‹ L'Europe au jour le jour (volume 5)Chapitre 2 sur 161 · VI AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

VI AVANT-PROPOS

raissent intégralement maintenant et Von sera stupéfait, en les lisant, de constater V aveuglement et la puérilité des censeurs. Il n'est pas un seul passage supprimé dont la publication aurait pu causer le moindre mal, alors que beaucoup constituaient d'utiles avertissements.

Au sujet de la crise diplomatique de juillet 1914 les plus récents documents authentiques divulgués en Allemagne prouvent que les négociations des Cabinets de Vienne et de Berlin avec ceux de la Triple-Enteîite étaient une simple mise en scène destinée, à tromper V ennemi jusqu'à V heure choisie pour V attaque foudroyante. La puissance de mensonge et de dissimulation fut alors portée à son comble par les hommes d'État des empires centraux. Pourtant, aux yeux des personnes connaissant la politique et les méthodes germaniques, la volonté des deux monarques alliés d'imposer à l'Europe leur domination par la force ou par l'intimidation ne fit point de doute. Je la dénonçai avec énergie. Je n'ai à me repentir que d'avoir gardé quelques ménagements pour l'empereur François-Joseph . Je ne partageais nullement les illusions d'un grand nombre de Français sur la monarchie habsbourgeoise . Toutefois il me semblait que François-Joseph 1er, arrivé au terme extrême de la vieillesse, devait hésiter avant de se jeter, lui et l'édifice vermoulu qui l'abritait, dans un cataclysme universel. Mais lui et Guillaume II se valaient. Il ne ressentait pas plus de scrupules que le dernier des Hohenzollern. Seulement il entretint peut-être un instant l'espoir que la Russie ne mobiliserait pas, même après la mobilisation austro-hongroise, et qu'il n'aurait à se battre qu'avec la Serbie. Si, sur la foi de rapports d'agents diplomatiques, il crut vraiment cela, il est inexcusable d'avoir si faussement apprécié la situation générale. En tout cas il se conduisit, notamment envers la France, avec une fourberie qui laissera sur son nom une

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