JÉSUS SE FAIT PROPITIATIOX
et à l'égard desquelles elles ont trop souvent vécu indifférentes et sans le moindre souci de s'amender.
La sainte Messe peut remettre les peines temporelles d'une manière indirecte : par les grâces actuelles qu'elle nous donne si abondamment, et par les actes saints que ces grâces actuelles, pour peu que nous soyons fervents, nous aident à accomplir pendant le saint Sacrifice et ensuite. Sous cette pluie de grâces actuelles que l'immolation présente de Jésus fait tomber du ciel, soyez attentive en particulier, âme fervente, aux grâces d'amour, de religion, etc. Mais ne négligez pas les grâces de purification. Toutes, et très particulièrement les grâces de componction vont à effacer les péchés véniels et les peines temporelles. Ainsi pouvons-nous puiser dans la sainte Messe les satisfactions les plus riches, pour notre compte personnel et pour le compte de beaucoup d'âmes des vivants ou des morts.
Mille âmes assistant à une messe y puisent, si elles le veulent, autant qu'une seule âme si elle était seule à y assister et à en jouir.
Et l'enseignement le plus commun parmi les Théologiens tient que la sainte Messe appliquée par le prêtre à mille âmes leur vaut autant de suffrages divins (1) que s'il les appliquait seule-
Rémission indirecte, c'està-dire par les actes saints.
Combien la propitiation du saint Sacrifice est riche.
Doctrine solidement fondée, sur la valeur satisfactoire infinie de la sainte Messe.
(1) Le suffrage de l'Église parallèle à celui de Jésus luimême est évidemment fini et peut être réservé par elle.
ment à une seule. On comprend que la dévotion et le zèle d'un prêtre désirent en faire profiter un grand nombre. Alors, bien entendu, il se conformera aux intentions de l'Église et ne fera ses applications particulières que dans la mesure où l'Église le lui permet.
Réserves. Et comme l'Église règle, — et ces règlements
obligent en justice, — les honoraires à percevoir à l'occasion de la sainte Messe pour l'entretien des prêtres, il ne percevra qu'un seul honoraire pour l'application spéciale à une intention.
Il est d'ailleurs très doux de songer combien est solidement fondée cette doctrine de la propitiation infinie dans ses fruits du saint Sacrifice (1). Du moins est-il évident que nous sommes toujours très loin de l'exploiter complètement pour nous et pour les autres. Pour nous : nous ne croyons pas assez, dans l'humilité et la confiance, à la rémission de nos péchés. Pour les autres : nous ne croyons pas assez à la Communion des saints et, en particulier, à sa puissance d'appliquer à un très grand nombre de nos frères, nos suf-
fi) Cette doctrine a pour conséquence, puisque l'infini peut s'appliquer (bien que d'une manière finie) à mille comme à un seul, que la valeur satisfactoire d'une messe peut servir à chacun d'eux autant que si elle n'était appliquée qu'à l'un d'eux. S. Ligori qualifie cet enseignement de très continu nément reçu et le juge plus probable.
Et il ne nous semble pas que des théologiens marquants plus récents qui l'ont attaqué, aient fait pencher la balance dans l'autre sens. Cf., Theol. Moralis, De Sacraincntis, t. III, n° 312. (P. Gaudé, R. — Rom., Polygl. J'alie.)