‹ L'Europe au Moyen Age (volume 2)Chapitre 3 sur 24 · III · texte numérisé non relu

III

gouvernement. %— Dissensions entre k noblesse et le peuple. — Guerres civiles. — Histoire de Giovanni de Vicence (1).

ufkUû?dû •"" LA MORT ^CkarJeste-Gros , en 888, cette parneuvième aie- i\e <je l'Italie cpii reconnaissait la suprématie de l'empire d'Occident; jetait divisée, comme la France

(i) Comme je n'ai pas toujours , dans ce chapitre , cité mes autorités au bas de chaque page , je vais indiquer ici les principales sources où j'ai puisé ; ce sent : i.« les Annales d'Italie, par Muratori (douze volumes in>4<0> ou dix-huit in-8.°) ; elles comprennent l'abrégé de l'histoire de cette contrée depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à la paix d'Aix-la-Chapelle. Les volumes relatifs au moyen âge, dans lesquels il donne la substance des écrivains originaux contenus dans sa grande collection , intitulée Scriptores rerui%Italicarum, sont , sans contredit, les meilleur»; la partie de ces annales surtout qui s'étend du septième ou huitième siècle jusqu'à la fin du douzième , est la plus complète et la plus utile. .L'exactitude de Muratori mérite en général une confiance presque entière, et la franchise de son caractère respire dans tous ses écrits ; mais il n'avait pas l'esprit assez philosophique pour apprécier les faits h leur juste valeur, et ses habitudes de vie lui faisaient attacher une importance imaginaire à' des dates de diplômes , et à d'autres circonstances peu dignes d'attention. Sa narration , qu'on peut comparer à un squelette entièrement décharné, offre , indépendamment de cette sécheresse si désagréable , une confusion fatigante , résultat nécessaire d'une liaison purement chrouologiqne-d'évcnewen a simultanés et indé peudans les uns des autres, a.* Les DissertmtiefLt sur les Antiquités d'Italie, par le même écrivain. On peut les considérer ou comme un seul ou comme deux ouvrages. En latin, elles forment six volumes jn-folio , et sont accompagnées d'un grand nombre de documens originaux; en italien, elles ne ferment plus que trois volumes i»-4*° : c'eftt u"* traduction libre et abrégée des premières, mite par Muratori lui-même. La plupart des actes originaux ne s'y trouvent plus; mais elle est remplie de citations qui sont la plupart du temps bien suffisantes. Vu cette

et lf Allemagne , entrt quelques Vassaux puissans, gouverneurs héréditaires des provinces. Les prîrrci- |>au* étaient les dncs de Spofette et de Toscane; les marquis d'Ivrée , de Stise et de Frirai. Le grand duché lombard de Bétiérent; qui avait résisté aiix armes de Charlëmagne , et qui embrassait plus de

différence entre l'ouvrage latin et l'ouvrage italien , je n'ai cité/ en général , que le nombre de la dissertation ; dans les cas où je renvoie à la nage , j'indique celui des deux ouvrages dont je veux m'appuyer. 3.*» h* Abrégé chronologique de l'Histoire générale • ' d'Italie , par 6àint-M arc : cet ouvrage est composé a-peu*près sur le plan de celui du président Hénault ; il a coûté beaucoup de travail au seyant français qui eu est l'autenr ; mais il est si bizarrement mmegé , disque page est défiée en un si grand nombre de colonnesv parallèles , qu'il serait difficile de trouver un livre plus incotemode pour Je lecteur. Comme Mura ton, Saint-Marc entre dans beaucoup de détails sur des poiuts de peu d'importance* La partie qu'il traite le mieut est celle qui a rapport à l'histoire ecclésiastique. L'ouvrage ne va que Jusqu'au treizième siècle. \.°\*t% R'wolutioni d'I/alia, par Oenina : cette histoire, publie* pour la première fois en 1769 , est pleine de chaleur et de clarté \ le§ principales circonstances sont choisies avec goût: elle n'est peut-éiie pas exempte d'erreurs de fait , et encore moins de celles qui tiennent à l'opinion ; mais je ne crois pas qu'avant Fourrage de M. Sismondi il existât quelque source où l'on pût puiser aussi facilement une connaissance générale de l'histoire d'Italie. 5.« L'Histoire dès Républiques italiennes, par M. Sismottdi. Sa publication a jeté beaucoup de lumière sur les états de l'Europe les plus intéressans , sous plusieurs rapports, pendant le moyen âge. Je m'estime heureux de pouvoir, autant que me Je permettent mes propres études , rendre témoignage à l'érudition et à l'exactitude dé cet écrivain, qualités que le public est assez porté à ne pas supposer dans an ouvrage oà il trouve tant d'éloquence et de philosophie. Je né pais à cet égard exprimer plus fortement mon opinion sur M. Sismondi qu'eu disant que sou Hvre a presque mis hors d'usage les annales de Muratori ; j'en-, tends a partir du douzième siècle , car le travail de M. Sismondi ne commence guère qu'à cetU, époque. Sans être plus caact que

