‹ L'Europe au jour le jour (volume 2)Chapitre 2 sur 112 · VI AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

VI AVANT-PROPOS

de cette tâche à contre-cœiir , car il la jugeait funeste pour les intérêts bien ente?idus de V Allemagne et la paix générale. Il osa même V écrire à Guillaume II. Or il fut vertement rabroué par M. de Bethmann-Hollweg qui lui infei'dit de correspondre désormais avec son souverain. U Allemagne et l'Autriche- Hongrie se servaient de divers interprètes et recouraient à des procédés différents : toutes deux avaient une seide et même politique.

A cet égard, rieji nest plus instructif que le développement des événements de janvier 191 3 <3: la première' paix de Bucarest. . Rien ne fait mieux pressentir comme?tt se devaient comporter dans la crise de 1914 les deux empereurs germaniques. A chaque incident apparaît leur volonté de guerre, c'est-à-dire Fintention d'imposer par la force les solutions de leur convenance qui ne seraient pas adoptées à V amiable. A plusieurs reprises les ambassadeurs de la Triple- Entente à Londres constate?ttqu'onest à la veille d'une catastrophe. Ils sauvent alors la paix en faisant des concessions. Ils cèdent sur Vattribu- ' tion de Dur azzo, puis sur celle de Scutari. Ils consentent même à une sorte d'exécution du Monténégro. Ils privent ainsi la Serbie d'un large débouché sur l'Adriatique et le Monténégro d'une capitale de plaine. Ils contribuent à créer une Albanie indépendante qui n'est poiîtt viable. On leur a beaucoup reproché sur le moment d'avoir sanctio7iné des décisions qui compromettaient le jtoîivel équilibre balkanique. On a eu tort ; ils ne pouvaient agir autrement sans provoquer tin conflit général oii la Triple- Entente se fût trouvée en état d'infériorité très sensible.

En effet, à cette époque, l'Italie marchait avec V Autriche- Hongrie. Elle défendait contre les Slaves la côte orientale de l'Adriatique et l'Albanie avec un acharnement persistant. Le marquis de San Giidiano se montrait aussi anti-serbe que le comte Berchtold. A la vérité, le Cabinet de Rome ne permettait

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