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LA CRISE HONGROISE I

qui permettent à nos municipalités combistes de tripatouiller les suffrages. A Belenyes, le juge de paix a trouvé un moyen inédit. Il a interdit à des amis d'un candidat des nationalités de pénétrer dans le territoire de la circonscription : leur seule présence, porte la décision de ce magistrat, aurait menacé l'ordre public

D'après les dernières informations, 887 candidats se disputent les 413 sièges de la Chambre des députés. 241 appartiennent au parti national du travail fort habilement créé par" le comte Khuen après son arrivée au pouvoir. Au lieu de s'appuyer sur d'anciens groupes discrédités, le nouveau président du Conseil, agissant en homme d'Etat, a constitué un nouveau parti recruté parmi les anciens membres du parti constitutionnel de 1867 dissous après la chute du Cabinet Wékerlé, parmi les anciens libéraux dirigés autrefois par le comte Etienne Tisza et écrasés aux élections de 1906, et parmi tous les citoyens résolus à faire triompher les principes de la Constitution de 1867 sur ceux de la révolution de 1848. Le comte Khuen est un partisan de la manière forte, il ne semble pas s'embarrasser de scrupules pour faire parler le scrutin, mais on ne peut méconnaître en lui certains dons de véritable homme de gouvernement. Son principal auxiliaire dans cette lutte acharnée est le comte Tisza. L'ancien chef des libéraux, retiré dans la vie privée depuis 1906, s'est remis au premier plan de la scène politique. Il s'est prodigué sur tous les points du royaume. On l'a entendu prononcer des discours dans presque toutes les circonscriptions autrefois acquises à ses partisans. Les accueils les plus hostiles ne l'ont point rebuté. Dans cette campagne entreprise en vue d'un succès commun, il diffère pourtant protondément d'opinion avec le président du Conseil sur quelques questions capitales, sur la réforme électorale notamment.

Il est un adversaire irréductible du suffrage universel, tandis que le comte Khuen en est partisan avec certaines restrictions de détail. On peut même affirmer que si les candidats du parti national du travail arrivent en majorité dans la nouvelle Chambre, c'est parce qu'ils auront pris l'engagement de voter pour le suffrage universel. Il y a là, entre les deux alliés d'aujourd'hui, un germe de mésintelHgence pour l'avenir.

Les Indépendants de 1848 présentent 189 candidats. Ils ont pour programme le suffrage universel, égal et secret, la séparation douanière, la Banque nationale hongroise.

Les dissidents qui ont suivi M, François Kossuth quand la majorité de l'ancien parti de l'indépendance s'est prononcée en faveur de M. de Justh et de la création immédiate d'une Banque nationale, mettent en ligne 148 candidats. Ils réclament aussi l'indépendance économique. Également partisans d'une banque nationale, ils consentent à renouveler le privilège de la banque commune austrohongroise jusqu'au moment où la nouvelle institution financière pourra être établie sans inconvénient. Ils cherchent plutôt la popularité dans les réformes militaires, c'est-à-dire dans la magyarisation progressive de l'armée. En réalité, des querelles personnelles plutôt que des questions de fond séparent les deux fractions des Indépendants.' M. François Kossuth bénéficie de l'immense prestige de son père, tout en professant des idées très différentes de celles de l'illustre patriote. Venu en Hongrie seulem.ent en 1894 avec la dépouille mortelle de son père, élevé en Belgique et en Angleterre, il est essentiellement constitutionnel et opportuniste, alors que ses troupes sont scnsib'ement plus exaltées. Il a une tendance à faire partie de tous les gouvernements. Il montre peu de goût pour la vie d'opposition.

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