la moitié des états connus aujourd'hui sous le nom de royaume de Naples, était alors en décadence et resserré , d'an côté , par les Grecs dans la Fouille , et du côté opposé j par les principautés de Capoue et de Salerne , qui avaient été détachées de son terri- % dans u toire (i). Les princes de la race carlovingienne con-

première par-

t2#> " Muratori, il a consulté un plus grand nombre d'auteurs ; et, con-

sidérée seulement comme un recueil de faits, son histoire est incomparablement plus utile; ils sont arrangés avec assez d'art pour faire disparaître en grande partie la confusion inévitable qui résulte d'un grand nombre de transitions et du défaut d'unité gêné- w raie. Il est à regretter que des détails oiseux et multipliés, et quelquefois aussi , si je puis prendre la liberté de le dire , des réflexions inutiles, aient jeté M. Sismondi dans une prolixité qui pourra effrayer la paresse des lecteurs de notre siècle. On doit d'autant plus le regretter, que V Histoire dès Républiques italiennes n'est pas seulement propre a meubler la mémoire de faits .historiques, mais qu'elle doit produire un effet bien autrement important , celui He. communiquer au lecteur quelques étincelles de cette noble philosophie, de cet amour de la vérité et de la vertu qui animent ses' pages éloquentes. 6 • La collection des écrivains originaux par Muratori, Scriptones Rerum italicamm , en vingt-quatre volumes in-folio. J'y ai donné nue très-grande attention ; il n'y a peut-être pas de volume que je n'aie plus on moins consulté. Mais, après les annales au même auteur, et l'ouvrage de M. Sismondi ,' je ne me suis pas cru obligé de recommencer un examen laborieux<de toutes les autorités sur lesquelles se fondent ces deux écrivains. En général, on parcourt les auteurs originaux et contemporains moins pour vérifier de simples faits que pour acquérir la connaissance de l'esprit et du caractère de leurs temps, connaissance qu'aucun compilateur ne saurait communiquer a ses lecteurs. Il me serait impossible de distinguer ce que fai puisé à ces sources primitives. Ainsi, dans les cas où je ne cite aucuue autorité particulière , je me réfère aux écrits de Muratori et de Sismondi , surtout à l'ouvrage de ce dernier, qu'on peut regarder comme le substratum du chapitre qu'on va lire.

(1) Giannone, Istoria civile di Napoli, liv. 7; Sismondi, Hisl. des Républiques italiennes, 1. 1, p. 244*

tinuatent à régner eu France ; mais ils n'avaient pa» assez d'énergie pour réclamer l'obéissance de l'Ita- Ke , déjà séparée des nations transalpines par despartages de famille : des chefs du pays s'en dis* priaient seuls la souveraineté. Bérenger , Pua d'eux, dans le principe marquis de Frioul ou de la Marche trévisane , régna trente-six ans , sans cesse obligé de niaintenir ses prétentions par les armes. Après sa mort, les malheurs de l'Italie furent aggravés tantôt par la tyrannie , tantôt par des guerres intestines. Les Hongrois désolèrent la Lombardie ; les côtes méridionales étaient infestées par les Sarrasins, alors maîtres de la Sicile» Plongée dans un abîme dont elle ne voyait aucun autre moyen de sortir, l'Italie oublia son indépendance chérie, et invoqua le secours d'Othon I , roi de Germanie. Ce puissant monarque trouva peu de résistance. Bérenger 11 , souverain d'Italie, consentit à tenir de lui son royaume à titre de fief (1). Mais, quelques années après , de nouveaux, troubles ayant éclaté , Othon passa une seconde fois les Alpes , déposa Bé- othon-ferenger, et reçut des. mains du pape Jean XII la dignité impériale , vacante depuis près de quarante ans* 9" l *•

