‹ L'Europe au Moyen Age (volume 2)Chapitre 4 sur 24 · XXI · texte numérisé non relu

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liberté civile, 11 **t possible <[ue la dispute* de la Oouronue dUtalie ; entre* Àrdouin «tr^Ienri , .au com- (menoement du onaMme siècle, et ilfeapèœ dftsteraregne qui eut li*» qlors, tient présenté aux habi tans des villes. une occasion .favorable pour scoboiarcles magistrats et prendre part aux délibérations publiques. Il est vrai qu'un .semblable relâchement dans je gouvernement avait en cFranoe «ftposé 4e peuple ^une servitude iplu* rigoureuse, M établi l'aristocratie .féodale. Mais il , ne panait pas. que .les tenures •fëodales .aient produit .en kalieoettftsi^rdination régulière et systématique qui existait en France à la même époque , ni que les devoitaet4eB.i!appotts «réciproques du seigneur et du vassal y laient.été aussi •bien compris ou aussi bien<obaervés. Aussi trouvons- 4»ous non-seulement <des querellas, imais.de vérita- Wos guerres civiles lentee la petite nobletae ou «les vavaaseurs, et Ja haute noblesse ou leurs supérieurs immédiats. Conrad le Salicfue apaisa ces troubles 5 lfédit remarquable qu'il promulgua jen ao3y donna plus de fixité A dailoi féodale d'Italie (1). /Cette désunion parmi lep membres de la confédération féo~ ibde facilitait au* citoyens les moyens de se garantir de leur domûialson. Lesxite^jdeiLomdba^die étaient aussi beaucoup plus populeuses et bien mieux défendues que celles de Fjnmpe ; elles avaient appris à soutenir des sièges pendant les invasions des Hongrois au dixième siècle, et acquis le .droit de s'entourer de bonnes fortifications. Celles qui avaient été placées sous le gouvernement temporel de leurs

(1) Murttori , Annali d'Italfr; Sa hit- Mare.

évôqusa ae>t*QUTaient dans>une position encore .pins aw*fc»gewie pour obtenir Jktw" émancipation, (i ) . Jie jre^rdo^elteeirQQnatftnceded'étotde laJjOmJbard^e commet çxtrênraneitt importante pour expliquer la ^*Iiii«onr<fui*jopéHu Malgré quelques exeepti ons i oettégurd, iin'ïpvune d'église était moins.prçpre qu'un guerrier à déployer djeda hardiesse, et de l'antivité xlans laeonunajuJLsmeat^et ttespéce d'élection qui, là tla vacance d'un «siège r. était toujours néeea- •aaûe > jet (quelquefois plus iijue .nominale , . entvete- •xuubt les citoyens dans l?idée . que d'autorité <le leur évoque je&.pimtipal magistrat ,> émanait cil quelque srtçte oVeax.j£n;plusiettrs endroits r et surtout dans Péglise/de Milan ^ikiplu&anoienne peu t-^trey et sans

(j) Il paraît que les évêques devinrent comtes ou gouverneurs temporels de leurs sièges vers la fin du dixième siècle, ou avant le nftliett do» onxièwe. Muratori , dâasert.1 8 y Destina , 1<9 , c. 1 1 ; Saint-Marc , A. D. 1041 , 10479 1070. V Histoire de Milan, écrite .par ArnuJf, -ayant ^a /in 4u aozième siècle, nous offre un témoignage contemporain des événemeps. La lecture 4e ctt .oaynga me porterait,*, croire que l'arcnevéqiie .jetait , tau miiim<4» 99» zième fà$çlv9 Jewjùnc\j^,m*gisiffit de ,1a cité ; maison; mfa*n temps- j\ parait trèsrp*oJbaJhle gu'jme assemblée 4e citoyens, op au moins, «me partie 4es, citoyens , : prenait part à l'admiuisf nation des affaires. puJMiques. ^wratpp^fcripMtresJierv^ifaUçaruwh, t.. 4 „p. tf ,^2,^3 ,/eMurjtoutA<M«.nûec, e^oiUD^ns Ja,^- . part defi.viUe*,-* r,est>4u,?é4in,.]ea éyéques,pe&iire*t Jenqautoi&té teinpor^Ue,4«ft8 4e,4pu2i4me>4ècJe. L,>rc**evêque 4e Milan coq* serva cepen4aot;d^ass#x.beUe^prérçf^jtiveSy lajudisqpe cette &Qé était gouvern^e-^M^M^ Je* #«que*rra-

ttarent|eur,pojuvojrpp,lj4fi hm^-tempg.. YerceU et .Turjn mêm*,i;estèreiitsojimises à lejurs, palais respectifs jusqu'au toizjtjme, mç&. C'est .une 4*& raisons, qui ce permettant guère déranger ica yijy^s duttéwontparmiies i^uJbtio^estdejHnn^ dell'Ilalia occidentale, 1. 1,. #. w ' » •

lit la plus laineuse 'dés vépubKfpie»' tootbar* des, l'éleotion fut* souvent As^utée^^ury etiqueK qnefois trois1 cbriipétitebrs prélendaieiit oint fonctions arohiépiseQpaiesi etj peitdairtvPibseôce des empereurs, épient obligés', pour pou^oifrfes -exercer, d'ayoir. recours à làfactkwx ifè'rlsî s'ëtaitnt formée parmi les citoyeris(i). • r r: . .'; ; .Telles sont les causes» générales qui y en- agissant «différentes épéqfces du enidème siècle/ paraissent -avoir graduellement introduit les: formes .réptt&lixaines dans tes cités -d'Italie. Mais il y ai beaucoup .d'obscurité dans cette partie de l'histonrç. Léserontans de toutes les villes d'Italie, antérieures au règne r& Frédéric Barbe rousse, ont péri. Pendant tin grand nombre d'années , la Lombardie manque (^historiens contemporains, et ceux d^n âge postérieur qui s^sopt: livrés à l'étude d*& antiquités de

* "(i)' Murât ori, A. D. 1045. Quelquefois les habitons' d'une ville refusaient de reconnaître Pévêquc nommé par l'empereur ; c'est <ee qui arriva à Pavie et a Asti vers !*ad 10.57. Arnulf,p: 22; ^^HCaît) en d'autres terme* ,' se* constituer en république. L'événement de ce genre- le plus remarquable > eut lieu- en 1-070. Les •Milanais refusèrent «bstrtument de reconnaître Godefroi , qui avait été nommé' par Heriri 'ÏV, et , après une résistance de plusieurs années*, forcèrent l'etanrjtëreur de désigner une suite* per- -Âëinie.'-La ville avait été,. quelque temps auparavant, en proie à -fle longue > et violentes disseusions. Elles appartiennent plutôt a -Wristoire ecclésiastique qu'a l'histoire civile; car elles furent produites par les efforts que1 l'on fit pour réformer la 'conduite du clergé, et forcer les prêtres au célibat; mais1 elles contribuèrent •ttaratoup a diminuei"!1Ùut6rité de l'archevêque , et à donner aux. habitans'uit esprit républicain. Ces événemens sont rapportés très au long par Saint-Marc , t. 3 , A. D. io56 , 1077. Arnulf et Laudulf sput les sources originales. ' . i- - < „ .. » .

leur pays,, i/oiits purêcweiïlir qtté quelques fait» isolés el peu imposons. -Nous apeilcévons cependant que , durant tout leorizièiné «siècle, les villes furent continuellement en guerre 'Pune avec: l'autre. C'est un Ait, il est vrai,' pârfaitemewt conforme aux ncsnrs dut temps', et dont on ne peut tirer aucune conséquence en faveur de la liberté 'politique des citoyens. Mais iLest remarquable' que les chroniques qui rapportent ces événémens 'partent du peuple, et pas de ses chefs; c'est le Vrai langage d'une bis» tokre de républiques. Ainsi, dans (es Annales de Pise, il est fait mention, sous les années' 1002 et 1004 y de victoires remportées par les- Pisaris sur les Lncquois, et en 1006 de la conquête de la Sardaigne par les.Pisans et les Génois (1).' Ces Annales, il est vrai, né sont pas d'un écrivain contemporain r et ne méritent peut-être pas beaucoup de confiance; mais nous avons une relation originale d'une guerre qui éclata, en io5^, entre Parie et Milan , dans laquelle il est dit que les citoyens, levèrent des armées , firent des -alliances, prirent des- troupes étrangères

à leur solde ,. et agirent, sous tous les rapports,'

' (1) Mnratori, dissert. 4& ArnuK, PfnMrHA de Milan , rie pafrW point de comte» temporels;, d'où, l'on pourrait conclure qu'ils* n'exerçaient aucune autorité : il dit toujours Mediolanenses x Papienses, Rayonnâtes , etc. Cette histoire fut écrite vers l'an* née io85 ; mai5 elle est relative à ta première partie dn douzième* siècle. Celle de Lendulf l'ancien, écrite aussi vers la fin du onzième tfiècle, confirme cette supposition) qui, au surpins , n'a pas besoin de preuves pour Milan et plusieurs autres villes , où. lea évêques étaient en possession légale du gouvernement tethpdreU Voyez Saint-Marc, t. 3u . . . ' :

comme des états- indépendant (i)v VEmpire m* conservait en-effet aucun pouvoir surent Laïquerelie des investiture* et .le» troubler continuels de l'Allemagne donnèrent tant' dfembânvsrà'Hewi'IV et à Henri» V,. qne, loin de pouvoir- s'ojjposèr à «la liberté naissante dessilles* d'Italie ^ilrsé Ubuv aient heureu* d'acheter leur assistance par de grandes concessions. En> 1381s Henri- IV accorda» à Bise-une charte qui conférait à' cette ville tes- privilèges les pins impOrtans , avec la promesse de: ne point nomnter de marquis de Toscane sans le consentement du peuple (2); 11 est très-possible que d'antres *5itës aient obtenu de semblables avantageait et que leurs chartes' aient été perdues; Quai qu'il elr soity il est certain qu'avant ta mort de Henri Vven rig5, presque toutes les villes de iLombardie etla plupart de celles de la Toscane, étaient dans l?uaage d'élire leurs- magistrats , et d'agir en- communautés; indépendantes dans4 les guerres- qu'elles entreprenaient , comme dans leur administration intérieure (3)» Léon ac- " Le territoire soumis dansl'oririne ah comte on & t^oke! * l'évêque deces villes avait été diminué, comme je x. l'ai dit plus haut, par de nombreuses donations faite* à la noblesse ronde. Mais les nouvelles. républiques, se croyant' en droit de prétendre à tout ce que leurs anciens gouverneurs avaient jadis possédé, commencèrent à attaquer leurs plus proches voi-

(1) Murati , dis*. 45 -, AmulfyjRj*. nvedioian. , p. 2*;

(2) Murât., diss. £5,

(3) Murât. , Annal, d'ItaU , A. D. 1 107.

àm^f etèr recouvrer là souveraineté de leur ancien territoire. Elles' assiégèrent le» châteaux de» comte» rurau, et ' les soucairent succtissitrement* Elle* sup* primésettt quelques* ootèatunautés inférieures , for* méetj i leur eiJéniple, pa* de' petites Ville» de leur district* Quelijueftis «lier achetaient des supériorité» féodales On deê juridictions territoriale», et> sui» Tant une politique essez Ordinaire à la partie la plus forte j convertissaient leurs droite de propriété endroite de souVëtaineté (i). Aussi, au milieu- du deuiièifae siècle , un écrivain contemjrtrain nous as> suré-t-il qu'A eèt été bien difficile de trouver quel<que noble f'.ai ce w?eH le marquis de Modtfernrt , qufr ne ftt* sounfis à- une ville (a). Je crois qu'on peut aussi excepter les fankilles d'Esté et de Malaspine, ainsi que délie de Savoie. Muratori rapporte une' foule de chartes* qui contiennent des stipulations ré»cifftroqueft entre les nobles et les cités Voisines ; et un des article» iàfêriMe» de ces chartes, est que le» nobles résideitmt chaque année , pendant un certain nombre de moisydàns l'intérieur de la ville (3). La noblesse rurale , asfrst privée de l'indépendance qui lui arfait fait aihtèr'sss on&teau*', coriçot une nou*

(i) Itdomlnio utile dette citâà e de' villaggi era taîvolta di~ flso/hadue o piàpûdroni, ossia ohe s'assegnassero a ciascuno dtPëteiquartM, o st dividissseto ijrroVenli délié fptbelW,o\fi>ettx chè l'uno stgttôre gbdesstr tfuhà spetiidcUa giurixditidùe >x & Valtrù d9uHrdttra, Dsirfot, 1. îa , c: 3. Il en réinlte utt» gttttdé «ontarion* dilua lé* ' titres , cdttftsion ataiitageurtè àtitti' qui avaient keâôin dfutt Çïètèx te pftur'volsr l*tifn votoîns?

(a) Otno Frûingeû*. , 1. a , c. j V

(5) Muratori , diasert* 49*

velle ambition, celle de diriger le gouvernement municipal des villes j et , pendant les premiers 'temps , l'administration de ces républiques se trouva en effet concentrée dans les mains des grandes familles. Les Lombards eurent l'habile politique d'inviter des étrangers à venir s'établir chez eux, en leur offrant les droits de cité, et quelquefois même les contraignirent à les recevoir. Quelquefois une ville, imitant la sagesse de l'ancienne Rome, accordait ses privilèges à tous les habitans d'une autre ville (i;. C'est ainsi qu'avant le milieu du douzième siècle, les principales villes de Lombardie, et surtout Milan , étaient beaucoup plus peuplées que les capitales des grands royaumes. Protégés par de fortes murailles entourées de fossés profonds, au. milieu de leurs rues populeuses, les habitans industrieux vivaient à l'abri de la licence des brigands armés et de l'oppression des tyrans féodaux 3 les artisans, méprisés par les seigneurs,' habitués aux exercices militaires, acquirent et méritèrent le droit de porter les armes pour leur défense et pour celle de la cité (2). Leurs occupations devinrent libérales, parce qu'ellesétaient le fondement de leurs franchises

(1) Murât. , dissert. 49» s

(2) Otho Frisengensis, ap. Murât., Scr. lier. itaL, t. 6, p. 708. TJt eliam ad comprimendos vicinos materid non careant, inferioris ordinis juvenes, vel quoslibet contemptibilium etiam mechauiçarum artium opificesj quos cœterœ gentes ab honestioribus et liberioribus studiis tanquam pestent propellunt, ad miliii>v cingulum , vel dignitatum gradus assumere non dedignantur. Ex quo faction est, ut cœteris orbis civitatibus divitiis 4t potentiâ preeemineant.

politiques. Les citoyem furent classés j suivant la nature de leurs profession» , en compagnie» qui avaient chacune leur tribun ou porte-étendard ( gonfôlonier), sous Je commandement duquel on s'assemblait en armes sur la place du marché, lorsqu'il s'élevait quelque trouble , ou qu'on étaitmenacé par l'ennemi .

Mais malheureusement cette admirartioit que nous Leu» améprouvons à la vue de ces institutions où' respire "Xl? au" tant de liberté , nous rie pouvons pas l'étendre à la conduite nationale de ces petites républiques: Leur amour de la liberté était accompagné de cet esprit remuant dont une démocratie est rarement exempte , et qui porte à tyranniser des voisins plus faibles. Elles renouvelèrent le spectacle tragique de l'ancienne Grèce ; la scène était occupée par des acteurs moins consommés; mais leurs haines étaient aussi invétérées, leurs ambitions aussi injustes > leurs représailles aussi atroces. Entre toutes les villes de la Lomba rdie, Milan était h plus remarquable par sa puissance et sa population, et par l'abus qu'elle faisait de ces ressources dans l'intérêt de son ambition et de sa tyrannie. C'est ainsi qu'en 1 1 1 1 on voit les Milanais raser la ville de Lodi, distribuer ses habitant dans six villages, et les soumettre au plus cruel despotisme (1). C'est ainsi qu'en 1118 ils entreprirent contre la petite ville de Côme une guerre qui

(1) L'animoaité de Milan contre Lodi remontait à un temps très-éloigné •, elle commença, suivant Arnulf, par la résistance que les habitans de Lodi opposèrent a la tentative de l'archevêque Eribert pour les forcer à recevoir un évoque de son choix. Les meurtres, le pillage et les incendies, qui furent la suite de celte

dura di* ans; la' persevérarice- swprenslite dettes habitans loi fit obtenir une capitulation plusavfenta- ' geûaé; sdaUellcf perdit son ancienne indépendance* Les Crémonais traitèrent1 si durement la ville de Crème?, .qu'elle se révolta et se mit sous la protection de Milan* Les villes dftpt les force» étaient moins inégale» se livraient à des- hostilités eotitinuéllea les une* à l'égatd des'autresj elles* se ravageaient mutuellement leor territoire, détruisaient' leur»' moissons et brûlaient leurs villages» Souveraineté Dans cet intervalle, la souveraineté des' empeempereurs, reurs , . sans être effective , était cependant1 toujours admise en théorie; leur nom: figurait dans lesaete» publics et sur la monnaie. Quand ils venaient en Italie, ils avaient droit à certaines- provisions d'usage, appelées Jbdrum régale, qui devaient leur être fournies* aux frais des villes où ils résidaient; pen~ dairflenr'séjodr, toutes les majpstnrtures inférieures étaient suspendues, et tous les droits de juridiction étaient dévolus à eux seuls* Mais telle était la jalousie des Lombards^ qu'ils bâtissaient les palais impériaux hors, de leurs mûrs; les* empereurs étaient contraints de se soumettre/ à cette mesure de sûreté. Une querelle avait eu lieu à ce sujet \ à une époque déjà assez éloignée v entre Ccfnrad II et les habitans de Pavie. Ceux-ci avaient, dans une sédition, déquerelle , rempliraient, dit cet historien, un volume entier, s'ils étaient rapporté* an longt Scriptàte* Rerum ital, , t. 4, p. i6i Ce témoignage est cependant cetm d'un écrivain q*i ne vécut qoe jusqu'en io85. Lodi ettt encore à supporter plus de soiiànte-dix ans de guerre' et de servitude avant qu'il lai fat permis <te respirer.

molisofr palais > quittait au centife de feur» ville , >et

ploft 1er rebâtir à latmême1 place (i).

