‹ L'Europe au jour le jour (volume 5)Chapitre 4 sur 161 · VIII AVANT- PROPOS · texte numérisé non relu

VIII AVANT- PROPOS

Entente croyaient avec candeur à la bonne foi et aux bonnes intentions du gouvernement de Constantinople . En dépit de tous les avertissements il s se mirent à négocier avec lui un traité de neutralité au lieu de prendre immédiatement des gages. Pendant ce temps la mobilisation de V armée ottomane s'effectuait dans tout Vempire d 'après le plan du général Liman von Sanders. A la fin d'octobre, quand elle fut achevée et que les Détroits furent en état de défense, la flotte turque attaqua les côtes russes. Alors les trois Cabinets alliés se répandirent en cris d'indignation et organisèrent une expédition contre les Dardanelles. Il était trop tard. Conçue avec une incroyable légèreté, exécutée avec incohérence, l'expédition des Dardanelles aboutit à un désastre. Les populations chrétiennes de l'empire devinrent l'objet de féroces persécutions. Les Arméniens furent exterminés, les Grecs décimés. D'autre part, aussi radical dans son esprit de vengeance qu'il s'était montré lent à comprendre, le gouvernement britannique offrit Constantinople au tsar Nicolas. La Roumanie et d'autres États s'alarmèrent. Les Alliés s' engagèrent dans des combinaisons sans issue. L'erreur d' appréciation sur la Turquie prolongea la guerre d'au moins deux ans. Jusqu'à la fin de 191 9 des personnes influentes en France et en Angleterre prétendaient que, si l'on s'était montré plus coulant envers les Turcs, on les aurait gagnés à notre cause. Or les documents récemment publiés à Berlin par M. Kautsky établissent que, dès le 2 août 191 4, un traité d'alliance avait été signé entre la Turquie et l'Allemagne.

Des aberrations analogues se manifestèrent au sujet de la Bulgarie depuis les premières semaines de la guerre. On verra (article du 7 novembre) que la censure de Bordeaux ne tolérait aucune critique, même la plus courtoise, contre le gouvernement de Sofia. Comme il fallait pourtant se faire

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