Tous les anciens préjugés, tous les souvenirs d'Auguste. et de Charlemagne avaient accoutumé les Italiens, à attalfeer l'idée de souveraineté au^nom d'empereur romain ^ et, de leur côté, Othoft et sesdeux successeurs immédiats n'étaient rien moins que disposés à renoncer à ces prérogatives prêtent

(j) Muratori, A. D. $5i ; Denina, Jiwoluzioni d'Italïa, 1. $> chap. 6.

does qu'ils étaient en état de fiûre valoir. La plupart des princes lombards ne montrèrent point de répugnance à reconnaître le nouveau gouvernement dWllemagne , qu'Othon- le -Grand dirigeait avec beaucoup de prudence et de vigueur, et parfois avec sévérité. Les Lombards étaient encore pins satisfaits dfan changement qui leur assurait une administration plus tranquille et pins régulière que celle qu'ils Btat intérieur avaient eue sous les rois précédais. Une seule des me* villes d'Italie, et c'était la première, éprouvait des senthnens bien différons. Il régne , il est vrai , une grande obscurité sur l'histoire intérieure de Rome, depuis l'époque où les armes de BéKsaire firent rentrer l'Italie sous la domination de l'Empire jusqu'à la fin du onzième siècle- Les papes paraissent avoir joui d'un certain pouvoir temporel, dans le temps même où la ville était réellement gouvernée par les exarques de Ravenne au nom de l'empereur d'Orient. * Ce pouvoir s'accrut qnand Rome fat entièrement séparée de Constantinople. Il était cependant subordonné à la souveraineté incontestable de la 'nouvelle famille ijnpériale, qui était censée succéder à tous les droits de ses prédécesseurs. Il y avait toujours dans cette ville un officier impérial , ou préfet, pour y rendre la justice criminelle ; le peuple prêtait serment de fidélité àiPemperenr; et, à chaque élection irrégulière d'un pape , ce qui n'était pas rare, les empereurs se prétendaient en droit d'interposer leur autorité. Mais l'esprit des Romains était républicain ^ ainsi que leurs institutions. A travers- les ténèbres du dixième siècle , qu'aucun écri-

vain contemporain n'a dissipées, nous, distinguons pu* intervalle les nom» imposant de sénat, de consuls et de tribuns, l'ancienne magistrature domestique de Rome. Qta ombres d'une gloire passée nous ûwpîrent d'abord on sentiment de surprise ; cepen* dant il n'est pat invraisemblable que cette ville ai renommée, si populeuse, et si heureusement garantie de l'invasion des Lombards, ait pu conserver on établir par la suite une espèce de gouvernement municipal , qu'il était naturel de décorer de ces titres d'une vénérable antiquité (i). Pendant l'anarchie qui suivit la chute de la dynastie carlovingiennc, les Romains acquirent une . indépendance dont ils n'étaient point dignes» La ville fut en pttûe aux plus affreux désordres», On disputait la chaire pontificale par la corruption , par l'influence de la force » souvent par la violence et le meurtre ; aussi n'était-elle occupée que par des hommes que devaient naturel* Jement y porter des moyens aussi criminels. Us n'avaient qu'une autorité précaire, et unissaient en généra) par être assassinés ou déposés» Pendant longtemps, deux femmes, distinguées par leur rang, plus célèbres encore par l'infamie de leurs mœurs, Théodora et sa fille Marotia , imposèrent à l'Eglise ses pontifes suprêmes. Les rois d'Italie, élus à Roncaglia, dans une diète de princes el d'évêques lombards, ne semblaient devoir acquérir par-là aucun titre à la souveraineté de Rome } et ils ne purent jnfnais obtenir d'influence décisive sur les élections

(i) Murttori, A* D. 967 , 987 , 101 5, 1087*. Sismondi, t » » p. i55.

