JÉSUS SE FAIT PROPITIATION
tel.
qui ne trouvent là, s'ils le veulent, toutes les grâces du repentir et de la pénitence.
Mais il y a bien plus. On concevrait que ce Propitiation
., ■ r- ■ i > .• j .• r ~4- infinie du Sa-
tresor mlini de réparations, de satisfactions, eut crifice de raupu être appliqué, dans le cours des siècles, seulement par la prière de l'Église et la componction des âmes qui s'uniront au Cœur de Jésus immolé au Calvaire.
Mais Jésus veut dans son amour, qui dépasse toutes nos attentes, que sa propitiation s'exerce chaque jour par une immolation véritable.
Pourquoi, me direz-vous? Est-ce que le sacrifice de la Croix n'est pas d'une infinie valeur? Précisément, c'est à cause de son infinie richesse qu'il se multiplie. Au lieu que des victimes toujours nouvelles devaient être immolées parce que ces victimes étaient pauvres et insuffisantes; l'immolation de la Cène et de la Croix va se renouveler sans cesse en vertu même de sa richesse.
Sans doute l'effusion du Sang de Jésus sur la Croix a mis le comble à ses mérites et à sa satisfaction infinis; mais il n'a pas mis le comble à son amour.
L'amour veut que le sacrifice de la Croix soit appliqué par un sacrifice d'égale valeur, de valeur infinie. Comment se traduit cette Propitiation qui s'élève de chaque messe, puisque Jésus, par cette immolation nouvelle, n'a plus à gagner aucun mérite, ni la moindre satisfaction?
La propitia-
lion infinie fl<
D'abord par d'immenses grâces actuelles de nmmoi'utîon. repentir. Des théologiens ont soutenu que la qu'est la sainte sainte Messe rend ou augmente directement la
Messe se tra- °
(tuit par d'im- grâce sanctifiante. Cette doctrine n est pas
"actuelles de suivie. Mais une doctrine certaine et qui pourrait,
repentn. si g- ejjc ^ajt moms oubliée et plus méditée, changer
nous étions r o
plus attentifs à notre vie : c'est que pendant le saint Sacrifice, et après, en vertu de son influence toute puissante, une multitude de grâces actuelles de repentir et d'expiation nous sont offertes. Si nous saisissions moins mal la sainte Messe, si nous l'étudiions mieux, elle serait, pour l'heure qu'elle dure et pour les heures qui la suivent, le temps salutaire où nous cultiverions avec beaucoup de soin les actes de componction.
Péchés mortels Sous ces grâces actuelles, nous ferions des
seraient remis. , . , . . T7,
actes bien puissants de contrition. Jb/t par ces grâces et ces actes vous nous purifieriez davantage, ô Jésus, de nos péchés inconscients. Ab
* Psaim. 18, occidtis meis mundci me *. Et souvent, des péchés mortels, conscients, qui empêchent d'aller à la Communion, mais n'empêchent pas d'assister à la sainte Messe, pourraient être pardonnes, si les fidèles étaient, par l'enseignement, plus encouragés à pratiquer pendant le saint Sacrifice, et ensuite, la contrition parfaite (1).
Les âmes pieu- Les âmes pieuses feraient de plus grands pro-
(1) On n'est obligé à confesser ces péchés mortels, sauf pour la Communion, qu'une fois l'an ou en cas de danger de mort. Cf. vg. Jésus Intime. 12me éd., t. HT. pp. 62 et s.
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grès clans l'amour, car. ce qui les retarde le plus. c'est le défaut de componction, de douleur, de regret, d'humilité à l'égard de tant de fautes vénielles dont on prend trop facilement son parti, au lieu de s'en purifier avec soin par la contrition.
Résolution bien simple, pensera-t-on. Oui, et souvent les résolutions très simples sont les meilleures. On songera aux actes d'adoration, d'amour, moins souvent à des actes de contrition. actes seraient cependant très agréables à Xotre-Seigneur, très purifiants et très féconds. Et nos actes d'amour prendraient davantage ce caractère d'humble componction qui convient si bien devant l'Amour trois fois saint.
Une résolution très simple encore, c'est de se préoccuper de liquider les peines temporelles que laissent bien souvent après eux les péchés mortels pardonnes, de nous purifier de nos fautes vénielles, d'expier les peines temporelles qu'elles entraînent.
Je ne songe pas, me rediront peut-être quelques âmes, aux mérites et aux peines, je songe à aimer. Vous ne sauriez, en effet, songer assez à aimer. Mais croyez-moi, votre amour sera plus humble et de meilleur aloi, plus digne de Jésus. l'Epoux trois fois saint, si vous êtes préoccupée de vous purifier pour lui. Il y a tout au moins bien des petites fautes qui. vénielles en elles-mêmes, doivent être, selon le mot d'une reine très vertueuse, mortelles pour votre cœur ».
ses deviendraient plus pures.
Elles multiplieraient les
actes de purification.
La propitiation infinie du Sacrifice de la messe se traduit par
la rémission directe ou indirecte des peines temporelles dues au pèche.
L EUCHARISTIE IXTIMK
De ces fautes vénielles, des peines temporelles
qui leur sont dues, et des peines temporelles
dues au péché mortel, l'âme aimante doit être
extrêmement désireuse d'être délivrée. Si le
Sacrement de Pénitence est un bain très efficace
qui nous purifie du péché et de ses suites, la
sainte Messe, bien qu'elle agisse autrement, est
également très puissante si nous voulons.
Rémission di- D'abord il est certain qu'elle agit directement
neftempon'i- pour effacer les peines. L'assistance fervente à
les, — a plus une seule messe peut nous valoir une large
forte raison, s> .
nous pariki- remise de ces peines. On ne conçoit que cette tage à cette remise directe des peines pour les âmes du Purmesse en la rai- aqtoire sant célébrer ;i &
notre inten- Des théologiens ont cru qu'elle agit aussi directement pour purifier de ses péchés v l'âme qui en est détachée. On devrait, pensent-ils, estimer beaucoup ce rôle de la sainte Messe, s'y prêter et y collaborer par le détachement de ces fautes (1).
(. 'est aussi, d'après eux, par cette influence directe que la sainte Messe remet aux âmes du Purgatoire, désormais parfaitement détachées de tout mal, les fautes vénielles qu'elles ont emportées par myriades dans l'autre monde,
[(1) Par exemple, les théologiens marquants parmi les thomistes : Hurtado, Melchior Cano, ValenHa. Ces théologiens et d'autres, admettant que les Sacramentaux effacent
les péchés véniels par eux-mêmes et immédiatement dans lame qui en est surnaturellement détachée, admettent à plus forte raison une pareille eflieaeité pour le saint Saerilice. Cf. contra Satinant., t. XVIII. p. s-jo. et t. X. p. 583.]