I. A CRISE HONGROIS i
ne pouvait plus vivre. Cette tentative de <> transformisme a donc échoué. Une combinaison du même genre avec le le comte Jean Zichy, chef des populistes, n'a vécu que l'espace d'un matin. François-Joseph I^^ a fait alors de nouveau appel à Vhomo regius qu'il avait déjà chargé de nég(jciations avec ks Indépendants au mois de juin, le conseiller intime de Lukacs.Il lui a offert la présidence du Conseil avec mission de former un ministère s'appuyant sur le parti de l'indépendance
M. Ladislas de Lukacs est dans sa soixantième année. C'est un Transylvain du comitat d'Also-Feher. Après avoir beaucoup voyagé, en Allemagne, en Belgique et en France, il professa, de 1874 à 1876, à la Faculté de droit de Raab. Il quitta l'enseignement pour raison de santé et devint député en 1878, puis conseiller au ministère des finances en 1887, P^^^ secrétaire général de ce même département en 1893, avec M. Wékerlé comme ministre. C'est en cette dernière qualité qu'il prépara avec son chef la grande réforme de la Valuta. Enfin, il devint lui-même ministre des finances dans le Cabinet BanftV et conser\a sans interruption ce portefeuille dans les diflférents Cabinets qui se succédèrent jusqu'au moment oîi le général Féjervary assuma le pouvoir, après la démission de M.Szell. Hors du pouvoir, il conserva la confiance du souverain, qui lui offrit la présidence du Conseil en 1903, après la seconde démission du comte Khuen-Hédervary. Mais il déclina cette mission. Aux élections de 1906, il n'avait pas été réélu. Il est marié avec la veuve du conseiller auliquc von Herz.
En acceptant cette fois de constituer un ministère, M. de Lukacs a déclaré que la seule difficulté grave était la question de la Banque nationale. Sur les deux autres principaux points du programme Justh, l'établissement
du suftrage universel, égal et secret, et la préparation de l'indépendance économique, l'accord semble être déjà fait. Le singulier projet de réforme électorale du comte Andrassy, machine de guerre monstrueuse contre les nationalités, est mort-né. Cette nouvelle a été accueillie avec une joie exubérante par les classes populaires. Quand M. de Lukacs est arrivé de Vienne à Pest pour conférer avec les hommes politiques, une foide immense massée aux abords de la gare l'a salué de cris répétés de : « Vive le suffrage universel, égal et secret ! » Les socialistes ont même crié : < A bas Kossuth ! A bas la coalition! » M. François Kossuth risque de payer cher sa complicité avec les politiciens vieux-jeu qui prétendaient maintenir en Transleithanie la domination des coteries avec des instruments comme le ban Rauch.
Reste la question de la banque. Dans sa séance du 22 décembre, la Chambre des députée a voté, par 133 voix contre 89, une motion présentée par AI. Hollo, proposant de remettre au roi une adresse demandant la création d'une banque nationale hongroise pour le i^^ janvier 191 1. Les 133 voix de la majorité comprenaient les votes de tous les membres du parti Justh, des trois membres du groupe Banffv, de cinq partisans de François Kossuth et d'un radical serbe. Tout le parti constitutionnel Andrassy et le parti populiste Zichy ont voté contre avec trois kossuthistes. Les députés des nationalités et les Croates se sont abstenus, ainsi que la presque totalité des kossuthistes