des papes, objet de luttes continuelles entre les factions qui divisaient la noblesse de Rome. Avec de pareilles habitudes, les Romains ne pouvaient rester long-temps sons la domination d'un souverain 96a. étranger. Aussi , dans l'année qui suivit celle du couronnement d'Othon, ils se révoltèrent, ayant le parie à leur tète; mais ils forent, comme on devait s'y attendre, soumis sans difficulté. Le même esprit républicain se manifestait aussitôt que les empereurs étaient retournés en Allemagne; il éclata surtout pendant la minorité d'Othon III , et attenta même à la supériorité temporelle du pape. Mais lorsque cet empereur eut atteint sa majorité , il assiégea la ville, la prit, et fit cesser toute résistance par la rigueux de ses mesures, et entre autres par l'exécution du consul Grescentius, un des chefs de la faction populaire , qu'on accusait d'être le principal instigateur de ces troubles (1).

Hemi il et Othon III n'ayant point laissé de postérité , sa mort, survenue en 1002, entraînait la dissolution du contrat qui avait eu lieu entre l'Italie et les empereurs de la maison de Saxe. Le serment de fidélité que les Italiens avaient prêté n'était certainement pas obligatoire à l'égard de tout souverain qu'il plairait aux princes d'Allemagne d'élever sur leur trône. En conséquence, Ardoain, marquis d'Ivrée , fut élu roi d'Italie. Mais il existait parmi les

(1) Sismondi, 1. 1 , p. 164 , lait de Crescentius un héros de patriotisme ; mais l'homme et les temps nous sont si peu connus , qu'il vaut peut-être mieux suivre le témoignage ordinaire de l'histoire , sans en garantir l'exactitude.

Ardouin.

princes et le» évéques lpmbards un parti attaché à l'Allemagne, et la Conduite insolente d'Ardouin leur donna bient&t unvprétexte pour proposer la couronne à Henri II , nouveau roi de Germanie , et parent de leur dernier souverain. Ardouin fut abandonné par la plupart des Italiens ; mais il conserva ses anciens sujets piémontais, et pendant plusieurs années disputa la couronne à Henri , qui ne resta que très-peu de temps en Italie. Dans cet intervalle il n'y eut presque aucun gouvernement reconnu*, et la nécessité apprit 'aux Lombards à se protéger eux - mêmes et à pourvoir à leur police intérieure* Cependant la nation allemande était devenue odieuse aux Italiens. Une soldatesque grossière, insolente et adonnée à l'ivresse, était continuellement en querelle avec lés citoyens; et ces derniers, suivant l'usage en pareille circonstance, étaient d?âboTd exposés à la prompte vengeance des troupes, et ensuite punis comme coupables de sédition (i). Dans une de ces émeutes, qui eut lieu & l'entrée de Henri II, en 1004,' la ville de Pavie fut réduite en cendres, et cet événement inspira aux habitans une haine profonde contre, cet empereur. A sa mort, qui survint en 1024, les Italiens voulurent encore une fois rompreleurallianceavecl'Allemagne, qui avait élu pour souverain Conrad , duc de Franconie* Us offrirent leur couronne à Robert , roi de France , et à Guillaume , duc de Gùicnne 5 mais ces princes n'eurent , ni l'un ni l'autre , l'imprudence de s'engager dans les affaires difficiles de l'Italie , ou de

(1) Muralori, A. IX 1097, 1037.

se fier à la perfic}e politique de ces peuples» On peut . être surpris qu'aucun prince du pays ne fie «oit mis sur. les rangs. Mais les Otbons avaient eu l'adresse d'affaiblir les grands fiefs d'Italie , que l'on considérait encore plutôt comme des gouvernement bérédi- Ipires que connue des patrimoines absolus > en détachant de leur juridiction certains districts , qu'ils conférèrent à des marquis d'un rang inférieur et à clés comtes ruraux (i). Jjes évoques ne. pouvaient prétendre à la couronne j ils étaient en général partisans de la domination allemande. Les villes fouissaient déj£ d'une influence considérable j mais elles étaient désunies par des jalousies mutuelles. D'anciens préjugés s'opposaient donc à ce que les républiques et les principautés indépendantes formassent une ligue fëdérative , qui n'aurait peut-être pu subsister dans l'état où se trouvait alors l'Italie. En Election de conséquence* Eribert, archevêque de Milan, aca 024. compagne de quelques-uns des principaux personnages de la Lombardie , se rendit à Constance pour offrir la couronne à Conrad r qui déjà se préparait à la revendiquer comme une espèce de dépendance de l'Allemagne. Il ne paraît pas que Conrad ou ses successeurs aient jamais été régulièrement élus, souverains d'Italie (2) j mais que cette cérémonie ait eu

(î)Denina, h 9, c, 1 1 ; Muratori , Antiq. ItaL, assert. 8-, jinnali d'Jtalia , A. D. 989.

