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LA BULGARIE ET LES PUISSANCES

NOTE IDENTIQUE DE CINQ PUISSANCES A LA BULGARIE AU SUJET DE LA MISE DE L'aRMÉE SUR LE PIED DE GUERRE.

28 octobre 1909.

rj I les grandes puissances n'ont pas encore réussi à se i^ mettre d'accord sur le programme de la Conférence destinée à régler la question d'Orient, cinq d'entre elles viennent de faire à Sofia une démarche commune qui témoigne de l'identité de leurs vues dans l'affaire bulgare. Les représentants de la France, de la Grande-Bretagne et de la Russie, dont leurs collègues d'Allemagne et d'Italie ont ensuite approuvé formellement le langage, ont remis hier au général Paprikof , au nom de leurs gouvernements, une note identique ayant pour objet d'inviter le gouvernement bulgare à s'abstenir de mettre l'armée sur le pied de guerre.

Cette note, conçue en termes amicaux, mais fermes, est une sorte de réponse collective à la lettre par laquelle Ferdinand P^ faisait appel aux bons offices du président de la République française près de l'Europe. Elle prend acte des déclarations pacifiques du nouveau roi et de ses intentions d'accorder des compensations à la Turquie. Elle engage le Cabinet de Sofia à ouvrir de suite des négociations officielles avec la Porte au sujet de ces compensations, et lui conseille fortement de ne prendre, en attendant la con-

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clusion d'un arrangement, aucune mesure militaire tendant à renforcer l'état actuel. Cette invitation est accompagnée de l'assurance que la Turquie, de son côté, ne mçttra pas son armée sur le pied de guerre tant qu'une décision n'aura pas été prise au sujet de la réunion de la Conférence.

Voilà, depuis l'ouverture de la crise orientale, la première démarche utile des puissances. Sur un point au moins, la Triple Entente et la Triple Alliance sont tombées d'accord. C'est la Triple Entente qui a pris l'initiative ; mais l'Allemagne et l'Italie, que ne désavoue certainement pas l'Autriche-Hongrie, se sont empressées d'adhérer à ses propositions. Il y a donc là un commencement d'entente générale qui peut s'étendre, par la suite, à d'autres objets. La méthode suivie pour arriver à ce résultat pourra être avantageusement employée dans d'autres circonstances. La France, la Russie et l'Angleterre, tout en restant intimement unies, se sont entendues avec les autres puissances signataires de l'Acte de Berlin. Elles ont présenté, à elles trois, une note identique à Sofia ; mais les 'représentants de l'Allemagne et de l'Italie ont fait immédiatement connaître qu'ils approuvaient la teneur de la note. C'est la meilleure preuve que les -groupements actuels peuvent subsister sans être le moins du monde hostiles, et que leur action concertée peut être bienfaisante. %

Le gouvernement bulgare a le plus grand intérêt à déférer au vœu des puissances. Il est même en droit de considérer leur démarche comme un succès réel. En effet, il se trouve garanti contre une attaque de la Turquie à la seule condition de ne pas procéder, directement ou indirecte- • ment, à la mobilisation, et il reçoit la promesse implicite que l'indépendance proclamée à Tirnovo sera reconnue, tant par la Turquie que par l'Europe, si l'ancien suzerain

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