Tel' était l'étatde Pltalie lowqne Frédéric Baar- Frédéric

Barberottite»

berçasse, due derSetiabe,et néveù» dû* dernier empetauy Gorirad 111,- inonta' sur le trôné d?AUe» itisgoe* Son- avéncttierit foitn» le commencement d'une nouvelle pér^e (^environ cent crue, qcii se termine à<la»mjdrtrde Gonradf IV, dernier empereu* delà maison de Souabé. Elle est signalée, comme teperickle précéde&te, par trois événeiàeh* marquant dans ^histoire d?Italie ; la* lutte victorieuse des citée lombardes et autres pour- leur indépex*» dance, J'établiflèement défiohif de la souveraineté •

tâmporeUe des papes sti^led proviticffsdu centrey et la réunion du royaume de Napke^ux autres état* de la maison de Souabe>>

Lcfeitaiienstroavèrent dansPrédério Barberousse un souverain bien» différent dés deux derniers empereurs, Lotbaire et Conrad lit ,<jtii avaient rarement paru en Italie, et ton) ours t avec des forces insuffisantes^ pour Aire respecter leur autorité par des' surjeta aussi peu-soumis* Lés talens et lar valeur distinguée de ce prince devaient faire craindre davantage son caractère sévère et arbitraire j- et les superbes idées cfu'il affectait d'attacher à serf droits impériaux* Il croyait j ou feignait de oroirfc cette pompeuse absurdité , qu'en qualité de successeur d'Auguste , il héritait' de l'empire du monde. A.* ce titre, il revendiquait aVeo^lus de forte, sinon avec plus de raison , .toutes les prérogatives des, empereurs romains

(1) Otho FHséngeasfe, p. 710; Muratori, A*. D. 1027.

sur leurs sujets. La loi civile était alors soigneusement étudiée, et les jurisconsultes) qui la profes-! saient , appuyèrent ses prétentions avec la. plus honteuse servilité. Avec de telles idées , les gouver-. nemens indépendans des villes de Lombardie ne lui parurent qu'une véritable rébellion. Milan -surtout r la plus célèbre de toutes, attira' sur elle tout le poids» de son ressentiment. U trouva , malheureusement, un prétexte trop juste dans la conduite de cette ville à l'égard de Lodi. Deux anciens habitans de cette cité ruinée vinrent se jeter aux pieds de l'empereur, implorant sa suprême' justice, et le suppliant de venger les maux de leur patrie. Mais la terreur qu'inspirait Milan était telle, que les consuls de Lodi désavouèrent les plaintes de leurs compatriotes, et que les habitans tremblèrent d'attirer sur eux une 'prompte vengeance, contre laquelle la protection des armes impériales ne leur paraissait pas suffisante (1). Les Milanais n'attaquèrent point les habitans de Lodi ; mais ils méprisèrent Tordre de Pempereur qui leur commandait de rendre ce peuple à la liberté. Sur ces entrefaites, Frédéric se rendit en Italie , et tint une diète à Roncaglia, où l'on porta, de différons points de l'Italie, des plaintes nombreuses- contre les Milanais. Les habitans de Pavie et de Crémone , leurs anciens en-

(1) Voyez le récit intéressant, de ,ces circonstances par Otho Morena, citoyen de Lodi, Script. Rer. ital.y t. 6, p. 966. M. Sismoiidi, qui reproche à Morena sa partialité a l'égard de Frédéric dans la guerre de Milan , aurait dû se souvenir des malhetirs des habitans de Lodi. Hist. des JRépubl. ital. , t. 2 , p. 1Q2.

nemwyiétaieiit «fcpatîéns de recommencer les <hos* tûiiéifeous ies*ospicéstde>rèii«pereur. firesdia rTor~ tone leHjréin» *éta»nl aillées , ou plut&t dépendantes de ÛÉfeo. Fréclétic saisit fciehtôt l'occasion d'attaquer cette ligue, Tortofte fut forcée deiseofendre, et entièrement rasée « Mais une armée féodale était bientAt dissoute. L'empetreur était > occupé pari les affaires de Rome*, où ijl 'était mal avec Adrien IV ; et lorsque les troupe* impériales furent sorties de la Lom9>a*rdié, les Milanais rebâtirent' Tortohe, et chassèrent deleuss habitations les citoyenside Lodi. Frédéric assembla une (nouvelle armée', qui fut recrutée-; > sait de gré, soit de force, dans la milice de la plupart - dès ' villes dé Lombardie , et qui ' s^ékvà , dit'Oit?, à: plus de cent mille hommes. Lés .Milanais 5e renfermèrent danrflenrs murailles , où ils auraient pu défier les forces impériales,' si leur immense popwiatkm , ijuî étaâtpotar>eûxun sujet de confiance dans leurs armes, ne les eût exposés à un ennemi d'une autre espèce. Mfian, pressée par la famine, fut obligée de capitulera des conditions qui n'étaient pas trop rigourédses, si un peuple vaincu pouvait' jamais se reposer entièrement sur la convention' qui garantit sa soumission. '

Après la reddition de Milan, Frédéric tint une Diète de diète à ftoncagKa , où Péciat de ses victoires produi- Ronc"|Uasit sm les esprits un effet bien fatal. Lesévêques, la haute noblesse, les 'gens de robe exaltèrent à l'en vises prérogatives» L'empereur définit sas droits régaliens de manière à enlever aux villes et aux seigneurs le droit de battre, monnaie , et les droits

de péageon «redevances itcrtiêoiîtflcB .dent al» jorn^ sssent'depuîs un çrpnd inombre <dbnttéts« Jl leur fat cependant i permis, de des, conaoawtr moyenmart une domine d'argent. ;U iintrodoiéit une nuvmtiomphia importante cen nommant deshmegiatintfi qui, souedettitorede po^fc^ décent Administrer la justice concurremment layecles.fxmsuls. Maisil ne .'tarda pas à abolir dans plnflâenns if Ulesjlas jonctions de oes derniers ,.et>â .concentrer» touted'administrattion rentre lesanains de>aos magistrats. U.délendit aux ailles de porter ks.armes lesunea contre les autres. On .peut bien ;penser,qu?il>ne ménagea pas Milan. tLa capitulation fut. violée dansses dispositions les jplus.expresses. .Un podestatiremplafa les •consuls, étonne 'partie* de son tamtoire; lui fut enlevée. Quel que fôtUe danger de da »rtiistaaioe^,ot ks Milanais le. connaissaient sans doute masses -pour *fc bien apprécier, >iis»aimèpent 'mieux eJexposer à ,v jeors 'libertés .anéanties tontes ià-la-crots(que de 1 laisser détruire l'uneapràs Fautrepar>un tyran, sa •foi. Us profitèrent )de d'absence ide* son armée >pcmi recommencer la (guerre, du'issue.de cette*ei (fiiti plus malheureuse encore que eelle de Ja précédente Presque toute la Lombardte supportait putiommen le; joug. La petite *ville de Crème, l'alliéetfidèle d< Milan , -soutint un siège . mémorable contre Ifatrorâ •impériale; à kifin les habitons furent Ames .d capituler pourra soustraire à la, mort, «et les vindi oatifs Grémonais rasèrent .leurs t maisons (i). Mai

(i) Le siège de Crème est «raconté fort au long par Otlio M<j rena ; ce récit est très-intéressant: non-seulement il fiât connaît*

(ai)

on ooWia'toateBoe* infortunes moine illustrée , loi**

que 4a grnnde «Hé de Milan , . épuisée «par k famine ,

flutètque soumwe par la<feroe, fet Déduite à te d^uc5ona.

rendre à discrétion. I*l»oml»avdie, inquiète) atten- Ma<u>>

dait en «Uenoe<la déteerimàtion de Frédéric a Pé- '

gard de cette antique métropole, résidenoe des an -

eieps empereurs chiliens, et la première après

lk>in« daiw la'hi^arctlie *de l'église latine. iJn délai

de «trois semaines 4Xdita~de trompeuses espérance» ;

ce temps *eftptré y les ikitlanaisSeçatent tordre d¥-

vaouer la vil\e. Aussitôt après leur départ , ♦armée

iropértide occupa les rues désevtes ; les 'habitant de

Pavie , (de ♦Crémone, «le iLodi et de CÀme furent

autorisés A exercer leur vengeance sur des quartiers

de 4a- ville qui 'leur forent respectivement assignés ;

et auvent de qoelqees 'jours , 'Milan notait plus ;

les églises pillées s'élevaient seules «au milieu de n6a.

«es 'raines.

Il restait 4dorsdbietî peu de cfeose de eettediberté' A laejpelleda Lombardie*y ait aspiré : ette avait disparu tourne un eonge* agréable, et les Lombards se réveillaient au milieu des craintes «t des misères de ja -servitude. Frédéric suivit iHmpulsion de «on osptrit -vindicatif et -d'une politique «ordinaire aux prinoes. 11 abrogea Je» régime consulaire dans quel» quee^unee des villes mêmes qui l'avaient soutenu , <rt y 4tadditson podestat. Ce «magistrat était toujours

l« persévérance et Pratrépidité extraordinaire» des assiégés, mais il contient les -détail* las nias xourieua sur les mcjyeiM eviptayéa pour J'atta<f«e eW* défraie 4m places ftrtes avant l'introduction Je fartiUcne.&fi^t. Jter. itah > t, 6, p. iota, io5a.

un étranger, souvent même n'était pas Italien $ et il arrivait pletn.de préjugés contré le peuple qu'il allait gouverner, préjugés qui devaient ôter tout espoir de justice; ef d'humanité. Les habitans des villes de 1* Loiftbardie , et surtout les Milanais qui avaient été djspersés dans les villages voisins de leur cité ruinée , ne pouvaient satisfaire aux demandes perpétuelles, de tributs. Dans quelque* endroits , les officiers de l'empereur exigeaient d'eux, dit-on , les deux tiers .du produit de leurs terres, seul bien qui leur jftstàt. Ce fut en vain qu'ils se prosternèrent aux pieds de Frédéric ; il ne leur donna tout an plus que de vagues promesses de redressement^ ils n'étaient à ses. yeux que des rebelles } ses délégués étaient des officiers fidèles qu'il n'était pas disposé & punir, quandtbiën même ils auraient été un peu audelà de ses intentions. ,

Mais il existait encore au sein de la Lombardie, ' ce puissant principe de liberté nationale qui n'avait .pu périr avec ses généreuses légions que la guerre avait dévorées, qui n'avait pu être coosu- ,mé dans l'incendie de ses villes (1). Celles que des haines privées avaient portées à. soutenir le conquérant germain rougissaient de :1a dégradation de leur pays et de la part qu'elles y avaient eue. Il se die fo^e1*" f°rma secrètement une ligue dans laquelle Crémone, F^édé coalre une^es principales villes du parti de l'empereur, 1 167. joua un grand rôle. Les villes au-delà de l'Adige ,

(1) Qu(B neque dardaniis campis potuère peiin* .. JVcc cum capta capi* nec cum combustacrcmari*

Ennius.

qui tie s'étaient presque point trouvées engagées dans les guerres de la Lombardie centrale , avaient déjà formé une confédération particulière pour se défendre contré des empiètemens d'autant plus injustes qu'elles n'avaient jamais porté les armes contre l'empereur. Leurs premiers succès répondi-' , ^4. reut à la justice dé leur cause ; Frédéric fut repoussé du territoire de Vérone i cet événement était d'un heureux augure pour le reste de là Lombardie. Ces deux confédératiéhs de cités, à Pest et à l'ouest de J'Adige, se réunirent alors, et formèrent la fameuse ligue lombarde* , dont les conditions furent arrêtées dans une diète4 générale. Letrr alliance devait du ter vingt ans 7 pendant lesquels elles s'engageaient à se4 soutenir mutuellement contre quiconque exigerait d'elles plus qu'elles n'avaient été dans l'usage de faire depuis le règne de Henri ^usc^u'a l'entrée dé Frédéric en Italie} elles prétendaient en conséquence recouvrer leur* magistratures électives j leurs droits de guerre et de paix, et ces privilèges lucratifs, qui , sous le nom de droits régaliens , leur4 avaient été enlevés à la diète dé' Roncaglia (1). .

Cette union des villes lombardes; eut lieu dans des conjonctures très-fevorables. Frédéric , depuis sort avéuement, avait presque toujours été en hostilité

(1) Sur la nature et les conditions de la ligue lombarde , voyez, indépendamment des autorités ordinaires , Ja 48 •* dissertation de Mura ton. Les mots à tempore Jïenrici régis usque ad iiv> iToitufn impèratoris Frederici présentent de lrami»iguité. De quel Henri voulait-on parler î Muratori pensé qu'il, s'agissait d£ U eu ri IV, parce que c'est 5005 son règne que le» cités de Lombardie commencèrent à être indépendantes. Cependant il parait na-

iii. 3 .

ouverte avec le siège de Rome. 11 suivait la politique malheureuse de Henri IV, qui avait essayé de substituer au pontife légitime un anti-pape attaché à. sou parti. Pour exécuter ce plan, il avait assiégé Rome avec une armée considérable. Les citoyens, firent une résistauce beaucoup plus longue qu'il ue s'y était attendu ; et cette armée fat détruite par la peste y qui , dans l'automne , parcourt ordinairement les environs de cette capitale. Ce fléau ayant enlevé la fleur de la noblesse allemande, l'empereur repassa les Alpes, et se trouva absolument incapable. , pour le moment > de résister k la confédération des villes lombardes. Leur premier acte manifeste d'insurrection fut la reconstruction de Milan; toutes les troupes confédérées prirent part à cette entreprise; et les Milanais, encore nombreux, quoique dispersés et persécutés , formèrent de nouveau une • puissante république. Lodi fut forcée d'entrer dans la Ugue 3 Pavie seule resta attachée à l'empereur. Pour contenir Pavie et le marquis de Montferrat , le plus puissant des nobles qui avaient conservé leur indépendance. ,, les Lombards résolurent d'élever entre les limites de ces deux ennemis , dans une riche plaine située au sud du Pô, une ville nouvelle qu'ils nommèrent Alexandrie , en l'honneur du

turel d'appliquer ce qui est dit d'un roi désigné par sou nom seul , sans indication numérique , au dernier prince qui a porté ce nom : C'est ainsi que nous disons le roi Guillaume pour Guillaume III. Il est certain aussi que les libertés de la Lombardie furent plu> parfaites sous Henri V que sous son père j et l'on pouvait se res souvenir encore du pYemier, taudis que le dernier n'était connu que par tradition. Au reste, la question est de peu d'importance.

pape Alexandre III. Cette ville , dont la construction rapide paraissait asm grossière , même pour oes temps? devint bientôt populeuse et florissante (i). On ne pouvait pliw douter alors de l'activité , de J'éneigie et des ressources des habilaas de la Lomjtardie. Frédéric , qui avait triomphé par suit* de leur désunion, n'était plus en état de lutter contre Jeor ligue. Après une guerre de plusieurs années sans aocnn jjésukflt décisif, l'empereur envahit le Milanais. Les confédérés lui ltyrèrent bataille , et Bataille de remportèrent une victoire complète a Legnano. LesUM&0- Frédéric s'échappa du champ de bataille, seul et xl7 dégateé, ne conservant qu'un faible espoir de lever une nouvelle armée, mais n'étant point encore décidé à reconnaître l'indépendance de la Lombardie. La république de Venise intervint comme médiatrice , et il souscrivit enfin à une trêve de six années * dont toutes les conditions étaient favorables à la ligue. Celie-ci cependant était déjà affaiblie par la défection de quelques-uns de ses membres; Crémone, qui ne s'était jamais iwoonciliée bien sincèrement avee ees anciens ennemis 9 traita séparément avec Frédéric , et consentit à être nommée f dan* l'armistice -, parmi les villes attachées au parti de l'empereur. Tortone et Alexandrie eHe-jnême aui virent la même conduite pendant cette trêve de

(1) Alexandrie fut surnommée par dérision délia paglia, parce que ses maisons étaient couvertes de chaume. Frédéric desirait beaucoup changer ce nom eu celui de Ccejarea , et c'est ainsi qu'elle est appelée dans Je traité de paix de Constance , car eUe eUit & cette époque attachée au parti de l'empereur ; mais elle reprit bientôt son premier nom*

Paix de

six années. C'était une preuve fatale que les animosités n'étaient pas éteintes , et un présage funeste des maux qui menaçaient l'Italie. À l'expiration de la trêve , Frédéric , sacrifiant son orgueil au désir d'assurer la couronne à son fils, signa la fameuse paix Constance. ^ de Constance , qui établit les républiques de Lomi io3. bardie dans un véritable état d'indépendance.

Le traité de Constance maintint les villes dans la jouissance de tous les droits régaliens qu'elles avaient possédés tant dans leurs murs que dans leur district. . Il contenait mention expresse du droit de faire la guerre , d'élever des fortifications , et d'administrer la justice civile et criminelle. Les citoyens conservaient la nomination de leurs consuls ou autres magistrats ; mais ceux-ci devaient recevoir leur investiture d'un délégué de l'empereur. Les tributs d'usage pour l'approvisionnement de l'empereur pendant sa résidence en Italie étaient maintenus; et il pouvait nommer dans chaque cité un juge d'appel pour les affaires civiles. La ligue lombarde fut confirmée, et les villes furent autorisées à la renouveler quand il leur plairait; mais elles devaient, tous les dix ans, prêter serment de fidélité à l'empereur. Ce juste ' traité, qui garantissait les libertés et le bonheur des cités, réservait à la prérogative impériale tous les droits qui pouvaient être exercés par un souverain étranger sans nuire au bonheur du peuple (1).

Cet heureux résultat de l'insurrection de la Lombardie est une réfutation mémorable de ce système politique que ses défenseurs qualifient du nom

(1) Muratori, Antiquitates Italhe, dus. ôa.

d'administration vigoureuse, et qu'ils mettent continuellement en avant comme le . seul moyen de contenir des peuples mécontens. Aux yeux de certains hommes d'état, et, en général, de tous les bommes d'un caractère dur et violent , les mesures de conciliation , l'observation des traités, le respect des anciens privilèges, et de ces principes de justice morale qui l'emportent sur. tous les droits positifs , ne sont qu'un objet de dérision. La terreur est leur seul remède , et l'impossibilité physique d'une révolte , leur seule garantie de l'obéissance ; mais si la destruction des villes et l'abolition des privilèges d'une nation, si son appauvrissement et son oppression pouvaient assurer sa soumission constante, Frédéric Barberousse n'aurait jamais vu les milices delaLombardie armées contre lui à Legnnno. Quelque pesant que soit Je joug imposé à un peuple conquis, un moment vient où il le secoue. On objecterait vainement à cet exemple que la destruction accidentelle de l'armée, de Frédéric par la maladie assura seule le succès des villes de Lombardie. Le /ait est sujet à contestation , puisque les forces de la Lombardie réunies paraissent avoir été plus qu'en état de lutter avec avantage contre toutes celles que l'Allemagne pouvait leur opposer. Mais, en admettant même l'effet de cette circonstance, elle ne sert qu'à prouver combien e*st fausse cette politique que le cours des événemcns peut déjouer d'un moment «t l'autre. La Providence se réserve différens moyens Je briser les chaînes forgées par un oppresseur*, et

il n'est pas donné à la sagacité humaine de prévoir si les armées d'un conquérant doivent être consumées dans les mirais empestés de Rome/ oi\ périr de froid dans un hiver de Russie»

La paix de Constance offrait anx Lombards une belle occasion d'établir une confédération permanente de petites républiques , forme de gouvernement naturelle i l'Italie depuis les temps les plus reculés , peut-être aussi celle sous laq ftelle elle doit redevenir un jour florissante. Ils étaient autorisés , par les dispositions de ce traité, k maintenir leur ligue , base d'une confédération plus parfaite que le cours des événemens aurait rendue entièrement indépendante de l'Allemagne (i). Mais des haines long-temps nourries dans l'ombre , et ces implacables ressentimens qui distinguaient , du moins dans les anciens temps > les mœurs privées de l'Italie, corrompirent le caractère national , qui ne peut être que la somme des passions individuelles. Altérés de vengeance, les Italiens rejetèrent un précieux trésor, et sacrifièrent jusqu'au souvenir de cette liberté qu'on avait vue se releyer comme un génie

(i) La ligae lombarde ne tint pas de diète permanente ; mais les consuls et les podestats de chaque cité s'assemblèrent quelquefois en congrès pour délibérer sur les mesures de sûreté générale. Lorsqu'ils étaient ainsi assemblés , on les appelait redores societatis Zombardiœ. 11 est évident que, si la Lombardie avait continué k se maintenir, jusqu'à un certain point, dans cet esprit d'union , ce congrès se serait facilement transformé en corps permanent, comme la diète helvétique, jouissant de pouvoirs aussi étendus que l'exige une constitution fédérale. Mura ton, ^4 raie h, italiane, t. 3, p. 126, dissert. 5o; Sismondi, t. a, p. 189.

(39) naj«sbKnK an milieu de* raines de Milan (i). Il disparut, ce superbe dédain du pouvoir absolu , ce cèle et ce dévouement qui avaient élevé les Lombajds à demi-civilisés du douzième siècle au niveau de ces anciennes républiques , dans l'histoire des* quelles nous avons puisé nos premières idées de H* kerté et de verts. Victime tour-rà-tour des intrigues de factions sanguinaires et égoïstes, des fureurs de ses petits tyrans, et de l'ambition des conquérons étrangers, l'Italie est déchue du rang qu'elle occupait, (tomme ces étoiles qui disparaissent du ciel : elle a vu ses moissons fouléee aux j>ieds par les chevaux de l'étranger , et le sang de ses enfans prodigué dans des querelles qui leur; étaient étrangères ; victorieuse ou vaincue, juivpnt le langage énergique de sou poète , toujours esclave (a) ; longue expiation de la tyrannie de Rome,

Frédéric ne tenta plus d'inquiéter les villes de xiïùiw d* Lorobardie dans la jouissance des privilèges qu'il sicilcleur avait accovdés par la paix de Constance. De nouveaux projets -occupaient son ambition; il voulait agrandir la maison de Souabe par le mariage de Henri, son fils aîné, avec Constance r tante et héritière de Guillaume II, roi deSieile. CeToyaume,

(1) j£nzi girar la liberta mirai , .

E baciar lieta ognl ruina , e dire, Ruine xi, ma servitù non mai.

Gaétan a Passer i*t ( ossia pi*ttost© Giotan BattiMu Pattoruù), dan* jVfathiaa, ComponunsnÊi lirici, 1. 1» ? p, 33i.

(a) Per servir gempte , o vincitrice o vin ta.

FxttcAïA.

que son premier monarque , Roger, avait élevé an plus haut point de gloire et 4e puissance, tomba en décadence par la mauvaise conduite de son fils Guillaume, dit le Mauvais, et ne reconvia pas beaucoup de son éclat sous le second Guillaume, bien qu'il fût surnommé le Bon. 11 n'avait point de postérité ; sa mort paraissait prochaine, et il ne res~ tait point d'autre membre légitime de la famille royale que Constance. C'est un fait remarquable , qu'aucun royaume héréditaire ne paraît, avoir expressément exclu les femmes du trône, si ce n'est celui qui, par son étendue, avait le moins à craindre d'être réduit à l'état de province. Les Siciliens sentirent trop tard le vice de lenr constitution, qui les exposait , eux , peuple indépendant, à être transmis, comme dot d'une femme, à un prince étranger, par les ministres duquel ils pouvaient s'attendre avec raison à être méprisés et opprimés. Henri épousa Constance en 1186 , et trois ans après hérita du trône de Sicile en vertu du droit de cette princesse. Irrité par une tentative hardie, mais malheureuse , que firent les barons normands pour conserver la couronne à une branche illégitime de la famille royale, il déshonora son règne par une longue suite de cruautés atroces. La maison de Souabe était alors plus puissante que jamais des deux côtés des Alpes. Frédéric ayant péri dans la troisième croisade , Henri reçut la couronne impériale l'année suivante , et parvint même à faire élire pour son successeur, par les princes d'Allemagne , son fils Frédéric , encore enfant. Mais la mort pré-

matinée de Henri rembrunit la brillante perspective de sa famille ; Constance ne lui survécut qu'une année, laissant à un enfant de quatre ans l'héritage d'un royaume que son père avait indisposé par sa sévérité, et que des chefs de mercenaires allemands hon service ravageaient, et se disputaient entre eux.

