‹ L'Éugénétique: Ses Rapports avec la PsychiatrieChapitre 27 sur 30 · DE NT · texte numérisé non relu

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ne doit pas viser à un type universel et uniforme de l'« Homo ». Il doit varier ses fins et ses méthodes, selon la différenciation naturelle entre les races. Pour que l'humanité future soit supérieure à la nôtre, pour l'amélioration des espèces, à/ ne faut pas pousser à légalisation des races. I ne faut pas perdre l’acquis des adaplations particulières aux diverses conditions locales de l'existence. Parmi les races les plus vivaces et celles qui domineront seront celles qui sauront créer et conserver dans les unions sexuelles leurs caractéristiques de structure et de culture.

Dans le même sens, Rosanoîf écrit : Le but ultime de l'Eugénétique ne doit pas être l'élimination indistincte de tous les déterminants cités comme névropathiques. Il faut éliminer seulement ceux qui affectent tous les facteurs mentaux, ou même seulement quelques-uns, mais à un tel degré qu'il en résulterait des manifestalions morbides. La limite qui séparera les esprits utiles des indésirables ne doit pas être absolue, mais varier suivant les points de vue humains. Par conséquent, on ne doit pas assuniler les mots névropathique et normal aux mots malade et bien portant. Il s’agit tout simplement de savoir si tel facteur”mental prépondérant est ou non indésirable, Quoique l'équilibre mental soit celui qui est le plus à souhaiter pour la sociélé, on ne doit pas rejeter les éléments autres qui entrent dans la composilion des Llempéraments humains. « L'art de la vie consiste à n'avoir pas un seul tempérament, mais à les combiner tous. »

Lorra (Turin). — {7 ne faut pas compter sur la sélection par l'élite économique, — Vu la diflicullé de mesurer l'intelligence

des individus et leurs qualités morales, on avait proposé de présumer la valeur des apltudes physio-psychiques au moyen de la connaissance de leur posilion sociale et économique, soit de leur revenu, lequel est au contraire parfaitement mesurable. Il aurait fallu éviter les mariages entre individus sans revenus. Mais l'élile écononomique n’est pas l’élile physico-psychique. Elle n’est pointle produit de la possession de qualités supérieures. Elle est simplement le résullat de Ja lutte aveugle entre les

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revenus qui porte au sommet ceux qui, dès le début, ont déjà le plus haut revenu. Nous avons d’ailleurs une preuve indirecte des résultats de ce processus sélectif qui montre qu'il doit être rejeté. En fait, dans la société contemporaine, la sélection conjugale s’accomplit aujourd’hui entre des individus de la même classe, en sorte que les individus des couches supérieures se marient toujours uniquement entre eux. Eh bien, ces mariages donnent des résultats misérables. De là l’absurdité et le danger d'une Eugénétique à base économique vers laquelle beaucoup inclinent.

KezLoGG (Californie). — Plus de querres, plus de militarisme, tel est le sens de la communication de l'auteur, professeur à la Stanford University. Il donne à l’appui de ses dires les arguments suivants: L'armée est une sélection militaire sur une population ; son effet est désastreux. D'abord parce que la guerre élimine dans le combat de vigoureux jeunes gens, qui sont ainsi soustraits à la partie reproductive de la population. Un autre aspect du danger que présente pour la race le service militaire est la possibilité de contracter des maladies persistantes et héritables que les soldats rapportent chez eux lorsqu'ils quittent la garnison (syphilis et alcoolisme).

Indications positives (Ce qu'il faut faire)

Les Etats emploient la plus grosse partie de leurs ressources à l’hospitalisation et aux soins des tarés et des infirmes. Pour qu'ils puissent s'occuper d'améliorer les conditions d'existence chez les êtres sains et normaux, il faut diminuer le nombre des premiers. C’est pourquoi « vouloir sauvegarder les mauvais, c'est courir à une faillite sanitaire. »

Les mesures préconisées sont diverses, elles doivent pour être efficaces être obligatoires au même titre que le service militaire, les quarantaines, les vaccinations. Il faut mettre les tarés dans un état d’infériorité sociale. Il ne doit pas y avoir de considérations sentimentales possibles.

Protéger une race, c'est la garantir contre les ennemis du

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dedans comme contre ceux du dehors. D'où deux sortes de mesures : les unes de protection extérieure concernant l'immigralion, les autres de protection intérieure.

Immigration. — Un pays dont la densité de la population n’est pas en rapport avec l'abondance des ressources est un pays d'appel. Tel est le cas de la France, de l'Amérique. Ce ne sont pas les meilleurs qui immigrent, aussi doit-on se prémunir contre les invasions. En France, nous avons 1.200.000 étrangers. Il fournissent une part très importante dans les crimes et délits. Il faudrait arriver à leur demander, comme aux États-Unis : a) de justifier d’une santé physique et morale; b) d'un pécule ou d’un engagement ferme.

En South Africa, les jeunes filles ne sont admises que munies d'un certificat médical, en cas de mariage possible avec les colons.

Protection intérieure. — Deux indications : améliorer les procréalions, éliminer les nuisibles. Nous donnons ci-dessous les communications au Congrès de Londres qui ont eu cet objet.

