AVANT- PROPOS VII
ment. L'impreparazione matérielle fut bien réparée en partie grâce au matériel de toute sorte fourni par la France et l'Angleterre, matériel dont les armées franco-britanniques étaient elles-mêmes insuffisamment pourvues. Mais /'impreparazione morale de la nation, du gouvernement et de V armée ne fut iamais réparée. U état-mai or italien mena la guerre sur le front austro-hongrois sans V intention d'y obtenir la « décision ». Il ne donna pas du premier coup V effort maximum. Il attendit que la décision vînt du front français '. Le Cabinet de Rome ne déclara pas la guerre à l'Allemagne comme il s'y était engagé par le traité de Londres. Il ménagea l'Allemagne, conclut avec elle un traité de sauvegarde réciproque des intérêts privés, et se conduisit en tout comme si les hostilités devaient finir avant que les deux pays fussent en état de guerre. Cette attitude, qui frappait tous les yeux, ne stimulait pas les énergies nationales. Le miracle espéré 7ie s'accomplit point. Les « 1.800.000 baïonnettes » ne changèrent point la face de la guerre.
Aux causes générales de l'inefficacité de l'intervention italienne s'en joignit une spéciale,1 plus funeste encore que les autres. Au lieu de se jeter dans la lutte européenne en proclamant ses accords avec la France, la Grande-Bretagne et la Russie, et en appelant à la liberté les peuples assujettis à la Maison de Habsbourg , le gouvernement italienexige a le secret absolu sur le traité de Londres et traita en ennemis féroces les sujets slaves de François-Joseph leT qui, précisément, attendaient avec impatience leur libétation de notre victoire commune. Les Croates et les Slovènes, qui sabotaient auparavant de tout leur pouvoir les opérations militaires de leurs chefs, s'indignèrent lorsque, malgré le secret promis, ils surent que le traité de Londres attribuait