(2) Muratori, A. D. 1026. Il dit ensuite y p. 367, qu'il fut a Rt* manis ad imperatorem electus. Le peuple de Rome conservait donc son droit nominal de concourir à félection de l'empereur. Muratori suppose, dans un autre endroit, A. D. 104/), qu'Hen-

Heu ou non , nous pouvotu certainement dater de cette époque la soumission de l'Italie au carpe ger* m&wque< II fat reconnu, comme une maxime in* contestable , qno les votes de quelques princes aile* manda conféraient un droit de souveraineté *ur an paye qui n'avait jamais été conquis , et qui n'avait jamais formellement reconnu cette supériorité (i). Mais c'était aussi une règle fondamentale, que le prince élu roi d'Allemagne ne pouvait prendre le titre d'empereur romain qn'apréa avoir été cou» ronné pair le pape. Le nom de roi de* Romains fut inventé comme une sorte de désignation intermédiaire. Ce ne Ail qu'à partir du régne de Maximi* lien que les souverains d'Allemagne se dispensèrent de se Élire couronner à Rome , et qu'ils prirent le titre d'empereur immédiatement après leur élection. La période qui s'écoula entre le régne de Conrad de Franconie et celui de Frédéric fiarberousse , ou cfepufe Je milieu du onzième siècle jusqu'à celui du

ri III fut élu roi d'Italie, et cependant il avoue qu'il n'en existe pas de preuve. On ne voit pas de raison pour faire cette supposition*

(i) ht poète de Frédéric fiaritarou sst , GuotW, m expriais> J 'éte t. de Rome dans 4e» ver* assez élégant :

Romani gloria regni* Kos pênes est; quemcumque sibi Germa nia regem &r(fflcit, hune dives submisso verïice Monta jàccipit , et verso Tiberim régit erdine Mhenus.

Ovntkxil, IâgurijuiA ap. Str*ytum, Corpus Jiist. Germ. , p. 266.

Cependant on voit dans une autorité irrécusable , dans Othon de Frisingue , que quelques noble» d'Italie concoururent , ou du moins assistèrent k l'élection de Frédéric lui-même , 1. a , c. 1.

douzième, est signalée dans l'Histoire d'Italie par trois grands événement : la lutte de l'Empire et de la papauté, à l'occasion des investitures ecclésiastiques; l'établissement d'une dynastie normande sur le trône de Naples , et la formation de républiques distinctes, et presque indépendantes, parmi les villes de la Lombardie. La querelle des investitures sera traitée dans un des chapitres suivahs, où nons décrirons les progrès du pouvoir ecclésiastique. Long-temps elle mit l'Italie dans un état de trpuble presque continuel ; et nous l'indiquons ici comme une des principales causes qui excitèrent dans ce pays une opposition systématique à l'autorité des empereurs.

Province» L*ÇS provinces du midi de l'Italie, au commencefitSe^mëri^ nrent dn onzième siècle , dépendaient pour la pludionale. p^ fe l'empire grec, qui avait récemment recouvré une partie de ses pertes, et manifesté quelques vues ambitieuses , quoiqu'il manquât d'énergie intérieure. Ces provinces étaient gouvernées par un lieutenant appejé Catapan (i) , qui résidait à Bari , dans la Pouille, sur les bords de la Méditerranée:* trois duchés , ou plutôt trois républiques , celles de Naples, de Gaète et d' Amalfi , étaient restées depuis plusieurs siècles attachées à l'empire grec , dont elles reconnaissaient la souveraineté nominale. Les principautés lombardes de Bénévent , dé Salerne et de Capoue étaient bien déchues de leur ancienne splen-x deur. Mais la cour de Gonstantinople était retom-

(1) Catapanus, de x«7à «ar» personne chargée de Padministration générale des affaires.

bée dans son indolence habituelle, et les Grecs n'étaient pas capables de tenter de nouvelles conquêtes; la gloire de leurs derniers succès ne leur appartenait même pas ; ils les devaient en grande partie à leurs auxiliaires, à des mercenaires sarrasins qu'ils tiraient de la Sicile. Aucune révolution importante ne semblait menacer le midi de l'Italie , et il était surtout impossible de prévoir de quel côté devait se former l'orage.

