DÉFINITION
Et d’abord comment faut-il dire ? Eugénie, Eugénique, Eugénisme ou Eugénétique ? Le mot Eugenie, sans compter les assonances similaires qui existent déjà dans notre langue et qui en alourdissent et en obscurcissent l’emploi, ne tend qu'à se rapprocher plus ou moins du mot anglais « Eugenics ». Quant à son étymologie, c'est une incorrection associant un préfixe grec à un radical français.
Nous en dirons autant d'Eugénisme, qui est un néologisme bâtard et qui semblerait plutôt désigner une idée doctrinale qu'une science,
Eugénique n’a que le mérite de rappeler le mot Eugenics, mais en France mieux vaut se servir d'un mot formé suivant les lois linguistiques de transformations verbales, que créer un mot mal calqué sur l'anglais.
Le terme d'Eugénétique nous parait réunir les suffrages de tous ceux qui se piquent de parler clairement et la correction de sa formation étymologique ne saurait être contestée.
Nous avions déjà les mots genèse et génétique de la même racine. — Eugénèse ou mieux Eugénétique, qui comporte un sens plus général, nous parait être le vrai nom français de cette science.
Qu'est-ce donc que l'Eugénétique ?
C'est la découverte des lois qui régissent les bonnes et mauvaises procréations, l'élaboration et la mise en pratique de règles déduites de ces lois pour créer une véritable viriculture. Elle a pour but, dit Régis (Précis de Psychiatrie), par la connaissance
DES pue
et la suppression des causes morbigènes héréditaires, l’amélioration individuelle et sociale de la descendance.
L'Eugénétique ne se borne pas, comme nous le verrons plus loin, à réunir les conditions nécessaires à une bonne procréation, mais à empècher la mauvaise, par une sorte de prophylaxie. Bien plus, elle ne s'arrête pas à la naissance de l'individu, mais continue à veiller sur lui constamment pendant toute sa vie, elle le suit pas à pas, pour son propre bien, et pour celui de la société. Et quand nous disons que l’Eugénétique continue à veiller sur le descendant, ce n’est pas une métaphore, mais un fait réel. Car c'est une science d'application pratique, où le rôle de la société et de l'Etat intervient d’une façon effective et efticace. Je n’en veux pour preuve que la définition qu’en a donnée son fondateur, Galton :
« C'est l'étude des facteurs soumis au contrôle social et qui peuvent augmenter ou diminuer les qualités sociales, soit physiques, soit mentales, des futures générations. Son but est de régler les unions humaines, de façon à obtenir le plus grand nombre d'individus aptes à composer la société considérée comme la meilleure. » |
Il ressort de cette définition que toucher à l'Eugénétique, c’est toucher à l’hérédité tout entière. Nous n'avons pas la prétention d'aborder une aussi vaste question ; mais comme nous ne pouvons nous en abstenir tout à fait, étant donné que sans la connaissance des phénomènes de l’hérédité il n'y a pas d'Eugénétique possible, nous nous occuperons de la question, mais seulement à un point de vue tout spécial. En d’autres termes, nous ferons de la Génétique.
« La Génétique est une science qui se propose d'étudier les règles de l’hérédité normale et pathologique chez l’homme, la transmission des caractères » (Schreiber). La génétique est toujours naturelle. L'Eugénétique peut être naturelle, mais le plus souvent c’est une génétique orientée par l’homme vers un rendement maximum.
ar conséquent, l’Eugénétique se divise en deux parties bien distinctes : L'une pouvant être considérée comme le « cours théo-
rique » qui est comprise dans la première partie de la définition, c'est-à-dire la découverte des lois qui régissent la procréation, la génétique. L'autre, qui est comme « le travail pratique », c’est l'application à la société de règles de génération basées sur ces phénomènes d'hérédité pour améliorer la race : l'Eugénétique.