LA REVISION DU TRAITE DE BERLIN
LA PROCLAMATION DE L'UNION DE LA CRÈTE A LA GRECE. — NOTIFICATION DU MONTENEGRO RELATIVE A L 'ANNULATION DES ENGAGEMENTS STIPULÉS DABS l'aRTICLE 29 DU TRAITÉ DE BERLIN. — DEMANDE DE LA RUSSIE d'ABROGER l'aRTICLE 63 DU MÊMe'tRAITÉ. — LA QUESTION DES DÉTROITS.
8 octobre 1908.
CHAQUE jour, une nouvelle page du traité de Berlin est déchirée. Hier, l'union de la Crète à la Grèce a été proclamée à la Canée. Aujourd'hui, le Monténégro notifie aux puissances signataires du traité de Berlin qu'à la suite de la violation des articles relatifs à la Bosnie et à l'Herzégovine, il se considéré comme délié de tous les engagements stipulés dans l'article 29.
L'union de la Crète à la Grèce était devenue inévitable. Dès lors que les Bulgares, leurs rivaux, devenaient indépendants, les Grecs ne pouvaient pas laisser passer l'occasion de réaliser leurs vieilles ambitions sur la grande île de la mer de Candie. Puisque les circonstances, et la volonté des puissances de ne pas tolérer de nouvelles mutilations de l'empire ottoman ne permettaient pas un partage des parties européennes de l'empire restées libres de servitudes, le Cabinet d'Athènes devait chercher à consolider la situation de fait établie en Crète par une convention spéciale après la guerre gréco-turque de 1897. Le hautcommissaire ottoman à la Canée, M. Zaïmis, successeur du prince Georges, va disparaître pour faire place au roi