‹ L'Europe au Moyen ÂgeChapitre 11 sur 27 · XI · texte numérisé non relu

XI

comme leur nom de Brabangons porte à le croire. Ces troapes étaient toujours licenciées à la cessation des hostilités; elors, habituées seulement au désordre et à la paresse, elles ravageaient les campagnes et opprimaient le paysan, sans que rien s'opposât à leurs excès. Mais c'étaient leurs principes militaires d'aveugie obéissance, encore plus que leur courage et leur discipline, qui les rendaient chères aux rois, effrayés de l'esprit d'indépendance qui régaait dans les armées féodales. Ce fut par le moyen d’une force étrangère salariée que Jean se vit sur le point d’anéantir la Grande Charte, et mit les barons dans la nécessité d'offrir la couranne à un prince francais 1.

Il devint alors évident que les chances de succès dens la guerre étaient pour le parti-qui pouvait la faire avec des soldats choisis et expérimentés. Celui qui avait de l'argent à sa disposition pourait aussi disposer de mercenaires armés, qui étaient, dans uae bataille, il faut l'avouer en rougissant, un appui plus ferme et plus sûr qu les citoyens enfants de la patrie. La noblesse , il est vrai, formait encore, en grande partie, la force de l'armée ; mais elle servait avec un nouveau caractère. Elle se conformait plutôt à l'esprit de la chevalerie qu’à celui de la féodalité ; ses relations avec le supérieur étaient plutôt personnelles que territoriales. Les croisades contribuèrent sans doute puissamment à opérer cette révolution, en substituant, ce qui était inévitable dans de telles expéditions , ua service volontaire stipeadié à un service obligé 2. Daniel pense que, dans le treizième siècle, tous les vassaux recevaient une paie, même pendant le temps de leur service obligé $. Cela ne paraît pas conforme à la loi des fiefs; il est cependant possible que la pauvreté des vassaux ne leur ait pas laissé la faculté de faire les frais de leur équipement pour les expéditions éloignées. En tout cas, une

4 Matt. Paris.

2 Il résulle de plusieurs passages de Jéinville, que la plupart des chevaliers engagés dans la ctuisade de saint Louis recevaient ane päie soit de teur sefgneur supérieur, s’il faisait partie de l'expédition, soit de quelque autre au service dequel ifs étatent entrés pour ee temps. Il s'embarqua lui-même avec dix chen- Ifers, qu'il eat dans la suite assez de peine à entretenir. Cobection des Mémoires, t. I, p. 49, ett. II, p. 55.

3 Hist. de la milite française, p. 84.

L'usage des troupes stipendiées fut très-commun en Allemagne pendant le trei. ième siècle (Schmidt, t. FV, p. 68), amsi qu’en Italie : cependant il ne fat géneralement adopté que vers le commencement de stècle suivant.

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grande partie des dépenses dut nécessairement tomber à la charge du seigneur ; et de là cet accroissement perpétuet des taxes dont nous avons déjà examiné les résultats.

Cependant une armée féodale, composée de tous les vassaux inmmédiats et des arrière-vassaux , présentait encore un aspect formidable. On est bien longtemps avant d'admettre généralement ce paradoxe , que le nombre ne contribue pas nécessairement à la force réelle des armées. Philippe IV rassembla de nombreuses troupes en convoquant l’arrière-ban pour sa malheureuse expédition contre les Flamands. Une armée moins considérable et mieux disciplinée n’aurait sans doute pas essuyé la déconfiture de Courtrai. Édouard E° et Edouard IL appelérent souvent, dans leurs expéditions d'Écosse, ceux de leurs sujets qui devaient le service militaire 4, Mais, dans les guerres d’Edouard HJ en France, toute l'armée anglaise était, je crois, soldée; elle fut formée au moyen de marchés que le gouvernement passait avec des personnages d’un grand crédit ; on leur accordalt , pour chaque soldat qu'ils procuraient, une somme proportionnée à son rang et à son arme. Le taux de la paie était tellement élevé, qu'à moins d'imaginer que les Personnes chargées de l’enrôlement n'aient voulu retirer de cette opération des bénéfices immenses, les simples lanciers , et même les archers , doivent avoir été pris dans les classes moyennes d’Angleterre, par exemple dans la petite noblesse ou la riche yeomanry ?. Cette partie du systéme militaire d’Edouard fut sans doute une des principales causes des avantages qu'il obtint sur les Français aux batailles de Crécy et de Poitiers; tous les arrière-vassaux qui avaient été appelés dans les rangs de l’armée française la rendaient plus pesante que redoutable. On y voyait cependant aussi des troupes mercenaires. Philippe avait, à Crécy, 15,000 arbalétriers italiens.

