l'attente de la félicité éternelle, qui commença pour elle le 9 d'octobre de l'an de N. S. 364.