Pendant la minorité de Frédéric II , c'est-à-dire innocent ni. depuis Pan 1198 jusqu'en 1216, la chaire papale fat occupée par Innocent III , le pontife le plus célèbre après Grégoire VII , et peut-être son égal. Jeune , noble et intrépide , il unissait à cet esprit ordinaire d'usurpation ecclésiastique , qu'aucun autre pape n'avait encore porté aussi loin , l'ambition plus mondaine de fonder pour le siège de Rome une principauté particulière au centre de l'Italie. Les donations vraies ou fausses de Constantin, de Pépin , de Chavlemagne et de Louis , avaient donné naissance à des prétentions perpétuelles de la part des papes sur des états trés-étendus ; mais on y avait eu peu d'égard; et les papes, dans Rome même , avaient à lutter contre le préfet , officier qui prêtait 6enncnt de fidélité à l'empereur, et contre un peuple insubordonné. Les petites villes du voisinage ne reconnaissaient pas la domination de la capitale, et jouissaient probablement d'une administration aussi indépendante que les cités de la Lombardie. On se trouve dp nouveau transporté aux premiers temps de la jrépnblique en lisant les guerres acharnées de Rome contre Tibur ou Tu seul u m , qui ne furent subjuguées l'une et l'autre que vers la fin du douzième siècle. Plus loin étaient le duché de Spolette, la

Marche <F Àncfoe , et l'ancien exarchat de Ra venue, toutes possédions sur lesquelles les papes ataieut des prétentions plus on moins fondées. Aucojnmen» cément du douzième siècle, la fameuse comtesse Donations Mathilde, <pii avait soutenu avec tant de séle Gré* ^se^BiaoS" &»** VII dans ** longue querelle avec l'empereur, de légua tous ses biens an saint-siége , d'abord du vi-

vant de Grégoire, pois une seconde fois sous le poutificat de Pascal III. Us étaient trèsrétendus et tenus i différens titres» Les principautés de Mantoue , de Medéne et de Toscane, étaient de grands fiefs de l'Empire, dont elle ne pouvait certainement point disposer. Quant au duché de Spolette et i la Marche d'Ancêne, on présume qu'elle le« possédait à an autre titre. J'avoue que je ne comprends pas bien clairement la nature de cette partie de sa succession* Ces principautés avaient d'abord été de grands fiefs d« royaume d'Italie» Mais, si je ne me trompe , elles avaient tacitement cessé de dépendre des empereurs , quelques années avant que Godefiroi de Lorraine, époux de la mère et père de l'époux de Mathilde , s'en fut emparé. Elles passèrent entre les mains de Mathilde après la mort de son époux. On les considère ordinairement comme étant à son ~ égard une propriété allodiale on patrimoniale 3 cependant il n'est pas facile de voir comment, étant elle-même sujette de l'Empire , elle pouvait lui soustraire la souveraineté de ses biens, même allodiaux. Il paraît d'ailleurs absurde de prétendre qu'elle était souveraine légitime decescontrées, qui, peu de temps avant , avaient été fiefs de l'Empire , et qui n'a vaien t

jamais été affranchi* ée cette suzeraineté par un* renonciation expresse. Le titve primitif du saintsiège ne paraît donc point incontestable par Rapport à cette partie même déjà donation de Mathilde. Ce n'est cependant paa sans hésitation éiuer f expose une difficulté a laquelle fie se sont point arrêtés les auteurs que jU coitsultf» (i). II n\?st point douteux toutefois que les empereur» restèrent pendant le dou»éme siècie en possession de toutes les principautés comprises dans la donation , et qu'ils considérèrent Spolette et Ancôfte comme parties de l'Empire, malgré les remontrances continuelles des pontifes romains» Frécfâric Barberousse , & l'époque des n^ociatioàs de Venise, en * 177, promit de restituer le patrimoine de Mailrilde dans quinze ans 5 mais^A Inspiration de ce terme , Henri VI ne se tronrvfi. pas disposé A exécuter cette convention , et il donna le comté «a fief à quelques-un» de ses offi* cieare allemands. A sa mort, les circonstances devinrent frvorable* pour Innocent III. Constance lui avait confié la tutelle du roi de Sicile, encore en-

(1) On ne petit guère «spérer trouver une explication claire des droits et des prétentions du siège de Rome dans les écrivains italiens , même dans ceux du dix- huitième siècle. Muratori, le plus savant et le plus sincère de tous , ne se hasarde sur ce terrain qu'arec beaucoup de circonspection, eicepté dans les cas où les prétentions de Rome se trouvent en opposition avec celles de la maison d'Esté. Saint-Marc, écrivain presque aussi savant que Muratori , et qui, placé dans une position plus favorable , avait aussi peu* de penchant à s'expliquer librement sur ce sujet, n'a laissé, dans non abrégé chronologique de l'histoire de V Italie, t. 4, que quelques dissertations sèches et ennuyeuses qui ne peuvent satisfaire l'esprit.

fent. Les princes d'Allemagne, qui avaient entière* ment oublié les droits du jeune Frédéric , se trou* paient engagés dans une guerre civile , par suite de la double élection de Philippe , frère de Henri VI , et de Othon, duc de Brunswick. Aucun des deux concurrens n'était en état d'entrer en Italie ; et la dignité impériale resta vacante pendant plusieurs années; mais Philippe , l'un des .compétiteurs, étant venu à mourir, Othon IV, que le pape- avait constamment favorisé , fut couronné empereur. Pendant cet intervalle, les Italiens n'eurent point de maître; et Innocent III profita de cette circonstance pour soutenir les prétentions du saintrsiége. H produisît £ leur appui un acte assez suspect, le testament de Henri VI , qu'on disait avoir été trouvé dans le ha- - gage de M atquard , l'un des officiers germains qui avaient reçu des fiefs du dernier empereur. Les cités innocent m comprises dans le territoire que nous appelpns mainrënaiti'étatd» tenant l'état de l'Eglise . avaient , au douzième siècle .

1 Eglise sous 0-77 7

ta domina- leur gouvernement municipal particulier comme celles de la Lombardie ; mais elles étaient bien moins capables de maintenir leur entière indépendance. Aussi se mirent-elles avec plaisir sous la protection du saint -siège, qui leur offrait l'espoir de les défendre contre la rapacité de Marquard et des autres partisans, sans déranger leur administration intérieure. Le duché de Spolette et la Marche d'Ancône se soumirent à Innocent III ; mais ce pontife n'était pas assez fort pour se maintenir en possession de territoires aussi étendus, et il eut, quelques années après, la sage politique de concéder en fief la prin-

tion.

ci pauté d'Anctae au marquis d'Esté. 11 né négligea pas, comme on peut bien le penser, d'affermir ton autorité dans la capitale* Il diminua lei privilèges des haJbitans de Rome , et mit fin à là suprématie régrféaw de l'Empire sur cette ville. Le préfet fut dâormde forcé de prêter serment de fidélité au pape. C'est de cette époque que date réellement la jouveraineté temporelle des évêques de Rome sur cette cité; mais plus de trois siècles s'écoulèrent encore avant qu'elle fût parfaitement reconnue et illimitée.

La politique de Rome fut alors pi us clairement tracée que jamais. Pour parvenir à conserver ce qu'elle avait si promptement acquis moins par la force qu'A Js faveur des circonstances, il était de son intérêt d'affaiblir le pouvoir impérial, et conséquetnment de maintenir la liberté des républiques italiennes. La Toscaneavaitété jusqu'alors gouvernée par un mar- Ligu* a qui* à U nomination de l'empereur; cependant ses villes étaient florissantes , et avaient une administration intérieure indépendante. A l'instigation d'Innocent III , elles formèrent alors ( à l'exception de Pise, qui resta toujours fortement attachée à l'Empire) une confédération semblable à celle des villes .'o m bar des, et dans le même but de maintenir leurs <iroits. L'influence du pape agit d'une manière bien jJus visible dans cette ligue que dans celle de la F *4ombardie. Cette dernière, il est vrai, avait eu lieu i«» concert avec Alexandre III, et s'était formée à ~*;|>o<|ue où sa querelle avec l'empereur était dan* '•cite au violence; mais ces démêlés avaient si peu

rillei do Toicane.

de rapport avec la lutte que les Lombards allaient soutenir pour leur liberté , qu'il n'en est fiât aucune mention dans Pacte de leur confédération. Mais l'union des villes de la Toscane était expressément formée pour l'honneur et l'agrandissement du siège apostolique. Les membres s'obligèrent à défendre les possessions et les droits de l'Eglise, et à ne reconnaître aucun roi ou empereur sans l'approbation do souverain pontife (1). Les Toscans étaient en conséquence plus dévoilés au parti de l'Eglise que les Lombards, dont le principal mû* bile était la haine qu'ils partaient à la maison de Souabe. Aussi, lorsque Innocent III, quelques années après, soutint Frédéric II contre l'empereur Othon IV, les Milanais et leurs alliés se rangèrent du côté de l'empereur, tandis que les Toscans restèrent unis au pape.

Facrixmtde» Dans les guerres de Frédéric Barberousse contre ftbeUn* e Milan et ses alliés, nous avons vu les villes de Lombardie divisées, et un grand nombre d'entre elles fermement attachées aux intérêts de l'Empire. Je ne crois point qu'il résulte de l'histoire 9 quoiqu'on puisse alléguer à cet égard des raisons fort plausibles, que les citoyens fussent, à une époque si reculée, divisés entre eux sur la conduite à suivre dans leur politique extérieure, et que l'alliance d'une ville à l'empereur, ou à la ligue lombarde , dépendît

v ( 0 Quàd possessiones et juta sacrosanctit Ecclesiœ bond fide

I défende rent ; et quàd nullum in regern aut imperatorem reciperent , nisi quent romanus pontifex approbaret. Mura ton, idiiscrt. 4& Ht tin, t. 4, p. 3ao; iUlien, t. 3, p. 112).

uniquement, ainsi qu'on le vit par là suite , de Hnfinance que telle ou telle faction acquérait dans ses conseils. Mais les jalousies qui existaient depuis long temps entre les différentes classes, et n'avaient été que suspendues par la grande lutte nationale qui se termina à Constance , produisirent de nouvelles combinaisons d'intérêts, et de nouveaux rapports avec l'Empire. Deux factions principales divisaient les villes de Lofnhardte: leur haine mutuelle, n'ayant point d'objet géhéral sur lequel elle put s'exercer, réclamait l'association d'un nom qui servit à diriger et fortifier ses préjugés. Ce fut vers Pan 1200, ou peut-être un peu plus tard, qu'elles furent distinguées par les fameuses dénominations de Guelfes et de Gibelins # les Gibelins étaient partisans dé l'empereur, les Guelfes du pape. Ces dénominations étaient originaires de l'Allemagne , où elles avaient été le mot de ralliement des factions de ce pays plus d'un deniMnécle avant d'être transportées sur un sol encore plus favorable. Les Guelfes tiraient leur nom d'une famille illustre qui avait donné plusieurs ducs à la Bavière aux dixième et onzième siècles. L'héritière du dernier de ces ducs épousa un cadet de la maison d'Esté , famille noble établie dans le voisinage de Padoue , et possédant des biens considérables sur les deux rives du Bas-P6. De cette union \ sortit une seconde branche de Guelfes, dont la maison royale de Brunswick est descendre. Le nom de Gibelins vient d'un village de Franconie où naquit Conrad le Salkjue , auteur, par les femmes, de la dynastie des empereurs d$ la maison de Seuabe.

L'élection de Lothaire en ua5 écarta la famille dé Souabe d'un trône qu'elle considérait presque comme une popriété héréditaire ; et c'est à cette époque qu'on peut fixer l'origine des haines qui s'élevèrent entre cette famille et la maison de Guelfe f à laquelle Lothaire s'était étroitement uni par soit mariage avec la fille du duc de Bavière. Henri-le-Superbe et Henri-le-Lion , son fils, représentons de cette dernière famille, furent souvent persécutés par les empereurs de la maison de Souabe; mais ces événemeus appartiennent à l'histoire d'Allemagne (i). Cependant la branche aînée de la maison d'Esté i sans être réservée à d'aussi glorieuses destinées que les Guelfes, continua de fleurir en Italie* Les marquis d'Esté étaient, sans contredit, les seigneurs les plus puissans de la Lombardie orientale , et commencèrent à être considérés , vers la fin du douzième siècle , comme les chefs du parti de l'Eglise dans leur voisinage. Us étaient souvent appelés par les villes de la Romagne aux fonctions de podestat, ou principal magistrat ; et les habitahs de Ferrare donnèrent, en 1208, le fatal exemple de sacrifier leur indépendance k leur repos, en choisissant Azzo VII > marquis d'Esté , pour leur seigneur ou souverain (2)4 \

(1) L'origine germanique do ces fameuses factions est clairement prouvée par un passage d'Othon de Frisingue , qui vivait un demi-siècle avant l'époque où nous voyons ces mêmes dénominations transportées ea Italie. Struyius, Corpus hist. germa/i., p. 378, et Muratori, A. D. n5a.

(si) SmûiquiI*, t. a, p. 339,

Othon IV était fils de Hènvi-le-ïdbri , et consé- 0thon IYt quemment chef des Guelfes. Son avènement à la couronne impériale donna une direction différente aux préjugés des factions italiennes. Il se trouva bientôt engagé dans une querelle avec le pape , ennemi inévitable de l'Empire ; en quelques mains qu'il tombât. Cependant à Milan, et en général dans les villes qui avaient fait partie de la confédération lombarde contre Frédéric I , la haine / contre la maison de' Souabe l'emportait sur la jalousie des prérogatives impériales : on s'attachait plus aux noms qu'aux principes, et on soute* nait un empereur guelfe, même contre le pape. Ces dénominations , qui n'ont aucun rapport déterminé à des principes qu'il pourrait être ennuyeux d'apprendre et difficile de soutenir, plaisent toujours aux hommes > et ont cet avantage particulier qu'elles repoussent entièrement cet esprit médiateur, ces ternies d'accommodement, à l'aide desquels on cherche quelquefois à affaiblir leur tendance à se haïr et à se nuire mutuellement. Dés -lors chaque ville, et, pour ainsi dire, chaque citoyen se fit gloire d'adopter une de ces dénominations barbares.' Dans plusieurs villes , on s'attacha au parti impérial par haine contre les cites voisines qui avaient embrassé la cause de l'Eglise. C'est ainsi que les vieilles rivalités qui existaient entre Pise et Florence ; Modène et Bologne, Crémone et Milan , jetèrent ces villes dans des factions opposées. Mais dans chacune d'elles le parti dominant avait à lutter contre une opposition for- III. 4

Atidable , et tifte viU» guette devenait souvent gibeline, et réciproquement, suivant le cours cbtnrgeant des événemens (i).

Frédéric u. Le changement que nous avons observé dans la politique des Guelfe» cesaa avec le régne d'Othon IV. Quand l'héritier de la maison de Souabe fut parvenu à sa majorité r Innocent, son tuteur , qui avait négligé les intérêts de son pupille tant •qu'il s'était flatté 'de l'espoir de trouver un empereur guelfe docile à se» volontés r mit k jeune Fré-

(i) f?our ce qui a rapport à ces deux factions, on doit consulter, indépendamment des historiens, la 5i.« dissertation de Muta to ri. Son langage est, jusqu'à un certain point, inexact, lorsqaftl parte de l'extinction' de ces drfîsiens'au commencement du quinzième siècle» Quel seçUof § vero* mbbondà çnch'esso di moite guerre, ma nulla si operb sotio nome o pretesto délie fazioni suddette. Solamente ritennero esse piede in alcune private famgie. AntichitH ital.,t. 3, p. 148. On Voit ou contraire, pendant tout le quinzième siècle y le» dénominations de Guelfes et Gibelins subsister comme signes distiuctifs de partis. La première de ces factions se montra distinctement lors de l'insurrection des villes dépendantes de Milan , en 1404 > à la mort de Jean Galéas Visconti. Elle reparut en i447» à*118 *a tentative que firent les Milanais pour rétablir leur gouvernement républicain. Sism. , t. 9, p. 334* Ainsi , en i477> Ludovic Sforce se servit des préjugés gibelins pour exclure la régente Bonne de Savoie comme guelfe ; Stemondi , t. 1 1 , p 7$. Ces marnes distinctions paraissent avoir subsisté encore plus tard dans Jes états. de l'église.. Ktieaaê Infessura, qui écrivait en 1487, en parle comme d'une cbose familière. Script. Rer. ital , t. 3, p. 1221.' A l'époque même de la conquête de Milan par Louis 3til, en i5oo, on représente tes Guelfes de cette ville comme attachés au .parti français , tandis que tes Gibelins soutenaient Ludovic Sforce et Maximilien Gui çbardin , p. 399. On voit par d'autres passages du même historien que ces factions subsistaient encore en plusieurs parties de J 'Italie.

dérie à la tète d'un* opposition composée de villes qui avaient toujours été attaobéeaà sa famille, et de ceDes qui surraient aveuglément l'impulsion de Rome. Frédéric remporta de grands succès en Italie et en Allemagne , et reçut la couronne impériale à la mort d'ûthoti ; maïs il ne devait pas compter sur l'assistance du pape qui le couronna. Innocent n'était plus , et Honorius III , son successeur , ne pouvait voir sans crainte l'immense pouvoir de Frédéric 9 soutenu en Lombardie par une fection qui balançait celle de l'Eglise T et menaçant de l'autre coté les Etats ecclésiastiques par la possession de Naples et de la Sicile* Ce royaume , fief de Rome , et long-temps son plus ierme allié., se trouvait alors, par suite d'une fatale union qu'elle n'avait pu empêcher, an pouvoir de son plus formidable ennemi. La domination temporelle qu'Innocent III avait pris tant de peine « établir n'était plus qu'une possession précaire , exposée de chaque coté aux attaques d'une puissance qui avait des droits légitimes sur la plupart des provinces dont elle se composait. Frédéric II consuma sa vie à lutter avec l'Eglise et avec ses sujets italiens , qu'elle soulevait contre lui. Sans nous livrer, comme les papistes, à de violentes déclamation» contre- un prince qui protégea les lettres, et qui possédait d'ailleurs beaucoup de belles qualités , nous pouvons l'accuser de dissimulation $ je n'ajouterai pas d'ambition 9 pajrce que je ne pourrais citer aucune époque de son règne où il ne fût obligé de repousser les attaques de ses ennemis. Mais, lors même qu'il eût été un modèle

de vertus, des hommes tels qu'Honorais III, -Grégoire IX et Innocent IV> papes qu'il eut successivement à combattre 7 ne lui auraient pas laissé de repos tant qu'il aurait été maître de Naples et de l'Empire (1).