SuiTH (Minnesota). — Il est nécessaire de développer un nouveau sens éthique chez l'individu dans ses rapports avec le groupe social. Il faut : a) interdire un travail pénible à la mère attendant un enfant; 4) lui donner des moyens d'existence si elle n'en à pas; ec) la mettre dans un milieu sain. Le problème eugénélique doit se résoudre dans une vitalité croissante, et par conséquent une capacité de revenus supérieurs de la prochaine généralion.

Bzuun (Berlin). — Il faut s'opposer au danger de l'assistance médicale quand elle accroît l'aptitude à engendrer des inaptes. Il faut provoquer : a) la renonciation à toute descendance des femmes inaptes ; 4) une lutte énergique contre le rachitisme, la prédisposition seule étant héréditaire ; e) imprégner l'accoucheur d’un esprit cugénétique, de telle sorte qu'il ne procède pas toujours systématiquement : mère vivante, enfant vivant, mais qu'ilexamine dans chaque cas l'intérêt de la race.

Pixarp (de Paris). — Suivre l'enfant depuis sa naissance jusqu'à sa formation complèle n’est pas assez pour Pinard, il faut

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prendre l'enfant à son origine même, il faut faire de la puériculture avant la procréation. « C’est en faisant la prophylaxie de la procréation qu'on arrivera à diminuer le nombre des déchets sociaux. La nature n’est ni bonne ni cruelle, ce sont des mots humains, elle veut des êtres énergiques et vigoureux ». La notion du respect de chaque individu est surajoutée à la nature humaine et a été apportée par la société. Non seulement la société ne condamne par l’infirme, l'aveugle, au contraire, elle l'entoure de soins jaloux. Ainsi l'état social vicie la sélection naturelle. « La civilisation, ‘qui a tout fait pour l'individu, n'aboulit qu'à la dégradation de l'espèce » (Charles Richet). Il faut montrer au public la nécessité d’une procréation consciente, c'est-à-dire éclairée, car l'instinct de reproduction est resté chez les peuples les plus civilisés au même état barbare qu'aux temps primitifs. HE

Querrox (Bruxelles). — Il faut créer une organisation pratique de l’action eugénétique. Pour cela il faut, dit-il: Entraver l’aclion nuisible du milieu sur le développement de l'individu. Organiser systématiquement ce développement. Tels sont les points de première importance. Mais pour être réellement effectif et contribuer au développement de l'individu et à l'amélioration de la race, le contrôle du développement doit être exercé sur tous les enfants, et pendant la période entière de leur évolution, contrôle obligatoire comme l'instruction.

HazLopeau (Paris). — La syphilis est puissamment dysgénique, elle donne lieu à la production d'enfants profondément avariés ; en la prévenant, le médecin concourt efficacement à l’action eugénétique. Il faut recourir, pour éviter la propagation de cette maladie, à la prophylaxie administrative, à la prophylaxie par persuasion, à la prophylaxie par soins médicaux.

La première doit agir surtout en multipliant les consultations gratuites et en procédant, dans la mesure du possible, à l'internement hospitalier des sujets atteints de lésions transmissibles, particulièrement des prostituées.

La seconde appartient au médecin, qui doit démontrer aux malades syphilitiques qu'ils ne sont pas en droit de procréer

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Pr POTES aussi longtemps qu'ils sont susceptibles de transmettre leur maladie à leur progéniture. La procréation peut être permise lorsque la recherche, plusieurs fois répétée, de la réaction de Wassermann aura donné des résultats constamment négatifs. Le médecin fera ainsi œuvre d’eugéniste.

Jorpax (Association américaine). — L'eugénétique doit tenir une place importante dans la carrière médicale. Elle devrait être enseignée sur les bancs de la Faculté. De plus, la médecine devenant de plus en plus une science de prévention de la débilité et de la morbidité, la conduite à tenir doit commencer à l'état embryonnaire, en attendant la prompte réalisation de la fin, qui est la santé de la race. L'Eugénétique devra être une des plus importantes disciplines parmi les sciences médicales de l'avenir. Le futur médecin doit être convenablement instruit des choses de l’hérédité.

Quels moyens. employer ?

Si maintenant nous cherchons par quels moyens pratiques on à proposé de stériliser les tarés, nous voyons que déjà en 1906, en Allemagne, von Metter fait paraître un opuscule préconisant la résection, sur une longueur de 2 centimètres, du canal déférent chez l’homme. Cette opération, tout en ne mettant pas la vie en danger et en conservant les sécrétions internes, annihile la valeur reproductive d’un individu. Chez la femme, le même auteur préconise la ligature des trompes. En Angleterre, on a proposé la sclérose de l’épididyme par des injections de chlorure de zinc. En France, Viaud-Connaud, en 1909, se fait le champion de la castration des apaches.

Enfin en Amérique, sans compter les lois sur la restriction du mariage qui sont appliquées, Gregory a proposé la suppression pure et simple des incurables dangereux. Cette idée a été reprise en Allemagne il y a à peine quelques semaines, sous la forme de l « euthanasie », c’est-à-dire une mort douce et sans souffrances par les anesthésiques, qui serait appliquée à tous ceux que la société proclame dangereux pour la santé publique.

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