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RUPTURE DANS LE PARTI DE L INDEPENDANCE

12 novembre 1909.

• La crise gouvernementale ouverte en Hongrie depuis

le mois d'avril vient d'entrer dans une nouvelle phase

Le conflit entre M. de Justh et M. Kossuth a éclaté ouvertement le 7 novembre. M. de Justh a prononcé devant ses électeurs un grand discours, tandis que M. Kossuth réunissait ses partisans dans un banquet. C'était une sorte de revue des troupes avant la bataille. Au banquet Kossuth assistèrent ou adhérèrent cent vingt députés de l'indépendance ; au meeting Justh, il y en eut cent treize. Les forces semblaient s'équilibrer. M. Kossuth ne pouvait plus conserver la direction du parti sans que celui-ci eût été appelé à se prononcer formellement. C'est ce qui a eu lieu jeudi. A une réunion plénière des indépendants, M. Hollo a présenté une motion constituant un véritable programme et comprenant les points suivants : pas de coalition avec les autres partis, institution d'une banque hongroise autonome à partir de 191 1, réforme électorale

sur la base du suffrage universel. M. Kossuth a parlé résolument en sens contraire. Au vote, la motion a été adoptée par cent-vingt voix contre soixante-quatorze. M. Kossuth était désavoué. Il a aussitôt déclaré qu'il se retirait du parti et il est sorti de la salle de réunion avec ses partisans.

Ces jours derniers, on avait attribué à M. Kossuth l'intention de quitter la vie politique. On le disait découragé, dégoûté. Il n'en est rien. Sans se laisser abattre par l'abandon de la plus grande partie de ses anciens amis, il a fondé immédiatement un nouveau parti baptisé parti de l'indépendance de 1848 de Kossuth, dont il a été proclamé président. Le comte Albert Apponyi, ministre de l'instruction publique, sera vice-président, et le député Emile Nagy questeur

LE COMTE E. TISZA « HOMO INFORMATIVUS ».

7 décembre 1909.

La situation ministérielle actuelle en Hongrie est certainement une des plus extraordinaires qui se soient jamais présentées dans un Etat parlementaire. Depuis la fin du mois d'avril, le ministère Wékerlé est démissionnaire et reste aux affaires malgré lui. Chargé, suivant la formule consacrée, de l'expédition des affaires courantes, il a renouvelé à plusieurs reprises à l'empereur-roi son désir catégorique* d'être relevé de ses fonctions provisoires qui ne durent, en général, que quelques jours en pareille circonstance. Jusqu'ici, François-Joseph I^^ n'a pas voulu sous-

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crire à ce vœu si naturel. Ce n'est certes pas qu'il désire moins vivement que ses ministres la fin de la crise dont la prolongation constitue un véritable péril, mais jusqu'ici tous ses efforts pour constituer un nouveau Cabinet se sont heurtés à des prétentions qu'il juge inadmissibles. Les consultations directes avec les personnages ministrables n'ayant donné aucun résultat satisfaisant, il a chargé un homo reghis, M. de Lukacs, de reprendre les négociations à Pest. M. de Lukacs ayant échoué, François- Joseph I^'' a mandé à Vienne le comte E. Tisza à titre d'homo informatkms . Le comte E. Tisza, qui est un des très rares survivants du parti libéral autrefois tout-puissant sous la direction de son père, Koloman Tisza, ne joue plus de rôle politique depuis le triomphe de la coalition en 1906. Ses conseils étaient donc parfaitement désintéressés. Ceux qu'il a donnés à son souverain n'ont pu tirer celui-ci d'embarras. L'empereur-roi a dû faire appel à un homo reconstructrciis. De nouveau le président du Conseil et le ministre de l'intérieur démissionnaires se sont rendus à Vienne à la fin de la semaine dernière. Ils ont posé leure. dernières conditions qui ont été rejetées. Il ne reste plus qu'à offrir le pouvoir à la fraction du parti de l'indépendance qui" a suivi M. de Justh, ou à tomber dans l'état ^.v îex. Ces termes barbares, dont plusieurs ont été inventés au cours de la crise par des latinistes d'occasion, sont une fidèle image de l'incohérence de la situation

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