Les papes étaient dans l'usage d'exciter les princes à une croisade, que l'état de la Palestine rendait une entreprise indispensable , ou plutôt désespérée. Mais on ne leur avait point encore prescrit ce grand œuvre d'une piété surérogatoire comme un devoir absolu de leur condition ; on n'avait même jamais contraint les simples particuliers à prendre la croix. Cependant Honorius III f avant de donner à Frédéric la couronne impériale, exigea qu'il fit vœu d'entre* prendre une croisade pour la délivrance de Jérusalem..Frédéric prit un engagement qu'il avait peutêtre l'intention de ne jamais remplir, et. que du moin£ il chercha par la suite à éluder. Quoiqu'il fût devenu par mariage souverain titulaire de Jérusa-

(1) Le ressentiment des catholiques exagérés contre Frédéric est à peine calmé. Tiraboschi, t» 4> P* 7? ■▼*»* **»* l'éloge de ce prince en termes très-mesurés ; mai* P éditeur romain crut devoir réfuter ce passage. Et bien que Muratori ait fait preuve d'un assez bon nombre de préjugés contre Frédéric , un fanatique romain , dont les observations critiques se trouvent dans le dix-septième volume de ses annales (édit. in<&.°), entre dans des accès de fureur toutes les fois qu'il rencontre un mot un peu modéré. Quoique Home ait montré depuis long- temps dans sa politique extérieure l'esprit pacifique de la faiblesse , chacun sait que les préjugé»» ecclésiastiques y sont presque aussi ardens qu'au treizième siècle. Giaimoue , qui avait peint Frédéric II sous des couleurs très- favorables, peut-être même trop favorables, dans les seizième et dix-septième livres de VIstoria civile di JS'apoli , eut a se repentir de sa hardiesse.

lem (1)7 cette expédition lai présentait une perspective trop ingrate pour séduire son esprit judicieux, et sa lenteur a accomplir son vœu irrita enfin Grégoire IX , qui fulmina contre lui une sentence d'excommunication. Un tel anathéme n'était point à mépriser, et Frédéric s'embarqua dès Tannée suivante pour la Palestine. Mais il avait dédaigné de solliciter l'absolution d'une conduite qu'il no considérait pas comme criminelle , et cette profit-» nation de la croisade par un souverain excommunié redoubla contre lui la fureur et l'indignation de la cour de Rome. En arrivant en Palestine • Frédéric apprit que les troupes du pape avaient envahi le territoire de Naples. Personne n'aurait -eu droit de le blâmer, s'il avait quitté la Terre-Sainte dans le même état où il l'avait trouvée ; mais il conclut aveo

(1) Yrédéric épousa en secondes noces Iolante ou Violente.» fiJJe de Jean , comte de Briennç, et de Marie , tille aînée et héritière d'JsabclJe, épouse de Conrad , marquis de Moût ferrât. Cette lêabeUe était fille cadette d'Almaric ou Araaury, roi de Jérusalem , et par la mort de son frère Baudouin IV, de Sihilb , sa aoeur aînée, épogse de Guy de Luaignan, et de Baudouin V, en* faut de cette sœur ; elle hérita de leurs droits à la souveraineté de Jérusalem > droits que les victoires de Saladin avaient rendus presque illusoires. On prétend que les rois de Naples font dériver de ce mariage leur titre à ce pompeux héritage (Giannone, J. 16, c. a)j mais l'extinction de la postérité de Frédéric dut, 4 la rigueur, anéantir tous les droits qdi pouvaient venir de co prince ; et Giannoue lui-même nous indique un meilleur titre » la cession faite en 127a a Charles d'Anjou, par Maria, princesse d'Aatioche, et légitime héritière de Jérusalem. J'ignore jusqu'à quel point on peut dire que ces droits aitmt été régulièrement transmis au roi actuel de Naples, et la solution de cette question ne vaudrait certainement pat les recherchas qu'elle exigerait*

les Sarrasins un traité qui , bien que loin d'être aussi désavantageux que les circonstances de sa position eussent pu le faire craindre , servit de prétexte à de nouvelles calomnies qu'on répandit contre lui en Europe, Accusé d'irréligion, il repoussa cette charge que ses ennemis propageaient avec autant de succès que de zèle , en persécutant les hérétiques par des édits qui font peu d'honneur à sa mémoire , et qui firent alors peu de bien i sa cause, U gouverna ses états napolitains avec une rigueur justifiée peutêtre par la légèreté et l'esprit d'insubordination qui caractérisent les habitans de ces contrées; mais Honorius et Grégoire surent, à l'aide d'adroites insinuations, profiter de cette conduite pour effrayer les républiques italiennes et les détacher de son parti.

s*« guerres Depuis la paix de Constance , une nouvelle géné- Sombards!* ra^on s'était élevée en Lbmbardie , et les prérogatives que ce traité réservait à l'Empire étaient si rarement exercées , que peu de villes se sentaient disposées à s'en rappeler l'existence. Elles adoptaient les dénominations de Guelfes et de Gibelines plu» tôt par habitude et par suite de leur opposition niutuelle , que pour exprimer leurs senti mens à l'égard de l'Empire. Les villes guelfes cependant, et Milan en particulier, conservaient leur antipathie contre la maison de Souabç. Quoique Frédéric II eût à la souveraineté de l'Italie tous les droits que peut conférer un usage établi , les Milanais ne voulurent jamais le reconnaître , ni permettre que , suivant l'ancien cérémonial , il fût couronné à Mônza avec

Ja*cooronne de fer des rois lombards* Le pape en* tretenaift de tout «on pouvoir ces dispositions hostiles , etescitaitles villes de Lombardieà renouveler leur ancienne ligue. Cette mesure, bien qu'autorisée parus article du traité de Constance, était évidemment un acte d'hostilité envers Frédéric, et peut être considérée comme le principe d'une seconde lutte entre l'Empire et les villes républicaines de la Lotnbardie. Mais cette dernière ligue était bien différente de celle qui s'était formée contre Frédéric Bar* betousee.Em 167, la plupart des villes, oubliant leurs haines particulières, s'unirent pour la grande cause de la défense des privilèges nationaux, et contribuèrent, chacune selon ses forces, à soutenir cette lutte périlleuse ; unanimité passagère à la vérité, mais qui; 1

ches un peuple aussi déchiré par les factions que Pétaient les Lombards, est le plus sûr témoignage de la \ustice de leur cause « La guerre qu'ils firent soixante ans après à Frédéric II n'était pas justifiée par des provocations aussi directes , et ils n'y / déployèrent 'pas le mênie esprit public. Ce n'était en effet qu'une lutte de parti entre des vil les guelfes et gibelines , i laquelle les noms de l'Eglise et de l'Empire ne faisaient que donner plus de dignité et de consistance.

Les républiques d'Italie au treizième siècle étaient Classement m nombreuses, si indépendantes , et leurs révolutions Lombardie. si fréquentes , qu'il est difficile d'en suivre l'histoire sans confusion. Pour* mettre plus d'ordre dans nos i3é<»s, et faire connaître en même temps les changemens qui eurent lieu dans ces petits états, nous les

considérerons comme divisés en quatre constellations ou systèmes, qui , tout en conservant certains rapports entre eux, avaient néanmoins chacun leur centre de rotation distinct et leurs limites particulières. Mous pouvons supposer le premier formé des villes de la Lombardie centrale , et borné par la Sesia et l'Adige , les Alpes et les niontagnes de la Ligurie ; il comprendra Milan , Crémone , Pavie , Brescia , Bergame , Parme , Plaisance > Mantoue , Lodi, Alexandrie , et plusieurs autres moins considérables. Ces villes avaient été le siège primitif des libertés d'Italie, et jouèrent le principal rôle dans les guerres du premier Frédéric. Milan était à leur tête , et son influence y faisait dominer le parti des Guelfes. Depuis le traité de Constance , elle avait réduit à un état de dépendance Lodi et Pavie , et contracté une étroite union avec Brescia et Plaisance 5 mais Parme et Crémone restaient fermement attachées à l'Empire. Mous placerons dans la seconde classe les villes de la Marche de Vérone , entre l'Adige et les frontières de 1' Allemagne. Quatre d'entre elles seulement méritent d'être nommées x c'étaient Vérone , Vicence, Padoue et Trévise. Les habitans de ces quatre, villes penchaient pour le parti guelfe : mais un corps puissant de nobles de la province qui n'avaient jamais été forcés T comme ceux du £ô supérieur , d'abandonner les forteresses qu'ils occupaient dans les montagnes , ou de se fixer dans les villes, s'attachèrent au parti opposé (1). Quelques-uns d'entre eux acquirent un

(l) Sismondi, t. a, p. 222.

grand pouvoir an milieu des discordes civiles <Je ces quatre républiques 5 nous citerons surtout deux frères, Eccelin et Alheric da Bomano y issus d'une famille riche , considérable y et connue pour son dévouement à l'Empire. Eccelin da Romano, doné d'une fermeté et d'une vigueur extraordinaires de caractère | parvint , à force de dissimulation , de parjures , et d'actes eftrayans d'une cruauté près- > que sans exemple, à se rendre en peu d'années maître absolu de Padoue • de Vérone et de Vicence : et , tant que dura sa tyrannie , le parti guelfe fut écrasé dans les pays au-delà de l'Adige (1). Le troisième groupe se composait des villes de la Bomagne ; Bologne j Imola, Faenza, Ferrare, et plusieurs antres. Bologne était la plus puissante ; et comme elle s'était constamment distinguée par 'son attachement aux intérêts de l'Eglise , les Guelfes dominaient ordinairement dans cette troisième classe, où ils se trouvaient fortement soutenus par l'influence de la maison d'Esté. Quoique Modéne

(1) Les cruautés d'Eccelin excitèrent une horreur universelle dans un siècle où la crainte et la vengeance rendaient si communs les exemples d'inhumanité envers les ennemis. Dans toute l'Italie, les mendians, pour exciter la compassion, feignaient d'avoir été privés de la vue ou mutilés par le tyran de Vérone. L'histoire de l'Europe offre à peine un second exemple d'un gouvernement aussi sanguinaire qui se soit soutenu pendant plus de vingt ans. Les crimes d'Eccelin sont clairement prouvés par le témoignage de plusieurs écrivains contemporains qui entrent dans de grands détails a ce 'sujet. On en trouvera la plupart dans le septième volume des Scriptores Menim italicarum. Sismondi 't. 3 , p. 33 , m, 2b3) est l'auteur moderne qui cite le plus da rails.

n'entre pas dans le* limites géographiques de cette division , on • peut cependant l'y comprendre > à cause de ses guerres continuelles avec Bologne. La quatrième classe se composera de tonte la Toscane, dont les intérêts politiques étaient presque entière* ment séparés de ceux de la Lombard^ et de la Romagne. Dana cette province, Florence dirigeait les villes guelfes , et Pise les villes gibelines, La ligne de Toscane , formée par Innocent III , comme nous l'avons dit plus haut y était fortement attachée aux papes; mais le parti gibelin se fortifia insensiblement ; et Sienne , Àrezzo et Lucques changèrent de politique suivant l'impulsion des circonstances extérieures et la fluctuation dé leurs factions intestines. Les petites villes de la région de Spolette et d'Aneône méritent à peine le titre de républiques; et je ne vois pas dans laquelle de nos quatre divisions nous pourrions comprendre Gêne», à moins qu'on ne la considère comme se rattachant à la Toscane par ses guerres avec Pise (i).

Après plusieurs années d'hostilités passagères et de trêves incertaines, les villes guelfes de la Lombardie se trouvèrent engagées dans une guerre longue et régulière contre Frédéric II , ou plutôt contre

(1) Je n'ai point compris le Piémont dans cette classification ; l'histoire de cette province n'a pas été aussi soigneusement traitée par les écrivains anciens ou modernes que celle des autres parties de l'Italie* Elle était partagée entre les comtes da Savoie et le marquis de Montferrat. Mais Asti, Cbieri et Turin , et les deux premières surtout, paraissent avoir eu une espèce de gouvernement républicain : ces villes n'étaient cependant pas entièrement indépendantes. La seule ville du Piémont , que l'on peui

les vtUea du p#r*i gibelin. Cette lutte offre peu d'{vénemensiemarquables. Aucun d^a deux partis n'obtint de ces succès déefrifs qu'avaient eus tour-à-tour Frédéric Basberousse et la ligue lombarde dans la guerre du siècle précédent. L'empereur défit les Milanais à Coçte-Nuova , en *a37 f niais échoua l'année suivante dans son entreprise contre Bwjscia, Il remporta 9 avec l'aide des Pisans , nue grande victoire navale sur la flotte génoise , en 1241 ; mais il se vit forcé de lever le hloçps de Pavie , qui avait abandonné le parti gibelin en i*4& Une lutte aussi fatigante finit cependant par épujfcer les force* de la maison de Souabe» Les Gibelins d'Italie eurent leurs vicissitudes de sficcès ; mais l'Italie , et les Gibelins eux-mêmes • se détachaient insensiblement de leur ancienne alliance avec l'Allemagne*

Dana cette guerre contre Frédéric II , les Lombard* forant puissamment secondés par Grégoire IX, et par Innocent JV, sea successeur; le parti guelfe et le parti de l'Eglise étaient devenus termes synonymes. Ces pontifes avaient. voué une haine implacable à la maison de Souabe. Aucune concession ne pouvait ralentir leur animosité; aucune réconcilia» tion n'était sincère. Quelques fautes que l'on puisse imputer à Frédéric, il faudraitêtre l'aveugle esclave

proprement considérer comme formant un état séparé au treizième siècle , était Verceil ; et encore ii parait que Pévêque y poa- Udait une sorte de souveraineté temporelle. Denina, auteur des Rwoluzioni d'IêedUk* ouvrage qui parut pour la première fois en 1769 , publia dans ea vieillesse une histoire de l'Italie occidentale , ou Piémont, dont fai tiré quelques faits. Istoria de II* Ita~ lia occidentale $ Torino, 1809, 6 vol, in-8.° *

de la cour de Rome, pour ne pas convenir qu'il fut injustement proscrit par l'ambition effrénée des papes. Son véritable crime était d'être l'héritier de ses ancêtres et le représentant de la maison de Souabe. Il fut excommunié, en ia3o , par Grégoire IX t c'était un traitement auquel il était déjà accoutumé ; mais cette sentence déliait les sujets de leur serment de fidélité, et prononçait formellement la déposition du prince. Ces a na thèmes produisaient peu d'effet sur les hommes d'une trempe forte , ou sur ceux que leurs passions attachaient à leur cause ; mais ils influaient puissamment sur les esprits vulgaires qui redoutaient les menaces du clergé, et sur tous ceux qui montraient déjà quelque hésitation dans leur conduite politique. Dans l'état incertain où se trouvait la Lombardie, 'l'excommunication de Frédéric mina sourdement son influence dans les villes mêmes qui , comme Parme , lui avaient été attachées, et parut identifier la cause de ses ennemis avec celle de la religion. On entretenait adroitement, à l'aide de calomnies répandues contre lui, ce préjugé, que la conduite de quelques Gibelins marquans, tels qu'Eccelin, qui bravait avec une audacieuse impiété Dieu et les hommes, ne contribuait nullement à affaiblir. En 124°'? Grégoire pu» blia une croisade contre Frédéric, comme s'il eût été l'ennemi déclaré de la religion* Frédéric se vengea en- faisant mettre à mort tous les croisés qui tombaient entre ses mains. Il ne manquait qu'une formalité pour l'expulser entièrement de la société chrétienne. Grégoire, IX projeta donc la convoi a-

hon d'un concile général , projet qu'Innocent IV mit à exécution* Le concile se tint A Lyon , Tille im- condi* <u pénale, mais où l'empereur ne conservait plu» d'an* **7iA5. tonte, Dana cette assemblée , où parurent cent cinquante prélat», on agita solennellement la question de «avoir si Frédéric défait être déposé* Ce prince ''«baissa jusqu'à y faire présenter sa défense j et le pape , en présence de l'assemblée , sans avoir recueilli les votes , prononça une sentence qui renouvelait l'excommunication de Frédéric , lui était l'Empire et tous ses royaumes , et déliait tous ses sujets de leur serment de fidélité. C'est là l'acte ,

d'usurpation le plus pompeux dans les annales de l'église de Borne j et l'approbation tacite d'un con- 'ilt* général parut incorporer aux dogmes reçus dans la chrétienté ce droit de déposer les roi», qu'on pouvait regarder comme une. extravagante prétention de Grégoire VU et de ses successeurs*

Frédéric 11 mourant en ia5o, légua à son fils Conrad iv, Conrad une couronne disputée , et des guerres à soutenir pour chaque partie de son héritage* Mais la maison de Souabe avait perdu sa force j Conrad fut réduit à défendre contre les troupes d'Innocent IV Mm royaume de Neples, la seule portion de sa Miccession qu'il pût espérer de conserver* Ce pon» lift* 9 dont la haine implacable poursuivait toujours «i famille , réclamait * ce royaume , comme dévolu , par droit de confiscation, an saint siège, qui en «vait la suzeraineté* Conrad , enlevé en \%S\ Pftr "m mort prématurée , laissa le trône à Mainfroi j ">u frère naturel > qui, par son courage et ses ta*

kos , parvint à s'y maintenir maigre les p£pe6, jusqu'à l'époque où ceux-ci se virent forcés d'invoquer le secours d'an bras pins poissant.

La mort de Conrad termina cette période de l'histoire d'Italie que nous avons inchquée comme correspondant à-peu-près, par sa dorée , a la grandeur de la maison de Sonabe. Prise dans son ensemble , c'est peut-être l'époque qui fait le plus d'honneur à l'Italie'; c'est celle où elle déploya le plus d'énergie nationale et de patriotisme. Un Florentin ou un Vénitien peuvent s'arrêter avec plaisir sur l'histoire t , de temps plus modernes ; mais un Lombard repor-

tera-ses regards à travers le désert des siècles, pour les reposer sur les trophées de Legnano. Il s'introduisit bientôt de grands changeutens dans l'administration intérieure et la politique extérieure de l'Italie , dans son caractère moral et son esprit militaire. Mais avant de passer à la période suivante, il convient de faire remarquer plusieurs circonstances importantes dans celles que nous venons d'examiner. Cause» des 1* résistance victorieuse 'des villes de la Lom- Lombards1.65 < hardie à des princes tels que les deux Frédérics , étonnera sans doute ceux qui apportent à l'étude du moyen âge des idées formées sur l'histoire des temps modernes. Mais si l'on considère , d'une part , combien était difficile à contenir une année féodale qui ne devait qu'un service dont la durée était très-limitée, et qui, obligée de s'entretenir à ses frais , ne restait en campagne qu'avec répugnance 5 de* l'autre , la méfiance toute particulière et l'éloignement qu'un grand nombre de princes

d'Allemagne témoignaient pour la maison de Soua* be, on aura moins de raison d'être surpris.. Le royaume de Napks , presque continuellement agité, ne pouvait offrir de grands secours au secoftd Frédéric. Mais ht Lombardie triompha surtout par l'énergie naturelle d'un gouvernement libre. A partir du onzième siècle > les villes devenues républiques déployèrent une vigueur dont la liberté seule est capable. Leurs divisions intestines, leurs guerres mu* tuelles, les formidables .attaques de leurs ennemis nationaux ne purent arrêter le développement de leur force > de leur opulence, de leur population j • semblables aux membres du corps qu'endurcissent le travail et la fatigtie , les républiques italiennes sentirent crcfitre leur éneigie et leur courage au milieu des Tudes épreuves qu'elles eurent à soutenir. Il suffira de rappeler à notre çspritla licence et la barbarie des siècles qui précédèrent leur établissement, les rapine* des brigands de profession et celles des nobles féodaux qui ne» différaient guère des brigands, le mépris de tous les arts eofans cfe l'industrie , l'insuffisance des lois pénales et l'impossibilité de les exécuter; il suffira, dis- je, de se rappeler ces circonstances pour se faire une idée de la révolution qu'opérait en Italie la grandeur naissante de ces vilies. Les désordres qui purent troubler un moment ce uouTei ordre de choses paraîtront bien légers lorsqu'ov» tes compare aveè les bienfaits d'un régime qui protégeait l'industrie , réprimait Kn)ustice et éveilbit Pémulation. Je n'entends parler ici que du premier période de l'indépendance de ces républiques,

et principalement du douzième siècle 9 avant que ces dissensions civiles , qui devaient trop tfct détruire la gloire et la prospérité de la Lombardie , eussent éclaté dans toute leur violence.

Nous possédons peu de témoignages authentiques de la prospérité intérieure des vdles libres de l'Italie, lorsqu'elles méritaient ertcore ce nom. Mais nous voyons par l'histoire que leur puissance et leur population étaient presque incroyables relativement à détendue de leur territoire. GaLvaneus Flamma , écrivain milanais 7 nous a laissé un tableau statistique fort curieux de cette ville en 1288. Quoiqu'il soit d'une date postérieure d'environ trente ans à l'époque où l'usurpation vint anéantir les libertés de Milan , il fallait que cette ville fut déjà parvenue à un haut degré de splendeur , lors même qu'on devrait supposer , comme il estasses raisonnable de le faire, que l'historien a exagéré les faits. Il compte deux cent mille habîtans et treize mille maisons : la noblesse seule occupait soixante rues; l'état pouvait disposer de huit mille gentilshommes ou cavaliers (milites), et de deux cent quarante mille hommes capables de porter les armes } force suffisante , observe l'écrivain, pour écraser tous les Sarrasins. Il y avait à Milan six cents notaires, deux cents médecins, quatre-vingts instituteurs , et cinquante copistesde manuscrits. Le territoire renfermait cent cinquante châteaux avec des villages adjacens. ce Tel était l'état de Milan en » 1288, dit Flamma en terminant. U ne m'appartient » pas de dire si elle a gagné ou perdu depuis cette

» époque (i)« » Le territoire de Milan notait peutêtre pa* alors plus étendu que le comté de Surrey (*)j il était borné pveaqve de tons côtés par des Tilles peu distantes : Lodi, Parie, Itargme et C6me. Il est posâble que Flamma ant regardé quelques-unes de ces villes comme deadépendances de l'état de Milan, quoique la rigueur elles n'en fissent pas partie. Qu'il devait être florissant cet état, qui non-seulement ne tirait rien des pays étrangers, mais encore exportait une partie de ses produits ! Ce fut à Pépoque la pins heureuse de leur liberté , immédiatement après la bataille de Legnano , que les Milanais commencèrent Je grand caaaai qui amène à leur capitale les eaux du Tésin, outrage extraordinaire pour ce temps. Il noua nette encore des preuves delà solidité et de la magnificence des constructions qui signalèrent A cette même époque la prospérité intérieure des

(i)Murafori, Script. Rerum italic. , t. 11. Cette expression de Ptamma semblerait indiquer que de son temps, c'est-à-dire ver/» l'en i$4*y BHfau n'était plus ce qu'elle avait été. Cependant, comme m puissance avait toujours été froissante, et qu'elfe n'avait encore en à souffrir d'aucun gouvernement tyranniqœ , je craie que < etie interprétation ne serait pas juste , d'autant mieux que ce même Flamma , grand flatteur des Visconti, affirme , dans un ouvrage qu'il a composé à ta louange d*Azzo , que ce dernier avait singulièrement embelli la ville et pourvu à k commodité de ses habituas, quoique Brescia, Crémone et d'autres villes eussent perdu. Azarius , qui écrivait à la même époque , s'exprime dans le mente sens. Setipt. JRer. ital., t. 16, pi 3i4 et 317, il dit, en parlant de Luchino Visconti : Statum Mediolani réintégrait in tantum , quàd non civitas, sed provincia vtdebatur.

