XXIV PRÉFACE
de la religion catholique une heure par semaine, une lecture par mois, par an? Est-ce qu'ils suivent les pas du Christ et de l'Église catholique, discutent les faits historiques, chercheurs droits et implacables de la vérité? Ils ont lu du grec et du latin, quelques romans, peut-être un peu de philosophie, et satisfaits de ce léger bagage, la religion ne leur apparaît que comme le rêve inoffensif de l'enfance, une faiblesse de la femme ou une hypocrisie de l'homme. Ils ne savent rien, ou presque rien de Dieu, de sa vie intime, de la grâce; rien des mystères de l'incarnation du verbe de Dieu, et de notre rédemption; rien de l'ÉgUse catholique, du fait de son existence, de son établissement, de sa vie et de son expansion, et pourtant ils sabrent toutes les questions, méprisent la tradition et les siècles, citent à leur tribunal les vertus et les mystères du catholicisme, insultent et conspuent nos génies, nos saints et nos docteurs. C'est le propre de l'ignorance et de la fatuité de mépriser et de haïr toute supériorité. Ce mépris et cette haine ravagent notre pays. L'homme insulte son frère, jette les trônes dans la boue de l'émeute, conspire contre le capital, rêve un affranchissement insensé et s'insurge contre Dieu, le Christ et son Église.
La troisième cause du rationalisme est la dépravation du cœur. Nous savons que la liberté et la passion se disputent l'empire du monde. L'une, issue de l'esprit, et l'autre, la fille de la chair, combattent à outrance. La première lutte pour le Christ Jésus, la vérité, la patrie et la vertu; la seconde, quand elle est victorieuse, fait de l'homme un être abject. Et cet égoïsme de la chair, devenu le maître de l'homme, le mène en despote et fait naître en lui la honte de croire.
En définitive, toute doctrine engendre une morale et s'impose à l'homme dans la pratique delà vie. Que sommes-nous?