Les compagnons de Rollon , qui , tranquilles pos- EtabUi** sesseun de la Normandie , se reposaient des fatigues uMjuUeÂw du pillage et d'une vie de pirates , devinrent de **' pieux prosélytes du christianisme; Les pèlerinages , alors en vogue , satisfaisaient àJa-fois leur curiosité et leur goût pour les aventures; ils en faisaient fréquemment. Réunis en petits corps bien armés , à cause du désordre qui régnait dans les contrées qu'ils traversaient, les pèlerins notmands visitaient les reliquaires d'Italie , et jusqu'à la Terre-Sainte. Dés le eommencement du onzième siècle, quelquesuns d'entre eux furent engagés par un prince lombard de Salerne pour repousser les Sarrasins , qui avaient envahi son territoire. Les Normands, supérieurs par leur valeur, peut-être aussi par'cette force physique , qui parait les avoir distingués de toutes les autres races de l'Europe , firent un ravage surprenant dans l'armée ennemie (1). Cet exploit donna

(i) Giannone, t. a, p. 7 (édit. 175'i). Je dois observer que Saint-Marc, qui examine le* faitt avec une critique plus sévère que Giannone , considère cette première aventure des Normands comme dénuée d'autfeenticité. abrégé chronologique, p.' 19°*

lieu à de nouveaux enrôlemens, et ces enrôiémens attirèrent de Normandie de nouveaux aventuriers. Ils fondèrent la petite ville d'Aversa; près de Ca~ poue , et furent employés par. les Grecs contre les Sarrasins de Sicile. Mais les services éolatàns qu'ils avaient rendus daùs cette guerre furent payés d'in* gratitude. Trop fiers pour supporter un àffrûnt, ils s'en vengèrent en se jetant aussitôt sur la Pouille* Cette province fut bientôt soumise et divisée entre

1 042 . douze comtes normands 5 mais, peu de temps après,

Conquêtes Robert Guiscard; ui* des douze fils de Tancrède, Guiscard. dont plusieurs furent célèbres dans les guerres d'Italie, acquit la souveraineté * et, en ajoutant la Gala»

lobj. bre à ses conquêtes , mit fin à la longufe domination des empereurs d'Orient en Italie (*). Il soumit les principautés de Saleme et de Bénévent; mais il par* tagea cette dernière dépouille avec le pape- Celui-ci prit possession de la. ville > et Robert conserva le reste du territoire. Ses Conquêtes dans la Grèce; qu'il envahit avec le magnifique dessein de renverser l'empire d'Orient, furent peur le moins aussi éclatantes , quoique moins durables- Sur ces entré*

jo6i . faites , Roger, son jeune frère 1 conçut le projet, romanesque ett apparence , de conquérir la Sicile avec une poignée de volontaires normands. Mais les Sarrasins qui l'occupaient étaient divisés en petits états 9 et découragés par les revers qu'éprouvaient leurs

(1) La prise de Bari , en 1071, après quatre ans de siège, porta le dernier coup k la domination des Grecs en Italie. Depuis quelque temps ils n'y conservaient plus que cette ville. Muratori , Saint-Marc.

(xS)

frères en Espagne et en Sardaigne. Roger, après plusieurs années de guerre , détint seul maStre de la Sicile j et prit le titre de comte. Le fils de ce prince , qui se tarera, par l'extinction de la -postérité de Robert Gniacard , en possession des deux souverainetés normandes , ayant subjugué les républiques libres de Naples- et d'Amalfi, et la principauté de Capoue , donna à son royaume des limites qui n'ont 1 12guère changé depuis ee temps (i).