(*) Le comté de Surrey a environ douze lieues de long sur huit de large ; la partie de Londres , au sud de la Tamise , s'y trouve comprise. (iV. d. T.)

villes italiennes. Les édifices religieux avaient peutêtre plus de splendeur en France et en Angleterre, mais l'Angleterre et la France n'offraient rien qu'on pût comparer aux palais et aux monumens publics, aux rues pavées en dalles, aux ponts de pierre, ou à la commodité des maisons particulières de l'Italie (i).

Quelquefois ces villes prenaient un ton fier et arrogant , enhardies par la confiance que leur inspiraient leurs moyens de défense* Depuis les Romains jusqu'à l'époque où l'usage de la poudre à canon devint général, il s'opéra peu de changements (peutêtre ne pouvait-il s'en opérer davantage ) dans la partie de l'art militaire qui a rapport à l'attaque et à la défense des places fortes. Mous trouvons les mêmes machines de siège, les pesantes tours d'où l'on faisait pleuvoir des flèches sur les assiettes, les catapultes qui lançaient des pierres , les béliers pour enfoncer les murailles , et le mantelet ( la vinea ou testudo des anciens , et le gattus ou chatchateil du moyen âge ) sous lequel les hommes qui manoeuvraient le bélier se trouvaient à couvert. D'un autre côté, la ville était fortifiée d'une épaisse muraille de brique ou de marbre, garnie de tours placées de distance en distance, et entourée d'un fossé profond. On y ajoutait quelquefois un ouvrage extérieur, la barbacane; c'était un rempart moins élevé qu'où

(1) Sismondi, t. 4» p* 176; Tiraboscbi, t. 4., p. 426. Voyei aussi les observations de Denina sur l'état de la population et de l'agriculture eu Italie, 1. 14, c. 10; il est vrai qu'elles s'appliquent en général à une époque plus moderne.

construisait pour empêcher l'approche des machine* de l'ennemi. Les portes étaient garnies de herses : c'était, ainsi que la barbacane, une invention empruntée aux Sarrasins (i). Avec des moyens de défense aussi formidables, un corps nombreux d'intrépides bourgeois pouvait sans doute braver une puissante armée; et comme les conséquences de la prise d'une ville étaient terribles, tandis que la résistance offrait presque toujours des ressources , il n'est pas étonnant que tant de villes assiégées aient dé* ployé le courage du désespoir. Il était rare qu'une grande ville fût prise , si ce n'est par famine ou par trahison* Tortone ne se rendit à Frédéric Barberousse que lorsque les assiégeans eurent corrompu avee du soufre la seule source qui fournissait de l'eau aux nabitans ; et Crème ne céda que lorsque les machine» de l'ennemi s'élevèrent au-dessus de ses murailles. Ancone supporta avec un héroïsme exemplaire les horreurs d'une affreuse famine* Brescia opposa au second Frédéric toutes les ressources d'un habile ingénieur, et resta inébranlable alors que ce prince , renouvelant un acte d'atrocité dont son aïeul s'était souillé au siège de Crème , fit exposer ses prisonniers, attachés sur les machines, aux pierres que lançaient leurs concitoyens du haut de leurs remparts (2).

(1) Muratori , AntiquiU Xtal., dissert* 36.

(a) Voyea le récit de ces sièges dans le second et le troisième volumes de Sismondi. Celui d'Ancône, en particulier, t. a, p. 145-206, est raconté avec une heureuse élégance, et plein de détails intéressant.

Leur gou- Il est impossible de tracer un tableau exact du térit^01 m gouverne vent des villes italiennes aux douzième et treizième siècle*. Lies chroniqueurs de cette époque sont eu petit nombre et peu instructifs ; et , comme il est ordinaire à ceux qui écrivent des événemens contemporains) ils indiquent plutôt qu'ils ne décrivent les institutions civiles de leurs pays respectifs. Et lors même, que nous aurions les données nécessaires , ce serait encore une tache pénible que celle d'exposer les constitutions de trente à quarante petits états qui étaient dans une fluctuation perpétuelle. Les magistrataqui furentéfas dans la plupart de ces états , lorsqu'ils commencèrent à s'affranchir de la juridiction de leur comte Du de leur évêque , prirent le titre de consuls} terme très-expressif pour une oreille italienne, puisqae , dans les âges même les, plus barbares t la tradition devait avoir conservé quelques souvenirs du gouvernement républicain de Rome (i). Les consuls se renouvelaient tous les ans: xils étaient chargés du commandement de la milice nationale en temps de guerre, de l'administration de la justice , et du maintien de l'ordre public \ mais leur nombre variait; ils étaient deox9 quatre , six, et même douze. Dans leurs assemblées législatives et délibérantes ,ies Lombards copièrent encore la constitution romaine, ou peut-être l'adoptèrent-ils na-

(1) Landulf le jeune, dont l'histoire de Miïan«mbrasse l'intervalle & 1094 à 1 tâ&, m qualifie ée pubtùamm mfficiontm parti ceps j et COKSUHJM epistelarum dictalmr. Script. Arum iÈalic. , t. 5 , p. 4.86. C'est, je croie* là première fois qu^est parlé de ces magistrats. Mora ton , Aniudi d'Italia, A. D* atcp.

turettemeut comme la forme la plua propre à combiner les avantages de la sagesse avec l'exercice de la souveraineté du penple. Os avaient Un conseil de confiance et de «secret {délia crèdenzà) compose d'un petit nombre de citoyens chargés de l'administration des affaires publiques , et qu'on pourrait appeler les ministres d'état» Mais les affaires importantes , telles que les traités d'alKance, les déclarations de guerre, la nomination dés consuls et des ambassadeurs, étaient soumise* à la décision d'Un conseil général. Ce dernier corps parait n'avoir pas été organisé de la même manière dans tontes les villes ^ et, suivant le mode de sa composition , le gouvernement était plus on moins démocratique. La souveraineté suprême était réservée à la masse du peuple; et lé parlement ou assemblée génitale de la nation devait être réuni toutes lea fois qu'il «'agissait de délibérer sur quelque changement à faire dans les formes de la constitution (i).

Vers la fin du douzième siècle, urié hbhvélle magistrature toute particulière s'introduisit dans les villes de Lombardie. Frédéric I , pendant sa tyrannie, avait remplacé les consuls électifs par des podestats à ta nomination* 11 est étonnant qu'un pareil acte de despotisme n'ait pas excité dans les républiques libres un sentiment insurmontable de crainte et d'aversion. An contraire , -après la paix de Constance, elles rétablirent presque foutes cette charge qu'elles avaient abolie à l'époque où elles avaient secoué le joug de Frédéric. Inexpérience de la partialité avec

(1) Muratori, dissert. 46 et 5a; Sismondi, t. 1, p. 385.

laquelle les factions domestiques administraient la justice introduisit sans doute l'usage général d'élire sous le nom de podestat un citoyen de quelque état voisin, pour remplir les fonctions de général, de juge criminel, et de conservateur de la paix. Cette dernière partie de ses attributions était souvent difficile, et exigeait un homme aussi ferme qu'intègre. Au moyen âge , les infractions aux lob et les attentats i la tranquillité publique étaient aussi communs, peutêtre plus communs parmi les hopames puissans par leur crédit ou par leurs richesses que dans les basses classes de la société. Des mœurs grossières et licencieuses, des querellas, de famille, et des vengeances particulières, ou même la seule insolence de la force, rendaient l'exécution de la justice criminelle, dans la pratique et dans l'expérience journalière , ce qu'elle est aujourd'hui en théorie, la protection nécessaire du pauvre contre l'oppression. Un magistrat ne pouvait condamner un puissant coupable sans crainte d'exciter des désordres; et il était rare qu'on put exécuter la sentence sans employer la force. Un cri* minel, après sa condamnation , n'était pas v comme aujourd'hui, un objet d'horreur pour la société, un être dégradé , dont les parens craignent de partager la disgrâce, et qu'ils s'efforcent de bannir de leur mémoire. Accusant l'iniquité de sa sentence, ou se faisant gloire d'une action condamnée par les lois de son pays, mais conforme aux sentimens de ses concitoyens, il voyait ses amis se presser autour de lui pour le défendre. Il fallait que la force vînt soutenir l'autorité dé la loi, je ne dirai pas cpntre un indi-

rida , contre une famille , contre une faction locale , mais quelquefois contre tout ce qui portait le nom de Guelfe ou de Gibelin ; car le parti tout entier pouvait se trouver intéressé dans la querelle. Le podestat était forcé d'armer la république contre un citojen rebelle ; il fallait l'assiéger chez lui , raser sa maison , et soumettre ses amis par la force des armes» 11 en résultait que le peuple, familiarisé qvec la violence et le meurtre commis sous les ordres de ses magistrats, se trouvait disposé à renouveler ces scènes de désordre toutes les fois qu'il y était excité par ses passions (i).

Le podestat était quelquefois élu par une assemblée générale, quelquefois seulement par les notables de l'état. La durée de sa charge était d'un an ; mais on prolongeait ce terme en certaines circonstances. 11 était indispensable qu'il fût d'une famille noble , dans les états même où la noblesse du pays était exclue de toute participation au gouvernement. Il recevait un traitement déterminé, et était contraint de rester dans la ville après l'expiration de sa charge, pour répondre aux accusations auxquelles 8a conduite aurait pu donner lieu* 11 ne lui était permis ni d'épouser une femme du pays, ni d'avoir aucun parent domicilié, sur le territoire de l'état , ni même ( telle était leur jalouse défiance ) de boire ou de manger dans la maison d'aucun citoyen. Ces

(i) SisnoBcii, t. 3 , p. a58. C'est à lui que j'ai emprunte le fond . de ces observations. Si l'on veut de nombreux faits a Fappui, on peut consulter V Histoire de Florence, parViUani, et les <4n* nale* de Cènes, par Stella.

•«Huons.

magistrats étrangers ne jouissaient pas partout du même pouvoir. Ils partissent , dans quelque» villes, avoir exercé les fonctions des consuls* et commandé les années en temps de guerre. Dans d'autres, telles que Milan et Florence 9 ils n'avaient qu'une auto* rite purement judiciaire» Lies noms de» podestats servent dans quelques vieilles annales à indiquer les années , comme ceux des consuls dans l'histoire romaine (i).

Lenn di* Les effets.de ce fatal esprit de disoorde qui avait soufflé sur les républiques de la JLombardie n'étaient point restreints à des. intérêts nationaux, ou à la grande distinction de Guelfes et Gibelins. Chaque ville était en proie à des dissensions intestines, qui redoublaient de violence à melune que s'élci» gnait le danger d'une guerre étrangère* Le système féodal avait été établi sur le principe de la puissance territoriale 5 il favorisait l'influence , entretenait l'or* gueil du rang. Aussi , lorsque la noblesse des campagnes fut forcée de se fixer dans les villes , $Ue y porta avec elle l'ascendant de la naissance «Ides ri* chesses. Le respect qui s'attache naturellement à ces avantages lui fit accorder toutes les ckaxçes qui supposent la confiance ou confèrent le pouvoir; il • importe peu que ce fût en vertu d'un droit positif, ou seulement d'un usage continuel» Une pareille aristocratie limitée, qui permet aux clauses inférieures de choisir librement leurs magistrats dans un nombreux corps de nobles, ne saurait être considérée comme une mauvaise forme de gouvernement,

(1 ) Muratori , dissert. 46. ^

et présente d'usés bonnes garanties contre l'oppression et l'anarchie. Telle parait avoir '.été la constitution de la plupart des villes de Lombardie aux onzième et douzième siècles 5 mais , privés , comme nous Je sommes, de dooumens authentiques, il serait téméraire d'avancer ce fait comme une vérité inoon* testable» On trouve dès l'an 1041 un exemple d'une guerre civile quis'éleva & Milan entre les capitonei, ou vassaux de l'Empire , et les bourgeois plébéiens ; il fallut tjue Henri III intervint pour rétablir l'ordre. On attribue cette guerre aux mauvais procédés des nobles à l'égard de leurs concitoyens, mal assex commun dans tous las états de l'Europe; mais partout ailleurs le peuple le souffrait avec une docilité forcée. La guerre dura trois ans : les nobles furent obligés de sortir de Milan , et de soutenir leur querelle dans les plaines voUfaei* L'un 4fcix , nommé I^anxon, poussé par l'ambition ou par une vertueusç indignation contre Ja tyrannie, se mit fia tète du peuple (1).

Depuis cette époque jusqu'après la paix de Constance, il est rarement parlé de dissensions entre les deux ordres $ ce qui prouvé, quelque défectueuses qrue soient les annales du temps, que ces troubles ja 'étaient ni crabes ni fréquens. En ii85, une scission eut lieu entre k noblesse et le peuple de Faënsa. Une guerre civile de quelque importance éclata aussi entre eux à Ifrescia en 1200, et dura quelque

(1) Landulfus, Hist, mediolan, , dans Script, Berum italic. , L 4 , p. 86; Muratori , dissert. 5a , Annuli d'Italia, A. D. 104» î Saint-Marc , t. 3 , p. 94.

temps. Dès -lors des jalousies mutuelles commencèrent à troubler la tranquillité des autres villes; mais c'est vers Fan îaao qu'elles paraissent avoir pris le caractère bien prononcé de guerres civiles ; dans l'espace d'un petit nombre d'années , la question de la souveraineté de l'aristocratie ou du peuple avait été déjà débattue par les armes à Milan , à Plaisance , à Modêne, à Crémone et à Bologne (1).

U serait inutile d'entrer dans la discussion de ces querelles, sur lesquelles la sécheresse des historiens du temps jette rarement quelque lumière , et qu'ils n'ont d'ailleurs envisagées qu'à travers leurs préjugés. U ferait preuve d'un esprit peu philosophique , l'écrivain moderne qui irait, pour ainsi dire, réchauffer ses passions au feu de ces haines oubliées, et aggraver, comme un contemporain partial , les torts de l'uriBfou l'autre faction. Nous n'avons pas besoin de témoignages positifs pour nous faire une idée générale de ces temps de dissensions. On sait que les nobles sont toujours insolens, la populace toujours immodérée; et l'on peut hardiment présumer que ceux-là commençaient comme celle-ci finissait, par des actes d'injustice et l'abus du pouvoir. Tantôt l'aristocratie , non contente de voir les magistrats annuels pris dans son sein , cherchait à usurper le droit exclusif de suffrage au détriment de la masse des citoyens; tantôt les commerçans, fiers de leur opulence et sûrs de leur force, aspiraient aux dignités de l'état réservées à la noblesse.

(i) Sismondi, t. a , p. 444; Muratori, Annali d'italia , A. D. >i85, etc.

Tel est le résultat inévitable delà richesse commerciale, je pourrais mêflfe-dire de la liberté et de l'ordre social | qui sont les sources de la richesse. Il est dans les progrés de la civilisation un terme où les privilèges exclusifs doivent subir des modifications , ou bien les privilégiés périr avec eux. Dans une ou deux villes les partis se soumirent, par l'intervention du pape 9 à une convention temporaire , d'après laquelle les charges publiques , depuis la plus obspure jusqu'à la plus élevée , lurent réparties également, ou dans une proportion quelconque, entre les nobles et les plébéiens. C'est encore un expédient astet heureux, et l'on sait qu'il contribua puissamment à apaiser les troubles de l'ancienne Rome»

Cependant le peuple, dans la lutte naturelle des pouvoirs, l'emporte toujours sur la classe moins nombreuse. \jt% artisans, qui composaient la masse de la population, se formaient en compagnies, suif yapt U nature de leurs occupations. Quelquefois ils formaient, comme à Milan, des asapciations • distinctes soumises à des réglemens particuliers (1). Ces réunions, connues à Milan sous les noms de la TkfoUa et de la Credenza, exerçaient une influence qui ne parait pas extraordinaire, lorsque l'on considère l'esprit de corps et les senti mens d'affection cjui caractérisent de semblables confréries : nous en verrons bientôt un exemple plus frappant dans la république de Florence. A une démocratie formi-

(î)Muratcri, diiiêrt*5at Siamondi, t. 3, p. a6a,

dable et si tien organisée , les nobles opposaient leurs nombreuses familles , cet esprit généreux qui appartient à une haute naissance , l'influence de leurs richesses et de leur nom. U paraît que les membres de chaque grande famille habitaient U même rue; leurs maisons, flanquées de grosses tours carrées d'une hauteur imposante, ressemblaient à des châteaux- forts dans l'intérieur d'une ville. Brancaléon, le fameux sénateur de Rome , détruisit cent quarante de ces habitations fortifiées , qui ne sortaient qu'à favoriser le désordre et la licence. Souvent expulsés delà ville , les nobles profitaient de leur supériorité dans l'arme de la cavalerie, et ravageaient la campagne, jusqu'à ce que les citoyens, fatigués d'une lutte désavantageuse , en vinssent à un accommodement : mais quand tous ces moyens échouaient, séduits pur un vaôa espoir, ou oentraânts par la nécessité, ils sacrifiaient la liberté publique à leur propre intérêt, et prêtaient l'appui de leurs armes à un maître étranger ou i un usurpateur domestique*

Dans toutes ces scène* de désordre , soit que ks nobles fussent aux prises avec le peuple, eu les Guelfes avec les Gibelins, les vainqueurs étaient sans pitié. Chassés de leurs foyers , dépouillés de leurs biens, les vaincus se rétiraient dans d'autres villes attachées à leur parti, et attendaient l'heure de la vengeance. Dans une émeute populaire , les maisons des vaincus étaient souvent rasées ; non pas peut-être par un mouvement de cette espèce de fureur brutale que Muratori reproche aux classes

inférieures , nais plutôt à cause da dommage que leur occasiooaient ces maisons fortifiées. La haine la ç 1*1 terrible est celte que voueBt à leur patrie des hommes qui ont ru leurs Biens confisques et leur tête proscrite ; et l'acharnement avec lequel en poursuivait Jusque dans l'exil une faction qu'avait trahie la fortune , explique assez les malheurs de l'Italie* Lorsque les Gibelins rentrèrent à Florence , après la défaite du parti dominant en 1260 , ils agitèrent la question de savoir s'ils ne démoliraient pas cette ville qui les avait rejetés de son sein ; et sans l'éloquence d'un seul homme, de Fari'nata degP Uberti , la vengeance eût anéanti dans leur cœur font patriotisme (1). C'est à cette passion qu'il font attribuer leur empressement à chercher des Mcours de tous, côtés , à appeler même toute espèce de servitude ,* pour le plaisir d'exercer des repr&aiftea contre leurs adversaires. Le simple amour de la liberté pi*U£qi|6 est peut-être en général ube passion trop abstraite pour enflammer vivraient le cœur de l'homme; ces hames , ces affections personnelles qui souvent le déterminent et le forttéeaft y servent aussi souvent a» l'éteindre.

indépendamment des éemx grandes causes qui divisaient les citoyens dNine république italienne ,1a forme de leur gouvernement, et leurs rapports avec

vi) Gr. Villsmi, 1, 6, «. oV,Sitmondi. Je ae pardonne pas au Butte d'avoir placé es généreu patriote» tràVwiéit /** mrg, fans une des plus hideuses régions de son enfer. La conversation lu poëte avec Farina ta, chant 10, est un morceau magnifique 9 fi jette 4» jour rar Vktooite d» Plofsace.

l'Empire , il en était d'autres' moins graves , mais non moins funestes. Dans chaque ville 9 des querelles de familles particulières enfantaient la discorde, la sédition , les proscriptions. Quelquefois ces querelles se confondaient dans les grandes distinctions de Guelfes et de Gibelins; quelquefois elles se montraient plus à nu. Deux ou trois exemples mémorables en fourniront la preuve. Imilda de9 Lambertazzi, issue d'une famille noble de Bologne , fut surprise par ses frères dans une entrevue secrète avec Boniface Gieremei , dont la famille et la sienne étaient depuis long-temps divisées par l'inimitié la plus invétérée. Elle n'eut que le temps de s'échapper, tandis que les Lambertazzi plongeaient dans le cœur de son amant leurs poignards empoisonnés. Imildarevient, trouve son corps gisant encore chaud, et l'espoir de le rsFppeler à la vie lui inspire l'idée de sucer* ses plaies : mais elle ne parvient qu'à introduire le poison dans ses propres veines, et tous deux furent trouvés étendus sans vie à côté l'un de l'autre. Un aussi cruel outrage alluma toute la fureur des Gieremei; ils s'alKèrent avec quelques états voisins; les Lambertazzi firent de même ; et, après un combat de quarante jours dans les rues de Bologne , ces derniers furent cbassés de la ville avec tous les Gibelins , dont ils partageaient les opinions politiques. Douze mille citoyens furent condamnés à l'exil , leurs maisons démolies, et leurs propriétés confisquées (i). Florence fut tranquille jusqu'en 121 5,

(1) Sismondi, t. 3, p. 442. Cette aventure rappelle celle de

époque où l'assassinat d'un individu suscita entre les Buondelmonti et les Uberti une guerre à mort , à laquelle toute la ville prit part. Une insulte commise iPistoïa, en i3oo, divisa les habitons de cette ville en deux partis , les Bianchi et les Neri$ ils portèrent jusqu'à Florence le germe de leurs inimitiés, et y produisirent une des plus fftnestes divisions qui aient affligé celte république. Dans une des révolutions produites par cette ramification de factions , Florence bannit de ses murs un jeune citoyen qui avait exercé des charges de magistrature et embrassé la cause des Bianchi. Dante Alighieri chercha un asiie dans les cours de quelques princes gibelins, et là 9 dans la mélancolie de l'exil, son génie sublime et créateur acheva cet ouvage extraordinaire où les conceptions les plus vastes et les plus bizarres s'allient avec tout le mordant de la satire politique , cet ouvrage qui a immortalisé son nom , et jeté de l'éclat jusque sur les petitelPquerelles de son temps (1). * *

Dans l'origine des républiques de la Lombardie , leurs différends mutuels et domestiques avaient été souvent terminés par la médiation des empereurs ; et la perte de cette salutaire influence peut être considérée comme un des grands inconvéniens de cette émancipation absolue à laquelle parvint l'Italie dans le cours du treizième siècle. Les papes essayèrent

Homéo et Juliette, tirée elle-même d'une nouvelle italienne, et gui offre un tableau assez yrai des mœurs du temps.