1 Rymer, t. I, p. 173, 189, 199, ef alibi sœpies.

+ On en peut trouver un grand nombre de preuves dans la Collection de Rymer. La suivante est tirée de Brady, Hist. of Engeland, t. UW: Appendiz, p. 86. Les gages alloués pour enrôlement en 1346, étaient : pour un comte, 6s. 8 d. Par jour; pour les barons et bannerets, 4 s.; pour les chevaliers, 2 s.; pour les écayers, 4 s.; pour les archers et hobelers (cavalerie légère), 6 d.; pour les archers à pied, 3 d.; pour les Gallois, 2 d. Si l’on multiplie ces sommes par envirun 2, pour les ramener à Ja valeur actuelle del'argent, on verra que la paie était très-forte. Les cavaliers s'équipaient eux-mêmes et se fournissaient d'armes et de chevaux, ce qui était aussi très-dispendieux. Voir au chapitre I* de ce volume, p. 86-87.

Des soldats de fortune faisaient, depuis quelque temps, métier de s'enrôler sous des chefs errants comme eux , pour former des compagnies d'aventure , passant du service de l’un au service de l'autre, sans s'inquiéter de la cause pour laquelle ils étaient engagés. Ces aventuriers militaires jouèrent un rôle encore plus remarquable en Italie qu'en France, où ils ne laissèrent pas de causer beaucoup de trouble. Les tenures féodales avaient du moins fourni une milice fidèle et nationale, dont les devoirs, quoique bien limités dans leur étendue, étaient déterminés par l’usage, et rendus obligatoires par le principe. Elles furent remplacées, malheureusement pour le peuple , et parfois aussi pour les souverains , par des contrats avec des mercenaires mutins, souvent étrangers , dont la valeur dans un jour de bataille était trop chèrement rachetée par leur mauvaise foi, leur rapacité et leurs vexations. La France, dans les’ temps malheureux des règnes de Charles VI et de Charles VII, éprouva tous les effets de la licence militaire. A l'expulsion des Anglais, le brigandage et le désordre remplacèrent les ravages de la guerre. L'établissement de compagnies de troupes régulières par l’ordonnance de Charles VII, de l’année 1444, en même temps qu'il fut ‘une mesure très-politique, fut peut-être aussi une des mesures les plus populaires qui aient jamais été prises {. On peut le regarder comme le premier exemple d'une armée permanente en Europe. Quelques princes d'Italie avaient, il est vrai, conservé constamment des troupes à leur solde ; mais c'était pour des hostilités qui étaient rarement interrompues. Cette ordonnance créa quinze compagnies de chacune cent hommes d'armes, ou lanciers , et le corps entier se composa, suivant le langage du temps, de quinze cents lances. Mais chaque lancier avait trois archers, un coutelier, ou soldat armé d'un couteau, et un page, ou valet, qui lui étaient attachés ; tous servant à cheval , de sorte que les quinze compagnies formaient un effectif de neuf mille hommes de cavalerie 3. C'est de ce faible noyau, car il doit paraître tel aujourd’hui, qu’est sortie l’armée régulière de France , que tous les rois se montrèrent successivement jaloux d'augmenter. Le ban fut quelquefbis convoqué

4 Les états tenus à Orléans, en 1459, avaient proposé cette mesure: le préambule de l’ordonnanee en fait mention. Ordonnances des Rois, t. XIE, p. 512.