Les papes virent de mauvais œil les premiers sue- l« pape* ces de ee» chefs normands. Léon IX marcha en per- yesti^e d« sonne contre Robert Guiscard avec Une armée de NaPleimercenaires allemands; mais.il fut battu et fait prisonnier dans cette imprudent^ entreprise , dont la réussite pouvait seule diminuer le scandale. Cependant il était tombé dans les mains d'un peuple dévot, qui implora son absolution pour le crime de s'être défendu . Soit par reconnaissance , soit comme prix de se liberté, 1e pape investitfes Normands de leurs conquêtes récentes dans la Fouille , à titre de fiefs du Saint-Siège. Les papes renouvelèrent et étendirent cette investiture , surtout pendant leur querelle afcc Henri 1 Y et Henri V, pour sje procurer l'avantage de trouver dans les Normands des alliés fidèles. Enfin, en n3y, Innocent II conféra à Roger le titre du voi de Sicile. Il n'est pas facile de

(1) M. Sxsmondi s'est surpassé hri-méme dans le récit de 1» conqoéte d'Amaifi et de Naples par Roger Guiscard (t. x, c. 4). Son imagination échauffée art» dams ces obscures républiques de» tafafoaan de liberté et de vertu , dos fc ¥ absence de touffe histoire' ne permet pas de contester la réalité.

( rf)

concevoir comment le siège de Rome pouvait revendiquer la souveraineté de ces états , à moins que

. ce ne fût en vertu de la prétendue donation de Constantin ou de celle de Eouis-le-Débonnaire , qui n'est guère moins suspecte (i) jet surtout comment il pouvait livrer les libertés de la ville de Naples , soit qu'elle fikt considérée comme une république indépendante , ou comme une portion de l'empire grec. Mais les Normands, qui n'avaient d'autre titre que leur épée , saisirent avec empressement l'occasion de donner une apparence de légitimité à leur conquête ; et le royaume de Naples, sous la domination même des princes les plus puissans de

•l'Europe, ne cessa jamais de payer un tribut féodal à la chaire de Saint Pierre. .

Progrès des Les révolutions que le temps opérait à l'autre bardie. ? extrémité- de l'Italie étaient encore plus intéressantes. Sous les. princes lombards et français, chaque cité , ayec le territoire adjacent qui formait son district^ était soumise au gouvernement et i la juridiction d'un comte, subordonné lui-même au duc ou marquis de la province. Les premiers empereurs d'Allemagne établirent l'usage de détacher de ces comtés certaines villes, ou certaines portions de territoire, qu'ils concédaient sous une tenure féodale à des seigneurs. ruraux, dont plusieurs pre-

(1) Muratori suppose même que les donations, fausses en totalité ou en partie, de Louis - le - Débonnaire , d'Othon I et de Henri II au siège de Rome > furent publiées vers le temps des premières concessions faites aux Normands , pour donner aux papes un prétexte plus spécieux de disposer des provinces méridionales de ritalifr A. D. 1059.

liaient aussi le même titre de comté. L'autorité des gouverneurs primitifs se trouva ainsi par degrés presque renfermée dans l'enceinte de leurs propres villes ; en beaucoup d'endroit» , l'évéque se fit accorder le gouvernement temporel , et exerça les fbno ' rions qui avaient appartenu ,au comte (1).

11 est impossible de déterminer l'époque i laquelle les villes de- Lombardie commencèrent à prendre une forme de gouvernement républicain, ou de retracer avec précision leur marche progressive vers l'indépendance. Le dernier historien de l'Italie avance qu'Othon L les érigea en communautés municipales , et leur permit d'élire leurs magistrats; mais il ne produit aucune preuve i l'appui de cette assertion ; et Muratori , dont il est téméraire de rejeter l'autorité sans de fortes raisons, non-seulement ne cite aucune charte relative k cette concession de privilèges, mais déclare qu'il ne découvre aucun témoignage exprés et certain de gouverne» ment populaire pendant tout le onzième siècle (a). La première occasion où l'on voie les citoyens agir pour eux-mêmes , est une émeute qui eut lieu à Milan en 99 1 , et dans laquelle l'archevêque fut chassé de la ville (3) ; mais* c'était une effervescence passagère , et nous devons descendre i des temps postérieurs pour trouver des preuves plus positives de

(i) Muratori, jântiquiU d'Italia, dinsert. 8} Annali d'Ita» lia, A. D. 989; jdntichità EsUnsi, p. a6.

(a) Siflmondi, t. 1, p> 9?» 384» Muratori f diMcrt 49*

(3) Muratori, Annaji d'ftalia*

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