(O Bino Compagni , dans Script. Rer. ital. , t. 9 ; Villani , Zst, livrent. , 1, 8; Dante , passim.

quelquefois d'interposer leur autorité, qui, sans être aussi directe, était mieux soutenue par la vénération des peuples 5 et s'ils avaient toujours sa se garantir des passions intéressées et vindicatives des hommes sur lesquels ils exerçaient leur influence , ils auraient pu obtenir des résultats dont les avantages eussent été ]Aus généreux et pins durables. Mais ils considéraient les Gibelins comme leurs ennemis particuliers , et le triomphe de la faction contraire comme le salut de l'Eglise. Grégoire X et Nicolas III, soit qu'ils fussent poussés par des sentimens généreux , soit que la jalousie que leur inspirait Charles d'Anjou, alors à la tète des Guelfes, leur fit imaginer que le plus sûr moyen de contrebalancer son pouvoir était de faire renaître le para* gibelin , distinguèrent leur pontificat par les efforts qu'ils firent pour ramener l'union dans toutes les villes de l'Italie : mais leurs successeurs revinrent à l'ancienne politique et aux vieux préjugés de Rome. * •" Giovanni L'histoire singulière d'un individu d'un rang bien inférieur à celui des papes ou des empereurs, de Fra Giovanni di Vicensa, appartient à cette époque , et au sujet qui nous occupe en ce moment. sCe moine dominicain commença sa carrière en ia33 , & Bologne, où il prêchait la paix et le pardon des offenses. De là il se rendit aPadoue, à Vérone, et dans les villes voisines. A sa voix, les citoyens dépo saient leurs armes , et embrassaient leurs ennemis. Plusieurs républiques, entraînées par un de ces mou vemens passagers d'enthousiasme, naturels aux gou

«le Vicence.

vemenens populaires, le supplièrent de corriger leurslois, et d'arranger leurs différends. Une assemblée générale fut convoqués dans la plaine de Paquara,sur les bords de l'Adige. Les Lombards s'y portèrent en foule de la Romagne et des villes de la Marche; Guelfes et Gibelins , nobles et bourgeois f citoyens libres et vassaux desj seigneurs féodaux f rangés autour de leurs carroccios , reçurent de la bouche du saint homme la promette, iUijaoirç d'une paix éternelle. On se soumit aux conditions imposées par Fra Giovanni : ç)Jps se bornent presqn'A l'injonction d'un pardon mutuel, soit que ces querelles fussent réellement sans objet, soit qu'il eût évité adroitement de prononcer' sur leurs rentables causes. Mais-le pouvoir et la réputation trop rapidement acquis n'ont qu'un éclat éphémère. Non content d'être le législateur et l'arbitre des villes italiennes, Fra Giovanni voulut en devenir le maître , et abusa de l'enthousiasme qu'il avait excité à Viccuce et â Vérone pour se faire accorder une souveraineté absolue. Passant du rôle d'apôtre à celui d'usurpateur, son sort était facile à prévoir } il céda bientôt la place à des hommes qui firent un bien plus funeste usage du pouvoir, mais qui y avaient aux yeux des peuples des droits plus naturels (i).

(i) Tiraboschi, Storia délia letteratura, t. 4 , p. ai4 (ce morfrau est très-bien écrit) •, Sismondi , t. a , p. 484«

(Bs) !!.• PARTIE.

Situation de l'Italie après l'extinction de la maison de Sonate. — Conquête de NapLet par Charles d'Anjou. — Les républiques de la Lombardie se soumettent » - des princes ou a des usurpateurs. — Les Visconti de Milan ; — Accroissement de leur puissance. — Décadence du pouvoir des empereurs en Italie. — Etat intérieur de Rome. — ftiensi. — Florence ; — Précis historiquo de «on gouvernement jusqu'à la fin du quatorzième siècle. — Conquête de Pjae. — Hse ; — Son commerce, ses guerres mwritimet avec Gènes, etu déi*4w». —4 Gènes j — Ses guerres contre Venue. — - Guerre d« Clùpua. — Gou»e*nemani de Gentt. — Venise } — Son origine et s» prospérité. — Gouvernement de Venise ; — Ses vices. — Coaquètw de Venise. ■ — Système militaire de l'Italie- — Compagnies d'aventure i — i.» étrangères : Guarnier'i Hawkwood ; — a.° indigènes : Bracck>, Sfbree.— Progrès de l'art militaire Armes offeasives et défensive*. — Invention de la poudre. — Naples. — Première dynastie d'Anjou. — Jeanne I. — Ladist*S. — Jeanne II. — François S force devient duc de Milan. — Alphonse, roi de Naples. —Etat de l'Italie pendant le quinsîènie siècle. — Florence. — Ett" vation des Médicis , et chute de leurs adversaire*. " Prétentions de Charles YUI an trône de K «pies.

I jbs temps <jui s'écoulèrent depuis la mort de Fre' délie en i»5o, juseju'à l'invasion de Charles Vlll en i4?4) forment uue période longue, eontusc. '''

dans laquelle il est impossible d'établir des divisions naturelles. C'est une époque extrêmement brillante sous plusieurs rapports ; l'époque de la poésie , des lettres | des arts, des progrès continuels en tout genre* L'Italie obtint alors sur les nations transalpines une supériorité intellectuelle qu'elle n'avait pas encore déployée depuis la chute de l'empire romain. Mais son histoire politique présente un dédale de petits faits tellement obscurs et dénués d'impor* tance) qu'ils ne peuvent captiver l'attention ; tellement embrouillés et peu susceptibles de classification, qu'ils nelaissentque coufusion dansla mémoire. Le&événetnens généraux plus dignes de remarque, qui signalent cette longue période, sont rétablissement de petites tyrannies sur les ruines du gouvernement républicain dans la plupart des villes, l'élévation progressive de trois grands états , Milan , Florence et Venise, la rivalité maritime et commerciale entre cette dernière ville. et Gênes, l'établissement définitif des papes dans la souveraineté territoriale dont ils jouissent maintenant, et les révolutions du royaume de Naplea sous la dynastie d'Anjou , purs sous celle d'Aragon.

Après la mort de Frédéric II , les dénominations de Guelfes et de Gibelins n'avaient plus de sens rai* sonnable. On continuait de commettre les crimes les plus affreux, d'endurer tous les maux pour un vain son y pour une ombre qui faisait encore illusion à des hommes fanatiques et abusés. Les Guelfes reconnaissaient la souveraineté nominale de l'empire , et lui contestaient seulement uns souveraineté iudé-

s finie, que les Gibelins eux-mêmes auraient été peu

disposés à soutenir. Mais les haines violentes attachées à ces mots s'envenimèrent de plus en plus, jusqu'à ce que des siècles d'ignominie et d'oppression eussent étouffé toutes les passions énergiques dans les cœurs d'un peuple avili.

% La chute de la maison de Souabe parut achever le

triomphe de Rome. Le parti gibelin se soutint , il est vrai, encore quelque temps, et remporta même des avantages dans le nord de l'Italie ; mais deux événeraens qui survinrent bientôt rendirent à la faction i25q. contraire tout son ascendant. Le premier fut la mort d'Eccelin da Romano, dont les rapides succès en Lonitmrdie menaçaient l'Italie d'un épouvantable despotisme : les Guelfes et lès Gibelins oublièrent un moment leurs haines, et s'unirent pour le renverser. • L'au tre événement, bien plus important, fut le chan-

Affakes de gement de dynastie qui eut lieu à Naples. Après la mort de Conrad , Mainfroî , son frère naturel, s'était

mis en possession de ce royaume. Il avait d'abord prétendu agir dans l'intérêt du jeune Conradin, mais il ne travaillait que pourlui-même. Actif et ferme, capable d'occuper un poste aussi difficile, les Gibelins le considéraient comme leur chef et comme le réprésentant de son père. Les papes, indépendamment de leurs dispositions hostiles à l'égard d'.un fils de Frédéric II, desiraient naturellement voir un trône aussi voisin occupé par un 'souverain auquel ils jnis-

d'Aajou. sent avo'r p'us c'e confiance. Us excitèrent Charles, comte d'Anjou , frère de saint Louis, à entreprendre une croisade ( on considérait alors comme croisade

toute guerre faite dans l'intérêt de Rome ) contre V usurpateur de Naples. Une bataille décida du sort ia66. de ce royaume, et ses résultats influèrent pendant plusieurs siècles sur les destinées de l'JEurope. Mainfiroi périt dans la mêlée ; mais l'héritier légitime des Frédérics vivait encore. Âgé seulement de dix sept ans , Conradin , fils de* Conrad 9 essaya de reconquérir son héritage *; entreprise téméraire , du moins suivant le jugement qu'on en a porté après l'événement. Il tomba entre les mains de Charles ; et la voix de ces siècles grossiers s'est unie à celle d'une postérité plus éclairée pour flétrir d'une éternelle infamie le nom d'un prince qui , pour s'assurer la jouissance paisible de sa conquête, ne balança pas à faire couler sur Péchafaud le sang d'un rival hono- . rable, on plutôt de l'héritier légitime d'an trône dont il n'était, lui, que l'usurpateur. La maison de Souabe s'éteignit avec Conradin ; mais Constance, fille de Mainfroi, en donnant sa main à Pierre III, avait transporté dans la maison d'Aragon ses droits au trône de Naples et degSicile.

Le succès d'un monarque que les pontifes romains Décadent» avaient choisi pour leur champion changea dans e* l e toute l'Italie la fortune dés factions. II chassa les #

Gibelins de Florence , où ils possédaient un empire absolu depuis la mémorable victoire qu'ils avaient remportée quelques années auparavant sur la rivière Arb/a. La chute de Conradin jeta le découragement dans tout le parti. L'Allemagne ne pouvait offrir aux Gibelins que peu de ressources ? lors même que le trône impérial, depuis long- temps vacant, serait

occupe par on prince allemand. Dans presque toutes les villes la populace tenait à l'Eglise et au nom de Guelfe. Les armes du roi de Naples étaient soutenues pur les excommunications des papes , et pendant le reste du troisième siècle 9 le nom de Gibelin fut un terme de proscription dans la plupart des républiques de la Lombardie et de la Toscane. Charles fut nommé par le pape vicaire-général de cette dernière province. C'était un nouveau droit que s'arrogeaient les papes , de nommer les Heutenansde l'empire pendant la vacance du trône , qui , 4 la vérité, ne pouvait être entièrement occupé sans leur consentement. Mais on vit bientôt que ce prince aspirait à la souveraineté de toute l'Italie. Quelques-uns des papes eux mêmes , Grégoire X et Nicolas IV, devinrent jaloux de leur créature. On proposa, au congrès tenu a Crémone en 1269, d'accorder a Charles la seigneurie de toutes les villes guelfes ; mais la majorité, plus prudente, aima mieux l'avoir pour ami que pour maître (1).

Les viîlMde Mais les villes de Lomifrrdie , guelfes ou gibelines, l n'étaient plus animées de ce noble orgueil qui dé-

Lombard ie se

soumettent des aotgneurs

(i) Sismondi, t. 3, p. {17. Cependant, cette même année, plusieurs villes , et , entre autres, Milau, pré.èrent serment de fidélité à Charles. Ibid. En 1373, il était seigneur d'Alexandrie et de Plaisance , et recevait des tributs de Milan , de Bologne et de la plupart des villes de la Lombardie (Mura ton). Son intention était évidemment de profiter de la vacauce du troue impérial pour y monter lui-même , ou du moins pour se placer, à l'égard des états italiens , dans la même situation que les empereurs ; c'est-a-dirr que , suivant l'usage des douzième et treizième siècles > il aurait laissé les villes en possession de tout ce que nous appelons* indépendance | se réservant seulement une souveraineté nominale»

(»7.) dBi^ledefpoiiMBed^Dbowme^i«^tû&entqui«tt aoi tfxmmemeà* républicain* «a que- la clûêtetés est aux feniroea, ikh principe ecmserwotyur sur lequel il ne 6ut jaifou* raisonner, et c|ti9oo h*4e£l »jainai»t soattcttffe à .de» calculs d'utilité* 6oU» forée, toi* ruwjaoil par suit* de leur libre; «be>a><l4 plupart des républiÇueelenàbetdes étaient déjà tombée» août le }ôug de quekjnfaM dé leur» priniripsMjfc citoyep»,» <{*i devint le seigneur f rigawrteJv oà ,. cfena l'aceèp* tibu gtweqdfr du mot , le «tf r»f> de sort paya, Le pre* mier exemple d'une délégation volontaire* «ki pou* véir souverain fut celui de ,Femre* qui* comme Mo* l'avons dit plue haut) .-se dmtoa tu seigoeu*d'Esté* JEeeèlm fut* dans toute la forte du. terme y le tyran de* villes au-delà de F Adige f et l'expérience dfeiésermUté» aurait dû prèpagei* dan* toute l'Italie Phorreurdu deepotishie* Mais, aux yeux des faction» ' furieuses , tous le» dangers diaperaiseaiest devant Vidée devoir dominer leurs adversaires. Fatiguée de # ces vaine* et éternelles discorde», où chaque parti était tour-à-tour victime, la liberté se retira d'un peuple qui' déshonorait son nom ^ et le» Lombards, ces républicains tumultueux, braves ) intraitable», n'aspirèrent plu* qu'à la servitude, fet ^apportèrent patiemment la plus dure oppression. Si quelquefois les excès de la tyrannie parvenaient à lasser Jeu* pa» tience, et qu*nnc ville soulevée rejetât son souverain, elle ne faisait que changer de maître, et ces efforts passagers d*un peuple impuissant ne servaient qu\i amener un despotisme différent, et quclquefei»

piro (1)» Dans pinceurs villes il ne se trama pas an seul complot y on» ne laissa plut échapper on soupir en feveur du» gouvernement républicain, lorsqu'une fins le despotisme d'un seul eut été établi. Les peuples passèrent, par une transition graduelle , mais sûve, du pouvoir hmi té au pouvoir absolu , du pouvoir temporaire au pouvoir héréditaire, d' un régime de justice et de modération à un régime d'extorsions et de cruautés. Avant le milieu du quatorzième siècle au pins: tard , tontes ees villes, 'qui avaient dédaigneusement refusé les pins, légères marques de soumission aux empereurs, perdirent jusqu'au souvenir de leur indépendance, et se virent .partagées comme vu patrimoine .incontestable entre les enfcns de leurs nouveaux maîtres. Telle est la marche progressive aW'usurpation 5. tel est le châtiment quelle ciel ré* serve à ceux qui dissipent dans la- lieenée des factions le premier des biens sociaux, la liberté (à).

, (1) Le port de Pas se ri do JBonaccorsi , seigneur de BGtBtoue en &3a8, offre un exemple de ces changemena d'un tyran pour un antre. Louis de Gonzague le surprit, parcourut la ville avec une troupe de cavaliers', criant : V\\*a il popofo, e muoja 3fesser Passeritto e le sue gabelle ! tua Passeriuo sur la place , mit son fils à mort de saug-froid , e poi si fece signore délia terra» Villani, I. 10 , c. 99, observe, eu bon républicain, que Dieu avait accompli en ceci les paroles de son Evangile (quel Evangile?) : «Je détr> irai mon ennemi par mon ennemi ,» AbbaUcndo l'une tira n no per l'altro. ,

(a) Voyez les observations de Stsmondi, t. 4> P- 2ïa» sur la conduite des seigneurs lombards pendant le premier période de leur puissance. Ils étaient , en général , choisis dans une assem Wëe du peuple, quelquefois pour un temps limité, qu'on prolon-

La ville qui s'était le plus distinguée dans les deux xeiTcniani

.1 •jet . et lea Visconti

guerres contre la maison de oou|he par son mvm- à Milan. ciUe attachement aux institutions républicaines) fut la première aies sacrifier, quelques années après la mort de Frédéric IL Milan était depuis longtemps agitée par des dissensions entre la noblesse et le peuple. Les forces de ces partis étaient presque égales , et par suite leurs succès étaient alternatifs. Chacun avait son podestat, distinct du magistrat légitime de la ville. L'archevêque Fra Léon Perego était à la tète de la noblesse. Le peuple choisit pour chef Martin délia Terre , gentilhomme que l'ambi- *

tion avait jeté dans le parti démocratique. Un noble ayant assassiné un de tes créanciers , les deux partis prirent les armes en 1267. Cette guerre civile , variée dans ses succès , et interrompue par plusieurs traités qui, avec la malheureuse disposition des esprits, ne pouvaient long -temps durer, se termina, au .bout de deux ans , par l'entière défaite de l'aristocratie, et par l'élection de Martin délia Torre à la dignité de chef et seigneur ( capitano e signore) du peuple. Quoique les Milanais n'eussent probablement pas l'intention de renoncer à la souveraineté inhérente k leurs assemblées générales, ils perdirent bientôt leur esprit républicain ; cinq membres

jeait de la même manière. Ou consultait le peuple en certaines occashaê. IJ y avait a Milan un conseil de ueuf cents nobles; ce «ouseil n'était ni permanent ni représentatif-, mais les membres en étaient choisis et convoqués a la volonté du gouvernement pendant les règnes des Visconti, Corio, p. 519, 583. Ainsi, comme l'ohservc Sismcmdi , ils respectaient la souveraineté du peuple en détruisant la liberté.

(9o) de la famille délia Torre peuvent être considérés comme ayant régné^suecessivement à Milan ; chacun d'eux , il est vrai , parvint k la souveraineté en vertu d'une élection formelle) mata aussi par la reconnaissance tacite d'uti* e$pè<*e de. droit héréditaire. Vingt ans après, la famille des Viscônti, attachée au parti contraire , supplanta les TorriAni; et la rivalité de ces deux grandes maisons ne finit qu'à établissement de Mathieu Viscônti en i3i3 ; mais le peuple n'était toujours considéré que comme l'instrument de l'un ou de l'autre parti, et tout au plus ' comme décidant sur les prétentions de ses maîtres. '

ReÀaiaMiu» ^a vigueur etl'ensemble que les snccèfcde Chartes ;

du parti gibe- «pAnjon avaient donnés au patti guelfe, ne durèrent ■ pas longtemps. Ce prinoe se trouva bientôt engagé dans une longue et malheureuse querelle avec les rois d'Aragon , sous la protection desquels s'étaient mis les Siciliens révoltés. D'un autre côté, quelques hommes d'un caractère énergique soutenaient les intérêts des Gibelins en Lofnbardie, et jusque dans les villes de la Toscane. Les Viscônti étaielnt les chefs reconnus de cette faction. La famille de la Scala, qui régnait depuis )6ng-temps à Vérone, maintenait également la supériorité des Gibelins dans le pays situé entre l'Àdige et la mer Adriatique. Castruccio Castrucani , aventurier 'doué de , grands talens, s'était fait prince de Lucques, et donnait aux Gibelins un puissant renfort au sein du parti de l'Eglise en Toscane ; mais sa mort y rétablit l'ancien ordre de choses. Les petits tyrans étaient < tantôt Guelfes , tantôt Gibelins, suivant le cours des

révolutions locale») mais , en général , ces dernier* finirent insensiblement par dominer. Ceux qui te» * naient encore à l'indépendance de l'Italie, on 4 la conservation de leor propre puissance , avaient , 4 la vérité, bien moins & craindre' du fantôme des prérogatives impériales longtemps négligées , et in* capables d'être remises en Rigueur, que de cette nouvelle race de princes étrangers que les papes avaient substituée à la maison de Sonabe. Les rois l« rou <u de Naplea de la famille d'Anjou 9 maîtres de la Pro- SSSJjt vence , pouvaient facilement envahir le Piémont et deritolie' faire trembler les Milanais» Robert 1 troisième souverain de cette dynastie, aspira presque ou vertement^ commeson aïeul Charles 1 9 à se rendre maître de PIt#lie. S'il offrait des secours auxvUles guelfes engagées dans quelque guerre , ses offres étaient toujours accompagnées d'une demande de la souveraineté. Plusieurs d'entre elles cédèrent a son ambition ; Florence « elle-même l'investit deux fois d'une dictature tent* poraire* En i3i4, il ^tait reconnu comme seigneur rie Lucques , de Florence 9 de Ravie , d'Alexandrie , de fiergame et des villes de la Romagne. En i3t8-, les Guelfes de Gènes ne trouvèrent pas d'autre ressource contre le» émigrés gibelins qui étaient sous leurs murs, que de faire en faveur du roi de Naples un abandon de leurs libertés pendant l'espace de dix années , terme qu'il fit proroger pour six ans de plus. Les papes d'Avignon , et surtout Jean XXII , aveuglés paT la haine qu'ils portaient à Louis de Bavière et à la famille des Visconti, secondaient tous ces ambitieux projets* Mais la mort de Robert, et

les troubles qui bientôt agitèrent son royaume, arrêtèrent l'exécution de ses plans.

