‹ L'EucharistieChapitre 4 sur 32 · IG · texte numérisé non relu

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être également réalisé en sa personne. Comme il devait être immolé en son propre corps et en sa propre substance, il fallait qu'il fût mangé de même :

Prenez, mangez ; ceci est mon corps livré pour vous; aussi véritablement mangé qu'il est véritablement livré ; aussi présent à la table où on le mange qu'à la croix où on le livre à la mort, où il s'offre épuisé de sang pour l'amour de vous.

Entrons donc, comme dit saint Paul, dans les mêmes dispositions où a été le Seigneur Jésus.

S'il a désiré avec tant d'ardeur de célébrer cette pftque avec nous, ayons le même désir de faire la pâque avec lui. Cette p&que est la communion ; Jésus a faim pour nous de cette viande céleste ; il désire d'être mangé, et par ce moyen d'être

en tout point notre victime.

Ayons la même ardeur de participer à son sacrifice, en mangeant ce divin corps immolé pour nous. S'il est notre victime, soyons la sienne. c( Offrons nos corps, comme dit saint Paul, ainsi qu'une hostie vivante, sainte et agréable.

Mortifions nos mauvais désirs :

éteignons en nous toute impureté, toute avarice, tout orgueil ; »

humilions-nous avec celui qui, c< se sentant égal à Dieu, n'a pas laissé de s'anéantir lui-même, en se rendant obéissant jusqu'à la mort, et à la mort de la croix. » Prenons des sentiments de mort : oc Si nous sommes à Jésus-Christ, si nous le mangeons, crucifions notre chair avec ses vices et ses convoitises. » C'est là notre p&que ; notre pftque, c'est d'être unis

avec lui pour passer de cette vie à une meilleure, des sens à l'esprit, du monde à Dieu, C'est à ce prix que nous pourrons nous rendre dignes de manger avec Jésus-Christ la pâque qu'il a tant désirée, et de nous nourrir de la chair de son sacrifice.

JESUS-CHRIST AYANT MANGE LA PAQUE AVEC NOUS, NOUS DEVONS LA MANGER AVEC LUI; C'EST LE SEUL MOYEN DE PASSER A DIEU. SE REVETIR DE NOTRE-SEIGNEUR, ET VIVRE DANS LE CIEL.

Jésus, qui nous a institué un baptême, a voulu le recevoir

lui-même ; Jésus qui nous a institué i*Ëucharistie pour être notre pâque, a voulu avant toutes choses la recevoir avec nous.

11 est notre chef, comprenons-le bien; car c'est là le grand mystère de notre salut. 11 estnotre chef, et ce qui est fait pour nous, il le prend lui-même. Il commence en sa personne l'usage de Feucharistie. Quand il est baptisé, nous sommes baptisés en lui; nous recevons aussi en lui Teucharistie qu'il reçoit. 11 ne faut donc point douter qu'en l'instituant il ne la reçoive; il ne faut, dis-je, point douter qu'il n'ait mangé ce qu*il a présenté à ses disciples.

Quoi donc, aura-t-il mangé sa propre chair? cela fait horreur.

Homme charnel l que craignezvous, et jamais ne cesserez-vous

— iO —

d*écouter vos sens? Ignorezvous le pouvoir de celui qui vous parle? S'il se donne luimême à manger aux siens, d'une manière qui, loin de leur faire horreur, leur inspire de la confiance, du respect et de l'amour, qui doute qu'il n'ait pu se manger lui-même en cette sorte; sans quoi il n'aurait pas dit : J'ai désiré avec ardeur de manger avec vous cette pàque. Or, cette pâque, cet agneau pascal, nous avons vu que c'était son propre corps. 11 le mange donc d'une manière aussi réelle, et tout ensemble aussi élevée au-dessus des sens, qu'il nous le donne, et c'est là sa pftque et la nôtre^ c'est son passage et le nôtre.

Je m'en vais, dit-il, je monte vers mon Père et vers le vôtre, vers mon Dieu et vers le

vôtre. Je monte vej*s lui, parce qu'il est mon Père et mon Dieu; vous y monterez aussi avec moi, parce qu'il est, quoique d'une autre manière, votre Père et votre Dieu. Nous avons donc, vous et moi, à accomplir ce passage, où nous passons du monde à Dieu.

Mais quand Jésus retourne à Dieu, il retourne au sein de son Père, au lieu de son origine, à son lieu natal, pour ainsi parler, où il est toujours, et qu'il ne peut jamais quitter ; il retourne à son propre bien, à sa propre gloire; il retourne en quelque façon à lui-même ; il vit de lui-même. La vie était en lui, comme elle était dans le Père; il est lui-même la vie; il est la nôtre; il est la sienne; il est la nôtre, et nous avons besoin de le

manger ; il est la sienne, et il n'a besoin, pour ainsi parler, que de se manger lui-même.

C'est le mystère qu'il accomplit par cette p&que> qu'il désirait tant de manger avec ses disciples. Nous le mangeons, nous vivons de lui ; il se mange,, il vit de lui-même, et il retourne à son Père, pour jouir dans son sein de cette vie; et c'est pourquoi il ajoute : « Je vous dis en vérité que je ne mangerai point de cette pâque si désirée, jusqu'à ce que le mys* tère en soit accompli dans le royaume de Dieu. » Dans ce bienheureux royaume, ma pâque sera accomplie, parce que j'aurai passé du monde à mon Père. Mais ma pâque, c'est aussi la vôtre ; et parce que je suis votre chef, et que vous êtes mes membres, il faut que

vous fassiez le même passage.

Mangez donc la victime du passage; mangez mon corps, et passez à Dieu avec moi ; commencez à y passer en esprit; vous y passerez un jour en personne et selon le corps, lorsque vous ressusciterez par la vertu de mon corps, qui aura sanctifié le vôtre. Alors lap&que sera accomplie en vous comme elle le va être en moi ; vous passerez à ma gloire ; votre corps y passera comme votre âme, et il sera revêtu d'immortalité; et tous ensemble, le chef et les membres, nous jouirons de la gloire et de la félicité de notre passage, et il n'y aura plus rien à désirer pour le parfait accomplissement de notre pâque. Célébrons-en donc, en attendant, le sacré symbole dans Teucharistie, et mangeons avec Jé-

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