2 Daniel, Hist. de la milice française, p. 266; Villaret, Hist. de France, t. XV, p. 394. | |

SYSTÈME FEOPAL. 245 dans les siècles suivants, c'est-à-dire que les possesseurs de fiefs furent appelés pour s'acquitter du service mililaire; mais ils offrirent plutôt un spectacle d’apparat qu'un appui réel.

Le contrat féodal, ainsi privé de son elfet primitif, perdit bientôt le respect et l'attachement dont il avait été l'objet, L'hommage et l'investiture devinrent des cérémonies insignifiantes ;, les droits d'aide et de relief furent regardés comme des exactions insupportables. La rapacité avec laquelle ils étaient leyés, surtout par les souverains anglais de la race normande et par leurs barons, suffisait, il est vrai, pour éteindre tous les sentiments généreux du vasselage. Blessé , pour ainsi dire, par l'armure qu'il élait forcé de porter sans en faire usage, le tenant mililaire cessa désormais de regarder avec un œil de mépris le possesseur en socage, qui jouissait de presque autant d’immunités que le propriétaire allodial, Mais les profits que la couronne retirait des gardes de fiefs, et peut-être aussi les préjugés des gens de loi, retardèrent l'abolition des tenures militaires jusqu’à la restauration de Charles IL En France, par une injustice manifeste, les fiefs des nobles étaient exempts de l'impôt territorial ;. car les tailles des derniers temps n'avaient fait, rigoureusement parlant, que remplacer les droits d'aides auxquels ces fiefs avaient toujours été soumis. Cette distinction entre les biens nobles et roturiers ne disparut, comme on le sait, qu'à l’époque de ce grand événement qui fit disparaitre toutes les distinctions, la révolution.

Il est digne de remarque que le système féodal, qui, en Angleterre, a. porté les plus graves atteintes aux anciennes libertés saxonpes , lorsqu'il. y fut établi par Guillaume-le-Conquérant ; qui a été accompagné, dans ce pays plus que dans tout autre, de servitudes onéreuses , au nombre desquelles il faut surtout compter les droits de garde et de mariage ; que ce système , disons-nous , ait été traité avec plus de faveur par les écrivains anglais que par ceux de France. Le courage avec lequel les anciens barons résistèrent à leurs souverains, et les nobles efforts qu'ils firent en faveur de la liberté civile, surtout pour obtenir cette Grande Charte, qu'on Peut regarder comme le fondement de la constitution d'Angleterre, eot'trouyvé leur approbation dans le cœur généreux des Anglais ; tandis que les Français, par an sentiment contraire, se sont mon-

trés choqués de cette indépendance des nobles qui entravait, les

prérogatives et obscarcissait l'éclat de ‘la couronne. Cependant, c'est précisément à ce régime féodal que la France est redevable de ce qui sera toujours l’objet de la prédilection de ses enfants; je veux dire de sa puissance et de sa gloire nationale. Ce royaume ett été démembré pour toujours dans le dixième siècle si les lois de la subordination féodale n'avaient maintenu son unité. Les empires d’une étendue extraordinaire, comme celui de Charlemagne , eat souvent été dissous par l’usurpation des gouverneurs des provinces: l’histoire ancienne -et celle des dynasties mahometanes de l'Orient en fournissent la preuve. Qui pourrait révoquer en doute que les puissants ducs de Guyenne et les comtes de Toulouse ne se fussent affreachis de toute relation avec la couronne de France quand elle fut usurpée par un de leurs égaux , si la faible dépendance du vas selage n’avait pas été substituée à la soumission légitime due à an souverain ?