A. la fin du treizième siècle , on comptait dans le nord de l'Italie presque autant de princes qu'il y avait eu de villes libres dans le siècle précédent. L'égalité de leurs forces, les révolutions domestiques qui souvent ébranlaient leurs Jtrènes, les empêchèrent pendant quelque temps d'empiéter sur leurs voisins. Mais peu-à-peu leur nombre diminua : une foule de petits usurpateurs disparurent des villes du second ordre , et le peuple > sans désir ou sans espoir de liberté , se crut heureux d'échanger la honteuse domination de ces obscurs tyrans contre celle de quelques familles plus illustres et plus puissantes. Et«t de u Vers Pan i35o^ les états de la Lombardie centrale milieu du qua- étaient soumis aux Visconti, Quatre autres familles j»r« me u - 5e présentaient en seconde ligne 5 celle d'Esté â Fer- 1 rare et a Modène ; à Vérone, celle de la Scala, qui,

sou? Cane et Mastino délia Scala , avait paru vouloir disputer aux seigneurs de Milan l'empire de la Lombardie*, la maison de Carrare à Padoue, la dernière des villes de Lombardie qui eût sacrifié 5a liberté; enfin à Mantoue, la famille de Gonzagur, qui n'obtint jamais de grands accroissemens de territoire , et qui, popr cette raison sans doute, continua d'y régner paisiblement jusqu'au dix-huitirme Puissance d«s siècle. Mais leurs forces réunies., comme l'événement le prouva quelquefois , pouvaient à peine lutter contre la puissance des Visconti. Cette famille* objet de toutes les ligues qui se formèrent en Italie pendant plus de cinquante ans, constamment op-

posée à l'Eglise, et familiarisée avec les interdits 'et les excommunications 5 cette famille, qui ne produisit jamais *u n grand capitaine, mais qui fut féconde en tyraus justement abhorrés à cause de leur perfidie et de leurs cruautés; cette famille , favorisée par une suite presque continuelle de succès, put ajouter ville surfile à la souveraineté de Milan, jusqu'à ce qu'elle eût absorbé tout le nord de l'Italie. Sous Jean Galéas, qui commença à régner en i385, la couleuvre (c'était la figure qui distinguait ses armes) prit une altitude vraiment menaçante (i). Ce prince renversa la puissante famille de la Scala , dont les vastes états agrandirent son territoire. De Verceîl en Piémont jusqu'à Jeltre et Belhme, tout lui était soumis; et les villes libres de la Toscane, Pîse, Sienne, Perouse, et Bologne m^me^ séduites par une espèce de vertige , se donnèrent spontanément à ce tyran astucieux.

Quelque grande que fût la puissance des Visconti en Italie, ils ne purent de long-temps faire. disparaître la tache de leur usurpation aux yeux des souverains légitimes de l'Europe. Au siège de Gênes, et* i3i*8 , Robert , roi de Naples , rejeta avec dédain; la proposition faite par Marc Visconti de déi ider leur querelle par un combat singulier (aï. Miîs,

cfic*zles rois comme chez les autres hommes, l'inté-

(j y Ou rencontre souvent daus les Auteurs Maliens des allusions hrraf cliques. Tous les historiens du. quatorzième siècle emploient haftit nettement la couleuvre, il bisdone, pour désieuer la puis- -auce de Milan. *

{'**) Délia quai rosa URè moltû sdegno ne ptese. Villaui, 1. 9, • . 9 >. La veuve de Nino di Gailura, noble de Pise, qui exer-

rêt fait facilement fléchir l'orgueil. Moyennant cent mille florins , Galéaa Visconti acheta poar son fils la main d'une fille de France « traité que les historiens français signalent comme une humiliation pour leur couronne. Quelques années après , Lionel , doc de Clarence, second fils d'Edouard III, épousa la allé dé Galéas, et c'était sans doute unaarti non * moins brillant. Ces deux alliances furent de courte durée; mais le mariage de Valentine, fille de Jean Galéas, avec le duc d'Orléans, en 1889, eut des suites bien plus importantes, et transmit à Louis XU et i François I, descendans de cette princesse, des droits qui furent la cause principale des longues calamités qui affligèrent l'Italie au commencement du seuième siècle* Peu de temps après ce mariage, les Visconti se trouvèrent tacitement admis au rang des autres maisons souveraines, par l'érection de Milan en duché, en vertu des lettres-patentes de l'empereur Venceslas (1).

Rapport* de Après la mort de Frédéric II , l'Italie fut presque ritaiL1!* avec entièrement affranchie de l'autorité impériale. R<s

1272* dolphe de Hapsbourg, qui monta sur le trône d'Allemagne à la suite d'un long interrègne, était trop prudent pour dissiper ses faibles ressources dans une entreprise où la puissante maison de Souabe avait échoué. Environ quarante ans après, l'empereur

i3oo. Henri de Luxembourg, prince dont les états héré-

çait une sorte de souveraineté en Sardaigue , «yant épousé un Visconti, ce mariage, ainsi que nous l'apprend le Dante, fut considéré comme une mésalliance. Purgatorio , cant. 8.

(1) Corio , p. 538.

(9$) ditavrei étaient, .comme ceux de Rodolphe , peu étendu» i mai# dlun caractère fictif et sage, «ut pro« (itev de l'antiqu* vénération encore attachée au titre impérial > et des jalousies mutuelle» des Italiens, pour ^ouvrer pendant quelque temp&une grande influence. Mais » quoiqu'il affectât une conduite im. partialp et le deair d'opéw un rapprochement entre les Guelfes çt les Gibelins , il ne put triompher de la méfiance des premiers ; ses besoins l'obligèrent à faire des demandes d'argent considérables ; et quand lça italiens firent combien 'sa cavalerie allemande était peu nombreuse, ils reconnurent que Fobéis» sance était un acte purement volontaire de leur part. Henri mourut cepeùdant assez tôt pour s'épargner uo revers décisif, Louis de Bavière et Charles IV, ses successeurs, descendirent des Alpes avec les mômes intentions 5 mais, après quelques succès momentanés, Us furent l'uu et l'autre contraints de se retirer d'une manière peu honorable. Cependant les Italiens ne rompirent jamais ce fil presque invisible qui les attachait à l'Allemagne. Le vain titre d'empereur romain commandait encore leur obéissance, quoiqu'il fût à la disposition de sept électeurs teutoniques qui agissaient sans leur concours. Florence (.'lle-mêpie, la plus indépendante, la plus tière des républiques , fit , en i355, avec Charles IV, un traité qui, en confirmant les libertés dont elle jouissait alors, portait par cela même une atteinte assez grà\e à sa souveraineté (1). Cette déférence qu'on témoin

(>)La république do Çloreuce était »lor* menacée par une cotation que tes yillei de Toscane avaient formée contre elle , et le

gnait pour les prétendues prérogatives de l'Empire, au moment même où elles étaient le moins redoutables,,pro venait en partie de la crainte jalouse qu'on avait de l'intervention de la France ou de INaples, en partie de la haine nationale contre les papes retirés à Avignon, et jusqu'à un certain point aussi d'un respect mal entendu pour l'antiquité , sentiment qu'a vait enfanté la renaissance des.lettres. Les grands jurisconsultes , et les poëtes bien plus grands encore du quatorzième siècle, apprirent aux Italiens à considérer l'empereur comme un souverain en expectative , auquel étaient subordonnées leurs diffé-

protection de l'empereur lui était utile ; mais elle ne consentit qu'avec une grande répugnance à une simple reconnaissance nominale de son autorité. La première fois que les envoyés de Florence haranguèrent l'empereur , ils ne voulurent employer que les mots dé Santa Coron a , ou Screnissimo Principe ; sanza ricorda lo imperadore, o dimostrargli alcuna révère ma di suggezzione, domandando che il comune di Firenze volea , e&sendagli ubbidiente , le cotali e le cotali franchigie per mantenere il suo popula nell * usata libertade, Matt. Villani , p. 374 (Script. Rerum itaL, t. 14)* Ce ton de hauteur déplut à Charles; et la république s'empressa d'apaiser le courroux du monarque eu acceptant son privilège. Il faut avouer que dans cet acte l'empereur parle en maître. Le gonfalonier et les prieurs y sont déclarés ses lieutenans. Les députés de la ville lui firent hommage , et prêtèrent serment de fidélité» Les circonstances engagèrent les priucipaux citoyens à consentir à une soumission qu'ils savaient n'être que nominale; mais le peuDje, plus fier, moins indifférent a l'égard des tioms, n'y donna son consentement qu'avec une répugnance bien marquée. Le traité fut sept fois proposé dans le consiglio del popolo, et sept fois rejeté avant qu'on pût calmer les passions soulevées. Sa publication n'excita aucune marque de joie. Les édifices publics seuls furent illumiués ; mais uu morne silence indiquait assez que chaque citoyen sentait son orgueil blessé, Matt. Vill. , p. 286 , 990 ; Sismondi , t. 6 , p. a38.

rentes principales et répdbK^ète , qtii Savaient d^atoritéfégftimë que pendatft son absence.

ll^it'Cèpendant flné p*6*vïhcetfe l'Italie à l'égrtd c«iû» d* Ae tafoeftc PEmpirè avait , dés le commencement aupa^* de cette époque , tehotafcé à des droits de souveraineté, depuis la dotation *dè ^Pepra , donation confirmée ^t étendue par um? multitude de chattes postétieuVes^ le saint siégé a*vait 'des prétentions asârefc justes *ur ta Àoinagne , bu 'érfarcnat de Ravenne. Mfeîs'Cës thèmes papes, dont les menaces étaient redoutées jusqu'au* éit*émïtés de l'Europe , étaient encore bien fables 'Co^ttarpritic'es temporels. Innocent III Itttatème n'avait pu parvenir à se faire mettre en possession tlè 'dette partie dû patrimoine de saint Pierre. Les fcitfcbiiôtattces qui Raccompagnèrent l'ave- Btetnent'àè ftodblphe inspirèrent plus de confiance à Nicolas ill. Rodolphe confirma en tout point les ctonfttfetafe 4e Louis 1, d'Otto On et de *és*aut*res pré* cftéfeeasetife'sj'maisn' éprouvait encore delà répugnance cm qàelfjfte honte 'OU à rertOncer à âtes droits impé* riant. Attsti SA charte maintient expressément l*ratégtfitë deï'Enïph'e (sine âernembraiione Invperiiyi lés villes de la Romagne pistèrent serment de fktëi Aetffre tes mains de son chancelier. Mais le pape ayanft ftit vatoi* sfes titres avec beaucoup de fermeté, R^rfôlphe jugea qfu^l <ét*H plù*s prudent de ne point s'engAget dans nnè «querelle qui pouvait 'ïui'fetre fa* taie , tet fit , «en l '±^8 , an abandon absolu des tkoite de souveraineté que pouvait avoir l'Empire sur tous les états précédemment donnés au saint-siége (î).

(jj .Mura ton, A. D. 1274, 1275, 1278 ; Sismontfi, t. 3^ p. 461*

C'est ici une époque remarquable dans l'histoire de la puissance temporelle de Rame. Mais Rome ne, faisait que remplacer l'empereur, et sa souveraineté n'était point incompatible avec l'indépendance réelle des villes libres, ou des usurpateurs qui s'étaient élevés parmi elles. Bologne, Faënza, Rimini, Ravenne, et une foule d'autres moins importantes , prêtèrent serment de fidélité au pape, mais n'en continuèrent pas moins à régler à leur gré leur administration intérieure et leurs relations extérieures. La première. de ces villes était bien supérieure aux autres par sa population et sa célébrité , et , à quelques intervalles prés, conserva son gouvernement républicain jusqu'à 1» fin du quatorzième siècle. Les autres étaient esclaves de petits tyrans encore plus obscurs que ceux de la Lombardie. Il n'était pas très-facile aux papes d'Avignon de rentrer en possession d'une souveraineté à laquelle ils paraissaient avoir renoncé; ils firent cependant plusieurs efforts pour s'y rétablir, employant tautôt les armes spirituelles, tantôt l'appui plus efficace >de troupes stipendiées. Les annales de cette partie de l'Italie ne présentent aucun intérêt.

Etat intérieur Rome elle-même se montra pendant tout le moyen âge peu disposée à reconnaître le gouvernement de son évêque. Les. droits de ce dernier n'étaient ni définis ni confirmés par aucune loi positive ; l'empereur y fut long-temps souverain ; le peuple voulut toujours être libre. Indépendamment des causes ordinaires d'insubordination et d'anar- • chie qui. subsistaient dans les autres états d'Italie,

et qui agissaient également dans la ville capitale , d'autres sentimens personnels aux Romains conservèrent chez eux une influence qui, sans être uniforme 9 se 6t néanmoins sentir pendant plusieurs siècles. Les débris de ce vaste héritage étaient encore assez beaux pour inspirer aux citoyens de Rome le noble sentiment de leur dignité. Fiers du nom vénérable qu'ils portaient , entourés des mpnumens des arts et de l'Empire, ils oubliaient, dans les illusions de l'orgueil national, que les dieux .tutélaires de l'édifice avaient disparu pour toujours. Vers le milieu dn douzième siècle , ces souvenirs furent exaltés par l'éloquence d'Arnaud de Brescia, novateur politique mû prêchait contre la juridiction temporelle de l'Eglise. Les Romains, dans un accès passager d'enthousiasme, crurent devoir faire un ridicule étalage de leur importance, lorsque Frédéric Barberousse vint pour recevoir la couronne impériale; mais l'Allemand, choqué de leur ostentation, en témoigna son mécontentement, en termes fort durs, et punit leur résistance (1). Ils avaient moins à craindre des papes. Dans le cours de ce siècle, plusieurs d'entre eux furent chassés de Rome par les citoyens révoltés. Lucins II mourut des blessures qu'il avait reçues «dans une émeute. Le gouvernexxient fut confié à cinquante-six sénateurs que le peuple choisissait tous les ans, par l'intermédiaire

(i) Ofhon de Friaingue, 1. 2, c". 22, nous a conservé là harangue impertinente d'un orateur romain a Frédéric , et la réponse de ce prince; mais leur longueur pourrait faire soupçonner qu'elles ont subi des additions. Cet historien aime assez l'amplification- On peut lire ces mêmes discours dans Gibbon , c. 6*9.

d'un côrpk électoral composé fle dit 'd£ptit& 'de chacun des treize 'tffùartie ts fleU Vffle!( i). Cette constitution, ne subsista pas tout S-Yaft cinquante ans. En ny'a, Rome, 'à limitation fles a'uffes Villes, homma un magistrat étranger 'crûi Wê deVait l'ester qu'un an dans l'exercice de'ses fonctions (a), Le sénateur de Rome paraît n'avoir différé du poili stat Ijue de nom. Ce magistrat remplaça le sénat 'représentatif qui n'avait pu conterilr l'aristocratie la plus turbulente de toiJte 'l'Italie. Je he Wpéterâi pas ce trait delà jlistièè sévère et iiiftetfBle'de^raïicaléon, trait 'qu'un grand 'historien a déja'tlire de l'obscurité. Cefait rie se'rt'pàs seulement A jeter db jour sur les «nnalesde'fiBtrie, il ihdique ftty'oirV l'état général de la société eh Italie, la Hatùre des devoirs clù'pbdestat^ et les dlfâcUltés que ' présentait lebr exécution. Plus 9e six cents ans se sont écôtilés' dèpms "cette époque', et la charge de séiiatéur subsiste' encore ; un hiagistrat étranger siège au Capîtble /mais il ne tieht pltfs ta verge de fer (le lferancàlcon 7 et le 'peuple n'a plus de'rWt'a sa nôminatWh , qiii àppartient naturellement a'u'sùprétbe £ohttfe. Alix «douzième et treizième siècles, le sénat et le sénateur fcpii lui succéda exercèrent une des prérogatives instinctives de la souverâitiété , celle de battre' monnaie d'or et d\trgèttt. Quelques» unes de leurs pièces j

(i) SifttDoadi » t a , p, 36. Indépendamment' de Sismôndi et Mu raton , j'invite le lecteur à consulter, pour l'histoire de Rom pendant le moyen âge , les derniers chapitres de l'ouvrage Gibbon.

(a) Siimondi, t. a , p. Soft.

e^n^mjflrç i Çt!ç« R9rt»t 4?ft iiwriptfons, coni Ç?P? fott U]R tàffr U^fr qM>«W (0 • La puissance tetypqftfc 4e! Pl^.y^ **»* 4o,ute suivant Ja natarçç, de kuv Cfffaçtéx e persoçiiel Innocent IU eut bÇMpoim.pJus, #a^torité qrçe les papes qui l'avaient jOT^fté, ^epujs pn siècle , et; même que plusieurs de ses sflççessçi}^. ]\ s.?, fit prêter serment de Çdélit4 parle sçjpateur } et }>ieç que les obligations imposées par ce sej-menf ne, fassent pas tr^s-é tendues, cet acte s^ul fuyait êtr,e alo^s considéré comme une reconçiais^çice ç^e sa supériorité (3).

Quoiqu'on f^t à, Rome , même dans le treizième siècle f biejt moins soumis, à l'autorité légitime , (jueJ/e qu'elle ${, que partout ailleurs en Italie, la retraite dçs papes à Avignon laissa Rome dans un ^t bien p^us déployable qu'aupavarant. Des actes de yiole^pe^ çles ypjs, dps désprdres, de toute espèce se commettaient daps le^rues. Les nobles étaient entre eux dajw un 6/tat de guerre continuel. Leurs palais fortifiés nç leur suffisaient pas ; ils convertissaient en forteresses les jnpQi^meps sacrée de l'antiquité , çt acbevaje^t les çgvages du temps et de la conquête* Jamais cette villç n'^pypuya de perte; plus irréparables, çt la c^utp pie l'empire d'occident fut moins funeste à sa capitale que les misérables querelles des Prsjpi et 4e? C,olojme« pes bar pu s puUsans bravaient J'antorit^, soif; quVle fût entre les mains d'un lé* gaj d'A.yjgrçon, pu fans celles du corps municipal. Ce iut**ft iftlieu de cet 4 Ut de dégradation et de a^**™1

(i) Gibbon, t. îa, p. 289; Murotori, Antiq. Ital., diss» 37* <*) Sumondi , p. 309.

misère qu*un homme obscur, Nicolas Rienzi, con- 1 çut le projet de ramener Tordre dans sa patrie , et de lui rendre son ancienne grandeur. Il avait reçu ' une éducation supérieure a sa naissance , et nourri ' son esprit de l'étude des meilleurs écrivains. Après avoir souvent harangué le peuple, sans que la no- ' blesse , endormie dans une vaine sécurité , prît au- ' ' cune mesure pour prévenir le danger , Rienzi excita i tout-à-coup un soulèvement, et obtint un succès complet. Il fut proclamé tribun , mis à la tète du * nouveau gouvernement, et investi d'un pouvoir I presque illimité. Les premiers effets de cette révo- * I lution furent prodigieux. Tous les nobles se sourai» H rent malgré leur répugnance 5 les routes furent pur» -i gées des brigands qui les infestaient 5 la tranquillit x i se rétablit à l'intérieur; quelques exemples sévérr-' 1 de justice effrayèrent lès malfaiteurs j et tout i» ( peuple vit dans Rienzi l'homme destiné à être t :, | restaurateur de Rome et de l'Italie. La cour d'A <>|( gnon, qui ne pouvait sanctionner une pareille usi r0 , pation, aima mieux temporiser que de s'opposer > jj rectement au nouvel ordre de choses. La plui des, républiques et quelques princes d'Italie ■%*$ , voyèrent des ambassadeurs au tribun , et paru: reconnaître la légitimité de ses prétentions asseï ; ls tueuses. Choisi pour arbitre par le roi de Hong! J c la reine de Naples, il n'osa cependant point ^éf ^ '! leur querelle. Mais cette élévation si subite e! > s« sa raison, et découvrit de? défauts incom^ ^ avec la hauteur de son rang. Si Rienzi eût véV

cfUi

nos jours, ses grands talens eussent trouvé la. si 4 r,

( xo3' ) .

qui leur convenait : car il avait un de ces caractères qu'on rencontre quelquefois parmi les écrivains politiques ; c'était un mélange d'heureuses qualités et de défauts, d'érudition, d'éloquence, d'enthousiasme pour le beau idéal , de vanité , d'inexpérience des hommes , d'irrésolution et de timidité naturelle. Ses défauts, en devenant plus saillans, ternirent l'éclat de ses vertus, et firent oublier ses bienfaits: il fut forcé d'abandonner le gouvernement et de se retirer en exil . Après être resté éloigné des affaires pendant plusieurs années, et en avoir passé quclques-uiies datis les prisons d'Avignon, Rienzi fat ramené a* Rome avec le titre de sénateur, mais avec une autorité dépendante du l^gat. On s'était flatté que les Romains , qui étaient retombés dans leur ancienne insubordination , se soumettraient avec plaisir à leur tribun favori' : c'est ce qui arriva effectivement pendant quelques mois $ mais bientôt ih cessèrent de respecter un homme qui s'était assez peu respecté pour accepter un poste où il ne pourut plus être libre, et Rienzi fut tué dans une «tnmte(i).

