‹ L'EucharistieChapitre 17 sur 31 · PRÉFACE. XXV · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XXV

des chrétiens par l'ûvangilc, des savants par les problèmes que nous agitons, des animaux par les appétits de la chair. Et si le Christ, l'Institut et la passion sont unis dans l'homme, l'homme ne peut pas se séparer du Christ et s'abandonner aux convoitises de son corps, la portion la plus basse de luimême, sans une prévarication honteuse. Qu'est-ce que l'homme , fut-il un génie, quand son cœur n'est plus soutenu par la parole et la vie de Dieu? Et des hommes insouciauts de cette logique et de l'harmonie de cette triple vie, impatients de tout joug, se forgent un symbole pour se donner le droit de se fabriquer une morale commode. Ce qu'ils redoutent, ce ne sont pas les mystères en eux-mêmes, un Dieu triue et un, un Dieu qui se fait homme, un Dieu dont la vie s'épanche par des sacrements; et que craignent-ils? une seule chose, la vertu. Ils ont du talent, de la science, un nom dans le bulletin de la bibliographie, de la gloire, de la valeur, et ces hommes qui méditent du matin au soir, remuent des questions et blanchissent sous le harnais de la pensée, s'en vont au feu, braves sur mille champs de bataille, ils tremblent comme des peureux devant un acte de veriu. Alors ils abdiquent l'Évangile et abritent la prétendue indépendance de leur vie morale derrière un rationahsme honteux.

Faiblesse de l'esprit, les rationalistes s'égarent dans l'orgueil et les divagations de leur pensée, montant quelquefois vers l'inflai, mais se gardant bien de le voir de trop près, à travers les ombres mystérieuses d'une foi droite et émue, de l'étreindre de toute la force de leur âme et de se passionner pour lui. Ils se cachent comme dans une forêt et regardent, de loin et sous le froid humide des arbres, le soleil qui éclaire et échauffe les plantes de la vallée.

Faiblesse du cœur, les rationalistes n'ont point l'énergie

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