Si gous voulons apprécier l'influence du système féodal sur le bien-être du genre humain, il faut se reporter à l’état antériear dela.soctété sous les petits-fils de Charlemagne. Les institutions du onzième siècle doivent être comparées avec celles du neuvième, et non pas avec la civilisation avancée des temps modernes. Si je me suis fait une juste idée de ces siècles de ténèbres , cette anarchie que nous appelons féodale , fut la conséquence naturelle d'un goevernement faible dans un vaste empire plongé dans la barbarie; et la cause, plutôt que l'effet, de l'établissement général des tenures féodales. Ce sont elles qui, en maintenant les relations mutuelles du tout avec les parties, ont nourri ce sentiment de patrie.commune et de devoirs cormuns, et produit, ayec.le cours des sièdes, la eonstitation libre de l'Angleterre, la stabilité de la monarchie française , et l'union fédérative de |’ Allemagne.

On peut apprécier l’utilité d’ane forme de goavernement par ses effets sur la grandeur et la séeurité de la nation, sur la liberté civile et les droits privés, sur l’ordre et la tranquillité de In société, sur l'aceroissement et la circulation des richesses, enfa sur la direetion générale: desidées et des facultés morales. Le régime féodal, comme:on l'a déjà fait observer, s'adaptait mal à la défense d'es grand reyaume., encore moins à. des plans de conquêtes. Mais comme il exerca en même temps son induence sur. plusieurs États adjacents. aueun d'eux a’avait à redouter la supériorité militaire de ses

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voisins. C’est peut-être cette impaissance de la mikice féodate qui, ao moyen âge, sauva l'Europe du danger d’uge monarchie universelle. A une époque où les princes ne connaissaient guère ces ligues défensives qui ont pour.objet la protection mutuslle ,'il est diffeile de dire où se seraient arrêtés les: suecès d'un: Othon:ie- Grand, d'un Frédéric Barberowsse, d’un Philippe-Auguske , Fils avatent pu disposer de toutes les forces de: leurs sujets au gré de leur ambition. S'il s'étoit formé dans le douzième ou le treinièmesiècle un empire aussi étendu que:'celui de Charlemagne , et sou: lemu par le despotisme militaire , on aurait vu périr les germes!du commerce et de la liberté, qui commençaient alters à éclore, at. l'Etrope, esclave et barbare, aurait pu devenir la pros des Bert beres libres de la Tartarie. ous

Si nous considérons Je: régime. féodal das ses rapports. avec laliberté civile, cet examen ne lui sera pas désavantageux. Les lets féodales ont seules empêché les noms même de droits et de priviléges de disparaître , comme en Asie, sous la maia de fer du: despetisme. La tyrannie , qui, à chaque occasion favorable , renversait toutes les barrières , aurait pu s'abandonper sans frein à tous tes excès, si, dans an temps où le peuple était pauvre et désuni, la noblesse n'avait pas été brave et libre. Partout:oùle régime féodal étemdit sa sphère , il répandit l'esprit de liberté et.les notions de. droit privé. C’est une vérité que reconnaîtra , je pense , quiconque aura considéré les restrictions des services du vasselage , si soigaeusement déterminées dans ces livres de lois qui formeat-le répertaire des: coutumes , la réciprocité des obligations entre le seigneur et son tenant, le consentement requis pour toute mesure:générale ou législative , et par-dessus tout , la garantie que chaque vassal érouvait dans l’administration de la justiee parses pairs; môme dans le combat judiciaire. La.musse du peuple était, ik est vrai, dégradée per la servitude; mais cetteuiroenstance était tout à: fait “Hansnre anx tenures féodales. |

Ce système n'était pas favorable à la paix et au. bod ‘scars de ja société. Les guerres privées ne.tiraient pas leur origine des ceutumes féodales; mais elles farent, on n’en saurait douter, perpétuées par une ‘institution ‘si commode’, et quiine doit qu’à cette seule cause son établissement universel. : Il ‘y a: incompatibilité absolue entre les habitudes guerridres et les meurs industrielles,

aon-seulement par la tendance immédiate des premières à.détruire les productions utiles du travail, mais encore parce qu'elles font des eccupations paisibles un objet de mépris : aussi le système féodal, reafermait-il wa principe contraire à l'accumulation des richesses ot au perfectionnement de ces arts qui adoucissent les maux et facilitent les travaux du genre humain.

