LA CRISE MINISTERIELLE OTTOMANE
12 janvier 1910.
llakki lk*v, arri\é dimanche à Constantinople, poursuit ses pourparlers relatifs à la constitution d'un nouveau ministère. Il n'est pas encore investi du titre de grand-vizir Il négocie en qualité d'homme politique chargé par le sultan de former un Cabinet. Quoique démissionnaire et quoique le Sénat, donl il est membre, lui ait accordé sur sa demande un congé de cjuatre mois, Hilmi Pacha continue, théoriquement, à gérer les affaires du grand-vizirat. Il n'est donc pas absolument certain que Hakki Bey devienne effectisemeiU sadrdzani.
Ililmi Pacha se trouvait dans une fausse situation parmi ses collègues. Administrateur et organisateur de tempérament, il se rapprochait par ses tendances naturelles des Jeunes Turcs réformateurs. Il était entièrement d'accord avec eux pour rénover l'empire. Il était d'une parfaite bonne foi dans sa collaboration avec les hommes issus de la Révolution. Seulement il avait derrière lui une longue carrière hamidienne. Ses habitudes d'esprit et de méthode de travail difteraient de celles des membres du Comité de l'Union et Progrès. En outre, plus expérimenté qu'eux dans le maniement des affaires, il avait moins qu'eux le contact avec l'Occident, avec l'Europe. Les fondateurs du nouveau régime avaient agi sagement en confiant le grand-vizirat à cet habile vali et en le rappelant au pouvoir après l'avortement du coup d'Etat d'Abdul Hamid, au mois d'avril de l'an drenier. Il eût été désirable que leur collaboration durât plus longtemps et que l'expérience de l'un modérât les impatiences des autres. Malheureusement, les inévitables froissements entre hommes d'éducation et de passé différents ^e sont produits
En se privant, peut-être prématurément, des services de l'ancien gouverneur des vilayets de Roumélie, les Jeunes-Turcs avaient l'idée de recourir à ceux d'Hakki Bey. Ils ont aussitôt accompli ce dessein
Ancien fonctionnaire, conseiller légiste du ministère des affaires étrangères avec Gabriel Effendi Xoradounghian, chargé de différentes missions à l'étranger, Ilakki Bey avait eu pour élèves, quand il était professeur de droit, plusieurs des membres les plus influents du nouveau régime. Rallié à la révolution, il était devenu ministre de l'instruction publique, puis ministre de l'intérieur dans des circonstances extrêmement difficiles. Ambassadeur à II 4
50 L'EUROPE AU J O l' H LE JOUR
Rome, les initiés savaient qu'il était désigné pour la charge de sihimzam dès qu'elle deviendrait vacante -