Peu de temps après la mort de Rienzi , là liberté affiures

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V Sismowdï y t. 5, c. 27; t. 6", p. soi -, Gibbon , c. 70; De ' W< . yïe de Pétrarque y t. 2, passim ; Tiraboschi , t. 6 , p. 339, & '* difficile de résister à l'admiration que toutes les circonta'ts romanesques de l'histoire, de Aién?,i tendent a exciter, et à >>«Ne Pétrarque s'abandonna si aveuglément. Le simple bou b aVtait pas la qualité dominante de ce grand poète. Il était h de deux idées , entre lesquelles il serait difficile d'indiquer P-u absurde; c'était d'abord que Rome avait conservé des *"■ légitimes à l'empire du monde ; ensuite que la révolution ** par Rienzi devait la remettre en possession de ces droit*

Suite des

de Rome parait avoir encore une fois respiré sous de» institution* républicaines, mais axec des nom* moins propres, à réveiller des souvenirs chéri*. Des bauuerets * magistrats clyMW dans léa treize quartiers de |a \ilk , çt *yanjt 4 te W* ordres une oplvc* composée do trois mille citoyens,, furent misa la têt* de la république. ^ 'objet principal de ce\V* nouvelle organisation était d'mtifoide* tes nobles, dont les excès, en l'absence de feinte espace de gou* vainement > étaient devenus tout-4-fatt intalémfelea. Plusieurs furent pendus dés la premier* année par ordre des. ban oe rets. Les citoyens n'avaient cependant aucune intentioa sérieuse dfr se soustraire à k 1 domination des papes ; mais la négligence , l'éloigneroent funeste de ces pontifes , qui réclamaient leur obéissance en même temps qu'ils, le*r relu* saieut leur protection ,, mirent les Remaicu àpns la nécessité de pourvoir e**»mème& à leur sûreté. Us étaient cependant toujours prêts à reconnaître et à recevoir tour évèque comme leur souverain, aussitôt qu'il reviendrait parmi eux. Avant ce retour même, en i362, les Romains abandonnèrent, on ne voit pas par quel motif, leur constitution républicaine , et remirent les rênes du gouvernement au

Jtan Villam , habitant de Florence , et ferme républicain , avait une opinion bien différente , et qui a plus de poids à nos yeux que Peuthousiasme et les éloges de Pétrarque. La detta impresa del tribune era un' opéra fantastica, e dipoco durare, 1, ia > c. go. Une femme célèbre a peint d'uu trait le caractère de Rionzi , de CreacetiYius et d* Arnaud de Brescia, ces enthousiastes reataiurateuro de la liberté romaine, qui ont pris les souvenirs pour les espérances, Corinne, t. 1, p, i5o. Tacite aurait-il mieux ditï

légat d'fonocen* YJ (i)* Nous vojsflas cependant , quebpies flga«té#s apr& , l'incitation <fea bannjttets remise; en vigueur et qa plein* auJotité. Mai* Vhfer tow intérieur* (M Rw« jwri^t ofcwire > et je n'ai pas e* le loisir 4e VétitfÂtr 4sw tout «es. détails. La TiHe jouit sans forts de queJlqœ Uhavté politise pendant le schisme <te l'Egiisa $ mais U n'est pus facile <te distingua ses véritable privilèges au milieu' des swl|èvemen& multiples dm bai*»s et d* la por palace. %p< \jfi5 , les lUfflnàna «étirèrent formelle tuent 1# gpnyertyeiftent à Eugène IV, et étureiat sept seigneurs on, principal** magfetqats , à l'instar des prieurs 4e FJorençf (21). Ma* estte révolution ne fat pas <fe longue du#fe. A la mo?t d'Eugène r on agita h question cfosawfe ai l'on proposerait une charte CftntftotrawtUfraii pape futur. Etienne forcare, citoyen dîttingpé pag sa nais&*nee et pas un ardent amcm* dç lajifcrtl > était un des chefs du parti déwiVGTîtiqiWf mai* il ne put communiquer au. peuple tout le fo* qui l'aftimeit. Un nWopta aucune me-» *nre% Parcage*, e»£orté par la fougue de son ima* gjwMion, et a'afeuqant sur l'issue inévitable de son «rntuepqise > trempa, dans une nouvelle conspiration , >

et fut mis à; m&xk sons le pontificat de Nicolas V (3).

La Toscane resta plus long-temps que la Lom- vuiesdeTosbaxdie son» le gouvernement d'un lieutenant impé-

(1) Matt. Villani* y, 5y6. ,. 609^ 799 ; Siswçxtfi , t. 5 , p. 90. La première époque du gouvernement des bannerets parait avoir ccàappé h cet historien, qui reporte leur institution à Tan ify5.

(a) Script. Rerum itah, t« 3 , pars, 2, p. 1126.

{3) Idem,?. u3i, u34; Sismondi, tr ip^p. j£

( io6 )

rial. Ce ne fat que Ters le milieu du douzième siècle que Florence , Pise , Sienne, Arezzo, Pistoia, et plusieurs ailles moins considérables, qui peutêtre avaient déjà des magistrats électifs , se constituèrent en républiques indépendantes. Leur histoire , à l'exception de celle de Pise, est très^aride jusqu'à la mort de Frédéric IL On ne trouve dans les annales d* Florence aucun événement important avant Pan 1184 > où il est dit que Frédéric Barberousse enleva à cette ville , à cause de son attachement à l'Eglise , le droit de souveraineté qu'elle exerçait sur le district ou comté , pour le rendre à la noblesse rurale (1). Ce .fait mérite surtout d'être observé comme une preuve que le système des villes était de réduire sons leur domination les propriétaires de leur voisinage. Sous le règne de Frédéric II ^Florence devint , autant qu'il lui était possible , Palliée des papes « Les Gibelins y avaient, à la vérité , un parti puissant , qui comptait dans ses rangs la plupart des grandes familles, et qui, à l'aide de l'empereur, obtint quelquefois le dessus; mais ce parti paraît avoir été presque concentré dans la noblesse : le peuple était entièrement guelfe. Après plusieurs révolutions , accompagnées de proscriptions réciproques et de démolitions de maisons, les Guelfes, soutenus par Charles d'Anjou, obtinrent une prépondérance marquée en 1266, et , après une ou deux tentatives infructueuses d'accommodement, on établit, comme loi fondamentale de la constitution de Florence , qu'aucun des-

(1) Villani, h 5, c. la.

cendant d*nne famille gibeline ne serait admissible ara* emplois qui supposaient la confiance pu-' blique; c'était, dans un pareil gouvernement , une* véritable exclusion;des privilèges attachés à la qualité de citoyen.

Les révolutions domestiques, et les vicissitudes Goûtera** du succès entre lesjfactions furent si fréquentes à- mem de F1°" Florenee, long-temps même après cette époque, que le grand poëte qu'elle avait exilé la compare à un malade qui , ne pouvant trouver de repos, se procure un soulagement momentané en changeant continuellement de position dans son lit (i). Cet état de désordre ne cessa pas après le Dante. Mais on ne doit peut -être considérer les révolutions de Florence que comme le prix nécessaire de sa liberté. Elle mettait sa gloire et son bonheur à n'avoir subi que pendant un espace de temps très-court le joug odieux de ces vils usurpateurs sous lequel tant d'autres villes libres -avaient gémi. Je ne puis me dispenser de tracer ici une esquisse de la constitution de cette illustre république. Il n'est rien dans l'histoire d'Italie , à partir du règne de Frédéric II, * • qui mérite autant de fixer notre attention (2).

(1) £ se ben ti ricordi, e vedi lurne ,

Vedrai te somigliante a que lia inferma, Che non puà trovar posa in su le piume » J&a con dar volta suo dolore scherma.

Pcrgatorio, cant. 6.

(2) Cette partie de mon travail m'a présenté de grandes difficultés. Je ne connais , à l'exception de M. Sismondi , aucun auteur qui ait décrit avec exactitude le gouvernement de FIo- , et cet historien lui-même n'est pas toujours satisfaisant.

1,4 base ^ U çousjfru^n, pplifaufi teH9)W* était la, dfarion, tjea çog^n,^ ans, e^ ccuRpagnifs, ou, Qfa. Oa e* coinpta 4'*Jbo#l dxWM * ^R1 îtfw typelajt Les, tfaftdA wfc* çt; cinq affts, infifrieuifti mais le nombre de ces derniers s'éleva successive-, ipent 4 qu^to^e. Les sept grands arft cwpjœw.Çnt les gew 4e toi ^ k» no^m* , Içs n£gpcia#s çn, tisr su* étranger*, qi^'onappçjait qu^nefrî* caJimal4K fcs tllWVlH^ *<* changeurs, Iça, drappeiis, , les, iuéd?cyis et pba*nttC¥ua,,lea w*£chands 4e sQtewps,, et )e« fourreurs, ^ea arts, i^f^jçie^r* étaient ceux des 4étaiUaps^e tojle, desbppcbcrs, dess^raoriep^des cordonniers et 4?* maçons,. Cette division , 4u iftffln*, ?n ce qyi regardait les grands, ast*> reinqptaU an çouijuejiceirçent du treizième siècle (i). Itfais ce nç foi qu'en ia66 qu'f Ue fat pleinement çtajblfc et incorporé* 4 1% copstimiofl. 11 fut arrêté cette sfflgée qup |es sept grands arts, auraient chacun leur conseil , x\p. principal jaqgj&Çrat ou. consul chargé d^diyiinistrer la justice eju Entière civile £ tous le* membres de sa compagnie , et un banncret ( gonfa* loniprç) qu, oiÇcjer mijitaj^, a lVfendard duquel ils devaient se rallier toutes le* foi? que la tranquillité publique était menacée. •' '

L'administration de la justice criminelle appartenait à Florence , cqmme dans les autres villes, à un

(i) Aamùrato , A. D. îaaf. et ia35 ; Vtllani, 1. 7, c. i3 , donne à entepdre que les art* estaient comme compagnies commerciales avant Tan 12$$. Machiavel etSismondi a'eipritxiçiit d\une manière peu précise. Il semblerait , 4'aprè« enx, qu'ils ont été créés a cejte époque , jjui est ÇpJ|p 4* 1 W MrWfaWl P^Mque .

une mouvelle liste ; ces noms étaient inscrits sur des billets séparés, jettfe dans un sac ou bourse ( imbor-< sati)y et tirés successivement à mesure qu'on re- * nouvekit les charge». Commet! yen avait plus de. cinquante, toutes limitées à quatre mois d'exercice, plusieurs centaines de citoyens se trouvaient , dans lVspace de deux ans, appelés par rotation à participer au gouvernement. Mais, tous- les deux ans, l'opération du serutin était renouvelée ; on. mêlait de nouveaux noms à ceux qui n'étaient point encore sortis \ de sorte que le Jbasard pouvait priver un citoyen , pendant toute sa vie, de sa portion de souveraineté (1).

La constitution de ia66 avait établi quatre conseils à la décision desquels les magistrats chargés du pouvoir exécutif devaient soumettre toutes les propositions de loi et celles relatives à l'administration publique. Ces conseils furent supprimés ; on les remplaça par deux autres; Hun , composé de trois cents membres tous plébéiens, appelé consiglio di popoloj l'autre, de deux cent cinquante, appelé consiglio di commune, où les nobles pouvaient ôtre admis. Ils se renouvelaient tous les quatre mois, suivant le même mode de rotation qu'on

(1) ViIIani,1.Q, c. 37; 1. 10, c. 110; 1. 11, c. io5; Sismondi, H. 5 9 p. 174. Cette espèce de loterie , qui se recommande par une apparence d'équité , et semble écarter toute influence injuste , fut buntôt adoptée dans toutes les républiques voisines» et a toujours .«absiaté , suivant Sismondi , h Lucques et dans les Villes de l'état de l'Kgliae qui conservèrent le privilège d'élire leurs officiers mu- Uicipaux. , p. 95» *

avrit «ppKftié ate <éb«rgeb «de Jna^irttfattAfe {ï). li* porfemeàt', wi assemblée générale dft peuple Ôè Ttorence , était ffatefeièttt convoqué ; taâts fcn tf oubliait pas le gaad princtipè de ttftft gcfctte¥nenient dénoeNCtiquet, it *6tt*ei<aàie4é fctfptéine (te h tatil- «itude. Cette taastiUffan dé 13*4 fiA arrivée par tous les atoyems téttnis feh ^rfateefcitj ètltiittprtl arriva de détâgfté* tefehp&afottètft la selgttentie à u* prince, ce fut on Wtn de la tirélfrë iattctfan. Ce que *es kwrtoriettte de ïléWnee appellent eu langage technique fursïfopolo, âuM'ataètobléè du parle- f raewt 7 <o* l'efcefroteè iaMnédiat flè ht ^bttverffraeté par le peuple, en qui tous les pouvoir* dé tirés se trowarcM alefrs *fcsb*bést

L'ancicfa gtaVenwtfteht de feefrte fcépttblk^cte pa* rak woir é*é >en grattée partie entre lès Matas des nobles* Ifc étaient tres4»einbfaneult', et possédaient de grandes propriété* Mais la comtîtutidh de 11266 , qui correspondît à-pe*>-p*ès arec le triomphe de la faction guelfe , livra aux plébéiens le ptotvetr législatif et judiciaire presqu'en entier. Les collèges des arts , dont les fonctions devinrent si importantes, n'étaient composés que de 'commerçans. Beaucoup de nobles s'enrôlèrent dans ces compagnies, et se placèrent au rang des négocians les plus distingués de Florence. Ils ne forent point exclus du collège exéouëf des prieurs l<*s de sa fondation en lotta; ïnais il fallait appartenir a iSin dés grands âHs pour parvenir à cette magistrature. C'est ainsi

(1) Itf.j ibicL • ,

que la plupart des anciennes familles se virent écartées du timon de l'état, qui fut confié A une classe naturellement l'objet de leur méptfc<

Qa ne voit pas que les nobles se soient ouvertemeatopposés A Des instHutiousdémocra tiques. Plein* de confiance dans leur force supérieure aux lois , Us t'inquiétaient peu de la sévérité des lois A leur égard» Us conservaient encore cet orgueilleux senti* ment d'indépendance . personnelle qui avait carac* térisé leurs ancêtres, retranchés dans les Apennins* Les lois de Florence et le changement des mesura en Italie leur avaient lait transporter leur résidence A la ville j mais ils y habitaient des maisons fortes et élevées} ils étaient entourés de leurs parais, de leurs alliés , des autres nobles* Malgré sa constitution, Florence ne put, pendant les premières années qui suivirent l'établissement des prieurs, résister A la violence de ses nobles. Tous se» historiens,' sans exception, attestent les outrages-, les assassi* nats qu'ils commettaient sur (es individus des classes inférieures» En vain le podestat et le capitano del popolo offraient de faire justice , aucun témoin n'o* sait déposer contre un noble coupable ; ou si le ma gistrat, faisant droit A une plainte, arrêtait l'accusé » tous les parons de celui-ci faisaient cause commune pour le délivrer. La populace se soulevait pour défendre les lois, et la tille n'était plus qu'un théâtre de désordre et de sang. J'ai déjà parlé de' cette insubordination des classes supérieures comme d'un mal commun A toutes les républiques d'Italie : mais les historiens de Florence, plus étendus que les autres, m. 8

bous offrent les meilleurs témoignages que nous ayons sur ce sujet ( i )• Les dissensions entre les patriciens et les plébéiens iao5. étaient dans toute leur force, lorsque Jean Délia Bella9 descendant d'une ancienne famille, attaché au parti .du peuple sans motifs apparens d'ambition, mais non sans passion , fit convertir en lois une série de dispositions extrêmement préjudiciables à l'ancienne aristocratie. La première avait pour objet la nomination d'un gonfalonier de la justice, officier chargé de faire exécuter les sentences du podestat et du capitano del popoto, dans les cas où les officiers ordinaires ne pourraient y parvenir. Un corps de mille citoyens , qui fut ensuite porté à quatre mille , était à ses ordres. Ils furent distribués par compagnies, et les gonfaloniers ou capitaines de chacune de ces compagnies formèrent une espèce de corporation ou de collège, et une partie constituante du gouvernement. Cette nouvelle milice paraît avoir remplacé celle des compagnies d'arts, dont je n'ai trouvé de mention à aucune époque postérieure. Le gonfalonier de la justice faisait partie de la seigneurie avec les prieurs; il était considéré comme leur président, et, comme eux, renouvelé tous les deux mois . C'était le premier magistrat de Florence (a). Si Jean

(x) Villani, L 7, c. n3 ; i. 8 , c 8 j Ammirato, Storia Jîoren tina, 1. 4-

(9) Il oat à regretter que l'estimable écrivain à qui nous devons la vie de Laurent de Médicis ne se soit point donné la peine d'étudier les détails les plus couutis de la constitution de Florence. Entre autres erreurs , et il *n a' commis un grand nombre > il dit,

(nS)

délia Bella eût assez compté sur l'efficacité de cette institution pour assurer l'exécution de la justice , son nom serait i l'abri de tout reproche. Mais les antre» dispositionsqu'il fit décréter étaient pin» rigoureuses. Les nobles forent déclarés inéligibles à la dignité de prieur* Si un noble commettait un délit, sa famille était responsable ,et passible d'une amende de trois mille livres ) et pour que désormais le silence des témoins ^ à qui la crainte fermait trop souvent la bouche , n'arrêtât pas le cours de la justice f il fut décrété que le bruit public , attesté par deux personnes dignes de foi , serait considéré comme une preuve suffisante pour condamner un noble (i). Telles . sont les fameuses ordonnances de justice qu'on regarda à Florence comme la grande charte de la démocratie. Plus tard , elles ont été frappées de réprobation , comme des monumens d'une iniquité scandaleuse , et je suis peu disposé à les défendre. La dernière surtout était une violation de ces principes éternels qui nous défendent de nous ex* poser 9 par de vains calculs d'utilité , au risque de verser le sang innocent. Mais il est impossible de ne

t. a , p# 5i (5,« édit.) , que le gonfalonier de la justice était subordonné aux députés des artisans, delegaied mechanics (expression ineorrecte) , on priori detV arti, dont il porte le nombre a dix. Le protocole des actes de la république parait avoir été conçu ainsi qu'il suit : J priori delV arti egonfalonieredi giujlizia , il popoû e'icomune délia clttà diFirenze. G.Villani, l.ja, c. 109.

(1) Villani, 1. 8, c, 1; Ammirato, p. 188 (édit 1647). °n nomma , avec le titre tiesecutor délia giustizia et une autorité égale a celle do podestat $ un magistrat spécialement chargé de veiller a l'exécution dos ordonnances de justice. Ammir., p. 666.

pas voir que, sons ee même prétexte de nécessité, on a quelquefois déployé , a l'égard des'classes inférieures , une sévérité anssi injuste que celle qu'elles purent alors exercer contre leurs supérieurs naturels.

La noblesse sentit bientôt tous tes dangers de sa position. Pendant un demi-siècle elle fit des tentatives continuelles pour obtenir quekfues modifications aux ordonnances de justice; mais elle ne put toueber un ennemi fier de son triomphe. Au bout de trois années, il est vrai, Jean délia Bella, Pauteur de ces institutions, fut envoyé en exil ; exemple remarquable, mais peu rare, de l'ingratitude des Florentins (t). Les richesses et la forée physique des nobles n'avaient cependant reçu aucune atteinte, et ils durent toujours exercer une influence considérable. Les anciennes familles furent celles qui se distinguèrent le plus dans les fameuses querelles des Hiancki et des Neri. Personne ne joue un plus grand rôle dans les annales de Florence, au commencement du quatorzième siècle , que Corso Donati , chef de cette dernière faction, qu'on peut regarder comme le modèle de ces nobles-citoyens turbulens, intrépides et ambitieux, qui remplissaient les républiques d>£talie (a). Mais les lois acquéraient de jour en jouj: plus de force. L'espèce de proscription qui poursuivait les anciens nobles humilia leur orgueil : une nouvelle aristocratie s'élevait 5 c'était l'aristocratie de ces familles qui, après avoir occupé, pendant le cours de

(i)Villani,I.fi,c. 8.

(2) Dino Compagui, Vil Uni

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