, C'est paut-être surtout comme école de discipline morale , que les-institutious féodales méritent notre estime. La société, pendaat plusieurs des siècles qui suivirent le destrugtion de l'empire romain, était tombée dans un état complet da dépravation ; et si, au milieu da ee concours de tous les vices, quelques-uos se distinguaient par des traits plus prononcés, c’éfaient surtout le mensonge, la trahisen et l’ingratitude. L'esprit féodal tendit à détruire peu à pen les.effets de cette.extréme corraptian, La violation de foi prit le premier rang parmi les crimes; c'était le plus contraire à l'essenre même de la tenure féodale, le plus sévèrement et le plus premptoment puni ,.le plus infamant. Les livres de lois féodeles offrent partout l’idée d’abligations honorables. La nature des juridictions féodales produisait, ce qui est un avantage particulier des. jugesents par pairs, un sentiment plus vif, une -perception plus grompie , des distinctions morales et légales. Et comme te jngement et la conscience des hommes s'égarent rarement sur tes grands points de vérité et de justice, excepté pendant le triomphe momentané du crime ou pendant l’absence des règles fixes du droit, ils dûrent s'élever peu à peu aux vrais principes, lorsque la loi remplaçait la violence et fixait le droit. Les services réciproques que se devaient le seigneur et le vassal, ouvraient une vaste carrière aux sentiments généreux et magnanimes ; et, toutes les fois que le cœur de l’homme est placé dans des circonstances qui ont de la tendance à exciter de tels sentiments, il est rare qu'il ne sy abandonne pas. Quelles occasions pouvaient leur être plus favorables que l'obligation de protéger un vassal fidèle ou de défendre un suzerain bienfaisant contre des attaques si redoutables qu'il ne restait guère d'autre perspective que celle de partager sa ruine?

De ‘ces sentiments engendrés par la relation féodale naquit ce sentiment particulier de respect et d’attachement personnel à l'égard du souverain , que nous nommons fidélité, sentiment aussi différent de la dévotion stupide des esclaves d'Orient, que du res

pect abstrait que des citoyens libres portent à leur premier magistrat. Des hommes qui avaient été habitués à jurer fidélité, à faire profession d’obéissance, à suivre, en temps de paix comme en temps de guerre , un supérieur féodal et sa famille , transportèrent facilement la même soumission au monarque. C'était un sentiment bien puissant que celui qui pouvait faire endurer aux hommes les plas braves les dédains et les mauvais traitements de leur souverain, et leur faire déployer tous leurs efforts et tonte leur énergie pour un homme qu'ils n'avaient jamais vu, pour un homme qui w'avait peut-être pas de qualités estimables. Dans des âges où l'on ignorait les droits politiques de la communauté , ce sentiment fut le grand principe conservateur de la société ; et de nos jours, quoiqu'il ne fasse plus que concourir avec d’autres principes d’an erdre plus élevé , il est encore indispensable à la tranquillité et à ta stabilité de toute monarchie. Sous un point de vue moral, la fidélité n'a peut-être guère moins de tendance à épurer et à élever le cœur que le patriotisme lui-mème ; et elle peut être regardée comme le terme moyen d’uné progression qui embrasserait les motifs des actions humaines , depuis l'intérêt personnel le plus grossier jusqu’à cette sublime philanthropie qui n’a d’autre objet en vue que le bonheur général, d'autre règle que les desseins de la sagesse infinie. ;

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