‹ L'eucharistie intimeChapitre 45 sur 84 · DIEU LE PÈRE · texte numérisé non relu

DIEU LE PÈRE

Selon une tradition rapportée par Philon, Ne faiiait-u

.,,.,,,. . , pas en l'hon-

apres la création de 1 immense univers, dont

neur« elles pouvaient sonder les effrayants espaces, et

dhrin Cantique 'es P^us délicats secrets non moins admirables

de gloire et qlie ces espaces, Dieu demanda aux légions

angéliques fidèles ce qu'elles pensaient de son

œuvre. « L'un de ces saints anges répondit qu'elle

était si vaste et si parfaite qu'il n'y manquait

qu'une seule chose, à savoir une voix claire,

puissante et harmonieuse, qui remplît tous les

coins du monde de ses chants délicieux, offrant

ainsi, jour et nuit, des actions de grâces à son

« p. faber Créateur pour ses bienfaits sans nombre *. »

jésm!p°22i. Quelle sera cette voix? Est-ce la voix de la

plus sainte, de la plus pure, de la plus aimante

Marie, des créatures, Marie? « Marie est à elle seule

chréttens.68 Pms °lue tout le reste de la création, plus digne,

plus belle, plus puissante, plus chérie de Dieu;

aussi est-elle en présence du Seigneur comme

« l'hymne ineffable qui lui convient dans Sion ».

« Elle est toute louange, toute action de grâces...

Les louanges de Marie sont comme un culte

infini que nous pouvons offrir à Dieu. Autrefois

les serviteurs de Dieu prenaient pour sujet de

leurs cantiques les mers et les montagnes, les

oiseaux et les poissons, la chaleur et le froid,

les puits et les vallées, les animaux et les hommes.

Ils les chargeaient de louer, d'exalter et d'élever

au-delà des cieux la gloire et la bonté de Dieu.

Mais Marie est le cantique des chrétiens... Qu'elles

sont douces, les louanges de Marie! Est-il rien

au-dessus de leur suavité? Tendre Mère, quelle

l'eucharistie et l'ordre surnaturel 223

. . - * !'• Paber :

joie pour nous de songer que vous êtes la louange Tout pour et l'hymne vivante de Dieu *! » '"ta fine* ^

Mais cette voix, si douce et si belle à l'oreille Que tiironsde Dieu, en accompagne une autre infiniment cantique plus belle à laquelle elle emprunte son charme f'l,Vst Jt's"s? et sa beauté suprêmes, la voix de Jésus-Hostie, la voix du Saint Sacrifice de Jésus se faisant entendre sur tant d'autels.

La voix de l'immolation eucharistique que la sainte Communion met en nous, voilà, grand Dieu, ce qui vous charme et vous honore à l'infini. Cette voix sur tous ces autels vous adore et vous remercie, ô Père, d'une adoration, d'une action de grâces infinie, vous prie d'une prière infiniment influente, demande grâce avec des accents infiniment touchants pour votre cœur. Me dira-t-on que cela s'est fait une fois : sur le Calvaire, et qu'un seul Sacrifice infini suffit?

Cela se fait tous les jours plus de trois cent cinquante mille fois.

Et c'est un dogme que chaque messe est un Sacrifice numériquement différent, bien que, par la substance : la Victime, le Prêtre principal, la prière, l'adoration, l'influence propitiatoire, il s'identifie avec le Sacrifice de la Croix.

Certainement je suis bien loin d'être attentif comme je le devrais, grand Dieu! aux intérêts de votre gloire. Votre gloire est l'intérêt suprême du monde, l'unique intérêt de votre Fils, comme de Marie, et doit être mon incomparable souci.

Certainement je suis très loin de m'intéresser comme il faudrait au Saint Sacrifice de la Messe entendu de près, ou offert dans le voisinage ou dans le lointain. On dirait que beaucoup d'autres œuvres priment celle-là dans mon attention, sinon dans mon estime.

Les plus Ainsi j'admire comment tel saint, uniquement

saisi de la gloire de Dieu, a réalisé, dans les âmes

grandes œuvres pour

la gloire de ej. dans \e monde, des choses prodigieuses.

Dieu, et la ' .

sainte Messe. Heureuse l'âme d'une idée, et dont l'idée unique, c'est-à-dire dominante en tout, est la gloire divine.

Cette idée de la gloire de Dieu peut inspirer mille œuvres qui vont au but : depuis une retraite fervente jusqu'à la prédication la plus ardemment apostolique.

Toutefois, au milieu de tant d'œuvres extrêmement intéressantes pour l'honneur de Dieu, songeons bien que rien n'approche, pour le glorifier, du Saint Sacrifice et de la Communion.

Des âmes ferventes peuvent beaucoup souffrir — à cause de leurs infirmités ou des dispositions de la Providence — de ne pouvoir parler, agir, écrire,... pour la gloire de Dieu.

Une immense consolation est d'ordinaire réservée à ces âmes. C'est qu'elles peuvent dire ou entendre la Sainte Messe et communier.

L EUCHARISTIE ET L ORDRE SURNATUREL

Page 1